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La République Démocratique Populaire Laos, qui est aussi le pays le plus pauvre d'Asie du Sud-Est, a de nombreux défis à relever. Le FENU investit dans ce pays pauvre enclavé depuis plus d'une vingtaine d'années, par le biais d'initiatives innovantes destinées à aider la population à surmonter certains grands obstacles à son développement. Au total, le FENU a dépensé plus de 26 millions USD pour ses programmes au Laos sur cette période. La gouvernance locale et le développement d'infrastructures Au début des années 90, le FENU a financé un projet d'amélioration des conditions de vie dans la capitale, Vientiane. Pendant cette période, Vientiane devait répondre à une rapide croissance de sa population et contrôler un urbanisme mal géré. De plus, un système de drainage insuffisant provoquait l'inondation périodique des trois-quarts de la ville. Afin de mieux répondre aux futurs besoins de la population toujours en expansion, le FENU a financé un projet d'amélioration d'une partie du système de drainage, ce qui exigeait d'assainir les principaux canaux et leur réseau secondaire. Le projet couvrait une zone de population dense, qui n'est maintenant plus inondée. Les routes et les canaux de drainage sont entretenus par la Municipalité de Vientiane. Dans la région isolée du Nord-ouest du pays, le FENU a construit une route qui est aujourd'hui devenue une des principales artères reliant les provinces de Sayabury et Luang Prabang avec la Thaïlande et la Chine. Cette route, de près de 3 000 Km, a eu des répercussions capitales sur la région et fait vivre des milliers d'habitants. Les nombreux villages qui étaient coupés du monde peuvent maintenant exporter leurs produits sur les marchés et importer du mobilier, des outils et des instruments agricoles. Le FENU a coopéré avec le Ministère des Communications, du Transport, de la Poste et des Constructions du Laos, en aidant à développer les capacités nationales de construction de routes. Le projet s'attachait particulièrement à renforcer la capacité institutionnelle du Ministère, à faire appel au secteur privé et à gérer ses services, grâce à l'adoption de procédures transparentes d'appel d'offres. Les derniers 56 Km de la route principale ont été achevés en 2001. Le dernier segment a fait l'objet d'une composante de projet séparée qui abordait les répercussions négatives causées par l'accès élargi à une région isolée. Par exemple, il prévoyait une campagne de sensibilisation au VIH/SIDA, car ce fléau suit souvent le sillage des nouvelles routes. Deux grandes initiatives au Nord du pays, le Projet d'Eco-Développement et d'Irrigation (également appelé EDI) et le Projet de Gestion Durable du Bassin Versant du Nam Tam, ont été lancées respectivement en 1994 et 1998. Selon leur structure initiale, ces projets s'inscrivaient dans le cadre de la politique d'éco-développement du FENU, qui mise plus particulièrement sur la gestion intégrée des ressources naturelles. Mais, pour tenir compte du changement d'orientation du Fonds et des évaluations effectuées en 2000, ces deux projets ont changé d'axe afin de mieux soutenir la mise en œuvre et de fournir un appui plus solide aux collectivités locales. Les projets actuels du Nam Tam et EDI, qui portent sur les provinces de Sayaboury et Oudomxay, s'inspirent des initiatives précédentes. En coopérant directement avec les autorités locales et nationales, les deux projets mettent l'accent sur la création d'institutions locales qui soient capables de gérer les plans d'irrigations. Pour assurer la viabilité et la durabilité des systèmes d'irrigation qui sont essentiels pour faire vivre les populations, ces projets créent et forment des Associations d'usagers de l'eau. Ces groupes prendront en main la gestion, l'entretien et le paiement de frais par les cultivateurs utilisant l'eau des canaux d'irrigation. L'argent collecté est mis à profit pour l'exploitation et l'entretien du système. Les activités des projets se concentrent sur le renforcement des capacités institutionnelles des Associations d'usager. De plus, afin d'assurer la viabilité et la durabilité du programme, quatre aspects supplémentaires ont été abordés: Le premier aspect concerne les services d'extension Le projet se propose de faciliter l'accès aux services d'extension adaptés et aux facteurs de production agricole, ainsi qu'à d'autres activités générant des revenus. Grâce à une collaboration étroite avec les autorités des districts, de nouvelles cultures, technologies et pratiques agricoles visant à accroître la production ont été introduites. Comme par exemple, des vergers, des cultures destinées à la vente, des nouveaux systèmes de fertilisants naturels et des techniques de culture permettant de maîtriser l'érosion sur les abruptes pentes montagneuses. D'ores et déjà, le travail d'extension a permis d'obtenir de meilleurs rendements et a diversifié les produits vendus sur les marchés à Nam Tan. Collatéralement, les services d'extension et les canaux d'irrigation ont attiré les investissements privés dans la région. Le deuxième aspect concerne le Développement de la Foresterie Communautaire Grâce aux projets, les autorités locales ont lancé des activités communautaires de foresterie. Par exemple, à Nampang Neua, dans le Bassin versant du Nam Tan, un village a été relocalisé à distance de la forêt en 1995 pour protéger l'écosystème. A cette époque, ce village comptait environ 30 familles. Il en compte aujourd'hui 60. Elles ont reçu des terres forestières et des terrains plats adaptés à la culture du riz. Cependant, la distribution des nouvelles terres n'a pas su mettre en place un système de gestion qui pourrait supporter une utilisation durable des sols et des ressources forestières. En collaborant avec les autorités du district, le projet a permis de développer un modèle de foresterie communautaire pour ce village, dans l'optique à long terme de reproduire le modèle dans d'autres villages du bassin et dans le pays en général. Le projet travaille également en étroite collaboration avec l'Agence Nationale d'Extension et le Service Central de Foresterie. Le troisième aspect concerne la fourniture d'infrastructures de base Les infrastructures mises en place par l'intermédiaire des projets améliorent les conditions de vie des villageois dans le bassin versant de façon à maximiser l'utilisation des systèmes d'irrigation. Ces infrastructures incluent des écoles, des systèmes d'approvisionnements en eau, des latrines, des ponts, et des routes d'accès. Elles ont pour objectif de stimuler l'activité économique et promouvoir la santé et l'éducation. De plus, les autorités locales sont formées à l'exploitation et à l'entretien de ces infrastructures. Des comités de suivi ont été créés au niveau des villages et des districts afin d'assurer la viabilité et la durabilité des projets. Les responsabilités des décisions sont confiées aux populations et aux institutions les plus proches des populations affectées par ces décisions. Différentes méthodologies sont utilisées - comme l'évaluation des besoins essentiels et l'approche participative rurale - pour identifier quel type d'infrastructure de base doit être mise en place, dans quel village selon quels besoins. Les villageois fournissent la main d'œuvre et une partie du matériel pour la construction des infrastructures déclarées nécessaires. Le financement accessible à tous Le FENU au Laos possède également une vaste expérience dans le domaine de la microfinance, puisque c'est en 1998 que la première initiative-pilote de microfinance a été lancée. Fondés sur des principes de durabilité et de solides pratiques de MF, trois petits projets locaux de microfinance ont été mis en place. Après deux ans et demi d'opération, le projet a offert ses services à plus de 3 000 emprunteurs, avec un taux de remboursement de presque 99%. Le projet de microfinance s'est terminé en 2002. Le FENU a pensé le reconduire et lancer une nouvelle phase qui appuierait la création d'une IMF à part entière sous licence, une approche qui est de plus en plus utilisée par le FENU pour créer des institutions financièrement viables qui pourraient éventuellement fonctionner dans le secteur financier formel. Cependant, après de longues discussions avec le gouvernement et les acteurs, il a été décidé que l'utilisation d'une telle approche est encore prématurée pour le Laos. L'expérience du FENU dans la promotion de la microfinance au Laos a permis de tirer plusieurs enseignements qui ont été partagés avec d'autres organisations et d'autres partenaires. Le gouvernement du Laos utilise certains de ces enseignements pour formuler sa propre politique de microfinance et progresser vers la création d'un environnement politique plus favorable à cette industrie. Les deux projets actuels de développement local au Laos, les initiatives Nam Tan et EDI, prennent fin en 2003. Afin de préparer le terrain pour le possible lancement d'un nouveau programme au Laos, le FENU a envoyé une mission de reconnaissance en 2002 qui a pour but d'évaluer si les conditions actuelles dans le pays rendent possible une nouvelle programmation dans le domaine de la gouvernance locale et de la décentralisation, un processus déjà entamé par le gouvernement. Pour plus d'informations sur les programmes du FENU dans la République Démocratique Populaire du Laos, veuillez consulter le bulletin d'information, la page Photos et Interviews, ou les documents de projets dans le menu. |
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