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Le département du Nord-Est est le plus petit département du pays et le moins peuplé (3,5 % de la population globale d'Haïti) mais aussi l'un des plus marginalisés. Il est confronté à des problèmes qui affectent les conditions de production : dégradation des sols par la coupe abusive du bois, enclavement et accès difficile et limité lors des saisons pluvieuses, absence d'appui technique et financier aux paysans de la part de l'État et de ses services déconcentrés. Les infrastructures sont peu développées et les indicateurs de santé et d'éducation sont parmi les plus bas du pays.
Le pays a peu d'expérience concluante tant dans la pratique de la démocratie locale que dans l'organisation pratique de la décentralisation. En conséquence, la mise en application des principes de la décentralisation demeure toujours teintée de tension constante entre une société civile et une classe politique conservatrice et accrochée aux anciennes pratiques centralisatrices. Elle se heurte aussi aux faibles capacités des ressources humaines locales en matière de gestion communale et aux lacunes, voire contradictions, des textes de loi encadrant cette décentralisation.
Dans le contexte des localités retenues, le milieu social était surtout structuré autour des organisations paysannes de base, mobilisées par leurs propres objectifs de développement. Les organes de la section communale administrés par un collectif de trois membres, le Conseil d'administration de la section communale (CASEC), et l'Assemblée de la section communale (ASEC) étaient bien en place au démarrage du projet, mais n'avaient pas de projets communs de développement pour les sections communales. Faute de moyens propres, ces organes dépendaient des dotations financières de l'État pour leur fonctionnement. N'ayant aucune autre source budgétaire leur permettant d'initier quelque action de développement, ces structures étaient plutôt léthargiques. Les quelques initiatives connues ont été des partenariats ponctuels avec des ONG, des actions de la communauté internationale ou d'appuis ponctuels d'organismes publics ou para-publics.
La situation des femmes dans la zone est le reflet des conditions rencontrées dans l'ensemble des communes rurales du pays, où le travail au champ constitue leur principale activité avec le petit commerce. Comme elles travaillent généralement sur des parcelles conjointes avec leur mari, elles bénéficient peu des bénéfices retirés au profit des actions retenues par le chef de famille. Les femmes sont souvent analphabètes et participent peu aux discussions politiques et organisationnelles entourant la vie communale, étant confinées aux tâches domestiques (soins des enfants, préparation des repas).
La stratégie du FENU dans le cadre de projets d'appui à la décentralisation et au développement environnemental durable est basée sur l'approche participative. Cette approche, basée sur les outils de la méthode accélérée de recherche participative (MARP), sollicite tous les acteurs du développement local, non seulement dans l'exécution et l'entretien des programmes proposés, mais surtout, dès l'identification même, des priorités de développement à arrêter. Le renforcement des mécanismes de concertation et de coopération entre les communautés rurales et leurs gouvernements élus est la prémisse de base de la durabilité du développement. Ces exercices de concertation et de collaboration, les relations de coopération entre partenaires, doivent aussi enrichir la réflexion étatique pour rendre opérationnelle la décentralisation et assurer une meilleure pérennité aux composantes du développement local.
La population est porteuse des actions de développement et le projet ne s'y inscrit que dans une logique d'accompagnement avec une attribution de ressources techniques et financières aux activités qui émergent de la collectivité. Le projet met l'accent sur les problématiques de la gouvernance locale et de la remise en état de l'environnement dans ses aspects économiques, centrée autour des aspects du renforcement des capacités des acteurs concernés.
Le Plan de développement local (PDL) est donc au cœur de la mobilisation des populations et des autorités locales et de la cohésion du milieu. Cet exercice, quoique exigeant en temps et en ressources, permet d'initier les acteurs locaux aux différentes étapes de la planification et de la programmation du développement local.
Les comités de concertation ont été mis en place dans le dialogue, la concertation et la participation de la majorité de la population. La méthode appliquée pour choisir les membres a permis une implication effective de la population dès le démarrage du projet, ce qui facilitera plus tard la conduite du processus de planification auquel la population adhérera automatiquement.
Le principe directeur du projet demeure que les collectivités territoriales sont les « maîtres d'ouvrage » du développement local, maîtres de la distribution des fonds par l'entremise de projets retenus par consensus local. C'est là qu'entre en jeu toute la formation sur les capacités de maîtrise d'ouvrage des autorités locales et des comités de gestion dûment constitués.
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