ATELIER - DÉVELOPPEMENT LOCAL ET GESTION DÉCENTRALISÉE
DES RESSOURCES NATURELLES
RAPPORT GENERAL - COTONOU (Bénin) 10 - 16 Décembre 2000
TABLE DES MATIERES
- Introduction
- Réflexions générales
- Capitaliser les acquis du passé
- Comprendre les dynamiques nouvelles
- Articuler les politiques futures
- Recommandations
- Conclusion
APPENDICES
- 'Etat des lieux'
- 'Décentralisation et gestion des ressources naturelles' (exposé de H. Ouédraogo)
- 'Principes directeurs' en matière de GDRN
- Résultats de l'auto-évaluation de l'Atelier
- Liste des participants
- Liste des documents mis à la disposition des participants
- INTRODUCTION
- Capitaliser les acquis et les expériences des programmes FENU actuellement en cours,
- Comprendre les dynamiques locales actuelles,
- Contribuer, par le biais de suggestions réalistes et appropriées, à mieux articuler les principes de la politique du FENU en matière de Développement Local et de Gestion Décentralisée des Ressources Naturelles (GDRN).
- Sans des mesures concrètes de protection, de réhabilitation et de gestion des ressources naturelles, il n'y aura pas de développement local et il n'y aura pas, non plus, de bonne gouvernance;
- La 'maîtrise d'ouvrage' sur toutes les initiatives de développement local sera exercée par les autorités locales;
- Les interventions du FENU doivent reposer sur une démarche rigoureuse et une analyse comparative des coûts pour permettre aux structures nationales de reproduire les actions pilotes à une échelle plus large;
- Tout projet doit inclure, dès son démarrage, une stratégie de 'retrait' voire de 'désengagement' bien définie.
- CAPITALISER LES ACQUIS DU PASSE
- les aspirations et les priorités locales sont prises en compte;
- les populations sont considérées à la fois comme acteurs et décideurs; tous les acteurs sont impliqués dans la conception et l'exécution des différentes initiatives;
- le savoir-faire local et les connaissances techniques traditionnelles sont valorisés;
- les dynamiques écologiques et sociales locales sont prises en considération;
- les actions sont dûment priorisées;
- les besoins immédiats des populations sont satisfaits;
- les mesures prévues sont rentables d'un point de vue économique et produisent des effets tangibles;
- les groupes minoritaires et marginaux (en particulier les femmes) ne sont pas négligés;
- les leçons apprises par d'autres projets sont valorisées;
- des arrangement institutionnels clairs et souples définissent les responsabilités, les droits et les obligations de toutes les parties prenantes;
- des accords transparents prévoient la participation active et la contribution financière de tous les acteurs;
- les producteurs ne paient pas des coûts de travail trop élevés;
- les initiatives techniques sont durables d'un point de vue écologique et utilisent des technologies qui comportent peu ou pas du tout de risques ;
- des dynamiques de comportement sont créées pour le long terme;
- la réalisation des investissements répond à des critères de qualité ;
- des stratégies appropriées de communication sont adoptées.
- Le diagnostic a représenté le début d'un processus d'action participative, un moyen important de dialogue avec les populations. Il a permis de renforcer les liens entre les individus de la communauté, d'extérioriser les opinions individuelles, de favoriser les échanges entre les individus et de renforcer le tissu social.
- Par le biais de leurs processus diagnostics participatifs, presque tous les projets ont non seulement permis une meilleure connaissance des problèmes locaux, mais aussi la création de dynamiques nouvelles. Ainsi, le processus de planification participative semble avoir partout constitué un excellent apprentissage de la démocratie.
- Les populations ont montré des capacités remarquables s'agissant de l'analyse pertinente de leur propre situation pour peu qu'on les aide avec une démarche et des outils de communication appropriés.
- La mise en œuvre de la démarche a conduit à un véritable renversement du mode d'intervention en milieu rural et a permis l'émergence de communautés rurales plus conscientes des réalités qui les entourent.
- Les projets ont fait œuvre de pionniers en 'déblayant' le terrain et en accumulant suffisamment d'expériences susceptibles d'aider à la formulation et à l'opérationalisation d'un programme de développement local dans un contexte de décentralisation.
- Le terrain a été préparé pour tous les acteurs qui vont désormais s'engager dans l'appui à la décentralisation en milieu rural.
- Les besoins immédiats et prioritaires des populations défavorisées ont été satisfaits.
- Les actions de lutte contre la pauvreté ont eu des effets démultiplicateurs (permettant aux bénéficiaires d'investir dans des secteurs comme l'habitat et l'équipement agricole).
- La création d'une dynamique de partenariat avec les structures de la société civile a permis de renforcer les capacités organisationnelles et entrepreneuriales locales.
- Les initiatives des projets ont aidé la prise de conscience d'une vision globale du 'terroir' et de la nécessité d'ancrer institutionnellement le développement local au niveau de la commune.
- Les démarches adoptées ont permis aux partenaires de s'approprier le programme dès les premiers contacts.
- Les diagnostics ont souvent généré des informations riches, parfois redondantes avec très peu de valeur pratique pour la suite des événements et ils ont difficilement permis de dépasser les analyses sectorielles pour réaliser de vraies analyses d'ensemble
- Les projets sont confrontés aux flous des cadres réglementaires concernant la gestion décentralisée des ressources naturelles : l'Etat est considéré comme le gestionnaire officiel de ces ressources. Le transfert des compétences n'a pas été suivi de ressources financières et humaines appropriées. La répartition des compétences et des responsabilités est souvent relativement confuse. Différents acteurs sont impliqués et leurs rôles respectifs ne sont pas clairs. Il y a un conflit entre autorités coutumières et nouveaux élus.
- A cause du cadre réglementaire, les acteurs locaux se sentent très peu responsabilisés par rapport à la gestion des ressources naturelles : d'où une mauvaise utilisation des ressources, l'absence d'une formule de renouvellement des ressources naturelles, l'absence d'une politique volontariste de reboisement, l'absence de ristournes sur les produits d'exploitation des ressources naturelles.
- Les pesanteurs politiques et/ou les facteurs sociologiques de toutes sortes, impliquant des formes de manipulations politiques, de patronage et une mentalité 'd'assistanat' sont encore très vivaces.
- Les programmes de développement économique, social et culturel des collectivités territoriales sont élaborés selon un 'modèle fermé' auquel échappent de nombreux aspects des besoins des populations. Cette approche occulte bien des activités de développement sans lesquelles on ne peut réussir le combat contre la pauvreté.
- Les activités de GRN sont uniformes et répétitives et tiennent peu compte de la spécificité des localités. L'approche 'village' n'a pas permis d'opérationnaliser un processus axé sur un ensemble de villages homogènes d'un point de vue sociologique avec des ressources partagées (bassin versant, massif forestier, pâturage)
- L'intervention à l'échelle 'terroir villageois' comporte certaines limites. En effet, une bonne partie des actions d'un plan de développement villageois relèvent de l'aménagement du territoire et doivent être négociées à un niveau plus élevé (communal et intercommunal); d'autre part, d'autres éléments contenus dans les plans villageois consistent en actions relevant des unités de production (individu ou famille) sur lesquelles le village n'a que très peu d'emprise.
- L'exécution est handicapée par l'absence de compétences locales et par la faiblesse des capacités de négociation des responsables communaux et villageois.
- La variété des niveaux de décision, impliquant plusieurs acteurs (bailleurs de fonds, agences d'exécution, agences gouvernementales, ONG, etc.), avec des procédures différentes, a considérablement ralenti les processus de mise en œuvre des mesures techniques préconisées.
- Les projets qui ont été conçus comme projets d'EDP dans la période 1994-1997 et qui, par conséquent, étaient supposés s'adresser aux communautés villageoises et à leurs terroirs. Au cours des deux dernières années, ces projets ont fait l'objet d'un réalignement plus ou moins formel, voire d'une 'mise à niveau' par rapport à des contextes sociaux, politiques, institutionnels et écologiques en pleine évolution (y compris pour tenir compte de la nouvelle politique du FENU). Les équipes de ces projets ont rencontré beaucoup de problèmes à cause d'outils méthodologiques et de concepts peu appropriés et/ou peu maîtrisés ou une mise en route lente et laborieuse. Pourtant, elles ont généralement montré une très grande vitalité et flexibilité, en réadaptant leurs outils de base, en modifiant leurs objectifs, en révisant les critères de leurs choix et en changeant leurs ancrages institutionnels, voire leurs démarches, au risque de les rendre quelque peu 'hybrides'. Ces projets, qui touchent maintenant à leur fin, ont accumulé une expérience énorme en matière de gestion des ressources naturelles (encore que, comme les participants l'ont souligné plusieurs fois, une évaluation appropriée de l'impact écologique de ces projets nécessiterait une période de temps beaucoup plus longue). Les défis actuels de ce genre de projets consistent à (i) mieux apprécier la portée de ces acquis; (ii) mieux les communiquer à d'autres intervenants (agences gouvernementales et bailleurs de fonds, collectivités territoriales, ONG nationales, etc.) ; et (iii) mettre en place les conditions techniques et institutionnelles qui puissent favoriser la pérennisation des différentes activités entreprises - par exemple, par le renforcement des capacités des partenaires locaux et une plus grande implication des services techniques déconcentrés. Parmi ces projets, on compte ceux d'Assaba (Mauritanie), Bankass (Mali), et Dalaba (Guinée) ainsi que, peut-être, celui de Kédougou (Sénégal). Le projet de Djibo (Burkina Faso) peut aussi être rattaché à cette catégorie de projets.
- Les projets qui, tout en poursuivant le travail entrepris par des projets EDP (actuellement terminés) dans les même zones géographiques, n'ont pas été conçus comme projets EDP, mais plutôt comme projets d'appui au développement local (leurs prodocs ont été formalisés en 1999). Ces projets opèrent dans le contexte d'une décentralisation partielle ou incomplète ou, parfois, interrompue. Après la tenue formelle d'élections locales et la mise en place et/ou la consolidation des collectivités territoriales, ces projets, cependant, nécessiteront une 'mise à jour' plus ou moins considérable. A la différence des autres catégories, leur principal défi consiste à opérer dans un contexte où la communauté villageoise n'est plus l'interlocuteur privilégié, mais où les collectivités territoriales ne sont pas encore opérationnelles ou ne le sont pas pleinement. Ces projets peuvent jouer un rôle 'pilote' considérable et peuvent influencer, de manière significative, les futurs cadres réglementaires de la décentralisation et de la gestion locale des ressources naturelles. Etant à la 'charnière' entre deux situations différentes, ils peuvent adapter au développement local (dans le cadre, par exemple, des structures pré-communales) certaines méthodologies des projets EDP (par exemples, certaines approches participatives, modèles de formation des formateurs, auto-évaluations participatives, etc.), à condition de jouir d'une certaine flexibilité ou marge de manœuvre. Les projets de Mayahi et de Nguigmi (Niger), celui de Boulsa (Burkina Faso) et le projet d'appui au développement local de Nikki et Tanguiéta (Bénin) appartiennent à cette catégorie. Le projet d'Ambato Boeni, Madagascar, pourrait aussi être rattaché à cette catégorie, bien qu'il opère dans le contexte d'une décentralisation plus avancée.
- Enfin, les projets qui opèrent dans le contexte d'une décentralisation politique plus précise, dans le contexte d'institutions étatiques décentralisées et de cadres réglementaires formels. Ces projets ont peu de liens directs avec d'anciens projets EDP. Leurs prodocs ont été conçus (en 1999 et 2000) en fonction des principes directeurs de la nouvelle politique du FENU en matière d'appui au développement local. A la différence des deux catégories précédentes, les équipes de ces projets sont très restreintes (deux ou trois cadres nationaux, au maximum), n'assurent pas la 'maîtrise d'ouvrage' des différentes initiatives de développement local, mais jouent un simple rôle d'appui/conseil auprès des collectivités territoriales et d'interface entre tous les intervennants. Ainsi, à la différence des projets de la première catégorie, ces projets n'ont pas pour vocation d'expérimenter des pratiques de GRN novatrices, mais simplement d'aider les collectivités territoriales à être mieux informées sur des choix techniques possibles (en puisant, pour cela, dans les acquis des projets EDP d'autres régions ou d'autres pays). Par contre, à la différence des projets de la deuxième catégorie, ils opèrent dans un contexte où les collectivités territoriales existent de manière formelle, même si elles ne disposent pas encore de tous les pouvoirs et de toutes les ressources leur permettant d'assumer un rôle effectif dans le domaine de la gestion décentralisée des ressources naturelles. Le rôle 'pilote' de ces projets consiste à expérimenter certains dispositifs techniques et financiers encore théoriques et à mettre en œuvre des formes viables et replicables de développement local et de gestion décentralisée des ressources naturelles. Leurs interlocuteurs seront les collectivités territoriales, surtout celles qui sont les plus proches de la base. (communes). Mais leur principal défi sera d'aider ces collectivités à tenir compte des besoins et des priorités de l'ensemble des acteurs de leur juridictions. En effet, le danger serait qu'un ancrage accru sur les collectivités territoriales ne se fasse aux dépens des communautés villageoises et des groupements nomades, des autorités coutumières et des groupes minoritaires et marginaux (l'expérience des projets EDP sera alors précieuse pour dépasser tout obstacle). Les deux projets du Mali (Tombouctou et Mopti), comme aussi probablement le nouveau projet en Haute-Guinée, font partie de cette catégorie de projets.
- COMPRENDRE LES DYNAMIQUES NOUVELLES
- un processus d'appauvrissement généralisé du milieu rural (pauvreté liée essentiellement à un manque d'accès et de contrôle des ressources naturelles productives);
- une révision ou adaptation de l'ensemble des stratégies de production et de survie locales;
- l'émergence de nouvelles formes extrêmement graves de conflits fonciers entre différents utilisateurs de l'espace et/ou entre différentes manières d'utiliser le même espace.
- dans la plupart des pays concernés, la décentralisation est un processus en cours et touche plusieurs échelons, dont le niveau local, directement concernés par la gestion des ressources naturelles ;
- les dispositions juridiques et réglementaires de la plupart de ces pays ont tendance à transférer des compétences de gestion des ressources naturelles aux collectivités locales décentralisées. Mais dans les faits, ce transfert de compétences n'est pas accompagné de mesures d'application concrètes ;
- ce processus bien qu'imparfait constitue un pas important vers la responsabilisation des élus locaux.
- les populations africaines sont entièrement dépendantes des ressources naturelles ;
- les ressources naturelles sont sujettes à une dégradation continue ;
- les formes de gestion centralisée des ressources naturelles ont conduit partout à de graves échecs.
- Le manque de volonté politique de l'Etat de conduire le processus jusqu'au bout;
- La faiblesse des revenus de la population limitant la possibilité d'auto-financement des actions de développement;
- Le faible niveau des capacités locales liées à l'analphabétisme.
- d'avoir une perception claire de l'environnement réglementaire et institutionnel nouveau impliqué par la décentralisation ;
- d'œuvrer au renforcement des capacités des nouvelles collectivités locales de bien comprendre que la décentralisation ne se fait pas contre l'Etat, elle se fait avec lui ;
- d'appuyer la société civile locale qui doit pouvoir exercer un contrôle sur l'action des élus locaux. »
- ARTICULER LES POLITIQUES FUTURES
- Les nouveaux programmes/projets d'appui au développement local (PADL) traiteront davantage des problèmes de la pauvreté rurale (axes stratégiques mieux définis, critères de choix plus pertinents, nature des dispositifs techniques et financiers à mettre en œuvre, etc.);
- Les diagnostics des PADL n'auront pas la prétention de couvrir l'ensemble des facteurs écologiques, sociaux, économiques, historiques et politico-institutionnels locaux, mais se focaliseront sur les principaux facteurs de blocage des systèmes de vie locaux et sur les insécurités des populations rurales;
- En matière de développement local et de gestion des ressources naturelles, la contribution spécifique des PADL sera : (a) institutionnelle, puisqu'ils contribueront à légitimer les acteurs institutionnels locaux et à les responsabiliser par rapport à la gestion de l'environnement ; (b) technique, puisqu'ils favoriseront la diffusion de bonnes pratiques de gestion des ressources naturelles en vue d'en augmenter, de façon durable, la productivité, d'accroître les revenus qu'on en tire et, par conséquent, de diminuer la vulnérabilité des populations rurales vis-à-vis des crises récurrentes; et (c) juridique, puisqu'ils appuieront la formulation et la mise en application de cadres réglementaires locaux appropriés;
- Les PADL n'auront pas pour vocation d'expérimenter de 'nouvelles techniques' en matière de gestion des ressources naturelles, mais d'aider les collectivités territoriales (en tant que 'maîtres d'ouvrage') à disposer de toute l'information nécessaire concernant les techniques les plus performantes et leur adoption et à mieux bénéficier de leurs résultats, tout en les adaptant aux conditions locales;
- Dans le domaine de la gestion des ressources naturelles, l'accent sur le développement institutionnel permettra aux PADL de focaliser l'attention sur les structures de pouvoir local pour qu'elles puissent participer activement au développement local et à la gestion des ressources productives. Plus particulièrement, les PADL viseront à :
- promouvoir la création et/ou la consolidation d'institutions formelles et informelles qui, dans le domaine du développement local et de la protection, de réhabilitation et de gestion des ressources naturelles, soient capables de définir, négocier et mettre en œuvre des initiatives cohérentes ;
- favoriser la définition, l'introduction et la formalisation de pratiques, d'arrangements et de mécanismes de planification participatifs, de mécanismes de concertation, de procédures de prévention/gestion/ solution des conflits fonciers et de prise de décision comme aussi de mécanismes transparents de 'reddition des comptes' et des procédures d'auto-évaluation : c'est-à-dire d'un ensemble de 'règles de jeu' permettant aux acteurs institutionnels d'opérer - individuellement et/ou collectivement - selon les principes de la bonne gouvernance;
- Dans le domaine du renforcement des capacités locales, les PADL visent à rendre les acteurs institutionnels locaux capables d'assumer leurs responsabilités et de jouer pleinement leurs rôles respectifs. Les PADL devraient permettre de traduire cette politique par un ensemble d'initiatives d'information, de sensibilisation et de formation de l'ensemble des acteurs institutionnels concernés, à savoir les membres des collectivités territoriales et les représentants des organisations paysannes de base ainsi que les responsables des services techniques étatiques déconcentrés;
- Pour fournir un appui efficace aux économies locales, les PADL aideront les collectivités territoriales à choisir et mettre en œuvre des mesures techniques précises capables de répondre aux problèmes de la gestion des ressources naturelles et de la productivité des activités de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche. Ils favoriseront aussi la mise en place d'un dispositif financier permettant aux collectivités territoriales de disposer d'instruments appropriés pour financer leurs propres investissements et ceux des communautés locales. Les principales mesures techniques des PADL concerneront la gestion de l'eau, les mesures anti-érosives, la fertilité des sols, l'intensification agricole et la production et la santé animales.
- une clarification de certains concepts de base;
- une meilleure définition de la notion de 'commune', unité d'intervention privilégiée des PADL ;
- le mandat légal dont les collectivités territoriales auront besoin pour assurer une gestion locale des ressources naturelles;
- le rôle des collectivités territoriales dans la mise en œuvre de méthodes de collecte et d'utilisation des ressources fiscales provenant des ressources naturelles ;
- la réflexion parallèle sur les instruments de micro-finance qui devraient accompagner la nouvelle approche des PADL (pour couvrir d'une manière plus globale les problèmes de développement local) [6];
- la durée minimum temps dont les PADL disposeront pour avoir un quelconque impact sur les ressources naturelles;
- la stratégie de désengagement (par un appui institutionnel aux services techniques déconcentrés de l'Etat) que tous les PADL devraient définir dès le début;
- une réflexion comparative entre types de mesures de gestion des ressources naturelles et niveaux institutionnels.
- RECOMMANDATIONS
- Economie locale, fiscalité et micro finance,
- Axes et stratégies de mobilisation de ressources,
- Décentralisation et gestion des ressources naturelles,
- Variété des régimes fonciers actuels,
- Formation des communes sur leurs rôles spécifiques en gestion des ressources naturelles,
- Outils de diagnostic et de planification pour l'articulation village/commune et intercommunalité,
- Gestion des conflits,
- Mesures visant à stimuler les investissements (des collectivités territoriales et des communautes locales) sur les ressources naturelles,
- Réplicabilité et stratégie de sortie,
- Gestion du terroir.
- la création d'un réseau d'échanges;
- la création d'un bulletin renforçant la communication de l'information et le partage des idées au sein du FENU;
- l'organisation de voyages d'études entre projets;
- la participation de certains chargés de programme ou de coordinateurs de projets à des missions d'appui des conseillers techniques dans des pays tiers;
- une meilleure connaissance et utilisation des sources bibliographiques existantes;
- l'élaboration et la diffusion des travaux de recherche menés et/ou supervisé par les équipes des projets.
- Un manuel de bonnes pratiques de gestion des ressources naturelles (fiches techniques simples à consulter qui seraient mises à la disposition des collectivités territoriales et de leurs prestataires des services) ;
- Des directives permettant aux équipes de réaliser des auto-évaluations systématiques : ils souhaitent que la 'mémoire' de ces auto-évaluations soit gardée à l'instar des jugements exprimés par des consultants externes à l'occasion des évaluations formelles des projets;
- Une liste des principales institutions/personnes ressources internationales et sous-régionales qui pourraient appuyer les différents projets dans différents domaines concernant la décentralisation et la gestion décentralisée des ressources naturelles (par rapport à cela la présentation du Programme de Développement Municipal, PDM, faite aux participants par M. François Yatta a été un début) [7].
- CONCLUSION
Du 10 au 16 Décembre 2000 s'est tenu à Cotonou (Bénin) un atelier du Fonds d'Equipement des Nations Unies (FENU) sur "Développement Local et Gestion Décentralisée des Ressources Naturelles".
Cet atelier a réuni une trentaine de participants [1], parmi lesquels les chargés de Programme de neuf pays francophones d'Afrique et de Madagascar et les coordonnateurs nationaux de douze projets du FENU intervenant dans le développement local et la gestion des ressources naturelles.
La réunion a bénéficié de la présence d'une délégation du siège du FENU conduite par M. Normand Lauzon, Secrétaire Exécutif et M. Albéric Kacou, Secrétaire Exécutif Adjoint et Directeur des Opérations, et composée de trois membres de l'Unité de Gouvernance, à savoir M. Angelo Bonfiglioli. Conseiller Technique, M. Roger Shotton. Conseiller Technique. et Mme Kristin Wambold-Liebling, Chargée de Pays. M. Bernard Michel, ancien Conseiller Technique du FENU a aussi assisté à l'atelier en tant que personne ressource. Au niveau du Bénin, le Représentant Résident du programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) M. Moustapha Soumaré et son adjointe chargée du Programme, Mme M'Baranga Gasarabwé, ont aussi suivi de près les travaux de l'Atelier.
Les principaux objectifs de cet atelier étaient les suivants :
1 Voir la liste complète des participants dans l'Appendice 5.
L'Atelier a offert l'occasion à la co-présidence assurée par le PNUD et le FENU de souligner le fait que la survie même des populations africaines, de plus en plus menacée par la transformation de leur environnement naturel immédiat, est étroitement liée à une gestion durable des ressources naturelles de leurs terroirs. Par conséquent, la perspective d'une gestion locale de ces ressources constitue pour elles une opportunité unique.
Dans ses interventions, M. Moustapha Soumaré, Représentant Résident du PNUD/Bénin, a également touché les problèmes de la dégradation des ressources naturelles productives et des conflits relatifs, des mutations du cadre juridique et réglementaire ainsi que des responsabilités effectives des populations locales. Dans ce domaine, les principales questions liées à une bonne gestion de ces ressources semblent être les suivantes : 'quoi faire ? comment faut-il assurer une bonne utilisation des ressources ? quels mécanismes institutionnels faut-il mettre en place ?' Comme dans tout autre domaine, les projets d'appui au développement local et de gestion des ressources locales du PNUD et du FENU ont l'obligation de produire des résultats concrets. Or, l'un des principaux résultats de ces projets sera leur capacité effective d'influencer les politiques nationales en matière de bonne gouvernance et de gestion de l'environnement.
De son côté, M. Albéric Kacou, Secrétaire Exécutif Adjoint du FENU et Directeur des Opérations, a invité les participants de l'atelier à faire, entre autres, une analyse critique des Programmes d'Eco-Développement participatif (EDP) en cours d'exécution. Cette analyse devrait être basée à la fois sur leurs succès et leurs échecs afin d'en tirer le maximum de leçons pour les projets futurs du FENU. En effet, l'évaluation thématique, que le FENU avait conduit sur l'approche EDP en 1998 avait déjà permis d'identifier un certain nombre de faiblesses : par exemple, le manque d'un cadre institutionnel approprié, l'insuffisance de la dimension 'pérennité', la lourdeur des outils et des méthodologies de programmation ou les difficultés à répliquer les approches. A la suite de cette évaluation, un certain manque de clarté voire même une certaine ambiguïté du siège avait été ressenti sur le terrain par un manque de direction et d'appui. Par la suite, cependant, tous les projets ont pu recevoir l'aide nécessaire pour se réaligner vis-à-vis de la nouvelle politique.
Selon M. Kacou, l'aide au développement se trouve actuellement dans une période de crise, caractérisée par la diminution généralisée des ressources. C'est dans ce contexte qu'est intervenue l'évaluation générale du FENU en 1998. Cette évaluation, tout en jugeant globalement positives les différents programmes, a formulé aussi des recommandations en demandant au FENU (en septembre 1999) de recentrer ses activités dans deux domaines, à savoir la gouvernance locale et la microfinance. C'est ainsi que, pour donner une réponse positive à ces recommandations, le FENU a établi un Plan d'Action 2000 par le biais d'un ensemble d'activités précises et détaillées (par rapport, par exemple, à sa nouvelle structure organisationnelle, le cycle de formulation des projets, le système de gestion de l'information, la réplication des projets et leur impact sur les politiques nationales ou le renforcement des capacités de son personnel).
Les interventions de M. Normand Lauzon, Secrétaire Exécutif du FENU ont surtout insisté sur l'évolution profonde connue par le FENU depuis sa création en 1966 et le démarrage effectif de ses activités en 1973. Depuis 1995, le FENU a opté pour une stratégie unifiée d'appui au développement local par la bonne gouvernance et la microfinance. Dans cette stratégie nouvelle on retrouve les éléments essentiels des approches du Fonds de développement local (FDL) et d'Eco-développement participatif. Le défi du FENU consiste maintenant à prouver, à travers des résultats concrets, l'efficacité de son action dans la lutte contre la pauvreté. Cette action est guidée par quelques principes majeurs, parmi lesquels les plus importants sont les suivants :
3.1 Leçons apprises et facteurs de blocage
L'un des principaux thèmes de l'Atelier était la capitalisation des acquis du passé. Il s'agissait, avant tout, de mener une réflexion collective sur les leçons apprises par les projets en cours, en particulier les projets EDP, sur la validité de leurs outils, instruments et produits ainsi que sur la manière de valoriser ces acquis lors de la programmation des projets futurs.
Pour cela, les participants de l'Atelier ont largement bénéficié des résultats du travail de préparation que les différentes équipes avaient pu mener au cours des mois qui ont précédé la tenue de l'atelier lui-même. Ils disposaient, en effet, d'un document synthétisant les principaux éléments de leurs propres réflexions ainsi que d'une étude 'de capitalisation' conduite par deux personnes ressources [2]. Au cours de l'atelier, ces réflexions ont été reprises et approfondies et le contexte général dans lequel opèrent les différents projets a été présenté. Les discussions se sont particulièrement concentrées sur les acquis et les contraintes de ces projets.
(a) En matière d'acquis
Les procédures et les mécanismes de diagnostic et de planification adoptés par tous les projets semblent avoir largement contribué à créer de nouveaux rapports de force entre les acteurs locaux (à savoir entre les institutions de l'Etat et les organisations de la société civile) et à souligner l'importance que ces acteurs nouent des liens institutionnels interactifs. Les communautés villageoises, concernées en priorité par les projets EDP, ont graduellement pu disposer d'outils de planification remarquables. Là où elles ont pu recevoir une formation appropriée en méthodes participatives de base (diagnostic et programmation), elles ont rapidement montré leurs capacités à assumer un rôle crucial dans la gestion de leur propre développement.
Par rapport aux pratiques de gestion des ressources naturelles, un acquis significatif concerne la nouvelle prise de conscience des problèmes environnementaux de la part des populations bénéficiaires comme aussi l'expérimentation de 'bonnes' pratiques de gestion des ressources naturelles et leur appropriation par les communautés villageoises.
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Une pratique de gestion des ressources naturelles est jugée 'bonne' quand :
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Enfin, en matière d'institutions, toutes les équipes des projets ont pris conscience de la nécessité de se réaligner par rapport à un processus de démocratisation de la société plus ou moins complet. Ce processus a comporté la mise en place de structures de gouvernement plus ou moins décentralisées et la définition de dispositions juridiques et légales particulièrement en matière de gestion du foncier et d'organisation du monde paysan. En cela, elles ont fait preuve d'une grande flexibilité, surtout pour dépasser les schémas parfois trop rigides de leurs documents de projet respectifs. Dans leur grande majorité, elles ont su mettre l'accent sur l'importance des 'processus' plus que sur la multiplication de formes institutionnelles. Elles ont aussi dû tenir compte de l'émergence de différentes structures impliquées dans la gestion du développement local (ONG locales, groupements d'intérêt économique, groupements d'usagers, groupements féminins, etc.) et des potentialités de leur partenariat.
Le travail des groupes de discussion a permis d'aborder le problème des acquis d'une manière très concrète et pragmatique, en identifiant les principaux éléments des projets EDP qui méritent d'être conservés au sein des nouveaux programmes d'appui au développement local, quitte à les adapter (voir encadré ci-dessous). A cet effet, les différentes séquences de la mise en œuvre d'un projet - avec l'ensemble de ses principaux instruments, procédures et outils - ont été identifiées par le travail des groupes de discussion (du diagnostic à la planification et la programmation jusqu'à l'exécution) [3].
| L'accent sur les problèmes institutionnels semble être désormais un acquis important dans la mesure où il a permis de créer une vision plus globale et moins sectorielle des problèmes du développement local et de la gestion décentralisée des ressources naturelles. |
(b) En matière des principales contraintes et facteurs de blocage
Les processus de diagnostic et de planification ont généralement été caractérisés par une grande lourdeur et un manque de maîtrise des outils méthodologiques de base. Cela a entraîné de longues attentes et des frustrations chez les populations. Les informations des bases de données, malgré l'effort et le coût pour les collecter, ont finalement eu une utilisation limitée. Les systèmes de suivi et évaluation mis en place ont souvent été défaillants.
Il est apparu clair que, sans une préparation appropriée, les diagnostics risquent de ne produire que des 'listes' de besoins et que les aspirations d'une élite peuvent être interprétées comme les désirs de la communauté entière. Enfin, une contrainte majeure rencontrée par la plupart des projets concerne des zones d'intervention trop étendues et des populations très éparpillées. Le concept de 'terroir' villageois n'a pas toujours montré sa pertinence, n'ayant pas permis de rendre compte des liens intervillageois ni des caractéristiques des systèmes de production des populations nomades. En particulier, le schéma 'village/terroir' n'a pas pu être adapté sans difficultés au schéma 'commune/territoire communal'. Enfin, les rapports interactifs entre les villages ruraux et les centres urbains correspondants n'ont pas été suffisamment soulignés et peu de solutions novatrices ont pu être trouvées.
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LES PRINCIPAUX ACQUIS
LES PRINCIPALES CONTRAINTES
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Enfin, au niveau des institutions, les principaux facteurs de blocage ont été constitués par le flou des cadres réglementaires concernant les rôles et les domaines de compétences des différents acteurs, le manque de connaissance locale des principaux textes juridiques (en partie à cause des niveaux élevés d'analphabétisme) et l'insuffisance de la disponibilité des Services techniques de l'Etat.
Les participants ont eu l'opportunité, à partir des exemples concrets des différents pays, d'approfondir plusieurs aspects de cette réflexion. Les échanges ont permis de présenter les grandes lignes de certaines politiques et expériences novatrices : par exemple, les directives en matière de développement communautaire au Burkina Faso et la nouvelle loi concernant les Comités (inter)villageois de Gestion des Terroirs ; la loi concernant la gestion locale des ressources naturelles avec des communautés villageoises dotées de personnalité juridique (Madagascar); les expériences inter-communales (Mali) ; etc.
Un problème actuel ou potentiel majeur a trait à la représentativité des communautés villageoises au sein des organes communaux. En effet, même si les élus sont eux-mêmes membres de communautés villageoises spécifiques, cela ne suffit pas pour que les points de vue et les intérêts de ces communautés soient défendus et pris en compte. La situation varie, évidemment, de pays à pays, mais plusieurs projets (ex. en Guinée, Mali, Niger et Sénégal) veillent - avec plus ou moins de succès - à ce que les représentants des villages assistent aux séances des conseils pré-communaux ou communaux, surtout à l'occasion des débats concernant la programmation et les questions budgétaires.
| Les leçons des expériences passées en matière de gestion des ressources naturelles montrent que la contrainte principalement rencontrée est l'incapacité à créer les conditions sociales, économiques et institutionnelles qui permettraient aux solutions techniques d'être appliquées. En d'autres termes, les solutions techniques existent, mais elles sont fortement conditionnées par le cadre institutionnel qui permet de les définir, de les planifier et de les mettre en œuvre. |
3.2 Similarités et différences entre les projets
Pour approfondir le problème de la capitalisation des expériences du passé, les participants de l'Atelier ont collectivement jugé nécessaire d'aller au-delà de certaines généralisations. Et cela, à partir d'un constat de base : les projets actuels sont très différents les uns des autres, et cela malgré de nombreuses caractéristiques communes et similarités (par rapport, par exemple, à l'importance des démarches participatives, l'influence des ressources naturelles sur les modes de vie des populations locales, etc.).
En effet, ces projets n'ont pas été conçus de la même manière, n'ont pas été confrontés aux mêmes situations socio-politiques externes ni aux mêmes blocages, ont établi des relations de collaboration différentes avec des partenaires différents, ont connu un montage institutionnel différent, etc. Ainsi, leurs acquis, leurs contraintes comme aussi leurs attentes ou leurs besoins diffèrent considérablement. Pareillement, les leçons apprises par un projet spécifique ne sont pas automatiquement adaptables aux autres projets.
Au risque de simplifier une réalité assez complexe, une typologie des projets actuellement en cours pourrait permettre de mieux percevoir les dynamismes internes des projets individuels. Trois catégories majeures de projets peuvent ainsi être distinguées :
Ainsi, tous ces projets sont différents, mais complémentaires. La politique actuelle du FENU conduit vers la formulation d'une gamme assez variée de projets appartenant à la troisième catégorie. Cependant, il est incontestable que les composantes spécifiques de ces projets nécessiteront encore l'éclairage des projets des deux autres catégories.
Le rôle 'pilote' actuel ou potentiel de tous les projets a été souligné par l'ensemble des participants. Pourtant, cela devrait, au-delà de toute attitude d'auto-satisfaction, pousser davantage à préciser la nature de ce rôle et à poser certaines questions pertinentes : dans le domaine du développement local et de la GRN, qu'est-on est en train de piloter ? pour aller où ? est-ce que les autres (bailleurs de fonds, gouvernements, société civile) nous reconnaissent ce rôle ? est-ce que nous sommes vraiment prêts à jouer ce rôle et à quelles conditions ? est-ce que d'autres, dans certains domaines spécifiques, ne seraient pas mieux habilités que nous à jouer ce rôle ? etc.
2 Cette étude a été menée par Boubacar Fall et Mana Diakité auprès des projets de Assaba, Bankass, Dalaba et Kédougou.
3 Voir l'Annexe 1 du document 'Principes directeurs' (appendice 3).
4.1 Réflexions générales
Le deuxième grand objectif de l'Atelier était une meilleure compréhension des dynamiques locales actuelles en matière de développement local, de décentralisation et de gestion décentralisée des ressources naturelles.
Le principe de base est le suivant : pour mieux articuler la programmation future, la lecture des expériences du passé doit être accompagnée par une meilleure appréciation des phénomènes écologiques, des changements socio-économiques et des évolutions institutionnelles actuelles. La réflexion des participants avait été aidée par un document faisant une revue critique des principaux éléments du débat actuel [4].
Les débats ont souligné le fait que, face au poids des facteurs écologiques, des politiques agraires et des changements socio-culturels, les milieux ruraux dégagent des stratégies de survie et d'adaptation nouvelles qu'il faut tenter de comprendre et de valoriser. Au même moment, de nouveaux concepts - démocratie, décentralisation, bonne gouvernance locale - sont plus ou moins intégrés dans les approches de développement local.
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En Afrique, les principaux symptômes de la crise que traverse la plupart des populations semblent être les suivants :
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Les participants ont eu l'opportunité, à partir des exemples concrets des différents pays, d'approfondir plusieurs aspects de cette réflexion. Les échanges ont permis de présenter les grandes lignes de certaines politiques et expériences novatrices : par exemple, les directives en matière de développement communautaire au Burkina Faso et la nouvelle loi concernant les Comités (inter)villageois de Gestion des Terroirs ; la loi concernant la gestion locale des ressources naturelles avec des communautés villageoises dotées de personnalité juridique (Madagascar); les expériences inter-communales (Mali) ; etc.
La réflexion collective a permis de noter les éléments suivants :
| La décentralisation permet de dépasser les limites d'une planification et d'une gestion décentralisée, d'assurer une plus grande équité dans l'allocation des ressources, de favoriser une plus grande représentation des différents groupes politiques ou de faciliter un échange d'informations plus grand entre le gouvernement et les populations. La décentralisation permet de donner aux communautés locales une plus grande autonomie et des capacités de négociation élargies. |
4.2 Présentation
Un exposé du professeur Hubert Ouédraogo, juriste et anthropologue de l'Université de Ouagadougou, a permis aux participants de l'Atelier de mieux comprendre certains concepts juridiques et les dispositions législatives concernant la gestion décentralisée des ressources naturelles [5]. Trois constats majeurs se dégagent de son analyse :
La décentralisation est une question hautement politique. En effet, elle est une réforme qui pose le problème de transfert de pouvoir, qui induit de nouvelles compétences, de nouveaux acteurs, de nouvelles responsabilités et un redimensionnement des ressources naturelles.
Caractérisée par un transfert effectif des compétences à des entités autres que l'Etat, la décentralisation a comme conséquence la responsabilisation des communautés locales dans les prises de décision. Mais elle n'est pas synonyme d'exclusion de l'Etat central, ce dernier gardant le contrôle de la légalité des organes autonomes.
La mise en œuvre de la décentralisation rencontre de nombreuses difficultés parmi lesquelles :
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« La décentralisation est une réforme politique profonde de l'Etat. Elle reconnaît l'existence d'autres entités publiques responsables en dehors de lui-même. Elle consacre l'autonomie de ces entités sur la base de la reconnaissance de la notion d'intérêt local. Le rôle de l'Etat n'est pour autant ni nié ni négligé : il est repensé, redimensionné. L'Etat doit se concentrer sur les tâches dépassant les capacités des organismes locaux » |
Le débat qui a suivi cet exposé a permis d'approfondir certaines questions spécifiques, parmi lesquelles les suivantes : rapports entre décentralisation et déconcentration; le principe de la subsidiarité en matière de gestion des ressources naturelles; l'incohérence des cadres juridiques relativement à la gestion des ressources naturelles; l'évolution des différents cadres de concertation et d'animation mis en place par les projets au sein des communautés villageoises ; etc.
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« Réussir une politique de gestion décentralisée des ressources naturelles reste possible pour les projets à condition :
(H. Ouédraogo) |
En abordant la question des résistances de l'Etat au processus de décentralisation, M. Ouédraogo a fait une distinction importante entre les prises de position des institutions étatiques. En effet, il a fait une distinction entre : (a) les attitudes des membres des Ministères de 'souveraineté' (comme, par exemple, le Ministère de la Défense) qui ont, par rapport à la décentralisation, une attitude neutre ; (b) les attitudes des membres des Ministères de 'décision' (comme ceux des Finances) qui ont, vis-à-vis de la décentralisation une attitude négative, la considérant comme un élément perturbateur pouvant les déposséder de certaines prérogatives et attributions et qui, pour cela, sont prêts à établir des négociations serrées sur chaque point concernant les rapports que la décentralisation implique ; et (c) les membres des Ministères de 'développement' qui, au contraire, ont une attitude ouverte vis-à-vis de la décentralisation, en la considérant comme une condition indispensable à une véritable responsabilisation des structures de base vis-à-vis de leur milieu et de ses ressources.
4.3 Visite de terrain
Dans le cadre de cette réflexion sur la compréhension des dynamiques locales, une visite de terrain dans la préfecture d'Aplahoué a permis aux participants de connaître une expérience précise de développement communautaire et de gestion des ressources naturelles de la Communauté villageoise de Soglonouhoué (avec l'appui de l'ONG GRAIB, Groupe de Recherche et d'Appui aux Initiatives de base pour un Développement Durable). Il s'agit d'une expérience de gestion des terroirs et des ressources naturelles qui prolonge un ancien projet financé par la Banque Mondiale, la France et l'Allemagne.
Les populations villageoises, au sein de comités villageois et inter-villageois, semblent très bien maîtriser les différents outils de planification, programmation et auto-évaluation et semblent tout à fait capables de jouer un rôle actif dans la prise en charge de leur propre développement (cela malgré l'analphabétisme). La visite a ainsi permis de confirmer plusieurs éléments des débats de l'Atelier.
4 Voir dans l'Appendice 1 ce document préparé par Angelo Bonfiglioli..
5 "Gestion des Ressources Naturelles et Décentralisation : Dispositifs Juridiques et cadre Politique actuels" (voir cet exposé dans l'Appendice 2).
5.1 Méthodologie
Le troisième axe de la réflexion de l'Atelier visait à mieux identifier les principes permettant d'articuler les politiques futures du FENU en matière de développement local et de gestion décentralisée des ressources naturelles.
Même si l'Atelier n'avait pas le mandat de formuler la nouvelle politique du FENU, les participants ont tout de même eu l'opportunité unique de participer activement à une réflexion collective approfondie sur ces principes directeurs et d'apporter leur contribution.
Leur réflexion a été facilitée par un document de base ('Principes Directeurs') qui avait été envoyé à tous les participants deux semaines avant l'Atelier et dont les participants ont procédé à la relecture. Les groupes de travail ont approfondi la réflexion sur les points suivants: (a) préalables et axes stratégiques ; (b) développement institutionnel et renforcement des capacités locales; et (c) appui aux économies locales.
Des suggestions précises ont été formulées pour améliorer le texte du document. Mais, d'une manière générale, tous les participants ont apprécié la qualité d'un document, qui semble bien constituer une base de travail pertinente. Avant sa finalisation, cependant, il devra tenir compte des acquis et des expériences actuellement en cours dans les autres pays où le FENU intervient, en particulier en Afrique de l'Est. Les axes stratégiques qui y sont définis sont cohérents et nécessiteront un approfondissement collectif au fur et à mesure que de nouveaux enseignements sortiront des évaluations des projets en cours.
5.2 Les plus importants aspects des 'Principes directeurs'
Les caractéristiques essentielles de ces 'Principes directeurs' ont été présentées par Angelo Bonfiglioli. Il a noté, avant tout, que ces principes sont les résultats de l'expérience des projets actuellement en cours et/ou des projets terminés (EDP et FDL), de la réflexion actuelle au niveau d'autres organismes de développement et de recherche ainsi que de l'application au domaine de la GDRN des lignes maîtresses de la nouvelle politique du FENU (voir le document 'Oser prendre des risques'). Les principaux aspects de ces 'principes' sont les suivants :
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« La mission générale du FENU est de réduire la pauvreté, surtout dans les zones rurales des pays les moins avancés, et de renforcer la bonne gouvernance locale. Par conséquent, les programmes d'appui au développement local qui interviennent dans le domaine de la gestion des ressources naturelles devront s'inspirer d'une logique de lutte contre la pauvreté et traiter, en priorité, des problèmes institutionnels concernant l'administration des ces ressources, tout en donnant une grande importance aux contraintes techniques qui affectent les modes de vie et les moyens d'existence des populations rurales. » |
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« Un axe stratégique majeur sera constitué par l'assistance à la création des conditions socio-institutionnelles qui permettent aux acteurs locaux - en particulier les collectivités territoriales - de participer activement à la protection et la gestion de leur milieu naturel et à la mise en œuvre de toute solution technique appropriée. Si elles sont détachées d'une vision institutionnelle cohérente, les initiatives techniques spécifiques risquent non seulement de ne pas atteindre leurs objectifs propres, mais aussi d'aggraver l'insécurité foncière d'une majorité de la population et de rendre encore plus aiguë leur pauvreté ». |
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«Les efforts visant à renforcer les activités productives des communautés rurales, à combattre leur pauvreté et à améliorer leurs modes et moyens d'existence ne peuvent être couronnés de succès sans un investissement accru et continu dans leurs capital humain. D'autre part, la pauvreté des populations rurales est inversement proportionnelle aux niveaux d'information et d'éducation dont elles disposent (en particulier, par rapport aux technologies et aux intrants disponibles » |
5.3 Débats
Les débats ont permis aux participants de souligner certains aspects particulièrement importants et d'identifier les points que le document devrait approfondir davantage.
Les projets PADL devront s'adresser en priorité aux Collectivités territoriales qui sont les plus proches de la base et qui sont dotées d'une personnalité juridique et d'une certaine autonomie de gestion financière (il est évident que dans la plupart des pays représentés à l'Atelier, c'est la 'commune' qui constitue l'entité institutionnelle qui répond le mieux à ces caractéristiques).
En accompagnement aux approches du PADL, il faudra instaurer des méthodes de collecte et d'utilisation de ressources fiscales locales. Par ailleurs, afin que l'intervention du FENU puisse couvrir d'une manière plus large le développement local, il faudra articuler les projets PADL avec les projets de micro-finance.
La grande diversité des projets actuels devrait conduire à une réflexion plus approfondie sur les correspondances et les interactions entre les types d'initiatives techniques de GRN, d'une part, et les cadres institutionnels spécifiques qui doivent rendre possible leur mise en œuvre, d'autre part.
Au niveau du document proprement dit, les participants ont souhaité que le texte puisse davantage souligner les éléments suivants :
En tenant compte de ces observations et suggestions, certaines parties du document ont été révisées (cette nouvelle version est donnée dans l'Appendice 3).
6 A noter que, en marge des travaux de l'Atelier proprement dits, M. Makarimi Adéchoubou, Conseiller Technique Régional de l'Unité Spéciale de Microfinance, USM (Lomé), a présenté les objectifs de son unité à savoir : l'appui au système décentralisé ; le renforcement de l'appui institutionnel et le financement. L'accompagnement de l'USM constitue une composante significative dans le renforcement des économies locales des projets qu'exécutent le FENU et le PNUD.
Les participants ont unanimement exprimé leur désir de continuer ensemble cette réflexion collective sur les problèmes du développement local et de la gestion décentralisée des ressources naturelles. Le partage des expériences et la circulation des idées peuvent fortement stimuler les initiatives et les dynamiques des projets individuels.
Tous les participants ont mieux pris conscience non seulement des enjeux généraux de l'approche, mais surtout du rôle 'pilote' concret que le projets du FENU sont appelés à jouer en matière d'appui à la bonne gouvernance et à l'administration décentralisée des ressources naturelles.
Des recommandations spécifiques de l'Atelier concernent les thèmes que la recherche collective future devra permettre d'approfondir ainsi que ses modalités et ses outils.
(a) Thèmes
Dans l'avenir, la réflexion collective devrait être poursuivie et des échanges entre les différentes équipes de projet devraient, en particulier, porter sur les points suivants :
(b) Modalités
Cette réflexion collective, en particulier par rapport à la systématisation des leçons apprises et l'identification de nouveaux axes stratégiques, pourrait être facilitée par :
(c) Outils
Les participants souhaitent pouvoir disposer assez rapidement d'un certain nombre d'outils. Il s'agit en particulier des outils suivants :
7 La mission du Programme de Développement Municipal (PDM) est l'appui au processus de décentralisation dans les pays de l'Afrique de l'Ouest. Le PDM a aussi l'objectif d'intégrer les préoccupations liées au développement économique local à la décentralisation financière et à l'intégration régionale pour les pays de l'UEMOA. Le FENU est entrain de développer une relation de partenariat avec cet institution qui pourrait offrir un appui dans les divers domaines de développement local notamment les finances locales et la formation des Elus.
L'atelier sur "Développement Local et de Gestion Décentralisée des Ressources Naturelles" a eu lieu à un moment où le FENU s'engage dans la définition d'une nouvelle approche pour ses projets dans le contexte nouveau qu'est la décentralisation.
Tous les participants ont salué l'organisation de cet atelier tant du point de vue du contenu que de son déroulement, et ont exprimé toute leur satisfaction (voir les résultats de l'auto-évaluation dans l'Appendice 4).
Ils ont remercié M. Normand Lauzon et M. Albéric Kacou, qui ont activement pris part à cette rencontre. Ils ont remercié aussi M. Angelo Bonfiglioli conseiller technique, organisateur de la rencontre ainsi que M. Roger Shotton et Mme Kristin Wambold-Liebling. M. Bernard Michel a aussi été remercié pour tout le travail qu'il a mené pour le FENU dans le passé. Enfin, M. Moustapha Soumaré, Répresentant Résident du PNUD au Bénin, et M. Blaise Tchabi, chargé de Programme du FENU au Bénin, ont été remerciés pour la réussite de l'organisation de cet atelier .
L'atelier a souhaité que l'esprit de concertation et d'amitié qui s'est consolidé au cours de ces journées puisse continuer et que le Secrétaire Exécutif puisse donner tout l'appui nécessaire à cette dynamique que l'atelier a pu impulser.
Dans son allocution de clôture, M. Normand Lauzon a insisté sur le double défi auquel est désormais confronté le FENU dans le domaine de la décentralisation et de la gouvernance locale : il s'agira, d'une part, de continuer à appuyer la base (développement institutionnel des collectivités territoriales, renforcement des capacités locales, appuis aux économies locales) par le biais de programmes/projets appropriés et, d'autre part, de trouver les voies et moyens pour influencer les politiques nationales et assurer la 'réplicabilité' des projets/programmes spécifiques.
Le Secrétaire Exécutif a aussi souligné les fortes interactions qui existent entre les nouvelles collectivités territoriales décentralisées, d'une part, et les communautés villageoises, d'autre part. Tout en considérant les collectivités territoriales, en particulier les communes, comme ses interlocuteurs privilégiés, les projets du FENU ne devront pas négliger les communautés villageoises et l'ensemble des organisations, associations et groupements de la société civile. Au contraire, ils devront approfondir les échanges sociaux et économiques entre les zones rurales et les centres administratifs et commerciaux dont elles dépendent.
Il a enfin demandé de veiller à éviter le danger que le processus de décentralisation que le FENU est en train d'appuyer ne reproduise à l'échelle locale les mêmes démarches et mentalités bureaucratiques et centralisatrices qui caractérisent l'Etat central.
M. Lauzon a ensuite remercié le Représentant Résident du PNUD/Cotonou et ses collaborateurs pour leur contribution à l'organisation de l'Atelier et pour toute leur disponibilité. Il a également remercié le Gouvernement béninois, représenté à la cérémonie de clôture de l'Atelier par le Directeur des Affaires Politiques du Ministère des Affaires Etrangères, pour son accueil et son hospitalité.








