Conference des Nations Unies sur L'inclusion financiere en Afrique
Discours de Monsieur Albéric KACOU
Coordonnateur du Système des Nations Unies et
Représentant Résident du PNUD au Sénégal
Dakar, les 5 et 6 juin 2006
- Excellence Monsieur le Ministre d'Etat,
- Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
- Mesdames et Messieurs les Chefs des missions diplomatiques et représentants des organisations internationales et interafricaines,
- Monsieur le Secrétaire Exécutif du Fonds d'Equipement des Nations Unies,
- Mesdames et Messieurs les Représentants des Agences du Système des Nations Unies,
- Mesdames et Messieurs les Gouverneurs de Banques Centrales,
- Mesdames et Messieurs les Représentants des différentes institutions financières et des Associations Professionnelles de Microfinance,
- Honorables invités, Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d'abord, vous souhaiter la bienvenue au nom du Directeur du Bureau Régional du PNUD pour l'Afrique, Mr Gilbert Houngbo, [qui aurait vivement souhaité participer à nos travaux mais qui a été retenu à New York, pour des raisons indépendantes de sa volonté] et en mon nom propre, et vous remercier de votre présence à cette importante Conférence des Nations Unies sur l'Inclusion Financière en Afrique. Qu'il me soit permis en particulier de saluer la présence de Mr le Ministre d'Etat, représentant Son Excellence Abdoulaye Wade, le Président de la République du Sénégal. Nous lui sommes reconnaissants d'avoir accepter d'abriter cette conférence internationale organisée par le PNUD et le FENU mais également pour son soutien bienveillant et l'engagement de son gouvernement à nos côtés.
Monsieur le Ministre d'Etat,
Mesdames et Messieurs,
Votre présence témoigne de l'importance que ce thème de la micro finance revêt pour vous, dans le cadre des politiques de lutte contre la pauvreté et de promotion du développement humain.
Depuis un peu plus de deux décennies, le développement de la microfinance en tant qu'instrument de lutte contre la pauvreté et de promotion de la croissance économique est au cœur des préoccupations gouvernementales et de la Communauté internationale.
La présente Conférence s'inscrit dans une dynamique globale de réflexions menées tant au niveau national qu'international en vue d'une mobilisation des acteurs et des énergies pour un accès élargi des populations, à un continuum de services financiers et économiques. Cette conférence s'inscrit également dans une série de rencontres et d'engagements internationaux qui ont traduit la volonté de l'ensemble des décideurs de s'engager en faveur de l'éradication de la pauvreté, de la réduction des inégalités, de l'accès au capital productif et aux services sociaux de base, et de valoriser les efforts de convergence des initiatives et les meilleures pratiques en ce domaine.
Ainsi, en septembre 2000, à New York, 189 pays ont adopté la Déclaration du Millénaire, qui a lancé un défi sans précédent à la communauté internationale en définissant des objectifs précis et chiffrés qui doivent être atteints d'ici à 2015 pour mettre fin à la pauvreté extrême et à toutes ses manifestations sociales et économiques.
L'un des objectifs majeurs contenu dans cette Déclaration du Millénaire est la réduction de la pauvreté de moitié d'ici 2015 et dans ce cadre, la microfinance a été reconnue comme l'un des vecteurs les plus efficaces permettant d'atteindre cet objectif. En effet, l'accès des populations démunies aux services financiers de base leur permet d'augmenter et de diversifier leurs revenus et de développer leur propre stratégie d'investissement dans des biens et services économiques et sociaux, sur des bases que l'on souhaite durable. L'accès aux services financiers constitue en effet un vecteur à partir duquel d'autres besoins peuvent être satisfaits tels que ceux relatif à l'accès au soins, à l'éducation, aux opportunités économiques et sociales sans oublier l'autonomisation des femmes et la promotion des droits humains.
C'est pour saluer la contribution et le rôle de la microfinance dans l'allégement de la pauvreté que les Nations Unies ont proclamé l'année 2005, Année Internationale du Microcrédit.
Monsieur le Ministre d'Etat,
Mesdames et Messieurs,
Diverses initiatives de promotion du secteur de la microfinance ont été prises par un grand nombre de pays en Afrique au sud du Sahara et des réflexions ont été menées en vue d'identifier les voies et moyens de créer des secteurs financiers fonctionnant sans exclusive en vue d'améliorer l'accès de toutes les catégories de populations et notamment des plus pauvres, aux services financiers.
Toutefois, force est de constater qu'en dépit de ce consensus sur le rôle de la microfinance, dans de nombreux pays en développement et en Afrique plus particulièrement, une partie importante de la population n'a pas accès aux services financiers de base et s'enfonce dans la paupérisation. Cette exclusion financière des populations constitue un frein important au développement économique des pays dans la mesure où il est désormais unanimement reconnu que l'accès au crédit, à l'épargne, à un emploi décent, à des moyens de paiement sécurisés, aux services d'assurance favorise le développement économique, social et humain des populations.
L'enjeu majeur pour la microfinance est donc aujourd'hui de changer d'échelle en vue d'élargir sa portée et de s'intégrer dans le secteur financier global pour rendre les services financiers accessibles à toutes les catégories de populations.
La présente Conférence s'inscrit dans la dynamique de l'Année Internationale du Microcrédit dont l'un des principaux résultats a été la rédaction du document "Construire des Secteurs Financiers Inclusifs pour le Développement", communément appelé Livre Bleu (en raison du soutien prépondérant des Nations Unies apporté à cet ouvrage). Ce document, fruit des réflexions de l'ensemble des acteurs et partenaires au développement, constitue un guide pour les décideurs et opérateurs économiques en vue de la construction de secteurs financiers inclusifs. Ce document a permis d'identifier les contraintes à la création et au développement d'institutions et de marchés financiers répondant aux attentes et besoins des ménages et des entreprises n'ayant pas accès aux systèmes financiers, et de proposer des solutions opérationnelles pour lever ces contraintes.
Je voudrais à cet égard, souligner qu'il est heureux que cette rencontre se tienne au Sénégal, pays qui a activement participé à l'élaboration du Livre Bleu et qui a servi de référence en raison de sa maîtrise du secteur et du dynamisme de son gouvernement dans la promotion d'un secteur financier dynamique et ouvert au plus grand nombre.
Aussi, cette rencontre internationale sera l'occasion d'échanges et d'enseignements sur les expériences développées, les meilleures pratiques et les instruments élaborés en matière de politiques sectorielles de microfinance. Les conclusions de nos réflexions devraient nous permettre de valoriser les efforts de consolidation des DSRP de seconde génération basés sur les OMD et de nous engager sur les mesures nécessaires pour la construction de secteurs financiers inclusifs indispensables à l'émergence d'opportunités de développement et à l'amélioration des conditions de vie des populations.
Je ne saurais terminer mon propos sans adresser nos vifs remerciements au Gouvernement du Sénégal pour la qualité de notre collaboration et plus spécifiquement pour l'appui déterminant qu'il nous a apporté pour l'organisation de cet événement. Mes remerciements s'adressent également à toute l'équipe du PNUD et du FENU.
Je vous remercie.






