Malgré l'essor rapide de l'industrie de la microfinance au cours des dix dernières années, l'on estime entre deux et trois milliards le nombre de personnes qui demeurent encore sans accès durable à une large gamme de produits et services financiers. La situation est particulièrement alarmante en Afrique sub-saharienne, où souvent plus de 90% de la population se voit refuser l'accès aux services offerts par les systèmes financiers formels. Parmi les contraintes majeures à la construction de secteurs financiers accessibles aux pauvres et aux populations à faibles revenus, ainsi qu'aux micro et petites entreprises, figurent le manque d'institutions solides capables de fournir une large gamme de produits et services financiers sur une base durable, l'absence d'un environnement légal, réglementaire et de surveillance favorable afin de faciliter l'accès, mais aussi la vision et l'engagement des gouvernements pour le développement de secteurs financiers accessibles à tous. En plus de cela, le secteur privé gagnerait à être plus actif et à s'engager pleinement dans la fourniture de services financiers aux populations pauvres. Construire des Secteurs Financiers Accessibles à Tous en AfriqueEn 2004, le Fonds d'Equipement des Nations Unies (FENU) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont mis en place le programme BIFSA (abréviation anglaise de "Building Inclusive Financial Sectors in Africa") pour la construction en Afrique de secteurs financiers accessibles à tous, avec deux objectifs fondamentaux :
Le programme BIFSA introduit une approche de développement du secteur financier basée sur les recommandations des Nations Unies contenues dans le Livre Bleu "Construire des Secteurs Financiers Accessibles à Tous pour le Développement". Dans un tel contexte, la microfinance est perçue comme faisant partie intégrante du secteur financier au sens large. Un secteur financier inclusif se définit comme un secteur financier qui offre une gamme de services financiers à l'intégralité de la population active d'un pays. Un secteur financier inclusif se caractérise dès lors par la concurrence entre plusieurs prestataires de services financiers, une gamme diversifiée de prestataires de services financiers, la durabilité au regard de la permanence de l 'accès aux services financiers, et des environnements légal et réglementaire mis en place dans le but d'assurer l'intégrité du secteur financier et l'accès facilité aux services financiers. Dans le présent contexte, le programme BIFSA cherche à accroître le nombre et la viabilité des institutions de microfinance (IMF) et autres Prestataires de Services Financiers (PSF) en Afrique, à rehausser l'étendue et la qualité des produits et services financiers offerts aux pauvres et aux ménages africains à faibles revenus, de même qu'aux micro et petites entreprises, et enfin, à améliorer la politique, les cadres et pratiques légaux et réglementaires à travers le continent africain. Le programme BIFSA évolue selon un processus en trois phases basé sur l'approche du FENU relative au développement du secteur en matière d'inclusion financière :
L'approche de développement sectoriel du Programme BIFSA garantit que les conditions d'investissement pour une inclusion financière accrue sont réunies de manière cohérente et structurée, et que les obstacles politiques et réglementaires à l'inclusion financière sont continuellement suivis. Statut du Programme BIFSALe FENU et le PNUD travaillent présentement dans dix pays d'Afrique sub-saharienne en application du Programme BIFSA. Il est prévu que, d'ici 2010, le FENU ait conduit les évaluations du secteur financier dans 22 pays d'Afrique sub-saharienne et que chacun de ces pays aurait adopté une Stratégie Nationale et un Plan d'Action et réalisé des investissements conformément à ce Plan. Le FENU compte également réaliser des investissements à travers le Programme BIFSA dans au moins 60 IMF et autres PSF d'ici 2010. Au moins 20 parmi ces pays devraient atteindre une couverture nationale et une durabilité financière avant la fin de la durée de vie du projet. Le FENU estime que ces institutions serviront plus de trois millions de nouveaux clients et que plus de 219 millions de personnes vivant en Afrique sub-saharienne auront bénéficié d'un accès amélioré aux services financiers grâce au Programme BIFSA. Conditions de FinancementLe Budget du Programme BIFSA, couvrant la période 2004-2010 est de 42,6 millions de dollars US. Un co-financement significatif sera nécessaire en 2007 et au cours des années suivantes pour financer les investissements agréés par les Comités d'Investissement, lors de la mise en œuvre des Plans d'Actions nationaux. Un financement de bailleurs sous forme de subvention s'avère nécessaire pour aider au développement et au renforcement des capacités des IMF et autres PSF, conformément aux Plans d'Action Nationaux. Un financement additionnel substantiel sera également nécessaire pour réaliser des investissements dans les IMF et autres PSF, les organisations d'appui aux entreprises, et les infrastructures de services financiers, conformément aux décisions des Comités d'Investissement dans chacun des pays du Programme BIFSA. Enfin, en raison des contraintes budgétaires actuelles, le Programme BIFSA couvre un nombre limité de pays africains ; avec un accroissement du financement, la couverture des pays en Afrique pourrait être plus étendue. Apprenez plus en détailsPour en savoir plus sur le programme BIFSA, vous pouvez visiter le site bifsa.uncdf.org ou contacter :
Makarimi Adéchoubou
Fodé Ndiaye
Magnus Magnusson
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