Conference des Nations Unies sur L'inclusion financiere en Afrique
Communication de Madame la Ministre
A L'occasion de la Conference sur L'Inclusion Financiere en Afrique
Meridien President le 5 juin 2006
Theme L'experience du Senegal en Matiere de Politique de Microfinance
Monsieur le President
Honorables Participants
Mesdames et Messieurs
Permettez moi tout d'abord, de vous présenter mes sincères remerciements, pour m'avoir donné l'opportunité d'évoquer devant d'éminents spécialistes, l'expérience du Sénégal dans la définition et l'élaboration de politique sectorielle.
Au cours des dix dernières années, le secteur de la Microfinance a connu dans notre pays, des avancées significatives, marquées surtout par l'adoption d'un cadre juridique souple et la création de structures alternatives de financement.
Mais malgré ces performances, le secteur était resté confronté à un certain nombre de problèmes et souffrait de faiblesses susceptibles de freiner son développement :
C'est pourquoi suite à l'érection d'un Ministère en charge de la promotion et du développement du secteur, l'on s'est attelé prioritairement à l'élaboration d'un document de stratégie de développement de la microfinance.
Ce processus qui a été enclenché, suite un atelier national de lancement tenu, le 19 novembre 2003, a connu les étapes suivantes :
- Validation du diagnostic, établi sur la base de cinq études thématiques ;
- Définition de la politique et des stratégies après les ateliers de concertation au niveau régional et national ;
- Elaboration du plan d'action 2005-2010 et d'un budget de 20 milliards de FCFA;
- Adoption du document par les autorités gouvernementales ;
- Table ronde avec les Partenaires techniques et financiers, qui ont manifesté à cette occasion, leur intérêt à apporter une contribution de qualité ;
- Elaboration des mécanismes de gestion du plan d'action et de Financement des IMF ; il s'agit à ce niveau, de veiller à une harmonisation des interventions des acteurs et Partenaires conformément aux Déclarations de Paris et de Rome, relativement à la livraison de l'aide.
Toutes ces étapes ont été réalisées sur la base d'une démarche consensuelle, avec la participation de tous les acteurs et partenaires.
Il apparaît clairement, que les préoccupations essentielles qui guident la politique gouvernementale, sont centrées autour de la nécessité de créer un environnement favorable au développement du secteur de la microfinance. Il s'agit aussi, de contribuer efficacement au développement des marchés financiers.
A l'heure actuelle, les enjeux se situent à deux niveaux essentiellement, à savoir :
- l'institutionnalisation de ce secteur ;
- et sa pérennisation.
Le rôle de l'Etat s'est renforcé à côté de celui des autres acteurs et repose sur l'observation de principes généraux et d'une politique consensuelle, en vue d'éviter toute dérive. A ce titre deux principes retiennent notre attention, il s'agit :
- du rôle prééminent donné au secteur privé et aux institutions de Microfinance dans l'offre de produits et services financiers, l'Etat se limitant à stimuler les prestations ;
- de la non exécution directe par le Gouvernement, de programme de Microfinance ; les initiatives qui ont été menées dans ce domaine ont eu souvent des résultats négatifs.
Sur cette base, les stratégies qui ont été définies par la Politique sectorielle de Microfinance au Sénégal, reposent sur les points suivants:
- amélioration de l'environnement légal et réglementaire pour un développement sécurisé du secteur ;
- offre viable et pérenne de produits adaptés, diversifiés et en augmentation, notamment dans les zones non encore couvertes par des IMF professionnelles ;
- articulation renforcée entre IMF et banques favorisant le financement des MPE et PME et une intégration du secteur de la Microfinance au secteur financier ;
- un cadre institutionnel permettant une gestion articulée et concertée du secteur et de la politique sectorielle.
La mise en œuvre de ces stratégies devrait permettre à terme:
- la mise en place au profit des populations démunies, de produits et services financiers durables ;
- la création de structures viables et pérennes ;
- l'intégration de la Microfinance dans le secteur financier.
Les mécanismes retenus devraient permettent d'assurer:
- la promotion et la supervision du secteur avec maintien de l'approche " marché " ;
- la concertation et la coordination des interventions ;
- la pérennisation des activités, avec l'implication progressive et la responsabilisation de la Direction de la Microfinance, chargée de la Mise en œuvre du Plan d'actions.
Ainsi, les exigences liées à l'harmonisation, ont permis de retenir trois principales lignes, avec un regroupement des actions telles que définies dans le plan d'actions, il s'agit de :
- l'exécution de la politique sectorielle ;
- l'administration du secteur, en procédant à une distinction entre les actions d'administration privée, des actions d'administration publique ;
- la gestion du secteur en privilégiant deux choses, le renforcement des ressources et l'amélioration de la qualité des emplois.
Notre profonde conviction repose sur la nécessité de bâtir un système financier capable de prendre en compte les aspirations des populations démunies, en évitant toute forme d'exclusion.
Celle foi qui nous anime, ne peut se concrétiser que si l'élan que nous notons et constatons se perpétue dans un cadre organisé et cohérent, afin que nous puissions relever ensemble les nombreux défis qui nous interpellent.
Je vous remercie de votre aimable attention.


