Évaluation
des Projets du FENU
Fonds d'Equipment des Nations Unies
Laos
I. Données de base du projet
| Numéro du projet: | LAO/89/C04 |
| Titre du projet: | Remise en état de la route Sayaboury Paklay |
| Agences d’exécution gouvernementales: | Ministère des communications, des transports, des postes et de la construction |
| Organisme de l’ONU coopérant: | Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) |
| Secteur: | Infrastructures |
| Sous-secteur: | Routes |
| Financement | |
| FENU: | $É.-U. 5,082,714 |
| PNUD: | 1,479,751 |
| Gouvernement: | 780,378 |
| Coût total du projet: | 7,342,843 |
|
Date d’approbation du projet:
|
Janvier 1992
|
|
Date de démarrage du projet:
|
Janvier 1992
|
|
Date de l’évaluation du projet:
|
Décembre 1996
|
|
Type d’évaluation:
|
Finale
|
![]() |
|
II.
Historique
La République démocratique populaire lao est un pays enclavé avec une densité de peuplement faible d’après les normes asiatiques. La superficie totale du pays est de 237 000 km2 et la population atteint tout juste 4 millions d’habitants. La région septentrionale est essentiellement une région montagneuse; près de la moitié du pays est recouverte de forêts.
La province de Sayaboury, où est situé le projet routier, ressemble à la plus grande partie du Laos septentrional. Soixante-cinq pour cent de la région sont composés de montagnes et de forêts. Sayaboury est la seule province entièrement située à l’ouest du Mekong, qui sépare la province du reste du pays. La population de la province est d’environ 292 000 habitants (estimations de 1995) et sa superficie de 16 389 km2.
III. Le projet
Le projet visait à la remise en état de 152 kilomètres de routes entre Sayaboury et Paklay. En raison d’un manque d’entretien et d’un système de drainage inadéquat, les 50 premiers kilomètres de la route avaient été gravement endommagés, le reste étant constitué par une piste de terre de 3 mètres de largeur nivelée au bulldozer. Trois nouveaux ponts ont été construits pour garantir un accès entre les deux villes par tout temps. Le projet prévoyait la construction de ponceaux, ainsi que des travaux de drainage et d’excavation. Il s’agissait avant tout de remettre la route en état, mais on a construit une grande déviation de 16 kilomètres pour réduire les gradients de la route et réaliser des économies sur les coûts de construction.
Le projet représentait une contribution aux efforts déployés par les pouvoirs publics pour développer l’infrastructure nationale de communication et de transport. Il cherchait aussi à stimuler la production agricole en facilitant la circulation des marchandises et des passagers. L’objectif immédiat consistait à améliorer les conditions de vie de quelque 40 000 personnes habitant dans 70 villages et amorcer le développement de la région par le biais i) de la remise en état et de la construction de 152 kilomètres de route, et ii) du renforcement de la capacité institutionnelle de la province en matière de construction et d’entretien des routes.
À la conception, la réalisation visait à garantir l’achèvement des travaux physiques à des conditions acceptables de qualité, de coût et de temps, tout en faisant participer le plus possible les habitants au processus de la construction. Des conseillers techniques internationaux ont assuré la gestion et le contrôle financier d’ensemble, la formation au maniement d’un matériel lourd et l’administration pendant les premières phases du projet. Le matériel de construction a été fourni par le FENU, la conception et la supervision de la construction ont été assurées par l’équipe du projet du Gouvernement laotien, et la construction elle-même a été réalisée par les deux entreprises contractantes.
IV. But de l’évaluation
L’évaluation poursuivait quatre objectifs principaux : i) évaluer le projet à son achèvement et déterminer la nécessité éventuelle d’activités de suivi; ii) examiner l’intérêt et l’impact du projet; iii) tirer des enseignements en vue de la programmation de projets dans le secteur routier au Laos et de la conception d’ensemble de projets dans le secteur routier; iv) déterminer l’intérêt et la nécessité de remettre en état le tronçon de la route reliant Paklay à Kenthao.
V. Conclusion de la mission
Évaluation des résultats obtenus
La mission d’évaluation a conclu que les objectifs du projet avaient été atteints. Le projet avait permis :
De remettre en état un tronçon de route reliant en tout temps Sayaboury à Paklay en respectant les contraintes de temps, de coût et de qualité;
De développer le réseau national de communications et l’infrastructure de transport;
D’améliorer le niveau des institutions locales chargées de la construction et de l’entretien des routes, ainsi que de la construction des ponts;
De réduire le coût des transports et d’augmenter la circulation des biens et des personnes : sur la nouvelle route, le voyage n’exige plus que quatre heures. Le coût du ticket de bus a été réduit de deux tiers. Le nombre de voyageurs se rendant d’un district à l’autre a considérablement augmenté, en particulier celui des femmes. Avant la remise en état de la route, le voyage entre Paklay et Sayaboury comportait un arrêt de nuit pendant lequel les voyageurs dormaient souvent sur le bas-côté de la route. Lorsque c’était le cas, peu de femmes entreprenaient le déplacement, en raison de considérations culturelles et d’impératifs de sécurité;
De stimuler la production agricole. La route n’a été terminée que depuis six mois, mais il semble que la production agricole a commencé d’augmenter. Les villageois se sont montrés très désireux de planter de nouvelles cultures marchandes. Cela pourrait s’expliquer par l’établissement de contacts plus réguliers avec des acheteurs qui empruntent la route dans les deux sens;
De réduire apparemment la pauvreté dans la région. La prospérité des agriculteurs, qui constituent le gros de la population de la province, semble avoir augmenté. Le nombre de buffles, de vaches, de cochons et de poulets a augmenté d’environ 20 % entre 1991 et 1995. On a noté aussi un accroissement important du nombre de voitures et de motocyclettes dans la province. Depuis le début de la construction de la route, le nombre de motocyclettes a augmenté de 15,1 % et celui des voitures de 9,4 %.
L’équipe d’évaluation a noté que les travaux de remise en état de la route avaient entraîné des retombées positives supplémentaires par rapport à celles qui étaient prévues dans le document descriptif du projet. En particulier :
Pour envoyer des agents sanitaires de la province dans les districts, il n’en coûtait que 15 000 kips en 1996, contre 40 000 en 1991;
Les habitants des districts méridionaux ont à présent accès à l’hôpital de Sayaboury pendant la saison des pluies. Auparavant, les personnes gravement malades ne pouvaient se faire soigner qu’en Thaïlande, et il en coûtait trois fois plus;
D’autres projets réalisés dans la région ont bénéficié de l’amélioration du réseau de transport, en particulier le projet d’irrigation de Nam Tan et les projets en cours de réalisation de l’Union des femmes laotiennes;
De nouvelles activités se sont développées, comme la production d’oeufs, les petites entreprises frigorifiques, les hôtels, la formation, les garages et les fabriques d’embouteillage d’eau.
Évaluation de la conception du projet
La conception du projet et les structures de réalisation ont été excellentes et correspondaient parfaitement aux objectifs du projet. La conception du projet a tiré partie de l’expérience du précédent projet de remise en état du tronçon de route reliant Sayaboury à Luang Prabang, projet qui a été financé par le FENU.
VI. Recommandations
Les recommandations ci-après comportent certaines modifications mineures qui pourraient être apportées et utilisées pour la formulation d’un nouveau projet tendant à remettre en état le tronçon de route reliant Paklay à Kenthao :
L’entreprise chargée de la construction de la route doit assurer l’entretien régulier de la route dans le district de Sayaboury. Toute occupée à la construction en cours, l’entreprise risque de négliger ces travaux d’entretien. Pour assurer la durabilité de la route, on propose que le nouveau chantier routier inclut un financement et un cahier des charges pour l’entretien du tronçon de route reliant Sayaboury à Paklay.
L’entrepreneur qui a exécuté les travaux du présent projet y a gagné une précieuse expérience. Toutefois, il ne dispose à présent d’aucun matériel pour entreprendre un nouveau chantier et il ne sait que faire en attendant, soit la cession du matériel appartenant à l’ONU, soit le début de la construction de la route reliant Paklay à Kenthao. De ce fait, les capacités créées par le projet se trouvent compromises. Il faudrait éviter qu’une situation pareille se reproduise pour les projets futurs.
Il faut prévoir une formation pour gérer l’entreprise de travaux routiers. Une expérience a été acquise en matière de techniques de construction routière, mais dans une mesure beaucoup plus modeste, de gestion, notamment de planification, d’achats et de gestion financière. Les programmes à venir devraient comporter une formation à ces activités.
Il faut améliorer l’interprétation des renseignements géotechniques et la conception des tests de contrôle de la construction.
Certaines améliorations pourraient être apportées à la documentation en vue de la conception du projet.
Une décision s’impose d’urgence en ce qui concerne la remise en état éventuelle du tronçon de route reliant Paklay à Kenthao. Si cette décision est prise, les travaux devraient commencer immédiatement, si l’on ne veut pas perdre des travailleurs qui sont formés à ces travaux.
VII. Enseignements à tirer du point de vue des politiques d’action
On trouvera ci-après les deux enseignements clefs tirés de ce projet :
Les chances de succès et le rapport coût-efficacité d’un projet ont tout à gagner de l’incorporation à part entière dans sa conception de l’expérience acquise dans le cadre de projets antérieurs de remise en état entrepris dans la région.
L’entreprise ou l’institution chargée de l’exploitation et de l’entretien d’une route est normalement celle qui a construit celle-ci. Il est naturel de confier la construction d’une nouvelle route à l’entreprise qui a déjà fait ses preuves et d’assigner un rang de priorité plus élevé aux travaux de construction qu’aux travaux d’entretien. Pour assurer la durabilité de la route, il est donc indispensable d’affecter des crédits suffisants à l’entretien et de veiller à ce que les travaux de construction ne pèsent pas d’un poids excessif sur l’entreprise. La formation à la gestion des ressources et à la planification joue à cet égard un rôle essentiel.
VIII. Équipe d’évaluation
L’évaluation finale du projet a été réalisée par Royds Consulting (Laos) Ltd. L’équipe était composée de Dene Cook, ingénieur (hors cadre) des ponts et chaussées, Syamphone Phommalyvong, socio-économiste, et Viboun Abhay, interprète.


