Fonds d'équipement des nations unies
Recherche FENU.org:


UNDP

International Year of Microcredit 2005

OHRLLS

Development Gateway Foundation

UN Works

MDG Monitor

FENU Développement local Finance inclusive Evaluation Service techniques Pays Publications Actualités
Fonds d'équipement des nations unies
 - Microfinance

Documents

Etudes de Faisabilité Pays

Togo

UNDP Microfinance Assessment Report
Prepared as a component of the MicroStart Feasibility Mission - October, 1997

Babacar Sambe, International Consultant, and
Felix Agbobli, National Consultant


Table of Contents

A.
Table des Acronyme
B.
Situation Géographique, Administration et Politique
C.
Situation Economique
D.
Organisation du Secteur Financier au Togo
E.
Les Stratégies Gouvernmentales de Développement
F.
La Pertinence de la Micro-finance au Togo
G.
Les Institutions d'Épargne et de Crédit
H.
Les ONG Polyvalentes qui Gerent un Volet Credit
I.
L' Assistance a la Microfinance
J.
Le Marché de la Micro-finance au Togo
K.
Typologie des ONG de Credit au Togo
L.
Annexe, Liste des Contacts
M.
Profil des Institutions


A. Table des Acronymes

AFVP Association Française des Volontaires du Progrès
ACDI Agence Canadienne pour le Développement International
APGA Association pour la Promotion des Groupements Agricoles
ADZEDZI Mutuelle d'Epargne et de Crédit pour les Groupements de femmes des Plateaux
BCEAO Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest
BIAO Banque Internationale pour l'Afrique de l'Ouest
BIT Bureau International du Travail
BM Banque Mondiale
BAD Banque Africaine de Développement
CECAV Caisse d'Epargne et de Crédit des Associations Villageoises
CAMEC Caisses Mutuelles d'Epargne et de Crédit
CFD Caisse Française de Développement
CONGAT Conseils Gestion Afrique Togo
CECA-PPA Caisse d'Epargne et de Crédit des Artisans - Projet Promotion de l'Artisanat
COOPEC Coopérative d'Epargne et de Crédit
DRDR Direction Régionale du Développement Rural
FED Fonds Européen pour le Développement
FF Franc Français
FCFA Franc de la Coopération Financière Africaine
FLAT Fournisseur Local d'Assistance Technique
FODES Fédération des organisations de Développement des Savanes
FUCEC Fédération des Unions Coopératives d'Epargne et de Crédit
IMPACT/CARE Intra-régional projet for Association and Crédit in Togo (Projet Inter-régional pour les Association et le Crédit du Togo
JARC Jeunesse Agricole Rurale Catholique
ONG Organisation Non Gouvernementale
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PARMEC Projet d'Appui à la réglementation sur les mutuelles d'Epargne et de Crédit
PDSP Programme du PNUD pour le Développement du Secteur Privé
PASI Programme d'appui au Secteur Informel
RAFIA Recherche Appui et Formation aux Initiatives d'Auto- développement
SOGVERS Projet de Soutien aux Groupements dans l'Est et la région des Savanes
SYNORSEC Synergie Nord-Sud pour l'Epargne et le Crédit
SOTOPRODER Association Togolaise pour la Promotion du Développement Rural
SOCODEVI Société de Coopération pour le Développement International
UE Union Européenne
UEMOA Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

(Revenir au début.)


B. Situation Géographique, Administration et Politique

Situé en bordure du Golfe de Guinée, le TOGO s'étend sur 56000 Km² et par sa forme allongée, il relie les pays enclavés du Sahel à l'Océan Atlantique. Sur le plan climatique, il comporte deux zones distinctes : au Sud un climat de type subéquatorial avec deux saisons sèches alternées avec deux saisons de pluies ; au Nord un climat de type soudanien avec une saison de pluie et une saison sèche. La pluviométrie varie entre 850mm et 1650mm par an. La gestion administrative et politique a doté le pays de cinq régions (Maritime, Plateaux, Centrale, Kara et Savanes) elles-mêmes subdivisées en préfectures qui sont passées de 21 à 30 actuellement lors de l'avènement de la démocratie. Avec un taux de croissance 3,1%, le TOGO compte environ 4,145 millions d'habitants réparties en une quarantaine d'ethnies.

Sur le plan international, le TOGO est membre des Nations Unies depuis 1960 et appartient également à plusieurs organisations politico-économiques régionales ou continentales telles que la CEDEAO et l'OUA.

Sur le plan politique, le TOGO a amorcé à partir d'Octobre 1990 son entrée dans la voie de la démocratisation par l'institution de la liberté de la presse écrite. Cette étape a été suivie en 1991 par la création de partis politiques, la mise en place d'organes politiques de la Transition et la marche vers des élections pluralistes. Les troubles socio-politiques intervenus dans cette période ont sérieusement perturbé l'activité économique du TOGO.

Entamée avec les élections législatives de février-mars 1994, la longue marche du Togo vers la mise en place d'un système démocratique s'est poursuivie en 1996 comme en 1995, à un rythme mesuré.

Aux votes de la loi sur le statut des magistrats (14 mai 1994) et sur la haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (14 Juin 1994) ont ainsi succédé les votes des lois sur la Commission Nationale des Droits de l'Homme (7 Novembre 1994), et la Cour Suprême (31 Décembre 1994).

Le retour des réfugiés s'est poursuivi normalement dans le cadre de la politique de réconciliation nationale prônée par les Autorités avec l'adoption d'une loi d'amnistie en Décembre 1994 et confirmée par la signature d'un accord avec le haut Commissariat des Réfugiés en Août 1995. Selon les estimations du HCR, 240 000 réfugiés (sur les 300 000 Togolais qui avaient fui leur pays en 1992 et 1993) auraient rejoint leurs foyers au 31 Décembre 1996.

La Commission des Droits de l'Homme de l'ONU a décidé en Avril 1996 de rayer le Togo de la liste des pays sujets à un examen particulier.

La Commission Européenne a repris progressivement son aide (Mars 1995), qui est restée à un niveau limité en 1996. Le dialogue critique se poursuit également avec les Etats-Unis dont la coopération avec le Togo reste suspendue. La France a repris son aide dès Septembre 1994. La République Fédérale d'Allemagne a maintenu une Coopération très limitée.

Cette limitation de l'aide extérieure a conduit les autorités togolaises à entamer une stratégie de diversification du dialogue extérieur (Conseil de l'Entente, Chine et les pays du Conseil de coopération du Golfe). (Revenir au début.)



C. Situation Economique

Structure de la Pauvreté

Jusque dans les années 60, la croissance de la population togolaise est restée dans l'ensemble modérée avec un taux moyen annuel de 1,6%, période à partir de laquelle la population a commencé à croître rapidement.

On comptait 1.950.000 habitants au recensement de 1970, et 2.719.000 en 1981, ce qui correspond à un rythme de croissance de 2,9% entre 1970 et 1981. Au ber Juillet 1996, la population togolaise serait estimée à 4.052.000 habitants ; le taux annuel d'accroissement passera à 4.731.000 en l'an 2000, à 6.546.000 en l'an 2010 et à 9.056.000 en l'an 2020. En 80 ans la population du Togo sera donc multipliée par plus de six.

Cet accroissement rapide de la population est dû essentiellement à la baisse de la mortalité (29% en 1961, 19% en 1971 et 16% en 1981 et selon des estimations à 13% en 1994) et au maintien d'une fécondité élevée. En effet, le taux brut de natalité qui était de 55% en 1961 est passé de 45% en 1970 ; ce taux est devenu constant jusqu'à ce jour. L'indice synthétique de fécondité, c'est-à-dire le nombre moyen d'enfants qui seraient nés d'une femme ou groupe de femmes durant son existence si elle vivait toutes ses années de procréation en se conformant au taux de fécondité par âge d'une année donnée, est égal à 6,5 en 1988.

Depuis le milieu des années 1970, l'accélération de la croissance démographique et le ralentissement de la croissance économique ont entraîné une chute constante du PIB par habitant. Les données concernant le PIB, redressées rétroactivement et prospectivement (sur la base 1978 = 100 comme le montre le tableau N°1 suivant) traduisent bien l'évolution divergente, non parallèle entre la croissance de la population et la croissance du PIB. Le taux de croissance a été très souvent en dessous de celui de la population. La croissance s'est répartie de façon inégale dans le temps. et on peut distinguer, des années 70 à ce jour quatre grandes périodes :

- 1970 à 1972 marquée par un accroissement du PIB par habitant ;

- 1972 à 1989 caractérisée par une baisse lente du BIP par tête ponctuée par un moment de quasi stagnation ;

- 1989 à 1994 où la baisse est devenue brutale (22% à 23% en l'espace de 3 ans 1990/1993), du fait non seulement de la croissance de la population, mais aussi des conséquences néfastes des troubles socio-politiques sur la production.

- 1994 à 1997 caractérisée par un augmentation timide mais stable du PIB par habitant suite à la remise en cours des unités de production nationales et à une reprise quelque peu hésitante de la coopération avec les principaux bailleurs de fonds.

Il faut souligner que les quelques augmentations par habitant qui marquent ces périodes sont essentiellement dues à des événements conjoncturels tels que la dévaluation du franc CFA ou la réévaluation du dollar (principale devise d'expression des contrats de vente des produits de rente).

Même les retombées financières du «boom» des cours des principaux produits d'exportation survenu en 1974/1975 ne s'est pas fait sentir sur l'évolution du PIB par habitant.

Ce qui illustre ici de façon plus significative l'appauvrissement continu de la population c'est l'importance décroissante que le PIB par tête à subi de 1972 à 1993 soit environ 52% de sa valeur. La relance vigoureuse des deux dernières années est loin de compenser les effets de ces catastrophes.

Une série d'enquêtes sur la consommation des ménages (en 1987-89 et en 1995), des réflexions nationales et des discussions avec les communautés ont permis d'analyser les structures de pauvreté au Togo :

a) Avant la crise de 1991-93, les principales poches de pauvreté se situaient dans le monde rural. Le pourcentage de pauvres et d'extrêmement pauvres était particulièrement élevé dans les deux régions du Nord (Savanes et Kara). Au contraire Lomé, les grandes villes et, en milieu rural, la région Maritime et les Plateaux étaient dans une situation relativement privilégiée.

b) La crise de 1991-93 a provoqué l'effondrement du secteur secondaire, de secteur tertiaire et de la branche exportatrice du secteur primaire. Elle a donc surtout frappé la population des villes et les régions du Sud. Ainsi donc la crise a-t-elle joué un rôle d'égalisateur de revenus, plongeant toutes les régions du pays dans une situation de pauvreté extrêmement grave.

c) Partout, les populations les plus défavorisées sont les femmes agriculteurs, les paysans sans terre, les chômeurs et ceux que les circonstances ont privé de soutien familial.

Indicateurs Sociaux

Les problèmes structurels de pauvreté sont aggravés par l'évolution récente des indicateurs sociaux :

a) Depuis l'indépendance, d'importants efforts ont été faits par le gouvernement et les communautés pour développer les infrastructures sociales (enseignement de base et santé primaire, hydraulique et assainissement).

b) L'accélération de la croissance démographique et une longue série de crises économiques et financières ont bloqué ce processus. Au début des années 1980, il y a eu stagnation ou déclin des taux de scolarisation et de beaucoup d'autre indicateurs sociaux. La crise de 1991-93 a désorganisé le système d'éducation et les services de santé.

c) L'analyse des indicateurs sociaux révèle également de nombreuses disparités selon les régions et les sexes. L'accès aux services de base est beaucoup plus limité dans le monde rural et les régions du nord que dans les centres urbains et dans les régions du Sud. Les taux de scolarisation féminine sont très inférieurs à la moyenne nationale.

Tableau 1 : Evolution du ratio PIB/POPULATION (1970-1990) en F CFA

ANNEES

POPULATION (x1000h) (1)

PIB REEL (en Milliards) (Base=1978) (2)

PIB REEL/Hab (Base=1978) (2/1)

1970

1971

1972

1973

1974

1975

1976

1977

1978

1979

1980

1981

1982

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1950

2004

2054

2110

2160

2225

2301

2376

2456

2541

2629

2719

2770

2851

2935

3021

3097

3201

3293

3392

3492

3608

3701

3808

3900

153.5

185.7

195.5

180.0

180.3

176.9

173.2

171.0

189.0

199.1

202.6

195.8

188.3

189.7

192.2

199.4

202.6

203.5

216.2

224.7

224.9

222.9

214.7

185.2

215.3

78.717

92.664

95.180

85.308

81.898

79.505

75.271

71.969

76.954

78.354

77.063

72.011

67.978

66.523

66.485

66.004

65.418

63.573

65.654

66.244

64.404

61.779

58.011

48.634

55.205

Sources : «Base de Données socio-économiques pour le Développement Humain Durable au Togo».

Pauvreté et revenus

Les revenus des emplois existants ont été appréciés en relation avec les lignes de pauvreté et de dénuement. Ce dénuement, assimilable à un état de manque, de privation, est relatif à un ensemble défini de besoins fondamentaux : revenus, nutrition/alimentation, soins de santé, éducation, utilisation d'infrastructures de base, habillement et approvisionnement en eau. Mesurer la pauvreté consiste à identifier les variables de classement tels que revenus, apport calorifique, consommation d'eau des populations et à les classer par rapport à une ou des «lignes de pauvreté» définies elles-mêmes sur la base d'hypothèses quantitatives relatives aux besoins minima qui doivent être satisfaits pour être déclarés pauvres, très pauvres. Les résultats des comparaisons définissent ce qu'il est convenu d'appeler un «profil de pauvreté». Le Togo ne dispose pas aujourd'hui d'un «profil de pauvreté» fondé sur des études approfondies et portant sur l'ensemble du pays.

Toutefois, à partir d'études partielles et de données de sources diverses, des extrapolations statistiques fondées sur des hypothèses raisonnables, ont permis d'établir ce que l'on peut considérer comme la meilleure «approximation» possible d'un profil de pauvreté pour le Togo dans l'état actuel des informations.

a - Les lignes de pauvreté

La ligne de pauvreté choisie pour l'identification des pauvres est celle qui correspond à un revenu/consommation équivalent en 1990 à 58.000 F CFA par tête et par an quelque soit le milieu. La ligne d'extrême pauvreté a été fixée à 36.000 F CFA. Ces lignes de pauvreté et d'extrême pauvreté, affectées d'un coefficient d'inflation de l'indice des prix des produits alimentaires de 1,4285 (base 100 en 1987) aboutissent à les fixer en 1994 respectivement à un revenu/consommation de 82.853 F CFA et 51.426 F CFA.

b - Les caractéristiques de la pauvreté en terme de revenus

Comme le montre le tableau qui suit, aux seuils de pauvreté et d'extrême pauvreté arrêtés, les plus faibles taux de pauvreté et d'extrême pauvreté se retrouvent à Lomé avec respectivement 3,09% de la population «extrêmement pauvre» et 12,15% de la population «pauvre». Dans les grandes villes, ces taux sont de 16,28% et 28,24%. En revanche dans les Centres Urbains Secondaires (CUS), les «extrêmement pauvres» représentent 28,19% du total des populations et les «pauvres» 58,26%.

S'agissant du milieu rural dans son ensemble, plus des 3/4 de la population (78,22%) sont dans la pauvreté et près de la moitié (45,54%) dans l'extrême pauvreté. En considérant les régions économiques, ces pourcentages sont très nettement plus élevés dans les régions de la Kara et des Savanes que dans les régions Maritime et des Plateaux.

Tableau de Répartition des ménages extrêmement pauvres, pauvres et non pauvres par lieu de résidence et par région en pourcentage de la population totale.


  

 

GRANDES

 

MILIEU RURAL

  

LOME

VILLES

CUS (1)

Région Maritime

Région des Plateaux

Région Centrale

Région de la Kara

Région des Savanes

Ensemble Milieu Rural

Extrêmement pauvres

3,09

16,28

28,19

35,86

33,69

45,71

68,13

76,81

45,54

Pauvres

12,15

28,24

58,26

71,25

69,93

86,14

93,34

95,29

78,22

Non pauvres

87,85

71,76

41,74

28,75

30,07

13,86

6,66

4,71

21,78

Source : Approximation quantitative de la pauvreté au Togo, page 22.

NB : Le groupe des «Extrêmement pauvres» est inclus dans celui des pauvres.

Seuil de pauvreté = 58.000 F CFA
Seuil d'extrême pauvre = 36.000 FCFA (1)
CUS: Centres Urbains Secondaires

Tableau de quantification des extrêmement pauvres, des pauvres et des non pauvres selon les lieux de résidence rapportés à la population réelle en 1994.

To view table, click here.

Les données qui précèdent suggèrent, dans une première approximation que les efforts de lutte contre la pauvreté, et l'extrême pauvreté, dans une perspective ethnique ne devraient pas cibler principalement le milieu rural et les centres urbains secondaires.

Avancée de la pauvreté

Au lendemain de la dévaluation du Franc CFA par rapport au Franc français en Janvier 1994, le Togo avait connu un taux d'inflation de 50% en 1994. Cette pression inflationniste a été jugulée en 1995 (+ 6,5%) et ce contrôle s'est poursuivi en 1996 (variation de l'indice des prix à la consommation africaine + 4,9%). Aujourd'hui le taux d'inflation est de 8%.

Le Produit Intérieur Brut (PI) en 1996 (704 milliards FCFA) a connu une croissance d'environ 6%, après 8% en 1995, mais n'a pas encore rejoint le niveau de 1991 en valeur constante.

L'état des finances publiques, désastreux au lendemain de la longue grève générale (9 mois) de 1992-1993, s'améliore lentement : le budget 1996, voté par l'Assemblée nationale le 22 Février 1996, a été exécuté en recettes et en dépenses à 124 milliards FCFA (prévision des recettes et dépenses : 134 milliards FCFA).

Si la masse salariale a été contenue (56% des dépenses primaires et 42% des dépenses totales), les recettes attendues du programme de privatisation des entreprises publiques n'ont pas été à la hauteur des prévisions.

La mise en oeuvre du Programme d'Ajustement et de Relance de l'Economie (PARE) adopté par la Banque Mondiale le 25 Juin 1996 se poursuit normalement mais lentement (prêt de 50 millions de $ dont la première tranche de 14,36 milliards FCFA a été décaissée en Juillet) auquel il faut ajouter un prêt japonais à l'ajustement structurel de 24 milliards FCFA, dont la première tranche de 13,8 milliards FCFA a été tirée en Décembre) : le système fiscal est simplifié, avec la limitation du nombre de taux des tarifs douaniers, ainsi que l'introduction de la TVA qui remplace la TGA (Taxe Générale sur les Affaires) ; les privatisations sont lancées mais le bilan fin 1996 est encore limité : pas d'entreprises de premier rang mises en vente, et l'ouverture du capital de l'OTP (Office Togolaise des Phosphates), principale source de recettes extérieurs du Togo (1/3 des recettes d'exploitation), aux investisseurs privés, n'est pas encore faite.

Les recettes insuffisantes par rapport aux prévisions du Programme d'ajustement structurel en cours avec le FMI (1994-1997) ont conduit celui-ci à renoncer, malgré deux missions en Juillet et Novembre, au tirage sur la deuxième tranche de la deuxième année de la FASR (Facilité d'Ajustement Structurel Renforcée) et à proposer au Gouvernement togolais un «shadow program» dont la réussite permettrait le versement en 1997 des montants de la dernière année de la FASR (16,7 milliards FCFA).

En 1996, la dette extérieur a représenté 120% du PIB et le service de la dette (30 milliards FCFA) à près de 25% des exportations.

Le solde dû à la Banque Européenne d'Investissement (BEI) est estimé à 5 milliards FCFA. Le montant du service de la dette en 1997 est évalué à 34,4 milliards FCFA.

Avec le phosphate (2,8 Millions de tonnes exportées en 1996), le coton reste la principale source de devises du Togo (ces deux productions assurent 2/3 de la valeur des exportations togolaises) quoique la production ait fortement chuté (102 000 T contre 130 000 T en 1995), en raison notamment d'une pluviométrie médiocre. Les autres ressources traditionnelles du Togo à l'exportation restent le café (12 000 T), le cacao (9 000T) et les activités de transit.

Role des ONG de credit dans une strategie de lutte contre la pauvrete

Les différentes institutions et mécanismes de distribution de crédit mis en place par l'Etat (Caisse Nationale de Crédit Agricole) CNCA, Société Togolaise de Coton (SOTOCO), etc... n'ont pas donné des résultats escomptés eu égard à l'importance des ressources publiques allouées à leur fonctionnement.

D'une part, ils se sont révèles inadaptés à satisfaire les besoins des petits producteurs urbains du secteur informel qui n'offrent pas les garanties exigées pour l'octroi des crédits.

Par conséquent, l'accès au crédit demeure une revendication constante du monde rural et du secteur informel. Il est vital pour les groupes vulnérables:

( i ) les femmes qui cultivent des produits vivriers et ne peuvent pas baser le service de leurs prêts sur le produit de leur future récolte, comme les producteurs de coton ou de cacao ;

( ii ) les commerçantes et les petits artisans qui, faute de pouvoir offrir des sûretés réelles sont incapables de mobiliser des prêts bancaires;

(iii) quelle que soit leur compétence, les jeunes diplômés désireux de fonder une micro-entreprise qui n'ont rien à proposer que leur «idée» et n'ont aucune chance auprès des institutions financières; enfin,

( iv ) ceux que l'isolement économique, social ou familial place en dehors des mécanismes traditionnels d'entraide. Pour tous ces candidats au crédit le crédit décentralisé est certainement une grande priorité.

Contraintes

• Sur le plan de la lutte contre la pauvreté, tous les mécanismes ne sont pas également efficaces. Au service du pauvre, les institutions d'épargne-crédit ont bien des handicaps à surmonter:

( i ) Hantées par leur désir d'autonomie, les institutions d'épargne-crédit éviteront de prendre les risques qu'implique le financement des plus pauvres . Bien que la FUCEC ait débuté ses opérations en milieux rural, plus de 50% de ses crédits vont aujourd'hui aux habitants de Lomé. En outre, environ 86% de ses opérations en dehors de Lomé sont destinées aux régions les plus riches: les Plateaux et la Région Maritime.

( ii ) Cet objectif de rentabilité est dans la logique de ces institutions. L'épargne est plus abondante dans les milieux les plus prospères. C'est elle qui détermine l'affectation de leurs fonds. Sans appui extérieur significatif, une Fédération de Mutuelles hésitera à prendre en charge le coût d'une promotion dans des zones particulièrement difficiles, marginalisées par la pauvreté et l'isolement. Notons cependant que les institutions d'épargne-crédit sont très populaires auprès des femmes. Celles ci compensent par leur sérieux les faiblesses de leur condition économique.

• Les grandes ONG qui intègrent leurs activités de crédit dans de vastes programmes de formation, d'assistance technique et de développement sont en principe beaucoup mieux placées pour assumer les risques de la pauvreté. Alternant les dons et les crédits, elles peuvent moduler leurs interventions en fonction des conditions spécifiques des bénéficiaires . Le tableau 2 ci-dessus montre d'ailleurs que c'est parmi les ONG gérant un « volet crédit » que se trouvent le petit nombre d'institutions qui ont développé leurs activités dans les deux Régions du nord: RAFIA et CARE pour les Savanes; Aide et Action pour les Savanes et Kara. Enfin ce sont soit les institutions de crédit direct soit les grandes ONG gérant un volet crédit qui concentrent leur attention sur les groupes vulnérables . SOCODEVI/ADZEZI s'intéresse surtout aux femmes du monde rural; deux programmes de CARE ( IMPACT et WAGES ) s'adressent aux femmes du monde rural ou aux commerçantes des centres urbains.

Le secteur financier au Togo

Le système financier Togolais est caractérisé par la coexistence de deux systèmes à savoir :

- le système financier formel, et

- le système financier informel.

Le système financier formel

Le système financier formel comprend les institutions financières bancaires et les institutions non bancaires. Les institutions bancaires sont constituées de 7 banques commerciales ayant environ 100 agences et un certain nombre de bureaux mobiles à travers le pays; 4 institutions financières non bancaires. Les institutions financières non bancaires sont représentées en majorité par des compagnies d'assurance. Néanmoins, il y a quelques établissements de financement de crédit automobile et équipements divers (STOCA), ainsi que la bourse des valeurs (basée à Abidjan) dont le rôle est d'organiser et de diriger le marché des actions, de vérifier la régularité des transactions et d'accroître ainsi l'accumulation du capital sur le plan national.

Le système financier informel

Le système financier informel est caractérisé par un certain nombre d'organisations et d'activités. Deux types de structures constituent ce secteur :

- Les institutions semi-formelles, telles que les coopératives d'épargne et de crédit,

- les groupes d'épargne mutuelle, les associations d'entraide, les tontines, L'émergence de ces différentes structures est venue du fait que le système bancaire formel est inaccessible à la plupart des membres de ces structures et aussi de l'incapacité du secteur financier formel à mobiliser l'épargne rurale, l'épargne des petits commerçants, des artisans et des ménages à revenu faible.

(Revenir au début.)


D. Organisation du Secteur Financier au TOGO

Le secteur bancaire formel

Le secteur financier Togolais est largement influencé par l'appartenance du pays à la zone franc. En effet, l'appartenance à la zone franc est un aspect très important du système financier Togolais. Dans les pays utilisant le franc CFA comme monnaie, l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine définit la législation monétaire et bancaire ainsi que les politiques monétaires, les mécanismes de crédit et le taux d'échange. Quatre principes gouvernent la structure et les opérations des institutions d'intermédiation financière, à savoir :

(1) la parité fixe entre le franc CFA et le francs français (1 FF = 50 FCFA de 1948 à 1994 et 1 FF = 100 F CFA depuis 1994) ;

(2) transfert libre de fonds entre les pays membres ;

(3) réserve commune ;

(4) convertibilité du franc CFA en FF à travers le compte spécial d'opérations ouvert auprès du trésor français.

Soixante cinq pour cent des réserves en devises de tous les pays de la zone FCFA sont déposés dans le compte d'opération en FF.

Le système financier dans l'UEMOA est coiffé par la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) dont le siège est à Dakar au Sénégal. Mais il y a des branches nationales dans chaque pays membre. Le système comprend les banques commerciales et les institutions financières non bancaires. La BCEAO est l'organe central qui donne les directives en matière d'opération. Un avantage notable des pays de l'UEMOA est le bas taux d'inflation qui prévaut dans les pays de la zone CFA.

Les banques commerciales

Le système financier Togolais regorge d'institutions financières spécialisées qui contribuent activement au développement du pays depuis son indépendance en 1960. Les banques commerciales ont connu une mutation profonde tant sur le plan interne qu'externe. Actuellement sept, (7) banques commerciales sont en activité au Togo. Il s'agit de :

- La BIA-TOGO (Banque Internationale pour l'Afrique au Togo (originellement dénommée BIAO-TOGO) ;

- BTCI (Banque Togolaise pour le Commerce et l'Industrie) ;

- UTB (union Togolaise de Banque) ;

- SIAB (Société Interafricaine de Banque originellement dénommée BALTEX ;

- BTD (Banque Togolaise de Développement)

- EcoBank- TOGO.

A ces sept (6) banques s'ajoute la (Société Nationale d'Investissement et Fonds Annexes (SNI-FA) qui depuis le début de cette année 1997 est devenue une banque d'affaires avec pour objectif fondamental la mobilisation de l'épargne et la distribution de crédit aux entreprises Togolaises en particulier les PME et PMI. La Caisse d'Epargne du Togo qui a une longue tradition dans la mobilisation de l'épargne des secteurs formel et informel est également présente.

Les banques non commerciales

Il existait au TOGO jusqu'en 1990, la Caisse Nationale de Développement Agricole (CNDA). Cette banque destinée au financement du monde rural a dû fermer à cause de nombreux impayés occasionnés par un volume important de prêts octroyés pour des activités non agricoles. A présent, il n'existe aucune banque nationale de développement agricole.

Le secteur non bancaire

Les compagnies d'assurance

Elles forment le segment le plus important du secteur financier non bancaire. En 1995, il y avait 6 compagnies d'assurance en activité au TOGO. La bourse des valeurs d'Abidjan

Le rôle de cette institution est d'organiser et de diriger le marché des actions, de vérifier la régularité des transactions et de favoriser l'accumulation du capital national.

Les établissements de crédit.

Il s'agit des établissements de crédit automobile, de crédit d'équipement divers. Aucune de ces institutions du système financier formel n'a des activités de micro-financement.

L'expérience du Crédit Traditionnel

Le système traditionnel de crédit est connu sous le nom de tontine. Il fonctionne sur la base de groupes dont le nombre de membre est variable. Chaque membre du groupe épargne un certain montant décidé à l'avance. Cette épargne n'est pas déposée dans une banque ou tout autre établissement financier ; mais elle est versée à un membre du groupe en vue d'un investissement important. Ainsi, à tour de rôle, les membres reçoivent le montant de l'épargne. Cette épargne ne porte aucun intérêt. En fait, elle est réalisée en prévision à une dépense importante. Le problème majeur qui se pose à la tontine est souvent la disparition d'un membre avec l'épargne collectée. Le système fonctionne sur la base de la confiance. Le groupe est généralement constitué de gens travaillant dans le même environnement ou habitant la même zone de résidence. C'est le cas des commerçantes togolaises au niveau des marchés de tissus et autres produits textiles. En dehors de la tontine, il existe dans les marchés des villes un système de collecte d'épargne journalière. Ce système consiste à remettre à un collecteur d'épargne, qui passe chaque jour sur le lieu de travail de l'épargnant, une somme d'argent allant de 100 FCFA à 1.000 FCFA voir même quelquefois 5.000 FCFA. A la fin de chaque mois, la collecte est reversée à l'épargnant. Le collecteur est rémunéré avec l'épargne d'un jour. Ici également l'épargnant s'expose au risque de perte d'argent lorsque le collecteur disparaît en fin de mois avec l'épargne de centaines d'acteurs économiques.

Il faut également noter qu'il existe une forme de collaboration entre les SFD et le secteur du financement traditionnel; en effets certaines ONG et projets de crédit, dans leur soucis d'offrir des services de proximité, se sont rapprochées des marchés et autres lieux de regroupement des « tontinières » et les ont souvent convaincues à se réorganiser pour devenir des mutuelles; c'est le cas du projet WAGES/CARE qui ouvert ses bureaux dans la zone d'un grand marché à Lomé. (Revenir au début.)



E. Les Stratégies Gouvernementales de Développement

Le gouvernement ayant revu l'expérience internationale en matière de Fonds Sociaux, il a mis en place le programme dénommé Fonds Régional de Développement Economique et Social (FORDES) togolais qui pourra réussir à condition qu'il présente les caractéristiques suivantes :

a) La première et la plus importante de ces conditions est « l'autonomie » de la nouvelle organisation. Le Fonds doit être une institution très forte et très indépendante, disposant d'un personnel très compétent. C'est cette autonomie qui lui permettra d'exécuter avec souplesse et avec rigueur un vaste programme d'initiatives de base.

b) Pour assurer l'indépendance opérationnelle du Fonds, le gouvernement souhaite partager le contrôle de sa gestion avec un grand nombre d'institutions publiques et privées (bailleurs de fonds ; fondateurs internationales ; ONG ; collectivités locales etc.) pour autant que ces institutions sont prêtes à mobiliser des ressources humaines et financières en faveur du projet. Les organes du Fonds (conseils et comités) organiseront un dialogue stratégique et opérationnel entre tous les partenaires du FORDES sur les objectifs, les processus et les programmes.

c) Les projets examinés par le Fonds devront être conçus par les communautés de base. Ils devront répondre aux besoins prioritaires des populations concernées, y compris et les pauvres et les groupes vulnérables. d) Nombreuses sont les communautés qui auront besoin d'une assistance technique. Les ONG, les services techniques et les institutions de développement joueront ce rôle. Le gouvernement envisage également de créer un corps de « volontaires nationaux », qui recrutera de jeune diplômés sans emploi et les affectera à des tâches de développement communautaire correspondant à leur domaine de compétence. Il convient de souligner que la fonction de ces « acteurs externes » ne sera pas de décider pour le compte des communautés la nature des interventions prioritaires. Il sera seulement question d'aider les communautés à optimiser le concept, le coût, la gestion et l'entretient des projets qu'elles souhaitent proposer. La répartition des programmes Régionaux d'Investissement Public (PIP) a déjà permis aux villages et aux collectivités locales d'exprimer librement leurs vues sur leurs besoins et leurs priorités de développement. Le FORDES utilisera systématiquement le mécanisme des PIP régionaux pour organiser la programmation de ses futurs micro-projets d'infrastructures.

e) A l'intérieur du mouvement des ONG, les institutions de crédit décentralisé - aussi bien les spécialistes de l'épargne-crédit que les ONG polyvalentes - sont particulièrement bien placées pour faciliter l'accomplissement des objectifs du FORDES. Certes, des subventions resteront longtemps nécessaires pour développer les régions les plus pauvres et assister les populations les plus défavorisées. Cependant il est indispensable de jeter les bases d'un développement durable appuyé par les institutions de crédit capables non seulement d'opérer efficacement dans le monde rural et le secteur informel, mais encore de progresser rapidement vers l'indépendance et d'autofinancement. f) L'appui que le FORDES pourra apporter aux ONG de crédit devra être modulé en fonction des caractéristiques particulières de chaque institution ; En principe une mutuelle d'épargne et de crédit qui donne la priorité à la mobilisation de l'épargne n'a pas de problèmes majeurs de ressources pour financer ses opérations de crédit. Elle peut avoir des problèmes de coûts d'exploitation et de rentabilité financière pour autant que les dépenses de formation, de promotion et d'appui à la gestion ne peuvent pas être répercutées sur les coopératives et les coopérateurs. Ces problèmes de rentabilité peuvent conduire les institutions d'épargne-crédit à concentrer leurs activités sur des zones relativement prospères où le volume de l'épargne et des crédits accordés rendent plus supportables les frais généraux de la centrale. L'un des rôles du FORDES peut être de cofinancer quelques unes des dépenses de promotion et de formation pour inciter les instruments d'épargne crédit à développer leur pénétration dans les zones rurales les plus pauvres et les milieux urbains les plus démunis.

Les ONG de crédit direct peuvent elles aussi avoir des problèmes de coûts d'exploitation et de localisation de leurs opérations qui justifient des solutions analogues à celles qui viennent d'être esquissées pour les mutuelles d'épargne-crédit. En outre comme les prêts accordés par ces ONG dépassent le volume de l'épargne mobilisée, elles peuvent rencontrer des problèmes de ressources nécessitant des financements complémentaires quand les appuis externes qui ont lancé ces institutions cessent de leur apporter la base de crédit et les fonds propres nécessaires à l'expansion de leurs activités. Les ONG de crédit direct ont aussi des problèmes spécifiques sur le plan de la sécurisation de leurs crédits dans les secteurs où les sûretés réelles et les garanties liées à l'activité professionnelle de l'emprunteur sont difficiles à organiser. L'un des rôles du FORDES pourrait être d'encourager et de cofinancer des projets-pilotes visant à tester de nouveaux produits qui permettront à ces ONG d'étendre le champ de leurs activités. (Revenir au début.)



F. La Pertinence de la Micro-finance au Togo

Au cours de cette étude sur la microfinance (au TOGO), nous avons pu rencontrer et discuter avec les responsables d'au moins 20 programmes ou projets de micro-crédit offrant des services de crédit, épargne et de formation aux populations pauvres ou à faible revenu, aussi bien en milieu urbain qu'en milieu rural. Quelques unes de ces institutions sont présentées plus en détail dans la section suivante consacrée à la performance des SFD au Togo.

Cependant il demeure réel que l'inaccessibilité des crédits pour le secteur informel constitue un obstacle majeur pour le développement de ce secteur. Divers systèmes d'épargne et de crédit fondés sur l'entraide expliqueraient en partie la survie et le dynamisme du secteur informel. Il s'agit des tontines, des prêts usuraires, de l'épargne mobilisée dans les banques ambulantes, etc.

Face aux multiples raisons avancées sur l'inaccessibilité des opérateurs du secteur informel au crédit bancaire, et qui sont généralement le problème de confiance, la précarité des activités menées et le manque d'organisation, plusieurs initiatives ont vu le jour, soit avec l'appui de l'Etat soit avec les ONG Internationales ou d'autres bailleurs de fonds. La politique globale de l'Etat et de ces bailleurs dans ce domaine a consisté à dégager des mesures pour amoindrir le choc de la crise sur les couches les plus défavorisées de la population. Ainsi il a été mis en place un programme de lutte contre la pauvreté et de valorisation des ressources humaines avec divers programmes dont le plus récent est celui du Fonds Régional de Développement Economique et Social FORDES

1. Parmi les ONG opérant au Togo, une trentaine d'entre elles font des crédits au monde rural ou au secteur informel. Les paragraphes suivants présentent un échantillon de treize institutions, avec des indications sommaires sur la structure de l'institution, l'origine de ses ressources, la localisation de ses activités, la nature de ses opérations et les résultats obtenus. (Revenir au début.)


G. Les Institutions d'épargne et de Crédit

La FUCEC

La FUCEC est tout à la fois la plus importante des ONG de crédit et l'exemple le plus typique de la catégorie « Institutions spécialisées dans les opérations d'Epargne et de Crédit ».

Structure de l'institution

a) La FUCEC est l'une des plus anciennes ONG de crédit opérant au Togo. Créée en 1983, la FUCEC est le successeur du CONAUDEC dont la création date de 1969. Totalement spécialisée dans le développement de mécanismes d'épargne crédit, la FUCEC n'a pas d'autres activités, en dehors de la promotion des COOPEC, la formation de leurs gérants et l'appui à la gestion.

b) La FUCEC mobilise l'épargne et octroie des crédits par l'intermédiaire de « Coopératives d'Epargne-Crédit ». Les femmes (environ 25% du total des membres) sont les meilleurs clients de l'institution.

c) Les COOPEC sont des unités indépendantes gérées par leurs membres qui choisissent et recrutent leurs gérants.. Enfin la FUCEC fonctionne comme une « caisse centrale » qui reçoit 25% des dépôts des COOPEC et accorde des crédits à celles qui rencontrent des problèmes de trésorerie.

d) La Direction Nationale de la FUCEC est à Lomé. Elle comprend quatre principaux services : Education/Formation ; Service de Caisse ; Administration des Risques et Inspection. En outre, la FUCEC dispose des directions régionales dans quatre régions.

Les opérations d'Epargne/Crédit

a) La base des opérations de la FUCEC est la mobilisation d'une épargne qu'elle recycle sous forme de crédits. C'est seulement après six mois que les COOPEC peuvent commencer à faire des crédits à partir de l'épargne mobilisée. Les COOPEC ne prêtent qu'à leurs membres. Le montant du crédit accordé est basé sur le volume de l'épargne accumulée. En principe une COOPEC ne peut pas prêter à un membre plus de 2 à 3 fois le montant de son épargne.

b) Ni les COOPEC, ni la FUCEC ne procèdent à une évaluation technique détaillée des projets financés. La capacité d'épargne est le principal critère qui permet d'apprécier la solvabilité d'un emprunteur. Néanmoins, les emprunteurs doivent offrir soit la caution d'un autre membre, soit des sûretés réelles.

c) Les financements des COOPEC ne sont pas limités à des projets productifs. Ils peuvent être utilisés à des usages économiques et sociaux variés : habitat ; achat de terrain , dépenses d'éducation et de santé.

d) La rémunération des dépôts est fonction des résultats obtenus par chaque COOPEC. La durée des prêts est généralement très courte, dépassant rarement 12 mois. les montants prêtés varient entre 10 000 et 50 000 FCFA dans les campagnes. Ils peuvent atteindre 2 millions ou plus dans les villes. Les taux des crédits sont variables, selon les opérations et selon les COOPEC. Les prêts à l'habitat sont moins chers que les prêts pour les opérations commerciales.

La CECAVE

Origine et structure

a) C'est l'Association Villages Entreprises (AVE), une ONG polyvalente créée en 1981, qui a initié la création, en 1987, d'une « Caisse d'Epargne et de Crédit de l'Association Villages-Entreprises ». Basée à Kpalimé, à 120 Km de Lomé l'organisation opère dans les zones rurales des plateaux.

b) L'AVE intervient surtout auprès des structures traditionnelles. Par des actions de sensibilisation, elle incite les villages et les groupements paysans à s'organiser eux-mêmes pour identifier leurs besoins prioritaires et résoudre leurs problèmes de développement. Les villages élisent des comités de développement qui transmettent à l'AVE les besoins des communautés et organisent l'action communautaire.

c) La CECAVE est l'émanation de cette structure. La CECAVE-village s'appuie sur les commissions villageoises, qui sont responsables des décisions de crédit. La CECAVE-Bloc siège dans un « village sage », choisi pour son dynamisme dans la mobilisation de l'épargne. Elle utilise les excédents des uns pour financer les crédits des autres. Au sommet, l'Union reçoit les surplus de l'ensemble des CECAVE-Bloc et coordonne les activités des commissions. L'AVE et l'Union assistent les CECAVE : elles forment leurs membres, aident à vérifier les documents comptables et assistent les communautés dans la conception et la réalisation des projets.

Conditions des crédits a) Les membres d'une CECAVE doivent être membres de l'AVE. La constitution d'une épargne est la condition de l'accès au crédit. Les crédits accordés ne doivent pas dépasser 2 fois le montant de l'épargne, dans le cas des groupements, 1,5 fois pour les individus. La durée des crédits est généralement d'un an. Le taux d'intérêt débiteur est 15%. L'épargne des membres est rémunérée au taux de 6%. Le recouvrement des crédits s'appuie sur la pression sociale des membres.

Résultats

a) A fin Août 1997, 34 caisses de base et 7 unions rassemblaient 650 membres (dont 75% femmes). A cette date, les encours des crédits atteignaient 36 millions de FCFA. La moyenne des dépôts est 250.000 FCFA par caisse. La moyenne des prêts est de 500.000 par caisse pour les nouveaux membres. La moyenne générale des prêts est de 1.500 000F. Les crédits servent à financer des activités individuelles ou communautaires (agriculture, commerce, reboisement, fonciers, habitat rural). Le taux de remboursement est supérieur à 85%.

CECA

Structure et activité

a) Crée en 1990, la « Coopérative d'Epargne et de crédit aux Artisans » est basée à Lomé et opère surtout dans la capitale et la périphérie. Sa création faisait partie d'un projet «Promotion de l'Artisanat » financé par GTZ, dans le cadre de sa collaboration avec le gouvernement Togolais.

b) Les prestations de la coopérative comprennent :

  • le financement direct de l'artisan (celui-ci, qui doit appartenir à un groupement, doit constituer une épargne pendant six mois , il peut ensuite solliciter un prêt, pour un projet productif artisanal, égal à 3 fois le montant de son épargne, jusqu'à concurrence d'un million de FCFA ; la durée maximum des prêts est 36 mois) ;
  • l'appui et la garantie de la coopérative pour obtenir le cautionnement bancaire nécessaire pour obtenir un marché public ;
  • la caution de la coopérative pour l'octroi d'un crédit bancaire ;
  • la formation des membres et l'appui à la gestion.

Le taux des crédits est 13,2%. les dépôts sont rémunérés au taux de 3%.

Résultats

L'appui de son bailleur de fonds permet à la CECA d'accorder des crédits dont le volume global dépasse celui de l'épargne mobilisée. A fin 1993, les dépôts de 364 épargnants atteignaient 21,5 millions de FCFA, mais l'en-cours des crédits dépassaient 40 millions. Bien qu'elle soit généralement classée dans les institutions d'épargne crédit, la CECA a donc des points communs avec les institutions de crédit direct qui, ne liant pas le crédit à l'épargne, ont la capacité de prêter beaucoup plus que les fonds épargnés. Le taux de remboursement est estimé à 71%. La CECA espère étendre progressivement ses opérations à tout le territoire. Durant notre entretien avec les responsables de ce programme ils ont exclu le recours aux subventions et préfèrent continuer leurs activités à partir de leurs ressources propres.

L'APGA (Association pour la Promotion des Groupements Agricoles)

L'APGA s'est fixé comme objectif de redynamiser les activités en milieu rural, à travers un mécanisme d'Epargne-Crédit en vue de l'amélioration des conditions de vie des masses rurales. La zone d'activité est essentiellement la Préfecture de Kloto. Les premiers prêts ont été octroyés en Août 1994. L'association compte à ce jour 417 membres. L'en-cours de prêts au 30-06-97 est de 63,340 millions. Ce taux débiteur est de 18%. Le taux de recouvrement avoisine 96%. L'épargne moyenne par membre est de 15 500 FCFA. Le crédit accordé pour une durée maximale de 1 an est préalable à l'épargne et est garanti par la caution solidaire du groupe. La moyenne des prêts individuels est de 100 000 FCFA aux nouveaux membres et 200 000 aux anciens.

GRAIP (Groupe de Recherche et d'Appui pour la promotion des Initiatives Privées)

Le GRAIP est une unité dont les activités ont commencé seulement en Février 1995 ; mais force est de constater l'évolution très remarquable de ses activités dans les régions Maritime et des Plateaux. L'Association est présente aujourd'hui dans six (6) localités. Elle compte à ce jour 667 membres. L'encours de crédits accordés au taux de 15% au 30-06-97 s'est élevé à 19 millions. Les crédits sont accordés pour une durée variant de 3 mois à 1 an. Ils sont garantis par la caution morale des membres. Des garanties en nature sont toutefois acceptées. Le GRAIP s'est fixé comme préoccupation d'appuyer les activités socio-économiques par des micro financements. L'épargne y est volontaire. Le taux de recouvrement des crédits avoisine 93%.

Les institutions de crédit direct

SOCODEVI

Structure et principales activités

a) SOCODEVI est une ONG canadienne qui s'est implantée au Togo en 1989. L'ACDI est son principal bailleur de fonds. Comme la FUCEC, SOCODEVI a commencé ses opérations dans la région des plateaux et s'occupe à la fois d'épargne et de crédit. SOCODEVI ne limite pas ses opérations au milieu rural ; elle est très active dans les petites villes et les zones périurbaines.

b) Sur quatre points, cependant, des activités sont très différentes de celles de la FUCEC : SOCODEVI n'opère pas encore dans l'ensemble du pays. Notons cependant qu'après huit ans d'expérience dans la région des plateaux, SOCODEVI est en train d'étendre ses activités à des villes et villages de la Région Maritime où elle encadre quatre (04) mutuelles et de la Région Centrale où elle encadre une (1) mutuelle. Plus encore que la FUCEC, la SOCODEVI porte un intérêt particulier à la condition féminine. L'un de ses principaux objectifs est la promotion de la «femme entrepreneur». La SOCODEVI finance seulement des projets productifs (cultures vivrières; aviculture et petits ruminants ; commerce et artisanat ; transformation de produits agricoles). Bien que la SOCODEVI encourage le développement d'une épargne, elle ne lie pas l'octroi d'un crédit à la mobilisation préalable de cette épargne. SOCODEVI a démarré ses activités en créant la mutuelle ADZEDZI. Cette dernière est aujourd'hui totalement autonome. Après ADZEDZI, elle a créé d'autres mutuelles, notamment dans la région Maritime et des Plateaux. Nous parlerons donc de la mutuelle ADZEDZI, et ensuite des autres mutuelles.

La mutuelle ADZEDZI

a) Créée en 1993, la mutuelle ADZEDZI a pour objectif de mobiliser l'épargne des membres des groupements agricoles de la région des Plateaux. Il s'agit surtout de groupements féminins. A ce jour la mutuelle compte 105 groupements composés au total de 1200 femmes. Les crédits sont accordés aux groupements qui les redistribuent entre ses membres et, par conséquent, cautionnent de facto les crédits consentis aux bénéficiaires.

b) La mutuelle ne limite pas ses crédits à ses membres, Les «usagers» peuvent obtenir des prêts à condition qu'ils puissent offrir une caution. Les «sociétaires» ne doivent fournir une caution qu'à partir du deuxième prêt.

c) Le montant minimum des crédits est 100.000 FCFA dans le cas des sociétaires et 30.000 FCFA dans le cas des usagers. La durée des prêts ne dépasse pas 24 mois. Le taux d'intérêt est de 20%. Les épargnes sont rémunérées à 4% l'an.

Résultats obtenus

a) Le volume des crédits accordés par ADZEDZI évolue de façon considérable. A fin Juin 97, l'en-cours s'élevait à 114 millions de FCFA. Le rythme de l'expansion de la mutuelle est relativement rapide. Les prêts accordés en 1996 ont généré 25,462 millions, ce qui est très considérable. Dans les zones limitées dans lesquelles opère, les crédits accordés ont contribué à augmenter la production agricole des femmes et à diversifier leurs sources de revenus (activités non-agricoles). Le taux de remboursement des crédits atteint 96%. La mutuelle ADZEDZI est complètement déconnectée de SOCODEVI. Elle constitue à ce jour une entité à part.

Les mutuelles SOCODEVI de la région Maritime

Après la mutuelle ADZEDZI, SOCODEVI a promu quatre autres mutuelles dans la région maritime : Lomé, Kévé, Tsévié, et Vogan. Ces quatre (4) mutuelles qui n'ont commencé leurs activités qu'en Février 1996 comptent à ce jour 160 groupements regroupant 1700 femmes.

L'évolution de ces mutuelles est très encourageante. Les prêts en cours au 31 Août 97 ont atteint 168,4 millions contre 140 millions à fin Décembre 96. Ces prêts accordés à un taux de 20% servent essentiellement aux activités génératrices de revenus et au petit commerce des femmes. Les prêts sont quasiment remboursés à 100%. Les mutuelles disposent d'organes autonomes s'occupant de la gestion courante des affaires (Conseil d'administration, Comité de Crédit, Comité de surveillance). La moyenne des prêts aux nouveaux groupements est de 800 000. Plus de 75% des bénéficiaires se situent en deçà du seuil de pauvreté. Le taux de recouvrement des crédits est de 99%. A l'instar de ADZEDZI, la SOCODEVI envisage de se désengager très rapidement de la gestion de ces mutuelles afin de leur permettre d'avoir une totale autonomie.

SYNORSEC / NYILE

Structure et principales activités

a) Comme SOCODEVI, SYNORSEC est de création récente (1990). Cette ONG a été conçue sur le modèle de la Grameen Bank du Bangladesh. Elle s'inspire aussi des méthodes des tontines « Sodzozo » au Togo. Ses principaux bailleurs de fonds sont l'aide française (FAC/CFD) et le Projet d'Appui aux Initiatives de Base (PAIDEB). b) Il y a beaucoup de similitudes entre les activités de SOCODEVI et de SYNORSEC qui est classée dans la catégorie des institutions de crédit direct. Comme SOCODEVI, et comme la FUCEC, SYNORSEC a pour objectif de promouvoir à la fois la mobilisation d'une épargne et l'octroi de petits crédits, SYNORSEC ne finance que des projets productifs et ne lie pas l'octroi d'un crédit à la constitution préalable d'une épargne.

c) Le siège de SYNORSEC est à Lomé, cependant, à l'inverse de la FUCEC et de SOCODEVI, SYNORSEC concentre ses activités en milieu rural. Sa principale raison d'être est d'aider les villageois à créer une caisse rurale autonome d'épargne et le crédit.

d) La première entreprise de SYNORSEC a été la création de la caisse rurale de NYILE, dans la région des Plateaux en zone cotonnière. Cette localisation a beaucoup influencé la nature de ses projets et des techniques de financement. En effet on peut noter ce qui suit :

  • ses crédits ont servi à financer des activités agricoles : à la fois la culture du coton et la production vivrière. Les autres projets (commerce, autres activités productives et prêts sociaux) portent sur des montants négligeables.
  • la solidarité d'un groupe homogène de 5 membres spécialement constitué à cet effet est la principale garantie des crédits. C'est seulement si la performance des deux premiers emprunteurs est satisfaisante que les trois autres membres du groupe peuvent à leur tour emprunter.
  • NYILE s'appuie aussi sur la garantie des Groupements Agricoles Villageois (GAV) de la région. L'une des formules utilisées est d'obtenir la caution solidaire d'un GAV servant à éponger les dettes ainsi cautionnées.

SYNORSEC compte à ce jour 1484 membres dont près de la moitié sont des femmes. Les salariés et les membres de leur famille sont exclus.

e) Les taux d'intérêts des crédits est de 20%. La durée moyenne des prêts est environ 12 mois. Chaque année des plafonds de crédit sont fixés en fonction du volume des demandes et des ressources disponibles. Ces plafonds varient entre 20.000 et 90.000 FCFA.

Résultats obtenus

a) Près de la moitié des membres sont des femmes. A la fin du mois de Juin 1997, l'épargne des femmes et les crédits reçus par elles représentaient 46% de l'encours total.

b) Les encours des prêts du 30 Juin 97 s'élèvent à 28,85 millions. Les intérêts cumulés à la même date atteignent 7,2 millions. Le taux de recouvrement est de 99%. Tous les membres se situent pratiquent en dessous du seuil de pauvreté. (Revenir au début.)



H. Les ONG Polyvalentes qui Gerent un Volet Credit

GIPATO

a) En 1983 un projet du BIT, cofinancé par la Coopération Suisse, C.R.S.(Cathwel) et le PNUD, a encouragé la création d'un premier « Groupement Interprofessionnel des Artisans Togolais ». Le Groupement est basé à Lomé. Il a créé des « bases d'appui » dans chacune des cinq régions.

b) Le rôle d'une base d'appui est d'assister les artisans et de mettre à leur disposition des matériaux et équipements :

Le Groupement négocie avec les fournisseurs l'achat de matériaux qu'il revend aux bases d'appui. Il fait également des crédits directs aux artisans : soit des petits crédits (moins de 50.000 FCFA) remboursables en 2 mois pour le démarrage d'un chantier, soit des crédits plus importants (en moyenne 150.000 à 300.000 FCFA) et un peu plus longs (3 mois). Les crédits de la deuxième catégorie doivent être approuvés par un comité de quartier et garantis par un équipement.

c) L'exécution du projet a été compromise par un taux élevé d'impayés au niveau de l'antenne de Lomé. Le GIPATO a réorienté une partie de ses activités vers des opérations d'épargne-crédit.

d) Créé en 1985, le GIPATO de Sokodé rassemble environ 500 artisans d'une vingtaine de corps de métiers autour d'une base d'appui. Le Groupement exerce plusieurs fonctions : Il loue à ses membres des outils et des équipements. Il leur vend des matières premières et matériaux et forme des artisans. Il pré-finance des chantiers confiés à un corps de métier (30 millions de FCFA de commandes associatives en 1990). Le prêt est garanti par le bon de commande. Enfin, en 1989, le groupement crée une Caisse Mutuelle d'Epargne et de Crédit (CMEC) qui accorde des crédits aux membres ayant démontré leur capacité à épargner.

e) Le fonctionnement de la CMEC est basé sur les principes suivants : (i) constitution préalable d'une épargne pendant six mois ; (ii) crédits ne dépassant pas quatre fois le montant de l'épargne, jusqu'à concurrence d'1 million de FCFA (moyenne 50.000 FCFA) ; (iii) durée maximum de 18 mois (moyenne : 4 à 6 mois) ; (iv) taux d'intérêt de 1% par mois ; (v ) garantie du corps de métier pour les petits crédits ; caution d'un tiers pour des crédits plus importants.

f) Les financements extérieurs de GIPATO lui permettent de prêter un total maximum de 12 millions de FCFA. La Caisse Mutuelle a gagné la confiance des artisans. dès le début de la Caisse, l'épargne mobilisée a progressé rapidement : de 900.000 FCFA en 1989 à 2,6 millions en 1990. Le taux de remboursement est voisin de 100%.

CONGAT-ICB

a) C'est en 1987 qu'a été créé le « Conseil de gestion Africaine Togo/ Initiatives des Communautés de base », ONG nationale succédant au « Conseil des ONG en Activité au Togo » fondé en 1976. CONGAT intervient dans trois régions : Maritime, Plateaux et Savanes.

b) Les activités de CONGAT sont très diversifiées : habitat et matériaux de construction ; artisanat ; santé et assainissement ; infrastructures ; transformation de produits agricoles ; protection de l'environnement ; épargne-crédit, etc. Les projets concernent principalement les populations les plus démunies en milieu rural, urbain ou périurbain.

c) Dans le cadre de ses opérations, CONGAT a jugé nécessaire de mettre en place une structure d'épargne-crédit. Les prêts sont octroyés à des groupes de solidarité ou groupements de paysans pour redistribution à leurs membres en fonction de leurs besoins. Ces crédits financent : (i) des petits équipements (moulins ; presses à huile) ; (ii) des infrastructures privées (latrines de famille) ; (iii) des activités génératrices de revenus (transformation de produits agricoles ; commercialisation de produits locaux, etc.). A ce jour les membres atteignent 2475. Les crédits sont accordés à 18% l'an. Les encours des prêts au 30-06-97 s'élèvent à 38,900 millions dont 90% aux femmes. Le recouvrement est à 99%.

RAFIA / ILES DE LA PAIX

Structure et principales activités

a) En 1986, l'ONG belge «Iles de la paix» a lancé dans la Région des Savanes un projet de «greniers collectifs». Ce projet encourageait la constitution de groupements de greniers collectifs et organisait sur cette base un système d'épargne crédit en nature qui s'est progressivement transformé en mécanisme plus classique d'épargne-crédit en espèces. En 1991, l'ONG établi une Centrale d'Auto-promotion Paysanne (CAP) qui a créé une caisse populaire d'épargne et de crédit.

b) C'est en 1992, que l'ONG « Recherche Appui et Formation aux Initiatives d'Autodéveloppement » a été créée par le personnel d'Iles de la paix. RAFIA a repris les activités d'Iles de la paix, qui a continué de lui apporter un appui technique et logistique.

c) Basée à Dapaong, RAFIA opère dans la Régions des Savanes. Elles s'intéresse à la promotion d'initiatives de base dans les communautés rurales et urbaines de la région. En milieu rural, RAFIA donne la priorité à la structuration des communautés de base. Elle aide à identifier leurs priorités et à définir les solutions communautaires appropriées pour résoudre les problèmes posés. les initiatives qu'elle encourage sont très diverses. Elles comportent notamment: (I) la promotion de nouvelles techniques culturales, qui protègent l'environnement ; (ii) la mobilisation de moyens financiers provenant de l'agriculture pour acquérir les facteurs de production nécessaires à l'augmentation de la production ; (iii) la gestion d'un magasin central qui vend au comptant des intrants et loue du petit équipement agricole ; (iv) des projets économiques et sociaux (hydraulique villageoise; techniques agricoles) visant à alléger les travaux des femmes ; (v) la mise en place de petites infrastructures (écoles, marchés, ponceaux, retenues d'eau).

En milieu urbain, RAFIA appuie et conseille les petites unités économiques pour une exploitation des ressources locales selon les techniques à haute intensité de main d'oeuvre favorables à l'emploi. Elle s'intéresse notamment à la promotion d'activités génératrices de revenus pour les groupements de femmes et de jeunes. Aux communautés et aux PME locales, elle apporte des conseils en gestion et des systèmes d'information.

En milieu rural et urbain, «le volet crédit» des opérations de RAFIA encourage la création d'un système autogéré de mobilisation d'épargne et de crédit pour l'investissement.

d) La CAP opère par l'intermédiaire de groupements. Elle centralise et place dans les banques l'épargne de ces groupements. Ses crédits transitent par les groupements qui se chargent du recouvrement des créances.

e) Une épargne minimum en nature ou en espèces (35.000 FCFA pour les hommes ; 20.000 FCFA pour les femmes) est la condition préalable d'un crédit. Le crédit est plafonné : à 2 fois le montant de l'épargne pour les groupements masculins ; à 3 fois ce montant pour les groupements féminins. En outre, un groupement ne peut pas recevoir un volume de crédits dépassant 150.000 FCFA par an. Jusqu'à présent les crédits accordés ont financé : (i) des crédits de campagne pour les groupements paysans et (ii) le petit commerce pour les groupements féminins. L'épargne monétaire est rémunérée au taux de 6%. Le taux débiteur est 15% (avec bonifications pour bonne performance dans le services des crédits). L'encours des prêts au 30-06-97 s'élève à 23 millions dont 82 000 seulement d'impayés. Le projet compte actuellement 232 groupements de 15 membres chacun et 12 membres individuels. 73% des crédits ont octroyés aux femmes. Le taux de recouvrement est de 99%.

ATPH

a) Créée en 1991, l'Association Togolaise pour la promotion Humaine est une ONG d'appui aux organisations paysannes. Elles est basée à Kévé dans la Préfecture de l'Avé. Ses groupes cibles sont les groupements de paysans, de femmes et de jeunes au niveau des villages. L'ATPH guide et forme ces groupements sur une base participative. Elle encourage des activités génératrices de revenus (production vivrière ; petit élevage ; petit commerce), l'hydraulique villageoise et la production de l'environnement . Elle collabore avec d'autres organisations (ONG/services techniques.). b) En 1992 - 93, l'ATPH a commencé à s'intéresser aux opérations d'épargne et de crédit, surtout en faveur des groupes de femmes pour qui l'accès au crédit est un problème majeur. A la suite d'analyses et de missions de sensibilisation auprès de revendeuses, l'ATPH a encouragé la constitution de groupements et a mis en place un volet d'épargne-crédit.

c) L'octroi d'un crédit à un groupement est conditionné par la mobilisation d'une épargne. Néanmoins, le montant du crédit n'est pas directement lié au volume de cette épargne. Les groupements se chargent de la répartition du crédit entre leurs membres et du recouvrement des créances. Ils sont encouragés à développer leur épargne en vue de parvenir à l'autonomie financière. d) Deux groupements ont été constitués en 1992, cinq en 1993. A ce jour, l'ATPH anime une vingtaine de groupements qui regroupent plus de 300 femmes. L'ATPH souhaite intensifier ses activités et étendre ses interventions à d'autres régions du Togo.

CARE INTERNATIONAL

a) CARE-TOGO a commencé ses activités en 1986. L'institution opère dans toutes les régions du pays. Ses projets sont au service des communautés de base. Les fonds mis en place sont importants (son budget prévisionnel pour 1995 était 750 millions de FCFA).

b) CARE a une longue expérience dans le domaine du crédit, les agents de terrain sélectionnent les candidats compétents. La conception et la mise en oeuvre d'un plan d'action à court terme permet de tester leur sérieux. Les candidats et l'agent de terrain analysent ensuite la faisabilité du projet envisagé. Si le projet est retenu, CARE accorde le crédit. Le suivi de son exécution est la base d'une action de formation permanente. Une évaluation satisfaisante des résultats obtenus est la condition du financement d'éventuels projets ultérieurs.

c) Deux projets de CARE concernent plus spécialement les groupements et les entreprises féminins : IMPACT pour le crédit rural en région des Savanes et WAGES pour le crédit urbain à Lomé et dans la périphérie.

Le Projet IMPACT

Comme indiqué plus haut, le projet IMPACT été mis en place au profit de la population rurale féminine de la région des savanes du TOGO. Il s'est fixé comme objectif d'aider ses femmes à améliorer leurs conditions de vie, en exerçant de petites activités génératrices de revenus.

Le projet IMPACT compte à ce jour 1347 membres toutes des femmes. L'encours des prêts au 30-06-97 atteint 30.475.500. Aucun prêt n'est en retard. les prêts sont accordés à un taux de 19%. La moyenne des prêts aux nouveaux groupements est de 100 000 FCFA et de 448 000 CFA pour les anciens. L'objectif du projet est d'atteindre d'ici 5 ans 10 000 femmes regroupées en 500 associations en milieu rural. L'épargne au sein des groupements est obligatoire et se fait en nature et / ou en espèces.

Le Projet WAGES

A l'instar de IMPACT, le projet WAGES (Women and Associations for Growth Economic and Social) a été mis en place au profit des femmes et associations des femmes dans la région Maritime.

Le projet exclusivement réservé aux femmes compte à ce jour 5420 membres. Les crédits accordés à 18% l'an ont un encours de 231,46 millions à fin Juin 97. Le taux de recouvrement atteint 94%. Les intérêts collectés à la même date s'élèvent à 53,82 millions. Les crédits sont accordés aux individus à travers les associations et les groupes de solidarité. Cofinancé par l'ODA britannique, le projet WAGES assiste les associations de femmes et les tontines et encourage la constitution d'une épargne. Quatre mois d'épargne est la condition préalable d'un crédit dont le montant ne doit pas dépasser 4 ou 5 fois l'épargne mobilisée. La durée du crédit est limitée à 4 mois. C'est l'association qui est responsable du recouvrement des montants empruntés.

SOTOPRODER (Association Togolaise pour la Promotion du développement Rural)

L'Association Togolaise pour la Promotion du Développement Rural (SOTOPRODER) est une ONG créée en Septembre 1975. Elle a pour mission de promouvoir les initiatives de développement à la base, de manière à amener progressivement les populations à se prendre en charge elles-mêmes. Actuellement, une cinquantaine de projets allant des simples projets générateurs de revenus aux programmes de développement intégré en cours d'exécution sont pilotés ou suivi par la SOTOPRODER. Une place de choix est accordée aux activités d'épargne et de crédit, surtout à l'endroit des femmes en milieu rural. Ainsi, l'association encadre-t-elle actuellement 23 organisations paysannes (groupements) comptant en tout 318 personnes (dont 133 femmes). La moyenne des prêts aux nouveaux groupement est de 500 000 et de 3,3 millions pour les anciens. Le taux débiteur varie entre 10 et 15%. L'épargne est obligatoire. L'encours total des prêts atteint au 30-06-97 est estimé à 25,16 millions. Le taux de recouvrement se situe autour de 89%.

AGRI-CLUB

L'Association Agri-Club sa été initiée en 1996 et s'est fixée comme objectif de permettre aux personnes démunies d'avoir accès à de petits crédits et d'initier des activités d'autopromotion génératrices de revenus. Elle exerce actuellement dans la région maritime du pays. Le nombre de membres actuellement servis est de 155. Les crédits octroyés à un taux d'intérêt de 15,5% pour une durée variant entre 6 et 8 mois s'élèvent au 30-06-97 à 2.455.355. Le taux de recouvrement est de 74%. La moyenne des prêts varie entre 25.000 CFA et 150.000 CFA ; l'épargne est obligatoire pour les membres. (Revenir au début.)



I. L' Assistance a la Microfinance

Le micro-crédit constitue un besoin réel, aussi de nombreuses initiatives dans ce domaine ont pu se concrétiser avec l'appui des projets financés à travers la coopération internationale.

Le PNUD/TOGO: Stratégie

La stratégie du PNUD au Togo consiste à promouvoir une gestion efficiente des ressources dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, en adéquation avec la politique du gouvernement qui a élaboré un document sur la Stratégie Nationale de Lutte contre la Pauvreté (SNLP). Le PNUD/ Togo est sollicité dans le cadre des projets et fonds d'assistance aux initiatives de base, et les objectifs poursuivis par cette forme d'intervention se cristallisent autour :

- des appuis financiers, matériels et technique à apporter aux populations à la base; - du renforcement des capacités des organisations locales par l'éducation et la formation;

- du soutien à la création d'emploi à travers des activités génératrices de revenus;

- de la promotion d'un développement local participatif et auto-indépendant.

Programmes en cours

Au cours de cette étude sur les projets du PNUD, il ne nous a pas été possible de faire une analyse aussi détaillée et aussi rigoureuse que celle menée au niveau des autres institutions. L'explication provient du fait que le même type d'information (nombre de clients, moyenne des prêts, taux de recouvrement), n'était pas immédiatement disponible. Si le PNUD/Togo doit jouer un rôle dans le domaine de la microfinance au Togo, alors il devra s'investir dans la formation de ses agents en profitant des opportunités souvent offertes par le Bureau Régional pour l'Afrique (RBA). Des fonds sont disponibles pour ce genre de formation.

Parmi les projets initiés par le PNUD au TOGO dans le cadre du programme global de lutte contre la pauvreté, on peut citer:

Projet SOGVERS

Le Projet de Soutien aux Groupements Villageois de la Région Est Savane (SOGVERS TOG/90/006 qui a effectivement démarré en Septembre 1993 avec comme objectifs immédiats, la création et le soutien de groupements coopératifs et le développement de l'agriculture à travers l'amélioration de l'hydraulique villageoise. Les résultats escomptés en fin de projet c'est d'avoir 157 groupements villageois et 5 coopératives d'épargne et de crédit gérés par et pour les membres, ces coopératives seront économiquement viables et à même de poursuivre l'effort de développement engagé par le projet. Lors d'une évaluation conduite en Novembre 1996, il a été noté que plusieurs activités ont été réalisées avec satisfaction notamment au niveau de l'alphabétisation qui compte à ce jour 27 centres villageois avec 241 neo-alphabètes. En dehors des 93 groupements de base à caractère économique, 15 groupements villageois sur 16 prévus pour la campagne se sont constitués. Les banques de céréales se multiplient avec l'essor des 5 COOPEC et 6 clubs d'épargne qui mobilisent à ce jour plus de 103 millions CFA.

Programme National de Petit Elevage

Le Programme National de Petit Elevage (TOG/89/003): Ce projet initié en 1989 couvre tout le territoire togolais et a été doté d'un financement de 2 millions de dollars. La fin du projet était prévu pour 1997 mais une prolongation d'un an a été accordée pour l'évaluation.

Le projet multisectoriel de lutte contre la pauvreté(VNU)

Ce projet a été initié et financé par le PNUD/ Togo et son objectif immédiat est de renforcer la capacité des populations à la base, à gérer leurs programmes, accordant des priorités de développement national et donner un support efficace aux activités de développement par auto-assistance notamment celles menées par l'établissement de projet générateurs de revenus et de services communautaires conçus sur le principe de la participation populaire. Le projet couvre la région Maritime à travers les localités suivantes : Aklakou, Kouvé, Adangbé, Anyron, Kévé et Zogbépimé Les activités conduites se présentent comme suit: activités génératrices de revenus et de services communautaires, agriculture et élevage, pisciculture, poterie, batik et teinture, commercialisation des céréales, transformation du manioc, préparation d'huiles (arachide, coco, palme, palmiste), fabrication de savon, apiculture, théâtre. Les résultats attendus étaient d'avoir au moins 200 groupements d'autopromotion et d'auto-emploi viabilisés. Les résultats atteints sont 124 groupements qui ont été touchés pour un effectif total de 1658 membres comprenant 752 femmes et 906 jeunes. Il y a eu une nette amélioration des revenus de tous les groupements en particulier pour :

Le groupement des femmes boulangères d'Aklakou. Le revenu mensuel est passé de 2.000F à 15.000F en 1995. Groupement « MOKPOKPO » de Kouvé d'un revenu annuel de 1.000.000 FCFA a fait un revenu de 5.833.600 FCFA ; Le groupement de commercialisation de haricot de Kouvé qui a un revenu annuel de 240 .000.

Les groupements touchés dans les 5 régions économiques s'élèvent à 356 groupements structurés et menant des activités génératrices de revenus. 2.160 femmes et 2.340 jeunes ont effectivement bénéficié de l'assistance du projet à travers les 23 A/DDS (Développement de Services Domestiques).

Guichet microfinance BOAD/FENU/PNUD

Le Projet Guichet microfinance a pour objet de contribuer à la création et au développement d'un système de refinancement et de garantie en microfinance en Afrique de l'Ouest. L'objectif majeur est de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des populations en Afrique de l'Ouest à travers la promotion de la microfinance visant notamment l'offre de produits d'épargne et de crédit adaptés aux besoins des micros et petits entrepreneurs/producteurs. Le Guichet vise à encourager le développement d'une intermédiation financière locale, par l'offre de facilités de refinancement/garantie et un appui technique adapté pour des projets ou composantes microfinance de projets de développement dans la sous-région. Les objectifs immédiats du projet sont: (i) créer une capacité commune régionale de développement de microfinance pour les projets des agences du système des Nations Unies ; (ii) aider à l'indépendance et à la pérennisation des intermédiaires financiers non-bancaires (IFNB) en favorisant les relations entre les banques commerciales locales et les IFNB ; (iii) aider à l'implantation d'opérateurs professionnels dans les zones où interviennent les agences des Nations Unies, tout en favorisant la diversification des services offerts en vue de satisfaire les besoins des micro et petites entreprises.

La zone géographique du Projet est l'Afrique de l'Ouest. Le Projet sera exécuté dans le strict respect de la réglementation bancaire. Tout partenaire de coopération désirant s'associer au Projet devra, pour son intervention couvrir géographiquement des pays de l'Afrique de l'ouest en y incluant au moins un pays de l'UEMOA. Dans son principe de base, le guichet procédera de prime abord par l'identification des projets existants de microfinance et de développement ayant une composante accessoire de microfinance à renforcer. Ces projets (dont le recensement est en cours) sont issus des agences des Nations Unies. Un choix sera fait pour constituer un pipeline initial d'activités pour le Guichet dès son implantation. Ensuite, sur la base des projets ainsi identifiés, une première sélection d'intermédiaires non bancaires (INB) et de banques locales, susceptibles de coopérer avec le Guichet, sera faite. Ainsi, le projet dès le départ constitue un réseau limité mais dont les intervenants sont connus et choisis suivant l'expérience réelle du terrain. Ce noyau de base devra se constituer progressivement à la lumière des résultats qui seront enregistrés. Une assistance technique pourrait être apportée au besoin aux INB et banques locales dans la réalisation de leurs opération.

La coopération Internationale

La microfinance au Togo a pris naissance à travers la coopération internationale car les premières activités menées dans ce domaine, notamment au niveau de la FUCEC ont dès le début bénéficié de l'appui des ONG et des bailleurs de fonds. Ce soutient a jusqu'à présent permis un réel développement de ce secteur:

La coopération Belge

La Belgique a financé un nombre important de projets au TOGO dans divers domaines et notamment dans le secteur de la micro-finance. On peut citer le projet RAFIA qui a démarré en 1992 avec l'ONG Iles de Paix concerne le micro-crédit et il a été cofinancé avec le PNUD, pour une contribution belge de 43.605.000 FCFA. Initialement conçu dans le cadre de la lutte contre la famine avec la mise en place des greniers collectifs, ce projet s'est par la suite orienté vers le crédit et épargne avec la mise en place de l'Union des Groupements des Centrales d'Autopromotion Stratégiques (CAP). Le projet actuellement opère dans la région des Savanes et octroie des crédits à quelques 4800 personnes dont 73% de femmes.

Banque Mondiale La Banque Mondiale a initié certaines actions dans le domaine de la microfinance, notamment à travers des programmes existants tels que la mutuelle Tibi encadrée par la SOCODEVI. Il faut aussi noter l'appui à la Cellule de Coordination des Institutions de microcrédit (CASIMEC), basée au Ministère des Finances, l'appui au réseau ALAFIA ( regroupant des structures du Bénin et du Togo), l'appui au Comité National de Concertation pour déterminer un réseau national d'appui à la microfinance au Togo. La Banque Mondiale est également en train de conduire une étude au Togo sur les flux financiers évoluant dans le secteur de la microfinance. Le rapport définitif de cette étude sera disponible en Décembre 1997.

La coopération canadienne

A travers l'ACDI, le Canada a financé un projet d'appui au micro-crédit, il s'agit de la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI). Le programme de SOCODEVI a démarré en 1987 avec la Mutuelle ADZEDZI (qui dispose de 105 groupements représentant 1200 membres dans la zone de Kpalimé) par la mise en place d'un fonds de crédit et en assurant l'encadrement du programme jusqu'à son institutionnalisation en tant que mutuelle en 13 Novembre 1993. Ensuite le relais a été pris par d'autres partenaires, ainsi la SOCODEVI dispose au total de 5 projets dans les régions Maritime, Centrale et Plateaux, et elle leur apporte un appui pour la formation des comités locaux en vue de l'adhésion des membres et progressivement procède à l'ouverture des succursales. Chaque structure a ses propres organes, la gestion est faite par les femmes membres des groupements. Le personnel comprend deux agents d'appui pour 4 groupements et l'autonomie financière des mutuelles est prévue pour l'an 2004. Le projet de la zone maritime est financé par la Caisse Française de Développement, tandis que celui de Sokode a été réalisé sur fonds propres de SOCODEVI avec un appui de la Banque Mondiale pour le fonds de crédit. Coopération Française

Elle s'est traduite par le financement de programmes à travers SOCODEVI pour son programme dans la région Maritime, mais également à travers d'autres projets.

L'Union Européenne

Dans le cadre de la Coopération de l'Union Européenne avec le Togo, plusieurs micro réalisation ont été soit entièrement financées, soit en cours ou projetés dans le futur. Le secteur de la finance et de la microfinance n'a également pas été écarté. En Décembre 1994, l'Union Européenne par l'entremise de la BOAD a installé le fonds GARI (Fonds de Garantie pour le financement des investissements privés en Afrique) pour un montant total de 3.800.00 ECU. Le financement accordé par la Commission Européenne est un apport sous forme de quasi-capital au Fonds de Garantie des investissements à moyen et long terme en faveur des entreprises et investisseurs privés de la CEDEAO, notamment ceux des secteurs industriel, agro-industriel, agricole, piscicole, minier, touristique et hôtelier. Seuls sont éligibles les crédits de garantie d'un montant minimum de 100 millions FCFA. Le taux maximum de couverture de la garantie (dont la durée maximum ne peut dépasser dix ans) a été fixé à 50% du montant du crédit, de façon à ce que les banques supportent également une partie du risque de crédit.

La Commission exerce la fonction de Censeur (au même titre que le FENU) au sein du Conseil d'Administration, qui comprend notamment des représentants de la BOAD, de la BEI, de la CFD, de la Coopération Allemande, et de banques privées ouest-africaines. La Commission a actuellement un projet d'ouverture de ligne de crédit et d'assistance en formation à l'intention des populations a revenu faible des régions de la Kara et de la Savane. Le Fonds d'un montant total d'environ 80.000.000 FCFA sera géré par FUCEC qui dispose déjà des antennes fonctionnelles au niveau des 2 régions.

Projet de la BOAD/PUFS

Le Projet d'Utilisation du Fonds Suisse (PUFS) appuie des opérations de développement à la base et comporte en général deux grandes catégories de composante : (i) composantes à caractère social et activité non rentables et (ii) les activités génératrices de revenus et d'emplois (AGR/E) ou activités rentables. Les composantes à caractère social sont par exemple la santé, l'éducation, l'alimentation en eau potable de populations. Les activités non rentables (ou à rentabilité diffuse ou éloignée) sont par exemple : l'animation-sensibilisation, l'information, la communication, la formation. Ces activités sont indispensables pour accompagner tout processus d'auto-promotion et de responsabilisation des Organisations de Base (OB). Elles contribuent notamment à l'amélioration qualitative des conditions de vie des populations et/ou assurent le transfert de compétences des Organisations d'Appui (OA) vers les OB permettant à ces dernières de choisir librement le type d'appui et d'appuyeur dont elles ont besoin pour franchir un pas supplémentaire vers leur autonomisation. Le coût moyen d'une opération dépend cependant de nombreux facteurs parmi lesquels les besoins exprimés par les OB et leurs capacités de gestion. Les opérations soumises au PUFS doivent correspondre à un intérêt économique pouvant apporter une contribution à l'auto-promotion des OB.

Les composantes à caractères social et les activités non rentables seront financées sous forme de subventions par le PUFS. il est recommandé cependant que les OB amortissent cette subvention sous une forme appropriée leur permettant de constituer ou d'alimenter un fonds autogéré de formation et de développement social.

Les AGR/E seront financées sous forme de crédit à des conditions douces (inférieures aux conditions de marché). Compte tenu du volume relativement limité du volet crédit par OB appuyée, le PUFS exige les prestations d'un Intermédiaire Financier (IF) de proximité (proche des utilisateurs) qui accepte de prendre le risque de l'opération et d'être responsable du remboursement du crédit au PUFS. Dans ces conditions, une négociation tripartite PUFS/OB/ IF est engagée pour fixer la marge de taux d'intérêt que l'IF prend pour couvrir ses risques. Cette marge est répercutée sur le taux d'intérêt de rétrocession du crédit aux OB. L'IF est en général un système de financement décentralisé (caisses mutuelles d'épargne et de crédit, ONG d'affaires, etc.). Le financement du PUFS comprendra à titre indicatif un tiers (1/3) de subventions pour deux tiers (2/3) de crédit. Cette proportion est modulable en fonction des capacités des OB. L'expérience des ONG de micro-crédit

Nous avons pris contact directement avec 13 organisations intervenant dans le micro crédit à travers les systèmes de financement décentralisé (SFD) et selon les réponses tirées des entretiens et des questionnaires, une trentaine d'ONG et de structures ayant des activités de micro-finance opèrent au Togo. Le questionnaire préparé par l'équipe des consultants et envoyé aux ONG comprend les sections suivantes :

- l'identification; - les activités de crédit et épargne;

- les services non financiers offerts;

- les sources de financement;

- la zone géographique couverte;

- le niveau de l'en-cours;

- et les indicateurs de performance.

Au total vingt (20) organisations ont répondu à nos questionnaires et l'exploitation des résultats a permis de retenir treize (13) institutions qui sont les plus représentatives et les plus performantes en termes de nombre de clients servis, taux de recouvrement des prêts et importance de la zone géographique couverte. La première partie de l'exploitation des résultats résume les caractéristiques générales aux organisations de micro-finance au Togo, tandis que la seconde partie présente une analyse détaillée par catégorie de ces organisations.

A part le réseau de la FUCEC qui existe depuis plus de 25 ans, la majorité des institutions de micro-finance au TOGO ont commencé leurs activités au début des années 90. Des résultats des enquêtes montrent que 90 % des organisations de micro-finance ont commencé leurs activités entre 1991 et 1995 soit une période d'activités en moyenne de 3,5 ans. Elles ont distribué près de 4 milliards de FCFA à plus de 70.000 demandeurs au cours des trois dernières années (la FUCEC à elle seule compte environ 47.000 membres).