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 - Microfinance

Documents

Etudes de Faisabilité Pays

Cote d'Ivoire

UNDP Microfinance Assessment Report
Prepared as a component of the MicroStart Feasibility Mission - May, 1997

Babacar Sambe, International Consultant, et
Louise Djoussou-Lorng, National Consultant


Table of Contents

A.
Situation géographic
B.
Situation economique
C.
Secteur financier en Cote d'Ivoire
D.
Organisation du secteur financier en C.I.
E.
Strategies de Developpement et Micro-Finance en Cote d'Ivoire
F.
Micro-finance en C.I
G.
Risques
H.
Questionnaire (Projet PNUD-MicroStart)


A. Situation Géographique

D'une superficie de 322.463km2, la Côte d'Ivoire est située sur la côte occidentale de l'Afrique, dans la zone intertropicale entre l'équateur et le tropique du cancer. Cette position géographique explique les variations climatiques qu'on rencontre en Côte d'Ivoire.

La population estimée à 14.208.000 habitants en 1995 se compose de 51% d'hommes et de 49% de femmes en 1996. La population rurale qui représente 54,4% de la population totale est composée de 51% de femmes. L'agriculture occupe 65,8% de la population active, 67% de la main d'œuvre féminine travaille dans l'agriculture de subsistance. (Revenir au début.)


B. Situation Economique

A l'indépendance le potentiel économique de la Côte d'Ivoire se résumait à quelques produits d'exportation: le bois , le café et le cacao. La diversification des cultures d'exportation (coton, hévéa, palmier à huile, ananas, banane,...) est venue élargir le champ des activités agricoles.

Le développement économique de la C.I. a connu deux grandes phases d'évolution :

la première phase qui va de 1960 à 1980 a été caractérisée par une croissance économique forte et des changements structurels profonds. Le Produit Intérieur Brut (PIB) s'est accru en moyenne annuelle d'environ 7% en termes réels et la part de l'investissement dans le PIB s'est située autour de 20% durant la première décennie.

La deuxième décennie allant de 1970 à 1980, par contre, a été marquée par des chocs extérieurs importants notamment la grande sécheresse de 1972-1973 et les chocs pétroliers, se traduisant par une détérioration de 37% des termes de l'échange, et un accroissement de l'encours de la dette extérieure qui est passée de 88,9 à 1265 milliards de FCFA. La C.I. a donc abordé les années 1980 sur-endettée, avec une balance des paiements profondement déséquilibrée et un déficit des finances publiques.

La deuxième phase qui va de 1980 à 1993 a été dominée par des difficultés économiques et financières majeures. En effet, le pays s'est trouvé confronté à une grave crise financière dont les principales caractéristiques ont concerné le gonflement des déficits extérieurs et publics, la baisse du taux de liquidité de l'économie,etc.

Entre 1979 et 1993, le PIB par habitant a diminué. Il passe de 1000 US$ en 1979 à 610 US$ en 1993. Cet effondrement qui traduit l'ampleur de la crise, a généré des effets négatifs en termes de développement humain. Ainsi en 1996, avec un indicateur de développement humain de 0,368, la Côte d'Ivoire occupe le 145ème rang sur 174 pays, contre le 132ème en termes de revenus.

Face à cette détérioration persistante de la situation économique et financière, le Gouvernement a engagé le pays dans la mise en œuvre d'une série de programmes d'ajustement structurels avec l'appui des bailleurs de fonds extérieurs dont entre autres, le Fonds Monétaire, la Banque Mondiale et la Caisse Française de Développement.

Ces mesures visent principalement le rétablissement des grands équilibres macro-économiques et financiers, la restauration des services publics, la valorisation des ressources humaines et l'amélioration de la compétitivité. Après la dévaluation du Franc CFA de 50% en janvier 1994, la Côte d'Ivoire amorce une phase de croissance où le PIB passe de 1,8% en 1994 à 6,5% en moyenne en 1995 et 1996. Le Gouvernement vise un taux de croissance à deux chiffres d'ici l'an 2000. Dans le contexte de la nouvelle économie libérale qui voit le désengagement de l'état et l'implication progressive du secteur privé, les institutions de micro- finance sont appelées à jouer un rôle important dans la promotion et le développement des micro- entreprises.

Avancée de la Pauvreté

Selon les estimations de l'Institut National de la Statistique sur la pauvreté en Côte d'Ivoire, la proportion des ménages qui vivent en dessous du seuil de pauvreté a augmenté de 11% en 1985 à 31,5% en 1993 et 36,8% en mai 1995. L'analyse se fonde sur deux seuils de pauvreté relative, calculés en mars et mai 1995, avec comme seuil supérieur un revenu annuel de 144.800 FCFA et comme seuil inférieur un revenu annuel de 94.600 FCFA.

La pauvreté varie sensiblement d'une région à l'autre allant de 50% dans les régions de savane et de forêt de l'ouest à 2% à Abidjan. Les taux les plus élevés se retrouvent dans les zones rurales. Les indicateurs sociaux et de pauvreté qui se sont détériorés reflètent la dégradation des conditions de vie des populations : 45% de la population seulement reçoivent des soins ; la mortalité infantile ne baisse que très lentement (88/1000 naissances en 1995) et la mortalité maternelle est de 400/100 000. Malgré les efforts déployés dans le secteur de l'éducation à la veille des indépendances, le taux d'analphabétisme chez les adultes reste élevé (56%). Ce taux déjà élevé chez les hommes, l'est encore davantage chez la femme (68%). Ce phénomène est accentué par un fort taux de croissance démographique (3,8%), et une pandémie du VIH/SIDA qui constitue un problème majeur de santé publique. Le tableau ci-dessous indique les grandes tendances de la répartition de la pauvreté par zone géographique.

Répartition de la population pauvre par zone en %
Zone
1985
1986
1987
1988
Abidjan
2,3
11,0
3,9
5,2
Zones urbaines
16,8
17,1
14,6
19,3
Forestières de l'Est
37,1
31,8
29,3
25,5
Forestières Ouest
8,3
9,2
11,8
18,6
Savane
35,6
30,9
40,3
31,4
Total
100,0
100,0
100,0
100,0

 

Source : Grootaent, Christian 1988. "Poverty in Côte d'Ivoire : The challenge for Reform". Transport, Water and Urban Development, Banque Mondiale.

Emplois et Moyens d'Existence Durables

D'après le rapport de l'Agence d'Etudes et de Promotion de l'Emploi (AGEPE) sur la situation de l'emploi en 1995, la population active est estimée à 6 573 200 dont 463 900 exercent dans le secteur moderne soit 7,3%. L'agriculture occupe 4 159 400 personnes soit 65,8% et le secteur informel 1 698 300 soit 26,9%. Le taux de chômage demeure élevé particulièrement à Abidjan où il atteint 14,6%. Une grande partie de la population active opérant essentiellement au niveau des micro- entreprises semi- formelles, informelles et du secteur agricole traditionnel, il importe de centrer toute politique d'emploi sur la création d'emplois modernes notamment pour les jeunes. A court terme l'on ne peut en effet s'attendre à une augmentation très notable de l'emploi dans le secteur moderne. En conséquence, la promotion de l'auto- emploi et des travaux à haute intensité de main d'œuvre apparaissent comme des pistes à explorer.

Rôle de la Femme dans le Processus de Développement

L'analyse de certains indicateurs révèle l'existence d'énormes disparités entre les hommes et les femmes dans de nombreux secteurs, renforcées selon le milieu urbain ou rural : le taux d'analphabétisme est de 68% chez les femmes contre une moyenne de 56%. Le Gouvernement s'est donc fixé de nouveaux objectifs visant entre autres, à assurer aux filles les mêmes chances d'accès à l'enseignement que les garçons, et à envisager des solutions originales pour les femmes non scolarisées afin de pallier les difficultés d'accès au savoir et savoir faire. La participation des femmes au secteur économique reste faible (32,3%). La pauvreté a une incidence particulière sur les femmes dont l'activité demeure concentrée dans les secteurs à faible productivité tels que l'agriculture de subsistance et le secteur informel où elles représentent respectivement 67% et 63% de la main d'œuvre. Mais si elles sont les plus actives dans ces secteurs, les femmes exercent par contre généralement des activités précaires et peu rémunératrices.

Les contraintes

Avec un taux de croissance démographique de 3.8% par an, qui reste l'un des plus élevés au monde, la Côte d'Ivoire est confrontée à d'importants besoins sociaux à caractère structurel.

La permanence d'une croissance démographique aussi élevée pose un défi considérable en termes de croissance réelle et induit une demande sociale corrélativement élevée notamment en termes d'éducation, de formation, de santé, de logement, de sauvegarde de l'environnement. (Revenir au début.)


C. Secteur Financier En Cote D'ivoire

Le système financier ivoirien est caractérisé par la coexistence de deux systèmes à savoir : le système financier formel et le système financier informel.

Le Système Financier Formel

Le système financier formel comprend les institutions financières bancaires et les institutions non bancaires. Les institutions bancaires sont constituées de 16 banques commerciales ayant environ 162 agences et un certain nombre de bureaux mobiles à travers le pays; 5 institutions financières non bancaires et 6 représentations de banques étrangères. Les institutions financières non bancaires sont représentées en majorité par des compagnies d'assurance. Néanmoins, il y a quelques établissements de financement de crédit automobile et équipement divers, ainsi que la bourse des valeurs dont le rôle est d'organiser et de diriger le marché des actions, de vérifier la régularité des transactions et d'accroître ainsi l'accumulation du capital sur le plan national.

Le Système Financier Informel

Le système financier informel est caractérisé par un certain nombre d'organisations et d'activités. Quatre types de structures constituent ce secteur à savoir les institutions semi- formelles, telles que les coopératives d'épargne et de crédit ; les groupes d'épargne mutuelle ; les associations d'entraide; les tontines. L'émergence de ces différentes structures est venue du fait que le système bancaire formel est inaccessible à la plupart des membres de ces structures et aussi de l'incapacité du secteur financier formel à mobiliser l'épargne rurale, l'épargne des petits commerçants, des artisans et des ménages à revenu faible. (Revenir au début.)


D. Organisation Du Secteur Financier En C.I.

Le Secteur Bancaire Formel

Le secteur financier ivoirien est largement influencé par l'appartenance du pays à la zone franc. Dans les pays utilisant le franc CFA comme monnaie, l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine définit la législation monétaire et bancaire ainsi que les politiques monétaires, les mécanismes de crédit et le taux d'échange. Quatre principes gouvernent la structure et les opérations des institutions d'intermédiation financière, à savoir :

(1) la parité fixe entre le franc CFA et le francs français (1 FF = 50 FCFA de 1948 à 1994 et 1 FF = 100 F CFA depuis 1994) ;

(2) transfert libre de fonds entre les pays membres ;

(3) réserve commune ;

(4) convertibilité du franc CFA en FF à travers le compte spécial d'opération ouvert auprès du trésor français.

Soixante cinq pour cent des réserves en devise de tous les pays de la zone FCFA sont déposés dans le compte d'opération en FF.

Le système financier dans l'UEMOA est coiffé par la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) dont le siège est à Dakar au Sénégal. Mais il y a des branches nationales dans chaque pays membre. Le système comprend les banques commerciales et les institutions financières non bancaires. La BCEAO est l'organe central qui donne les directives en matière d'opération. Un avantage notable des pays de l'UEMOA est le bas taux d'inflation qui prévaut dans les pays de la zone CFA.

Les banques commerciales

Il y a seize (16) banques commerciales ayant cent soixante deux (162) branches et des agences mobiles à travers tout le pays. Ces banques sont des succursales de banques françaises. Ainsi, la Banque Internationale pour le Commerce et l'Industrie en Côte d'Ivoire (BICICI) est une succursale de la Banque Nationale de Paris (BNP), la Société Ivoirienne de Banques (SIB), succursale du Crédit Lyonnais, et la Société Générale de Banques en Côte d'Ivoire (SGBCI) une succursale de la Société Générale de Banques en France. Il existe 6 bureaux de représentation de banques étrangères. Mais aucune de ces banques n'a un volet micro-finance parmi ses activités.

Les banques non commerciales Il existait en Côte d'Ivoire jusqu'en 1990, la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA). Cette banque destinée au financement du monde rural a dû fermer à cause de nombreux impayés occasionnés par un volume important de prêts octroyés pour des activités non agricoles. A présent, il n'existe aucune banque nationale de développement.

Le Secteur Non Bancaire

Les compagnies d'assurance

Elles forment le segment le plus important du secteur financier non bancaire. En 1989, il y avait 41 compagnies d'assurance en activité en Côte d'Ivoire. En 1990, le nombre est tombé à 29. Ces compagnies sont de diverses nationalités : Américaine, Anglaise, Française, Libanaise et Suisse. Elles sont une source importante de mobilisation de l'épargne, leurs réserves s'élèvent entre 6% et 7 % des actifs du système financier.

La bourse des valeurs d'Abidjan

Le rôle de cette institution est d'organiser et de diriger le marché des actions, de vérifier la régularité des transactions et de favoriser l'accumulation du capital national.

La société Ivoirienne de la Poste et de l'Epargne (SIPE)

Elle collecte l'épargne mais ne conduit pas d'activités d'octroi de crédit. Elle est localisée dans les zones urbaines. Elle collecte surtout l'épargne des ménages à revenu faible en zone urbaine.

Les établissements de crédit

Il s'agit des établissements de crédit automobile, de crédit d'équipement divers. Aucune de ces institutions du système financier formel n'a des activités de micro-financement.

L'Expérience du Crédit Traditionnel

Le système traditionnel de crédit est connu sous le nom de tontine. Il fonctionne sur la base de groupes dont le nombre de membre est variable. Chaque membre du groupe épargne un certain montant décidé à l'avance. Cette épargne n'est pas déposée dans une banque ou tout autre établissement financier ; mais elle est versée à un membre du groupe en vue d'un investissement important. Ainsi, à tour de rôle, les membres reçoivent le montant de l'épargne. Cette épargne ne porte aucun intérêt. En fait, elle est réalisée en prévision à une dépense importante.

Le problème majeur qui se pose à la tontine est souvent la disparition d'un membre avec l'épargne collectée. Le système fonctionne sur la base de la confiance. Le groupe est généralement constitué de gens travaillant dans le même environnement ou habitant la même zone de résidence.

En dehors de la tontine, il existe dans les marchés des villes un système de collecte d'épargne journalière. Ce système consiste à remettre à un collecteur d'épargne, qui passe chaque jour sur le lieu de travaille de l'épargnant, une somme d'argent allant de 100 FCFA à 1.000 FCFA voir même quelquefois 5.000 FCFA. A la fin de chaque mois, la collecte est reversée à l'épargnant. Le collecteur est rémunéré avec l'épargne d'un jour. Ici également l'épargnant s'expose au risque de perte d'argent lorsque le collecteur disparaît en fin de mois avec l'épargne de centaines d'acteurs économiques.

L'Expérience des ONG de Micro-crédit

Selon les entretiens et les questionnaires, une vingtaine d'ONG et de structures ayant des activités de micro- finance opèrent en Côte d'ivoire. Le questionnaire préparé par l'équipe des consultants et envoyé aux ONG comprend quatre sections, à savoir l'identification, les activités, les crédits et les sources de financement.

Ce sont au total vingt sept (27) questions qui ont été posées aux interviewés. Le temps imparti étant limité, seulement douze (12) organisations ont répondu aux questionnaires. L'exploitation des résultats est présentée en deux parties : La première partie résume les caractéristiques générales des Organisations de Micro- finance. La seconde partie présente une analyse détaillée.

Caractéristiques générales

A part le réseau des CREP-COOPEC, la majorité des institutions de micro-finance ont commencé leurs activités au début des années 90. Les résultats des enquêtes montrent que 95 % des organisations de micro-finance ont commencé leurs activités entre 1991 et 1995. Elles ont distribué près de 5 milliards de FCFA à 5.000 demandeurs au cours des trois dernières années.

Le taux d'intérêt varie selon les objectifs et la cible des institutions. Il est nul chez certains et de 20 % chez d'autres. Le taux d'intérêt moyen pratiqué est de 19 %. Ramené à un taux d'intérêt effectif, il peut atteindre 25% ( sur une base de 12 mois). En effet la prise en compte des commissions payées à certaines structures, les différentes modalités de remboursement ainsi que le mode de calcul de l'intérêt (linéaire ou dégressif) peuvent influer sur le coût réel du crédit pour le client. Les taux pratiqués dans le secteur de la micro-finance sont supérieurs à ceux pratiqués dans le système bancaire formel; qui sont inférieurs à 20%. Le taux moyen de remboursement des prêts est de 90 %. Au cours des deux dernières années, la durée moyenne des prêts est inférieure à un an. Cette performance du secteur informel traduit l'adhésion des populations ivoiriennes au crédit. Les sources de financement des organisations sont également variées. Elles comptent aussi bien les fonds propres que des fonds provenant de l'Etat Ivoirien, de l'aide bilatérale (Coopérations Belge, Canadienne, Union Européenne) et de la Banque Mondiale. Mais les besoins en financement sont énormes.

Analyse détaillée

Année de démarrage : Le programme le plus ancien remonte à 1987 (CIFAD-CI) et le plus récent remonte à 1996 (MUCREFBO). Dans l'ensemble, on a noté une moyenne de deux années d'activités avec une certaine tendance vers les programmes jeunes nouvellement initiés d'où parfois le manque d'expérience souvent mentionné dans le secteur.

Mission : La mission principale est l'octroi de services de crédit et/ou d'épargne. Par contre, d'autres programmes précisent une mission complémentaire pour déterminer le type de personnes ciblées, ou le type d'appui supplémentaire fourni, à savoir la création d'un réseau ou la formation dispensée aux clients.

Budget : En général, la mission a constaté une progression du budget en 1996 par rapport à l'année 1995 et les montants varient entre $ 8.000 et $ 1.500.000.

Personnel : Le personnel technique constitue en moyenne 80 % de l'effectif employé avec parfois des situations où deux personnes seulement sont chargées de gérer environ 520 (cinq cent vingt) clients (CMEC). Ce personnel n'a pas toujours reçu la formation requise en micro-crédit, ce qui laisse apparaître un besoin réel dans ce domaine.

Taux de remboursement : Ils varient entre 100% et 59% avec une particularité au niveau du programme IRC où il est en constante baisse de 91% en 1994, il est arrivé à 59% en 1996. Par contre, des améliorations sont notées à CIFAD-CI qui passe de 84% en 1994 à 92% en 1996. Ceci étant le fruit des correctifs apportés dans la gestion de leur programme et d'un suivi plus rapproché. Pour le cas de IRC, il faut préciser qu'il a un caractère social car destiné aux réfugiés libériens.

Taux d'intérêt : Ils varient de 16% à 20%, mais les taux les plus élevés sont appliqués dans le secteur du Commerce et des Services. Dans l'agriculture, on applique le taux le plus faible qui est de 16%.

Cibles : Les femmes rurales sont ciblées à hauteur de 50% par certaines institutions, les femmes urbaines sont dans l'ordre de 90% pour d'autres.

Types d'investissement : Les clients investissent dans divers secteurs avec une prédominance du commerce et des services. Cependant, vu la faiblesse des crédits, il ne peut y avoir d'investissement en matériel ou en équipement, c'est plutôt un fonds de roulement dont ils disposent.

Contraintes majeures : La maladie entraînant une interruption des activités, est une contrainte majeure. Il faut noter également les aléas climatiques, et les problèmes sociaux (déguerpissements, funérailles) et les problèmes de manque de garantie qui sont évoqués.

Gestion des impayés : Toutes les structures ont déclaré avoir une méthode de gestion des impayés qui varie selon le cas. Le plus simple étant le rééchelonnement du prêt et le plus compliqué la saisie des structures judiciaires.

Le crédit : La plupart des organismes font des crédit à court terme, inférieur à 1 an et les garanties sont toujours requises avec une importante frange acceptant le principe de la caution solidaire. Les problèmes relatifs à la gestion du crédit sont l'insuffisance des fonds par rapport à la demande, les difficultés de suivi et de supervision et l'insolvabilité de certains membres.

Sources de financement : Les fonds les plus importants sont octroyés soit par les agences donatrices, agences internationales ou ambassades. Cependant, la mission a pu noter que des ressources internes sont dégagées (environ $ 222.000 pour MUCREFAB) lorsqu'il s'agit d'une mutuelle d'épargne et de crédit. L'état aussi a contribué à certains programmes (IRC, CMEC, et CIFAD). La conclusion générale est que des fonds supplémentaires peuvent être absorbés en Côte d'Ivoire par le secteur du micro-crédit qui compte encore peu d'intervenants, lesquels par conséquent ne couvrent que très partiellement les besoins de financement du secteur informel.

Le Programme des Fonds Sociaux

Ce programme financé par le gouvernement ivoirien sur les fonds publics a pour objectif global d'atténuer le niveau de pauvreté de la population constatée aussi bien en milieu urbain qu'en milieu rural. C'est ainsi qu'un budget global de plus de 16 milliards CFA a été mis en place pour le financement des activités à travers 7 rubriques :

- le Fonds de Diversification Agricole et de Promotion des Exportations.

- le Fonds d'Intervention pour l'Action Culturelle.

- le Fonds National « Femmes et Développement ».

- le Fonds National de la Jeunesse.

- le Fonds d'Insertion des Jeunes Diplômés et de Réinsertion des déflatés des secteurs publics et privés. - le Fonds d'Installation et d'Appui aux Initiatives des Jeunes Agriculteurs.

- le Fonds de Promotion des Productions Animales.

La Caisse Autonome d'Amortissement (CAA) assure la tutelle financière de ce programme. Mais les ministères techniques identifient, sélectionnent et orientent les promoteurs. La CAA examine l'aspect technique du dossier et le soumet au comité de crédit. Si le projet est approuvé, alors on procède à la mise en place des fonds.

Au 31 mars 1997, environ 4592 prêts ont été octroyés. L'enveloppe globale est de l'ordre de 16,9 milliards CFA. Les taux d'intérêts pratiqués sont compris entre 7% et 12% par an selon le type de projet. Des missions d'appui technique et d'encadrement sont faites par des bureaux d'études agréés par la CAA. Les taux d'intérêt sont fixés par la CAA en vue de couvrir ses coûts de fonctionnement. La durée du crédit varie entre 1 an pour les projets à caractère culturel à 5 ans pour les investissements plus importants.

La période de différé est parfois d'un an pour permettre au promoteur de finir la réalisation de son investissement. Mais des difficultés d'exécution rencontrées par certains promoteurs ont parfois obligé ces derniers à demander une rallonge du délai de différé. Les garanties requises sont l'aval, le nantissement ou l'hypothèque. (Revenir au début.)


E. Strategies De Developpement Et Micro-Finance En Cote D'ivoire

Les Stratégies Gouvernementales de Développement

Afin de compléter les effets de la dévaluation et créer les conditions d'une reprise économique durable, le Gouvernement s'est engagé en 1995 dans la voie d'un vaste programme économique et social pour la période 1995 - 2000. Les principaux objectifs poursuivis sont les suivants:

1) restaurer les conditions d'une croissance forte, saine, diversifiée et auto-entretenue ;

2) consolider le rétablissement de la viabilité financière intérieure et extérieure ;

3) améliorer le niveau et le cadre de vie de la population tout en réduisant les disparités sociales.

Pour atteindre ces objectifs, la stratégie du Gouvernement repose sur la promotion et le développement du secteur privé et plusieurs programmes viennent appuyer cette démarche. Le développement d'un secteur privé efficient, diversifié et orienté vers l'exportation et surtout la participation accrue des nationaux aux activités de production, constituent des axes majeurs de cette politique. Un volet important est consacré à la promotion des PME/PMI dans le document intitulé « Proposition de plan d'actions pour le développement des PME/PMI ».

La Pertinence de la Micro-finance en Côte d'Ivoire :

Jusqu'ici il n'existe pas en C.I. un plan cohérent dans le domaine de la micro- finance, pourtant le secteur est très représentatif compte tenu du nombre important d'institutions ou d'ONG qui y interviennent. Au cours de cette étude, la mission a pu rencontrer et discuter avec les responsables d'au moins 22 organisations de micro-crédit offrant des services aussi bien en milieu urbain qu'en milieu rural.

Durant les cinq dernières années, plusieurs études ont été conduites dans le secteur informel en Afrique, et plus précisément en C.I. Ces études ont montré l'importance des activités informelles dans l'économie nationale avec une contribution au Produit Intérieur Brut de l'ordre de 20% en 1995. Par exemples les opérateurs du secteur informel ont versé en 1988 plus de 6,6 milliards au 10 communes de la ville d'Abidjan ( source « Le Secteur Informel en C.I. » par Kouadio Bénié Marcel). Sur le plan de l'emploi, le rôle du secteur informel est plus déterminant: selon la Direction de l'Emploi, plus de 1.200.000 personnes opèrent dans le secteur informel, et la contribution de ce secteur à l'emploi total est passé de 12,7% en 1980 à 23,5% en 1990 et 26,9% en 1995.

Cependant il demeure réel que l'inaccessibilité des crédits pour le secteur informel constitue un obstacle majeur pour le développement de ce secteur. Divers systèmes d'épargne et de crédit fondés sur l'entraide expliqueraient en partie la survie et le dynamisme du secteur informel. Il s'agit des tontines, des prêts usuraires, de l'épargne mobilisée dans les banques ambulantes, etc...

Face aux multiples raisons avancées sur l'inaccessibilité des opérateurs du secteur informel au crédit bancaire, et qui sont généralement le problème de confiance, la précarité des activités menées et le manque d'organisation, plusieurs initiatives ont vu le jour, soit avec l'appui de l'Etat soit avec les ONG Internationales ou d'autres bailleurs de fonds. La politique globale de l'Etat dans ce domaine a consisté à dégager des mesures pour amoindrir le choc de la crise sur les couches les plus défavorisées de la population. Un vaste un programme de lutte contre la pauvreté et de valorisation des ressources humaines a été mis en place avec divers autres programmes dont le plus récent est celui des fonds sociaux.

Les fonds sociaux doivent être différenciés des programmes relatifs aux PME/PMI. Il s'agit de fonds rotatifs destinés au micro- financement dont les coûts de structure sont faibles et le ciblage bien déterminé.

D'autres initiatives ont été prises par l'Etat Ivoirien dans le financement du secteur informel . En effets, la Direction de la Mutualité et du Crédit (DMC) qui s'occupait auparavant des structures mutualistes, avait lancé en 1988, un programme de Caisses Rurales d'épargne et de prêts (CREP). Le projet avait bénéficié du financement du FIDA et était destiné au monde rural. Ce projet est en fait l'ancêtre des CREP/COOPEC qui constituent actuellement une composante très représentative dans la micro- finance en C.I. Les CREP/COOPEC sont aujourd'hui au nombre de 93 caisses dans tout le pays. Elles ont mobilisé une épargne totale de plus de 6 milliards CFA. Initialement gérées par la DMC, l'approche consistait à véhiculer l'information de l'administration vers les populations qui vont ensuite s'impliquer pour la création de leurs mutuelles. Actuellement le projet COOPEC fonctionne grâce à l'appui de la France, le Canada et la Banque Mondiale.

Il existe aussi une autre forme de structure de crédit informel avec les MUCREFAB dont l'approche est différente de celle des COOPEC. Les MUCREFAB octroient le crédit et ensuite incitent le membre à l'épargne, tandis que la COOPEC met la priorité sur l'épargne avant d'octroyer le crédit. Le taux de remboursement au niveau des MUCREFAB est estimé à 99%. Ils ont bénéficié du financement et de l'encadrement du projet canadien SOCODEVI pendant 6 années avant de devenir autonomes et autosuffisants. Notons que le programme MUCREFAB est destiné exclusivement au crédit pour les femmes.

Il y a aussi le projet des micro- réalisations pour l'équipement des GVC et autres formes d'organisations, avec le financement du FED, le fonds de garantie pour la commercialisation des produits agricoles, etc.

L'Assistance à la Micro-finance :

La Côte d'Ivoire a pris de nombreuses initiatives dans le domaine du micro-crédit, en vue de satisfaire un besoin exprimé par les populations aussi bien en milieu urbain, peri-urbain que rural. Ces initiatives ont pu se concrétiser dans la plupart des cas grâce aux projets financés à travers la coopération internationale. L'impact de cette coopération est visible et mesurable dans divers domaines tels que la masse d'argent investie dans les secteurs du développement communautaire et de la lutte contre la pauvreté. On peut également citer l'appui institutionnel dont disposent certaines ONG de Côte d'Ivoire pour la promotion et le développement de la micro- finance.

La coopération Belge

La Belgique a financé un nombre important de projets en C.I. dans le domaine de la micro- finance :

- Appui au PASI II: ce projet signé le 27 Juin 1996 d'un montant de 1 296 000 000 FCFA, avec la Banque Mondiale comprend une contribution de la Belgique de 127.500.000 FCFA, réservés aux entreprises féminines. La gestion est confiée par l'Etat ivoirien à l'AFVP qui se fait assister par un ensemble d'ONG nationales. Les bureaux sont ouverts à Abidjan, Bassam, Bouaké, Daloa et Soubré.

- Programme des Micro- Interventions: en activité depuis 1991, ce projet vise des activités allant du niveau informel à la micro-entreprise. Son programme permet de soutenir les mouvements associatifs, plus particulièrement ceux des jeunes et des femmes dans leur volonté de s'intégrer dans le milieu productif, par des dons pouvant aller jusqu'à 4 millions de FCFA. Environ 63 micro-projets ont été financés jusqu'ici, et une trentaine pourront bénéficier du programme sur le budget en cours.

- Le Fonds de développement ivoiro-belge : d'une capacité actuelle de 3,2 milliards de FCFA, logé à la Caisse Autonome d'Amortissement ( CAA), ce fonds résulte d'une remise de dette au bénéfice de la C.I. Les modalités d'accès au fonds sont en voie de définition. La contribution globale de la Belgique en faveur du secteur est évaluée à 8 milliards CFA.

Banque Mondiale

La Banque intervient à travers divers projets dont entre autres, le Projet de Développement Urbain de la ville d'Abidjan. Ce projet s'est renforcé en s'étendant à l'intérieur du pays avec le PACOM. Dans son évolution, il est devenu le Projet d'Appui au Secteur Informel (PASI), dont la 1ère phase s'est achevée en 1995. Suite à une évaluation positive, une seconde phase a été initiée, dénommée PASI II. En raison de la nouveauté du phénomène des ONG, la gestion du PASI II a été confiée à l'AFVP compte tenu de son expérience dans ce domaine.

La Banque Mondiale a aussi contribué pour $5 millions (dollars EU), au programme des CREP/COOPEC, dans l'optique d'aider à la mobilisation de l'épargne et à la sauvegarde de ce programme, suite à d'une crise intervenue dans son fonctionnement. La Banque Mondiale a également financé le Projet pilote d'intégration de la femme dans le développement économique et social. Ce projet ayant un volet crédit, devait répondre à une certaine demande mais des problèmes de gestion et de supervision ont contribué à son échec.

Le montant global approuvé par la Banque Mondiale pour l'ensemble de ces projets est estimé à $ 40 millions et couvre une période comprise entre Août 1991 et Avril 1997. Ces fonds sont destinés, aussi bien au crédit qu'à l'appui institutionnel sous forme de formation et de logistique.

La coopération canadienne

Le Canada, à travers l'ACDI, a financé deux projets d'appui au micro-crédit, il s'agit de la Société de Coopération pour le Développement International (SOCODEVI) et du projet d'accès des femmes ivoiriennes aux services financiers (AFISEF). Le programme de la SOCODEVI a démarré en 1987 avec la MUCREFAB (qui dispose de succursales à Aboisso, Bonoua et Bassam) par la mise en place d'un fonds de crédit d'un montant de 141 millions CFA. l'encadrement du programme a été assuré par la SOCODEVI jusqu'à son institutionnalisation en tant que mutuelle en 1994. Ensuite le relais a été pris par la MUCREFBO qui compte 4 succursales à Bouaflé, Zouénoula, Oumé et Sinfra. La SOCODEVI leur apporte un appui pour la formation des comités locaux en vue de l'adhésion des membres et progressivement procède à l'ouverture des succursales. Les prêts sont compris entre 50.000 CFA et 1.000.000 CFA. Le droit d'adhésion par membre est de 15.000 CFA. Pour faciliter l'accès aux femmes démunies, il existe la formule de membre auxiliaire qui épargne 100 CFA par jour jusqu'à hauteur de la somme de 15.000 CFA requise. Depuis Novembre 1996, la MUCREFBO compte 306 membres et a octroyé ses premiers prêts depuis le 15 Décembre 1996. L'épargne cumulée est estimée à environ 5 millions CFA et la SOCODEVI a doté le fonds de crédit initial d'un montant de 30 millions CFA. Le taux d'intérêt pratiqué est de 20% par an et l'épargne des membres est rémunérée entre 4 % et 6% par an.

Le projet AFISEF (initié par Développement International des Jardins) a démarré en Janvier 1996. Il a pour objectif de faciliter l'intégration des femmes dans les activités de crédit et d'épargne. Le projet est rattaché aux COOPEC dans la région du Centre - Nord. Les principales activités sont la sensibilisation, l'encouragement à l'épargne et l'accès au crédit. Le projet se justifie du fait des conditions difficiles que les femmes ont toujours rencontré avant d'accéder dans les CREP/COOPEC.

Une convention a été signée entre le projet AFISEF et les COOPEC conformément aux dispositions suivantes: AFISEF assure la garantie du prêt à hauteur de 50%, la femme s'engage pour couvrir 25% et la COOPEC prend le risque pour les 25% restant. Un fonds de garantie initial de 15 millions CFA avait été mis en place et permettait le financement à hauteur de 30 millions CFA. En mars 1997, un montant correspondant à 127 millions CFA en crédit ont été distribués à 277 femmes. Les crédits antérieurs ont été remboursés à 99%. Pour le volet formation, 1254 femmes ont bénéficié de cours sur l'identification des projets, les modalités de remboursement des prêts, le calcul de l'intérêt et l'analyse des marchés. Il faut cependant noter que 90% des prêts sont concentrés en ville (Bouaké et environs).

Coopération Française

Elle s'est traduite par le financement de programmes à travers l'AFVP, les CREP/COOPEC, et la Caisse Française de Développement. L'AFVP est une ONG Française, parmi les plus anciennes en C.I.. Elle a capitalisé une bonne expérience dans la gestion de programmes de micro-crédit y compris la mise en place d'outils de gestion et des programmes de formation. La coopération française a également apporté son soutien au programme des CREP/COOPEC sur le plan du financement et de la formation. Enfin la CFD vient de financer une étude pour l'implantation en Côte d'Ivoire d'un projet de micro-crédit.

Projet de la BAD

La BAD est en train d'étudier un projet intitulé AMINA pour le financement de la micro-entreprise en Afrique. Ce projet a pour objectifs de:

- mettre en place un programme pilote d'un coût de 15 millions d'unités de compte (soit environ plus de 11 milliards FCFA) de la BAD au profit de certaines ONG sélectionnées ;

- orienter les activités dans la stratégie de réduction de la pauvreté ;

- générer des revenus et créer des emplois pour les couches pauvres et principalement les femmes.

Les ressources seront gérées à travers des ONG qui se chargeront de faire des crédits aux micro- entrepreneurs. La sélection de ces ONG se fera sur la base des critères suivants : le degré de professionnalisme, la capacité organisationnelle et le niveau d'expérience dans le domaine du crédit. (Revenir au début.)

F. Micro-finance en C.I

La Micro-finance en C.I.

En Côte d'Ivoire, ll système des banques commerciales n'est pas intéressé par la micro- finance. Par ailleurs, le système traditionnel de tontines et collecteurs de fonds ayant connu des problèmes (détournements, vols), n'inspire plus confiance. Le mouvement ONG/coopératifs de micro-finance a donc connu une dynamique grâce aux programmes et projets financés avec l'aide des bailleurs de fonds tels que la Banque Mondiale, la Coopération Canadienne, etc.

Aujourd'hui, la micro- finance se justifie et commence à faire ses preuves avec le nombre important d'institutions (au moins 30 structures) qui servent une population supérieure à 20.000 clients. La micro-finance peut être donc rentable en Côte d'Ivoire si les mécanismes de gestion sont clairement définis et si un bon encadrement et des moyens de suivis sont mis à la disposition des structures de gestion ( exemple MUCREFAB, CREP/COOPEC etc..).

Au cours de l'étude, il est apparu clairement que des sommes importantes d'argent passent du secteur informel vers le secteur bancaire formel à travers les dépôts à termes des fonds collectés. Ainsi, les banques font des prêts à certaines structures qui les distribuent à leurs membres sous forme de prêts. De cette manière certains bailleurs de fonds ont pu atteindre les couches défavorisées à la base surtout dans les zones urbaines.

Situation Escomptée à la Fin du Programme

A la fin du programme, on espère pouvoir apprécier les éléments ci-après:

- un volume plus important d'institutions de micro- finance, avec un accroissement de l'ordre de 25%, servant plus particulièrement les couches les plus défavorisées de la population et principalement les femmes ;

- une collecte très importante de l'épargne rurale, progressant d'environ 30% par rapport à son niveau actuel ;

- un développement plus important de ces structures en milieu rural et peri-urbain avec une progression du nombre de ces structures de 20 à 25 % ;

- des taux de remboursement proches de 100% ;

- une baisse progressive des taux d'intérêt, pour se rapprocher du taux bancaire ;

- une amélioration de la capacité de gestion des institutions de micro- finance, mesurable à travers leur taux de recouvrement, la qualité des services offerts aux clients, le nombre et le volume des nouveaux prêts octroyés, le volume d'épargne collectée.

- des institutions de micro- finance rentables et capables de procéder à l'expansion de leur programme sans fonds externes grâce à la masse importante d'épargne collectée, capables de justifier un taux d'autofinancement d'au moins égal à 50% et

- l'expansion et la diversification des activités initiées par les clients, mesurables à travers les chiffres d'affaires et la régularité des remboursements des prêts.

Au cours des enquêtes et entretiens avec les intervenants du secteur de la micro- finance, la mission a pu remarquer que les prêts varient entre 30.000 F CFA et 3 millions CFA. Compte tenu de la couche de la population que le programme Micro-Start va principalement cibler à savoir, les femmes pauvres en milieu rural, les hypothèses retenues suivantes :

- Une moyenne des prêts fixée à 25.000 CFA ($ 50) permettra au programme de toucher directement 20.000 personnes, chiffre jugé très insuffisant par rapport à toute la demande potentielle. Cependant, le caractère rotatif des fonds et la diversification des clients à travers diverses zones géographiques permettra au projet d'atteindre un de ses objectifs à savoir, servir un nombre plus important de personnes pauvres. En considérant le facteur social de la famille en Afrique, un client servi correspond indirectement à 5 personnes assistées, par conséquent les effets du projet seront ressentis par au moins 50.000 ivoiriens. Il faut également considérer le volet mobilisation de l'épargne à travers les structures telles que les COOPEC, et par conséquent chaque client servi à travers ces structures devra constituer une épargne d'au moins 20% tandis que les MUCREFAB réclament une caution de l'ordre de 20% du montant du crédit.

Ainsi, l'on peut estimer qu'en plus du $1 million mis en jeu par le PNUD, l'équivalent de 30% à 40% soit 300.000 à 400.000 $ pourront être collectés et distribués sous forme de fonds de crédit.

En effet durant les entretiens, l'équipe a constaté par exemple dans le cadre de la coopération Belge que des fonds seraient disponibles pour un financement de la micro- entreprise. Le comité de pilotage qui sera mis en place pourra également jouer un rôle de sensibilisation pour harmoniser les interventions et susciter des co-financements.

Clients ciblés

- les ONG de micro- finance ;

- les mutuelles ;

- les programmes d'appui aux femmes en matière de crédit ;

- les programmes de crédit et épargne pouvant s'assurer une rentabilité et une pérennité ;

- les clients individuels et les groupes associatifs ;

- les membres du personnel des institutions de micro-finance ;

- les opérateurs du secteur informel ; Les cibles indirectes sont:

- le système bancaire à travers les fonds épargnés ;

- la communauté toute entière, en considérant le facteur de dépendance au sein de la famille.

Le programme cible les opérateurs du secteur informel qui emploient près de 27% de la population active mais dont les opérateurs n'ont pas accès aux prêts dispensés par le système bancaire formel. Les clients et les groupes coopératifs pourront bénéficier de prêts pour commencer ou agrandir leurs affaires.

Quant aux structures de micro- finance en général, elles pourront bénéficier d'un renforcement des capacités de leur personnel en gestion, suivi- évaluation et aux techniques nécessaires à l'exécution de leurs tâches.

Stratégie de mise en œuvre du programme

1) la consolidation et le développement des activités existantes;

2) le renforcement des capacités pour un meilleur service aux clients ;

3) les leçons tirées des expériences antérieures afin d'éviter les erreurs commises par les prédécesseurs ;

4) l'expérience à tirer au maximum de l'appui technique international au profit des organisations locales sélectionnées ;

5) l'accent à mettre sur une plus grande mobilisation de l'épargne.

Consolidation et développement des activités existantes.

Malgré une expérience assez jeune de la micro- finance en Côte d'Ivoire, les organisations mutualistes et certaines ONG intervenant dans le secteur ont pu bénéficier d'un bon encadrement des projets initiés, grâce à la coopération internationale, et les résultats peuvent prouver que les taux de remboursements sont en général acceptables. Il y a une certaines culture du crédit chez les populations surtout les femmes. Ainsi, ce projet devra, après une sélection rigoureuse et objective, consolider les acquis de ces organisations et leur donner la possibilité de développer leurs activités en vue, soit de toucher un plus grand nombre de clients soit d'augmenter le montant des crédits octroyés. Pour se faire, il va falloir prendre en compte les préoccupations de ces structures, leur donner la possibilité d'émettre leur avis sur le fonctionnement du programme mais également appuyer leurs activités pour un bon suivi sur le terrain.

Renforcement des capacités pour un meilleur service aux femmes.

Une expérience très intéressante est en train d'être menée à Bouaké avec le programme AFISEF dont l'objectif est d'assister un nombre plus important de femmes à accéder au crédit à travers les CREP/COOPEC. Une formation leur est auparavant dispensée pour une bonne gestion de leurs activités. Un tel programme est à encourager et les capacités de AFISEF pourraient être renforcées en vue de lui faciliter l'extension de son programme dans d'autres régions de la Côte d'Ivoire. En effet, il faut noter que beaucoup de programmes de micro-finance en Côte d'Ivoire sont concentrées dans les zones urbaines.

V.4.3. Tirer les leçons des expériences passées.

Il est souvent apparu en Afrique que les clients assimilent un programme de crédit subventionné à un don et à différents niveaux, on constate des imperfections dans le système. Cependant, les clients ciblés à la base doivent recevoir un crédit. S'il n'est pas clairement défini que l'obligation de résultat est une conditionalité pour l'obtention de cette subvention, il se pourrait que le respect des engagements fasse défaut à tous les niveaux. Ainsi, il sera important de mettre en place des outils de suivi de mesure, de performance, de contrôle et au besoin de sanction, et tout ceci devra être clairement stipulé dans le protocole que le programme aura à signer avec chaque institution cliente. D'ailleurs la Structure d 'Appui Technique devra étudier en détails cette question lors de sa mission d'identification.

Tirer profit de l'expérience de l'appui technique international.

Dans la sélection de l'organisme chargé d'assurer l'assistance technique, il sera nécessaire de clarifier l'identification des besoins en formation comme étant un élément très important et surtout de hiérarchiser ces besoins afin d'y apporter des solutions directement ou par l'intermédiaire d'autres prestataires de service. En effet, la Structure d'Appui Technique devra justifier d'une expérience sans failles afin de pouvoir apporter des solutions appropriées aux problèmes qui vont se poser et à ce niveau une longue expérience et le fait d'avoir rencontré des problèmes similaires constituera un avantage certain. Il va falloir aussi tenir compte des spécificités de chaque zone surtout sur le plan culturel avant toute démarche. Par exemple dans certaines zones, le message sera mieux perçu par les femmes si une monitrice est chargée de faire le travail, car la communication est dans ce cas plus facile que s'il s'agissait d'un homme.

Mettre l'accent sur une bonne mobilisation de l'épargne.

Au cours de cette étude, la mission a noté une diversité de programmes et certaines structures ont pu démontrer une très grande capacité à mobiliser l'épargne des clients. C'est le cas des CREP/COOPEC et de MUCREFAB. De telles initiatives sont à encourager si on veut atteindre l'objectif de réduire le niveau de pauvreté. En effet, une personne qui reçoit un crédit, investi dans une activité rentable doit pouvoir, après avoir remboursé son prêt et satisfait certains besoins domestiques, disposer d'une somme minimale sous forme d'épargne. Cette initiation à l'épargne pourra être facilitée si on l'indexe sur les modalités de remboursement tel que c'est fait à MUCREFAB, CREP/COOPEC. Ce programme pourra créer un lien entre le refinancement et le niveau de l'épargne tel que ça fonctionne dans la méthodologie des banques villageoises. (Revenir au début.)


G. Risques

Plafonnement des taux d'intérêt

Un long débat a souvent existé à propos du plafonnement des taux d'intérêt par la BCEAO à travers la loi sur l'usure. Cette question a d'ailleurs fait l'objet de recommandations de la part des praticiens de la micro-finance lors du Forum de Bamako en Juin 1996.

En Côte d'Ivoire, cette question semble avoir trouvé une solution avec les aménagements apportés sur le mode de calcul du taux d'usure. Initialement fixé à 15% ce taux a connu quelques aménagements sur le mode de calcul. Auparavant, le taux d'usure était fixé à deux fois la valeur du taux d'escompte de la BCEAO, mais à présent, il n'est plus indexé sur le taux d'escompte. Actuellement, il est fixé à 26% et il est révisé tout les semestres. Il reste maintenant à savoir si ces revisions ne risquent pas de remettre en cause un jour les taux actuellement pratiqués.

Absence de coordination des donateurs et des organismes de financement

Comme mentionner dans les chapitres précédents, il existe un nombre important d'organismes de financement intervenant dans la micro- finance en Côte d'Ivoire, mais il n'y a pas de coordination pour harmoniser toutes ces interventions afin d'éviter ainsi une prolifération anarchique des programmes.

C'est pour éviter une telle situation que la participation de la Direction Générale du Plan a été proposé comme agence national d'exécution afin d'harmoniser toutes les actions de micro- fiance en direction du secteur informel.

Concurrence entre les organismes pratiquant des taux d'intérêt subventionnés

Certains programmes de micro-finance bénéficient de subventions offertes par des bailleurs de fonds, compte tenu du type de programme à financer et des objectifs assignés à la structure. On peut citer en exemple le Projet de réinsertion des réfugiés libériens. Ces programmes appliquent des taux d'intérêts très bas, parfois même égal à zéro. Autant on peut comprendre la justification de telles pratiques, autant on peut aussi s'inquiéter. (Revenir au début.)


H. Questionnaire (Projet Pnud-Micro Start)

Destiné aux structures ayant un programme de micro-crédit en cours.

I. IDENTIFICATION

1. Nom

2. Adresse

3. Téléphone / Fax

4. Année de démarrage .

5. Quelle est la mission de votre organisation ?

6. Budgets

1995

1996

1997

7. Personnel technique

8. Personnel d'appui subalterne.

9. Nombre de personnes parmi le staff ayant reçu une formation dans la gestion du micro-crédit

Préciser la durée et la période.

II . ACTIVITES

10. Nombre de clients ayant bénéficié de vos services

1996 .

1995 .

1994 .

1993 .

1992 .

11. Date de démarrage des activités de crédit

12. Quel est le taux moyen de remboursement des prêts au cours des années suivantes :

1992

1993

1994

1995

1996

13. Quel est le taux d'intérêt appliqué par type de prêt.

Année Type de prêt Taux d'intérêt

1992

a)

b)

c)

1993

a)

b)

c)

1994

a)

b)

c)

1995

a)

b)

c)

1996

a)

b)

c)

14. Indiquer le nombre de clients par rapport aux critères suivants :

Genre/Age Ruraux Urbains

Femmes Age <= 25 .......

25 < Age <= 45 .......

Age ( 45 .......

Hommes Age <= 25 .......

25 < Age <= 45 .......

Age ( 45 .......

15. Quels sont les types d'investissements réalisés par vos clients avec les crédits octroyés ?

16. Selon votre expérience, quelles sont les contraintes majeures des clients pour le remboursement de leurs crédits ?

17. Comment gérez-vous les impayés ?

18. Dispensez-vous des cours de formation a vos clients avant de leur accorder
le crédit ?

Oui =.... Non =.... Si oui, quel type de formation ?

19. Quelle est votre expérience dans le domaine de cette formation ?

III. LE CREDIT

20. Quelles sont vos procédures de crédit par rapport aux cibles suivantes( Cocher les domaines qui vous concernent

- Crédits aux groupes auto-organisés

- Crédits aux individuels

- Crédits à la fois aux individuels et aux groupes

- Crédits dans toutes les régions du pays

- Crédits en milieu rural uniquement

- Crédits uniquement aux femmes

- Crédits uniquement aux hommes

- Crédits aux hommes et aux femmes

- Type de crédit particulier en dehors de ceux cites ci-dessus

21. Les Modalités :

Type de crédit Garantie réclamée Moyenne des prêts Plafond des prêts

1)

2)

3)

22. Quels sont les problèmes majeurs auxquels vous êtes confrontés ? (par ordre d'importance)

1.

2

3.

4.

5.

6.

VI. LES SOURCES DE FINANCEMENT

23. Quelles sont vos sources de financement et les conditions

Durée Montant reçu Intérêt

- Gouvernement

- ONG

- Agences donatrices

- Agences internationales

- Ambassades

- Internes

- Epargne des participants

24. Pensez-vous être autosuffisant si vos sources de financement arrivent à terme ? .

25. Si des fonds sont disponibles en Cote d'Ivoire pour le financement des micro entreprises, comment pensez-vous les utiliser ?

- Dans les 12 mois a venir, nous allons placer CFA .

- Nous pouvons accroître notre portefeuille de ... % dans les prochains 12 mois si nous disposons de fonds additionnels.

- Nous avons besoin de recruter.

- de personnes pour gérer.

- CFA pour des prêt à.

- nouveaux clients par an.

- Besoin de formation en vue de ces fonds additionnels

26. Pensez-vous que des fonds supplémentaires peuvent être absorbés par le secteur du micro-crédit en Cote d'Ivoire

Oui ... Non....

27. Si oui, expliquez en (3 phrases)


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