Microfinance Newsletter Image of women working UNCDF logo 2005: Year of Microcredit
colorful bar

LE FONDS D'EQUIPEMENT DES NATIONS-UNIES    Microfinance

Numéro 13 / Juin 2005

     

Numéros précédents

International Year of Microcredit 2005


Les spécialistes et les émissaires s'accordent pour discuter des innovations, des défis et de l'avenir :

L'Année Internationale du Microcrédit et la conférence sur la Microfinance de l'Université de Georgetown

Par Marie-Hélène Kennedy-Payen et Paul W. Neville, candidats à une maîtrise, École du Service des Affaires Étrangères de l'Université de Georgetown


La Princesse Mathilde de Belgique

Afin de commémorer l'Année Internationale du Microcrédit des Nations Unies, des étudiants de l'Université de Georgetown ont organisé la " Conférence sur la microfinance " le 22 avril 2005, parrainée par l' École de Commerce McDonough de l'Université de Georgetown, par Net Impact, l'Association de Développement de la Micro entreprise et par le Fonds d'Équipement des Nations Unies (FENU). Plusieurs intervenants de marque, dont son Altesse Royale la Princesse Mathilde de Belgique, qui est l'un des émissaires de l'Année, et deux groupes de spécialistes ont passé en revue les questions actuelles et futures auxquelles le monde de la microfinance est confronté. Plus de 200 facultés, professionnels et étudiants ont assisté à cet événement.

L'avenir de la microfinance

Après l'accueil de Garance Genicot, Professeur Assistant d'économie, et de Leslie Payne, étudiante à l'École de Commerce McDonough et organisatrice de l'événement, Elizabeth Littlefield, PDG du Groupe Consultatif d'aide aux pauvres (CGAP), a parlé de l'avenir de la microfinance. Elle a affirmé que bien que la microfinance soit en passe de devenir le principal courant financier dans plus de 130 pays, la grande majorité des populations pauvres à travers le monde n'a pas été atteinte.

D'après Littlefield, plusieurs défis concernent l'avenir de la microfinance : améliorer l'efficacité et la capacité des institutions, atteindre des clients dans des zones peu peuplées, toucher les clients les plus pauvres et trouver les moyens d'attirer les investisseurs nationaux. À son avis, le défi majeur est l'utilisation de technologies qui réduiront le coût des transactions afin que les acteurs commerciaux soient incités à s'impliquer.

Mme Littlefield a présenté plusieurs prévisions pour l'avenir de la microfinance. Les pays à revenus moyens, centrés principalement sur les technologies, prendront un chemin tout autre que celui des pays pauvres qui resteront dépendants des ONG et des subventions. Les technologies et l'amélioration des infrastructures permettront une augmentation rapide des système de points de services. Les banques nationales seront les principaux fournisseurs des services de microfinance. Les revenus seront tirés des frais sur les transactions bancaires plutôt que des intérêts des dépôts. Les institutions de microfinance seront grandement consolidées grâce à des fusions, des partenariats bancaires et des réductions du nombre d'institutions non viables. Les financements internationaux seront plus difficiles à trouver car les institutions de microfinance se concentreront plus sur l'épargne et le financement national. Enfin, les donateurs se tourneront plus vers des marchés présentant des risques élevés tels que les clients ruraux et les très démunis.

Les défis du secteur

Le premier groupe, " Les défis du secteur ", a été présidé par Tom Easton, Chef du bureau de New York de The Economist. Le groupe se composait de quatre professionnels de la microfinance : Asli Demirguc, Directeur de Recherche et Conseiller à la Banque Mondiale, Gil Crawford, Directeur Général, Warburg Pincus, Lawrence Yanovitch, Directeur de la politique et de l'assistance technique chez FINCA International et Charles Riemenschneider, Directeur du Bureau de Liaison d'Amérique du Nord de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture.

Asli Demirguc a abordé le sujet du point de vue du manque de données, soulignant les difficultés de mesurer l'efficacité du secteur des services financiers à atteindre les foyers des micro-entrepreneurs. " Ces données serviraient à la fois au secteur public et au secteur privé ", a-t-elle expliqué, les informant sur qui avait accès aux services financiers et indiquant donc dans quelle mesure les services financiers de base sont offerts à un large ensemble de ménages, micro-entreprises et petites entreprises. L'importance d'une offre de services financiers pour une large population est double. Premièrement : cela garantirait l'égalité et des opportunités de croissance car il a été montré qu'une baisse des inégalités de revenus était liée à une accélération de la croissance ; deuxièmement, cela offrirait une plus grande possibilité pour élaborer un soutien politique aux réformes du secteur financier. Demirguc a expliqué que la Banque Mondiale s'était consacrée à la collecte des données en provenance de deux sources principales : les institutions financières et les régulateurs, ce qui permettra d'avoir une vision d'échelle; et à partir de sondages auprès des ménages, ce qui offrira un meilleur aperçu des personnes qui ont ou qui n'ont pas accès aux services financiers.

Le second invité, Gil Crawford, a passé en revue les défis de la microfinance du point de vue des investisseurs et a commenté les défis pour les personnes qui essayent de travailler dans le secteur de la microfinance. Il a mis l'accent sur la demande de devises locales pour financer les institutions de microfinance et a expliqué qu'il y avait une grande d'inadéquation entre actif et passif en provenance des financements internationaux. Cela a eu pour résultat des coûts extrêmement élevés pour les institutions de microfinance. De plus, Crawford a insisté sur les obstacles possibles du contexte juridique et des structures des pays bénéficiaires. Il a conclu en déclarant que le secteur, bien qu'étant nouveau, était relativement élaboré.

Le troisième invité, Lawrence Yanovitch, s'est axé sur les défis à venir. De par sa propre expérience de travail avec le gouvernement afghan, M. Yanovitch a posé trois questions. La première était : " Est-ce que les pauvres peuvent négocier en banque ? " Il a conclu en déclarant : " Je crois que non seulement on peut négocier en banque avec des pauvres mais également avec les sans ressources ". La deuxième question était : " Est-ce que les activités des pauvres apportent une valeur ajoutée à l'économie ? ". Il y a répondu apportant des preuves empiriques montrant que les clients de la microfinance génèreraient des marges de l'ordre de 50 à 100 %. La dernière question était : " Pourquoi les ONG ont-elles un rôle dominant dans la microfinance et pourquoi les banques commerciales ne s'impliquent-elles pas plus rapidement dans la microfinance ? ". Celle-ci était liée au fait que l'encouragement des banques est basé sur des retours au profit des actionnaires alors que ceux des ONG sont centrés sur le double objectif du travail social de proximité et de la performance financière. Dans certains pays où le gouvernement était convaincu de la valeur primordiale du secteur de la microfinance, des lois ont été votées afin de permettre aux organisations de microfinance d'accepter des dépôts immédiats et de devenir des institutions financières réglementées placées sous un régime de contrôle spécialisé. M. Yanovitch a également insisté sur l'importance des institutions financières non bancaires qui mêleraient objectifs sociaux et financiers et ouvriraient la voie aux banques commerciales vers le secteur de la microfinance.

Charles Riemenschneider s'est centré sur les défis de la microfinance dans les secteurs de la ruralité et de l'agriculture. Il a remarqué que " l'agriculture est désavantagée en matière de prêt traditionnel relevant du microcrédit du fait que le renouvellement des capitaux y est relativement lent ". Il a aussi fait remarquer le manque de coordination lié aux problèmes des données mentionnés par les intervenants précédents. Il a eu l'impression que malgré les progrès rendus possibles par le microcrédit pour les pauvres en milieu urbain, la microfinance n'avait pas été aussi efficace pour satisfaire aux besoins des populations rurales. De plus, les risques systémiques particuliers au secteur agricole tels que la sêcheresse, les maladies des plantes et/ou des animaux, ne sont pas pris en compte par les institutions de microfinance. M. Riemenschneider a conclu en demandant si les institutions de microfinance, au fur et à mesure qu'elles augmentent leur base de ressources, leurs réseaux de gestion et leur organisation, continuaient toujours à assurer des services à la clientèle qu'elles visaient. M. Riemenschneider a lancé un appel en faveur d'une approche holistique de la diversification des produits et des services mais a répété que la clé du succès était le maintien d'une relation privilégiée avec le client.

Innovations en matière de microfinance

Le deuxième groupe, intitulé " Les innovations en matière de microfinance " a été présidé par Rhonda Schaffer du Fonds d'Équipement des Nations Unies. Robert Annibale, Directeur International du Groupe de Microfinance de Citigroup, a expliqué les raisons de la participation inhabituelle de Citigroup à la microfinance : " Citigroup a créé un groupe de microfinance qui est un groupe économique qui travaille en partenariat avec des spécialistes de la microfinance ", a-t-il expliqué. " Cela permet à Citigroup d'acquérir des connaissances sur le développement et l'offre de produits aux pauvres. Nous réalisons que nous ne nous sommes jamais centrés sur ce groupe de personnes auparavant ". M. Annibale a souligné qu'il s'agissait d'une phase d'apprentissage par laquelle les banques commerciales doivent passer. " Les rendements et pertes sur crédit en microfinance sont comparables à ceux de nos autres portefeuilles ".

D'autres discussions sur les innovations se sont centrées sur l'étendue ; on a pu relever que la microfinance devait atteindre les segments de population les moins desservis et les plus importants en nombre qui n'ont pas accès aux services bancaires.

Steven Bernstein, Conseiller en chef au Service Américain du Bureau des Affaires Internationales du Trésor et Directeur de l'initiative en faveur des marchés africains de la Maison Blanche, a parlé de la relation entre le logement et le microcrédit. Il a également partagé certaines des leçons tirées de son expérience personnelle. " Le gouvernement américain s'intéresse au financement du logement car il s'agit d'une question de stabilité ", a déclaré Bernstein. " C'est un bon outil de développement économique pour approfondir les marchés des capitaux et renforcer la classe moyenne, agissant ainsi pour la promotion de la démocratie ". Ayant travaillé dans les domaines touchés par des catastrophes naturelles, Bernstein a noté l'efficacité en matière d'incitation des personnes à rembourser leurs prêts, ce qui est également appelé un système de service agressif. Cependant, il a appris que le système n'était pas viable lorsque les prêts étaient accordés par des donateurs. L'innovation pourrait donc provenir des institutions de microfinance, comme cela est le cas au Nigeria où le logement n'a pas été financé par des donateurs et montre donc qu'il est possible d'utiliser la gestion du risque de crédit.

Micheal Eber, Responsable du programme de la Fondation Grameen USA, a observé les innovations de la microfinance d'un point de vue des technologies. Il a insisté sur le fait que " l'offre de microcrédit doit se faire de façon de plus en plus efficace ". L'accent doit donc être mis sur la réduction de la " fracture numérique " dans les pays en voie de développement. Cela implique des moyens de communication plus rapides et plus efficaces dans le but de créer des places de marchés virtuelles même dans les pays les plus pauvres. Ces progrès en matière de technologies de l'information réduiraient les coûts même dans les zones les plus rurales.

Le dernier intervenant, Ivan Mancillas, Directeur des Ressources Humaines de Financiera Compartamos, a donné un aperçu de l'importance du talent humain. Il a insisté sur le fait que du temps devait être consacré à la formation du personnel.

L'Année Internationale du Microcrédit

Son Altesse Royale la Princesse Mathilde de Belgique, émissaire de l'Année Internationale du Microcrédit, a prononcé le discours-programme de la conférence. Elle l'a centré sur ses voyages en Chine, en Inde et au Népal où elle a rencontré de nombreux clients de la microfinance, surtout des femmes. Elle a déclaré que l'importance sociale de la microfinance consistait à accorder plus de crédibilité aux pauvres. Le microcrédit leur donne un pouvoir et les protège des prêteurs sur gage peu scrupuleux. La microfinance peut également être considérée comme un outil pour offrir aux pauvres une chance de prendre part entièrement à la vie économique. Enfin, Son Altesse Royale a souligné l'importance d'une innovation continue et a mis l'accent sur l'importance des technologies de l'information dans l'offre de services financiers nouveaux et efficaces à destination des pauvres et de leurs besoins en constante évolution. Elle a souligné l'importance d'éduquer les pauvres et est restée convaincue qu'un enseignement de qualité était la clé de l'avenir.


Microfinance - Où en sommes-nous aujourd'hui ?

Et vers quoi nous dirigeons-nous ?

Par Elizabeth Littlefield, PDG du CGAP et Directrice de la Banque Mondiale*

Tous ceux d'entre nous qui sont impliqués dans la microfinance savent qu'il n'est ni juste ni économiquement possible pour les systèmes financiers dans les pays pauvres de n'offrir leurs services qu'à une petite partie de la population en excluant la grande majorité. Nous ne sommes plus les seuls. Partout dans les pays développés les gens réalisent que les plus démunis ont besoin, et paieront, pour un grand choix d'options, de solutions et de services financiers, tout comme les riches. Ils réalisent que les pauvres représentent un vaste marché inexploité. Par conséquent, nous assistons au développement de services financiers destinés aux pauvres qui deviennent le principal courant financier dans la plupart des pays pauvres.

Nous avons depuis longtemps dépassé le terme de microcrédit. Aujourd'hui, le terme de microfinance ne couvre même pas toute la variété et l'étendue de ce qui se passe dans le monde de la finance destinée aux pauvres. Ce qui était auparavant une sous-culture nette, bien ordonnée, englobe aujourd'hui un éventail vertigineux d'organisations et de services de distribution, tous entrelacés de plus en plus avec le reste du secteur financier. Tout autour de nous, nous assistons à des expériences et à l'apparition de nouveaux venus dans le domaine. Le résultat est une explosion de diversité : diversité des canaux de distribution, des services, des sources de financement et, bien sûr, des clients.

La panoplie des institutions comprend de nouvelles ONG, des institutions financières non bancaires, des coopératives, des banques commerciales, des banques postales, des monts-de-piété et des magasins de détail offrant un " cash back " (pourcentage sur achats), tous apprenant les uns des autres, formant des partenariats, fusionnant. Au même moment, comme une communauté qui se développe, elles travaillent sur des produits et services financiers encore plus variés : services de dépôts, lignes de crédit et emprunts à terme, assurance vie et sur les récoltes, transferts d'argent. Et notre objectif est de servir une clientèle extraordinairement diversifiée, une grande partie de la population mondiale, les micro-entreprises urbaines, les agriculteurs, les ménages ruraux, les très pauvres et les presque pauvres. Nous constatons aussi un élargissement des sources de capitaux : des donateurs, des institutions financières internationales, des capitaux privés et, le plus important, des banques nationales et des marchés des capitaux. Et nous travaillons dans presque tous les pays en voie de développement du monde.

Notre objectif est de créer un monde dans lequel une grande variété d'institutions bien établies jouent des coudes et se font concurrence pour s'occuper des affaires des pauvres en innovant et en améliorant leurs services pour les fidéliser. Nous avons placé la barre haute et notre mission est ambitieuse. Elle nécessite passion et responsabilité, agilité et humilité, et nous devons laisser notre ego derrière nous. Mais tout cela est déjà en marche. Et à grande vitesse.

Observons maintenant les preuves de cette intégration suivant trois points de vue : les institutions, les sources de financement et l'infrastructure du marché.

Des institutions de plus en plus variées

Tout d'abord, les véhicules de distribution : les institutions financières. Les points d'accès pour que les pauvres puissent obtenir des services financiers explosent suivant trois schémas :

  • les principales institutions de microfinance basées sur le social augmentent proportionnellement,
  • les banques et les autres institutions commerciales utilisent leurs succursales pour atteindre les personnes, et
  • les partenariats entre les institutions de microfinance tournées vers le social et les banques sont établis de façon à avoir un effet de levier sur les avantages comparatifs les unes des autres.

C'est comme si le secteur commercial ralentissait et que le secteur de la microfinance accélérait pour que les deux se rejoignent en un point intermédiaire.

Les principales institutions de microfinance orientées vers le social se développent et se professionnalisent, devenant plus transparentes et rentables. Certaines obtiennent des licences pour accepter des dépôts. Des centaines d'entre elles ont de bons indices de crédit chaque année. Plusieurs s'attaquent aux marchés des capitaux nationaux. Pensez à des institutions comme Caja Los Andes et Bancosol. Fitch, une agence de notation dominante, leur a récemment attribué une notation plus élevée que la plupart des banques nationales boliviennes. De la même manière, Compartamos au Mexique, qui a entamé son activité en 1991 en tant que petite ONG, est devenue une institution financière indépendante et réglementée en 2001 et est aujourd'hui une banque rentable qui s'est attaqué deux fois aux marchés en émettant des obligations en monnaie locale.

Les institutions de microfinance testent les nouvelles technologies pour élargir leurs services, être compétitives et réduire les coûts. Pride Tanzania introduit actuellement la biométrie dans ses systèmes de données sur le crédit. Certaines institutions de microfinance rejoignent les réseaux internationaux de distributeurs automtiques, alors que d'autres, comme Prodem en Bolivie, ont élaboré leurs propres distributeurs automatiques à bas prix et fonctionnalité limitée avec reconnaissance par l'image ou la voix pour les clients ruraux analphabètes. Au Sénégal, au Brésil et en Afrique du Sud, des expériences prometteuses sont en cours avec des cartes intelligentes et des machines sans fil de point de service qui permettent de monter un magasin en zone rurale, une station essence ou un kiosque faisant office de succursale bancaire. En Zambie, les institutions de microfinance testent les services de banque par téléphone mobile pour les villages éloignés. C'est ainsi que les principales institutions de microfinance sont prêtes à exploser dans les points d'accès, et pas seulement sous forme de succursales en briques et mortier mais aussi sous une forme virtuelle.

Au même moment, des douzaines de banques de détail purement commerciales dans des lieux aussi vastes que l'Inde, l'Afrique du Sud, le Brésil ou l'Égypte commencent à utiliser leur réseau de filiales existant pour s'attaquer au bas du marché et attirer une clientèle à faibles revenus. Quatre facteurs conduisent à cela : la concurrence pousse les banques vers de nouveaux marchés ; les taux de remboursement excellents de la microfinance ont montré que c'était une offre attractive ; les banques cherchent à absorber plus à travers leur réseau ; et enfin, l'arrivée de nouvelles technologies qui promettent de réduire le coût des petites transactions. Pour toutes ces raisons, les banques commerciales voient maintenant les pauvres comme étant un marché viable et même attractif. Le pouvoir de développer la microfinance sur des réseaux existants si vastes sans avoir à développer chaque succursale, peut rapprocher des millions et des millions de pauvres du secteur de la microfinance à une vitesse époustouflante.

Au CGAP, nous avons identifié plus de 200 banques nationales de détail ou de société de crédit à la consommation qui s'engagent dans la microfinance. La Banque du Caire en Égypte, Unico au Brésil, Capitec, une société de crédit à la consommation en Afrique du Sud possédant 300 succursales espèrent se développer depuis les prêts aux salariés jusque sur le marché de la microfinance. SBI en Inde et ses 13 000 succursales, atteint les couches de population inférieures grâce à l'acquisition de portefeuilles de douzaines d'institutions de microfinance. D'autres banques indiennes prévoient la construction de 10 000 kiosques équipés d'ordinateurs sans fil dans les villages de campagnes avec des distributeurs automatiques à coûts faibles qui leur sont associés.

Les accords de franchisage et autres partenariats permettent aux banques et aux institutions de microfinance d'exploiter leurs avantages concurrentiels pour gommer encore plus les frontières entre la microfinance et le monde financier traditionnel. Au CGAP, nous avons répertorié au moins 280 partenariats de ce type à travers le monde.

Alors que les Institutions de microfinance sont tirées vers le haut et les banques vers le bas, nous finissons par bâtir ensemble l'architecture d'un secteur financier à part entière.

Les sources de financement

La grande majorité des portefeuilles de prêts de la microfinance sont, et seront de plus en plus, financés par l'épargne nationale et les banques locales. Et c'est ce qui doit se passer. Notre objectif général est d'aider à élaborer des marchés financiers nationaux qui fonctionnent efficacement à l'égard de leurs populations, en redirigeant les grands groupes d'épargne nationale vers des emprunts productifs destinés aux pauvres. Afin que ces systèmes fonctionnent efficacement, nous avons besoin d'intermédiaires financiers locaux solides. Des institutions solides et saines peuvent offrir aux pauvres un lieu sûr pour épargner leur argent en dehors du foyer ainsi qu'un lieu où emprunter de l'argent lorsqu'ils en ont besoin à un autre moment dans l'année. Les financements extérieurs sont nécessaires à l'élaboration des institutions et de leur capacité en personnel mais les financements extérieurs jouent un rôle moins important dans la création d'intermédiaires financiers que dans la construction de routes et de ponts.

Entre temps, les donateurs jouent toujours un rôle important, surtout pour améliorer l'efficacité des cinq cent millions à un milliard de dollars par an qui sont actuellement dépensés au profit de la microfinance.

L'intérêt est également plus grand parmi les principaux investisseurs locaux, tel que cela s'observe pour les 58 nouveaux fonds d'investissement qui ont été lancés récemment. Cependant, plus de 90 % de l'argent privé réputé socialement responsable est en réalité de l'argent public à l'origine (la majorité en provenance de l'IFC ou de ses équivalents européens). Le secteur est divisé en deux : les financements sont trop petits et trop nombreux du fait de l'univers des institutions qui conviennent à de tels investissements. Mais le secteur du financement de la microfinance est jeune et se consolidera et évoluera sûrement. Ma principale inquiétude est que sur les 185 millions de $ investis dans ces financements, plus d'un quart sont endettés, et parmi ces derniers, les deux tiers sont en devises fortes. Il s'agit là d'un vrai problème car nous avons un indice fort du fait que la plupart des institutions de microfinance emprunteuses ne comprennent pas les risques et, si elles les comprennent, elles ne parviennent pas à les éviter. Cela me ramène à l'importance de se centrer sur l'élaboration de marchés nationaux, avec des sources de financement nationales.

L'infrastructure du marché financier

Lorsque nous parlons d'infrastructure du marché financier, nous pensons en réalité à trois aspects en étroite relation : des informations de qualité élevée au sujet des résultats de la microfinance au niveau institutionnel ; des systèmes de partage des informations tenant à jour l'historique des crédits des clients, comme des bureaux de crédit; et de nouvelles technologies permettant aux institutions financières d'effectuer des transactions de plus en plus petites à des coûts réduits. C'est le point d'intersection de ces trois aspects de l'architecture du marché financier qui permettra la croissance exponentielle vers laquelle nous avons œuvré si longtemps.

Le secteur fait des progrès excellents en matière de qualité des informations relatives aux résultats financiers car les systèmes et les normes aujourd'hui en place sont suivis et utilisés. Les comptes rendus financiers s'améliorent à un rythme régulier au fur et à mesure que les normes de compte rendu de la finance internationale et de la microfinance se rejoignent, et la qualité des audits s'améliore. L'échange d'informations sur la Microfinance (le MIX), une base de données centralisée de comptes rendus de la microfinance rassemble maintenant des données de qualité supérieure au sujet de 420 institutions de microfinance et de 50 fonds. Au cours des quatre dernières années, le nombre des notations de crédit des institutions de microfinance est passé de tout juste cinquante par an à plus de deux cent cinquante l'année dernière. Au même moment, les principales agences commencent à s'impliquer par le biais d'associés locaux (Moody vient juste de noter la Banque Acleda au Cambodge). Le secteur réalise des progrès plus modérés en matière de création de bureaux de crédit sur la base d'informations traditionnelles sur le microcrédit ; il y en a maintenant dans treize pays, y compris dans des pays isolés comme la Turquie et dix autres la rejoindront.

Cette infrastructure d'information permet aux institutions de microfinance et aux investisseurs de se mettre en contact, facilitant la répartition des capitaux et stimulant de meilleurs résultats. En fin de compte, nous assistons au développement précoce de nouvelles technologies de distribution qui pourraient bien révolutionner la microfinance.

C'est donc un aperçu des bonnes nouvelles. Mais des défis de taille perdurent.

Les défis à venir

Le principal défi de l'expansion grandissante est l'efficacité et la capacité des institutions. Les institutions trop petites, faibles et inefficaces sont toujours trop nombreuses en activité qui épuisent les subventions précieuses des donateurs. Alors que l'efficacité est époustouflante en Asie (5 %) et progresse à un rythme régulier en Amérique Latine, elle est quasiment bloquée à 0,5 % en Afrique. Investir de l'argent est facile. Mais investir du capital humain dans la création lente et difficile d'institutions solides bien gérées et efficaces, est ce dont nous avons le plus besoin.

Atteindre les zones peu peuplées reste l'un des plus grands défis. Est-ce que les technologies peuvent apporter une réponse à cela ?

L'autre défi persistant consiste à atteindre les clients les plus pauvres : les sans ressources et les affamés qui n'ont pas de revenu grâce à des instruments de subvention qui leur permettraient de se stabiliser et de monter dans l'échelle des services financiers. Le programme de micro-subventions de ABA et plusieurs programmes en Inde, en Chine et au Bangladesh sont prometteurs mais toujours très limités et les donateurs n'auront jamais les fonds nécessaires pour faire honneur au problème. Nous avons besoin que les gouvernements reconnaissent et agissent en fonction de leurs obligations, peut être avec l'aide des donateurs.

Le point suivant sur ma liste des priorités est de rester vigilant en matière d'élaboration des marchés nationaux, ce qui signifie qu'il faut trouver des solutions pour attirer les investisseurs nationaux. Nous devons comprendre ce qui incite et ce qui empêche les banques locales d'accorder des prêts en devise locale à la microfinance et d'élaborer des instruments qui encouragent leur entrée sur le marché.

Mais peut être que la question la plus importante à laquelle fait face notre secteur aujourd'hui réside dans l'étendue sur laquelle les technologies parviendront à réduire les coûts des transactions afin de permettre aux acteurs commerciaux de vraiment desservir ce marché au plan mondial. Le secret de la microfinance a été que les pauvres remboursent fidèlement. Nous savons qu'ils le font car ils accordent de la valeur à l'accès aux services. Pensons-nous qu'ils peuvent rendre l'argent à une machine aussi fidèlement qu'ils ont remboursé leur agent de crédit lors des réunions hebdomadaires ?

Si la réponse est oui, et si nous étions capable de créer des systèmes basés sur l'identité nationale qui ont sous-tendu les modèles de réussite du crédit, et de développer les technologies de distribution, alors des milliers de banques commerciales pourraient parcourir les derniers mètres qui les séparent de la communauté rurale pauvre, de façon rentable sans les agents de crédit, sauf peut être lors d'une ouverture de compte ?

Le défi aujourd'hui est d'introduire la méthodologie perfectionnée par les institutions de microfinance sur une échelle massive, d'attirer plus de systèmes de distribution, plus de technologies et plus de talents afin de créer des systèmes financiers qui fonctionnent pour les pauvres. L'heure est venue pour la microfinance de rejoindre les circuits traditionnels afin qu'elle puisse stimuler une croissance économique équitable tout en sortant des millions de personnes de la pauvreté avec autodétermination, respect de soi et dignité.

*Sur la base de notes prise lors de l'Année Internationale du Microcrédit et à la conférence sur la microfinance de l'Université de Georgetown, Washington DC, 9 avril 2005.


L'amélioration de l'accès à la finance et le défi de la collecte des données*

Asli Demirguc, Directrice de recherche en finance, Groupe de recherche sur le développement et conseillère des opérations et de la politique du secteur financier, Banque Mondiale.

On m'a demandé d'intervenir au sujet des défis de la microfinance et le défi sur lequel je souhaite me concentrer est le manque de données. Je parlerai plus généralement de l'accès à la finance, de questions générales et des défis auxquels nous faisons face dans le domaine de la collecte des données car cela concerne en grande partie le domaine de la microfinance. Et comme nous le savons tous, la microfinance est de plus en plus redéfinie de manière plus large en tant qu'offre de services destinés aux pauvres.

À la Banque Mondiale, nous avons un projet d'envergure sur le développement et la collecte des données sur les indicateurs financiers, et une part importante de cet effort consiste à élaborer des indicateurs de l'accès aux services financiers. Aujourd'hui, je partage donc certains de vos objectifs, sur lesquels nous avons travaillé et que nous espérons atteindre.

Tout d'abord, laissez-moi vous expliquer pourquoi nous nous intéressons à ce travail.

Bien que les données sur le secteur financier sont réputées être les plus complètes et sont les plus accessibles, lorsqu'il s'agit du secteur financier, en d'autres termes, des informations sur qui a accès et à quels services, surtout en ce qui concerne les ménages et les micro-entreprises, cela est très limité. Nous ne possédons même pas de données comparatives sur les pays au sujet de " la proportion de ménages utilisant des services financiers traditionnels ", de ceux qui " possèdent un compte d'épargne " ou " ont contracté un prêt ".

Nous avons cependant effectué bon nombre d'analyses, montrant l'importance du système financier traditionnel pour le développement économique ; les liens entre développement financier et croissance ont été clairement définis au cours de ces dix dernières années, au niveau national, industriel et des entreprises. Mais les indicateurs utilisés dans ces études, comme le crédit des banques au secteur privé divisé par le PIB, ou les dettes du secteur financier divisées par le PIB, sont utiles pour mesurer l'étendue du secteur financier mais pas son accessibilité.

Nous nous intéressons donc à une meilleure compréhension de l'importance de l'accès à différents services financiers au profit des ménages et des entreprises dans un but de réduction de la pauvreté et de croissance. Dans ce but, nous souhaitons élaborer et rassembler des indicateurs d'accès pour comparer et contrôler l'accès aux services financiers à travers le monde. Et nous avons pensé que l'Année Internationale du Microcrédit, qui met l'accent sur les données, était une bonne occasion d'accroître nos efforts en matière de collecte et d'analyse des données.

Qui utilisera ces données ? Les utilisateurs éventuels seront à la fois le secteur public et le secteur privé.

Dans le privé, savoir qui a accès et à quels services financiers est une première étape dans l'élaboration de moyens pour fournir des services financiers rentables à différents groupes de revenus. Les fournisseurs ont besoin de connaître l'étendue du marché, les besoins en services et produits, la sensibilité au prix, etc. Les décideurs politiques de tous les niveaux ont une perspective plus large mais il cherchent également à savoir qui a accès et à quels services, et quels services financiers sont les plus importants afin de comparer les pays entre eux mais aussi sur une période donnée et de les conseiller en matière d'interventions politiques. Et bien sûr, les chercheurs portent un grand intérêt à l'analyse de ces données afin de mieux comprendre quel est l'accès à certains types de services financiers qui est le plus étroitement associé aux résultats attendus tels que la réduction de la pauvreté, le gain de productivité et la croissance. Ces découvertes alimenteront à leur tour les données et serviront à l'élaboration d'indicateurs permettant de cibler ceux qui ont le plus fort impact. Cela nous aidera également à identifier les bonnes pratiques en matière de réforme du secteur financier.

Nous avons parlé de " l'accès aux services financiers " mais, bien évidemment, il est difficile de définir ce qu'est l'accès.

Afin que ces tentatives de collecte de données soient durables et utiles, nous devons élaborer un cadre conceptuel afin d'encadrer la pratique de collecte des données. Ce que nous collectons le plus souvent auprès des différentes sources tend à être " des informations sur l'utilisation " et pas forcément sur " l'accès " et nous avons besoin de comprendre à la fois les facteurs d'offre et de demande lors de l'interprétation des données.

En terme de concepts, si nous réfléchissons aux indicateurs qu'il faut surveiller, nous devons considérer les différentes fonctions du secteur financier, telles que la mobilisation de l'épargne, la répartition des fonds, le contrôle des utilisateurs des fonds, etc. ; et nos indicateurs d'accès devraient, dans l'idéal, déterminer dans quelle mesure ces services financiers de base sont offerts à une large population, à des ménages à faibles revenus, à des micro et des petites entreprises.

En termes de concept, l'offre de ces services de base à une large population servira à plusieurs objectifs. Tout d'abord, cela assurera une égalité des opportunités de croissance. Actuellement, il existe de plus en plus de preuves que l'inégalité de faible revenu est liée à l'accélération de la croissance, et l'explication la plus plausible de cette relation est qu'un plus grand accès au crédit permettrait aux particuliers de tirer un maximum de profit des opportunités de croissance. Ensuite, un plus grand accès aiderait à élaborer un soutien politique en faveur des réformes du secteur financier.

Quels sont alors les objectifs de notre pratique ?

  • En définitive, nous souhaitons identifier et contrôler quelques uns des indicateurs de base prenant en compte le taux d'intérêt des emprunts pour le logement qui sont fortement liés aux résultats attendus en matière de réduction de la pauvreté et de croissance.
  • Nous souhaitons rassembler et mettre régulièrement à jour ces données nationales pour chaque pays afin de faciliter les comparaisons/interventions politiques.
  • En faisant cela, nous souhaitons également faire la synthèse des bases de données propres à chaque pays au niveau des ménages, des entreprises et des institutions financières dans un but de recherche incluant les études de marché.

Dans cette perspective, nous nous sommes efforcés de rassembler des données en provenance de diverses sources. Cela a consisté à synthétiser des données existantes ou à faire l'effort de collecter de nouvelles données. Aujourd'hui, je vous en dirai un peu plus au sujet des sources : Sondages auprès des fournisseurs et auprès des ménages.

Sondages auprès des fournisseurs et des institutions financières et de leurs régulateurs.

Afin d'obtenir des données nationales détaillées de la part des régulateurs et des fournisseurs, nous avons récemment élaboré deux sondages.

L'un interroge des régulateurs dans 106 pays développés et en voie de développement et leur pose des questions sur :

  • Nombre de succursales bancaires :
  • Nombre de distributeurs automatiques
  • Nombre et valeur des prêts et des comptes de dépôt
  • Répartition en fonction de la taille des prêts et des comptes de dépôt

Nous possédons déjà des données sur 90 pays.

Dans le cadre de la même pratique, nous effectuons également des sondages auprès des 5 meilleures banques de ces pays afin d'élaborer des indicateurs relatifs aux obstacles empêchant l'accès des ménages et des petites entreprises. Le questionnaire comporte des questions sur les points suivants afin de nous permettre d'élaborer des indicateurs relatifs aux obstacles et aux coûts associés à l'accès aux services financiers.

  • Facteurs que les banques prennent en compte lorsqu'elles décident de l'emplacement d'un distributeur automatique ou d'une succursale.
  • Documents nécessaires à l'ouverture de comptes.
  • Solde minimum exigé, frais de gestion de compte, restrictions en fonction des types de comptes de dépôt.
  • taux d'intérêt des comptes de dépôts.
  • Procédures et documents de demande d'emprunts.
  • Frais sur emprunts, taux d'intérêt, exigences accessoires et administratives pour les différents types de prêts.
  • Facteurs influençant les décisions en matière de crédit et autres.
  • Services de règlement et frais.

Et jusqu'ici, nous sommes parvenus à collecter des informations auprès de 54 participants dans 35 pays.

D'autres sondages auprès de fournisseurs sont ceux relatifs à la microfinance. Un ensemble de données a été synthétisé par le CGAP et indique le nombre de clients qui sont atteints par un large éventail de fournisseurs de microfinance, y compris les institutions de microfinance non spécialisées et les autres intermédiaires ayant un grand nombre de petits clients. Cela permet de déterminer combien de pauvres et de quasi-pauvres bénéficient de services.

Passant de la couverture aux opérations des institutions de microfinance, une base de données appelée Mix existe également ; elle fournit des bilans, des comptes de profits & pertes et des informations sur les produits de plus de 200 institutions dans des pays en voie de développement. Ces informations sont rassemblées par le système Microfinance Information Exchange (échange d'informations sur la microfinance) et publiées sous forme d'un résumé dans le MicroBanking Bulletin (bulletin de la microbanque).

La deuxième source est constituée des sondages auprès des ménages.

Il s'agit du moyen le plus direct mais aussi le plus cher d'obtenir des informations sur l'accès aux services financiers des ménages et des micro-entreprises.

Les sondages généraux auprès des ménages, comme les sondages sur le niveau de vie, ont tendance à ne pas se centrer uniquement sur la finance mais ils comprennent également des modules demandant si les ménages possèdent ou non des comptes d'épargne/comptes chèque dans des institutions traditionnelles ou non, quels sont leurs montants, etc. Ils demandent également si les ménages empruntent, combien, dans quel but, auprès de qui, à quelles conditions. Et quelles sont les raisons si leur demande d'emprunt a été refusée. Plus récemment, des sondages indépendants relatifs à l'accès à la finance ont été effectués, à la fois par la Banque Mondiale et d'autres institutions telles que le FinMark Trust. Ceux-ci ont tendance à fournir des informations plus détaillées.

Ce que nous faisons ici est de synthétiser dans un premier temps tous les sondages effectués auprès des ménages existants afin d'obtenir des informations. Nous possédons des informations sur les ménages de plus de 45 pays en voie de développement, dont 25 sont des sondages relatifs au niveau de vie. La dimension temporelle est prise en compte car certains d'entre eux ont commencé au milieu des années 90 et se répètent.

Le travail sur des sondages plus détaillés relatifs à la finance est en cours. La banque en a déjà réalisé un certain nombre au Brésil, en Inde, en Colombie, au Mexique, etc. Ceux-ci comportent des informations bien plus détaillées que les sondages auprès des ménages. Par exemple, ils comportent des questions qui nous permettent de comprendre la motivation lors du choix d'un produit, les raisons d'un refus de crédit, etc.

Des travaux sont également effectués hors de la Banque, comme les sondages détaillés relatifs à l'accès réalisés par le FinMark Trust en Afrique du Sud, Namibie, Swaziland et Lesotho. Grâce à ses sondages, il élabore un indice générale d'accès prenant en compte diverses dimensions. Dans quelques villages également, des sondages détaillés se sont déroulés fournissant des détails sur les transactions financières des pauvres, il s'agit d'une approche basé sur un journal financier.

Ainsi, comme vous pouvez le constater, il reste beaucoup à faire.

  • Collecter de nouvelles données, rassembler les sources existantes.
  • Identifier les indicateurs de base.
  • Analyser quels sont les indicateurs qui sont associés aux résultats espérés.
  • Identifier les personnes et les partenaires avec lesquels collaborer, les activités, réunions, événements à partager.
  • Des projets pilotes dans des pays particuliers pour un travail plus approfondi sur les données, l'élaboration de capacités, un apprentissage commun sur l'accès.

Nous espérons que suite à ce travail, nous comprendrons mieux l'accès aux services financiers et son impact sur la croissance et la réduction de la pauvreté.

*Notes prise lors de l'Année Internationale du Microcrédit et à la conférence sur la microfinance de l'Université de Georgetown, Washington DC, 9 avril 2005.


La gestion du risque de crédit dans les opérations de micro-prêt

Par Steven A. Bernstein, Conseiller en chef et Directeur, Initiative de la Maison Blanche sur les marchés hypothécaires africains, Service du Trésor des États-Unis*

Un des facteurs déterminants d'une opération de micro-prêt réussie est la gestion réussie du risque de crédit. Ou, plus simplement, le fait de maintenir les défauts de remboursement des emprunts à un niveau acceptable. Le besoin de conserver un portefeuille actualisé est important pour la raison évidente qu'une institution a besoin que ses prêts soient remboursés si elle veut survivre et se développer À un niveau systémique, plus élevé, le maintien d'un défaut de remboursement faible est crucial afin de minimiser le risque moral qui peut entraîner des défauts massifs dans tout le système financier.

Avec l'évolution du secteur de la microfinance, les méthodes de gestion du risque de crédit ont également évoluées. Actuellement, la tendance est à l'adoption de systèmes plus traditionnels. Au même moment, des micro-prêteurs réputés tempèrent ces systèmes traditionnels par une approche de service à la clientèle qui répond aux besoins spécifiques des clients à faibles revenus et du secteur informel.

Les facteurs déterminants du risque de crédit

Les composantes de base du risque de crédit sont la volonté et la capacité de l'emprunteur à rembourser le prêt. La capacité à rembourser est ce qu'il y a de plus simple. Elle se rapporte à un emprunteur ayant des ressources financières permettant d'échelonner le remboursement du prêt. Cela est le plus souvent évalué sur la base des revenus et des obligations financières de l'emprunteur. En résumé, un emprunteur doit être en mesure de régler les remboursements échelonnées d'un prêt. Le chômage et les dépenses excessives sont les premiers facteurs qui réduisent la capacité de remboursement d'un emprunteur.

Un emprunteur peut posséder des ressources financières sans vouloir pour autant continuer à rembourser un emprunt. Les facteurs déterminants de la volonté d'un emprunteur à rembourser un emprunt sont complexes et déterminés par des encouragements économiques, juridiques et moraux. Par exemple, des études théoriques ont toujours montré que la probabilité de défaut de remboursement augmentait avec la baisse de valeur du patrimoine relative à la somme toujours due au titre de l'emprunt. En d'autres termes, les emprunteurs, quel que soit leur niveau de revenus, ne veulent pas continuer à payer pour un bien qui à peu ou plus de valeur. La pression des systèmes juridiques et de la communauté contribue également à la volonté d'un emprunteur de rembourser un emprunt. Si les emprunteurs savent qu'il n'y aura aucune conséquence s'ils ne remboursent pas un prêt, alors la probabilité de défaut de remboursement augmentera.

La détermination de la volonté et de la capacité d'un emprunteur à rembourser un emprunt est cruciale si un micro-prêteur souhaite diminuer le risque de crédit. De plus, une fois qu'un prêt a été accordé, il est vital que le micro-prêteur fasse tout son possible pour garantir que l'emprunteur puisse maintenir le prêt à un bon niveau. Il existe trois domaines d'intervention sur lesquels un micro-prêteur doit se concentrer pour réduire le risque de crédit. Cela comprend l'élaboration du prêt, le nantissement et le service du prêt.

L'élaboration du prêt

Une élaboration de prêt adaptée est cruciale à la fois pour l'emprunteur et pour le prêteur. Si un emprunt devient trop cher, alors l'emprunteur sera dans l'incapacité de le rembourser. D'autre part, le taux d'intérêt, au minimum, doit couvrir les frais du prêteur car un prêteur ne peut poursuivre des opérations s'il perd de l'argent sur ses prêts. Cet équilibre entre les besoins de financement des emprunteurs et les coûts des prêteurs n'est pas forcément difficile à obtenir si les deux parties ont des attentes réalistes. Alors que des chapitres entiers pourraient être écrits à ce sujet, deux leçons importantes ont été tirées au fil des ans :

1. Les taux d'intérêt sont relatifs : Souvent des personnes bien intentionnées sont choquées face à des taux d'intérêt usuraires qui sont pris par des micro-prêteurs. Pour qu'une opération de prêt légitime soit rentable, elle doit couvrir les frais d'exploitation, le risque de crédit et les coûts de financement. Parfois ces coûts sont élevés et le taux d'intérêt qui en résulte l'est également. Ceci dit, ce que nous avons appris au cours des années est que les ménages de la plupart des pays ne se focalisent pas sur le taux d'intérêt mais plutôt sur le remboursement. Tant qu'ils savent à combien s'élève le remboursement et qu'ils peuvent y satisfaire, le taux d'intérêt est un détail.

2. Les prêts à long terme ont besoin d'un taux d'intérêt variable : Les prêts à plus de cinq ans posent des problèmes spécifiques à un prêteur. Ces types de prêts, qui sont utilisés pour le logement et l'achat de biens importants, sont difficiles à proposer sous forme de produits abordables à taux fixe dans beaucoup de pays. La raison de cela est une instabilité macro économique importante. En cas d'inflation, un prêt à taux fixe perdra sa valeur et coûtera même plus cher à financer que ce qu'il ne rapportera. Cela signifie que le prêteur devra ajouter une composante de variabilité au taux d'intérêt du prêt. La clé d'un prix abordable consiste à s'assurer que les augmentations du remboursement du prêt sont plafonnées en terme de fréquence et de montant.

Le nantissement du prêt

Le nantissement du prêt est le processus consistant à déterminer la solvabilité d'un emprunteur, ou en d'autres termes sa capacité et sa volonté à rembourser le prêt. Il s'agit de la fonction la plus importante qu'un micro-prêteur peut assumer pour réduire le risque de crédit. En ce qui concerne les prêts bancaires commerciaux, le nantissement se base sur la disponibilité d'informations financières au sujet d'un emprunteur en provenance des sources formelles et habituelles. Les sources d'informations comprennent les déclarations de revenus, les traitements et les contributions à des caisses de retraite. Malheureusement, sur la plupart des marchés sur lesquels les micro-prêteurs opèrent, ces informations ne sont pas disponibles soit parce qu'elles ne sont pas conservées, soit parce que les emprunteurs se trouvent hors du secteur financier traditionnel. Cela signifie que pour être couvert, le micro-prêteur devra rassembler ses propres informations au sujet d'un emprunteur. En travaillant dur, les micro-prêteurs de premier plan ont élaboré des produits efficaces dans ce but.

La détermination de la capacité à rembourser dépend fondamentalement des revenus et des obligations de l'emprunteur. Cela est généralement exprimé par le ratio des obligations de remboursement mensuelles de l'emprunteur divisées par ses revenus bruts. Traditionnellement, un ratio élevé correspond à une capacité faible de l'emprunteur à rembourser un emprunt. En l'absence de sources d'informations traditionnelles, la vérification des revenus et des obligations peut être effectuées par un processus d'interviews et d'observation.

Par exemple, des programmes de micro-prêt réputés vérifieront les revenus en envoyant une personne qui posera des questions à l'employeur du demandeur. Si le demandeur est à son compte, le micro-prêteur posera des questions aux clients de l'emprunteur ou pourra même passer une après-midi à observer l'activité du demandeur afin d'évaluer ses ventes. Des interviews sont également effectuées au domicile de l'emprunteur afin de déterminer le nombre de personnes à leur charge, leurs éventuelles obligations financières (par ex. des remboursements liés à une voiture ou un équipement) et de donner au micro-prêteur une idée générale du caractère moral de l'emprunteur. Il est également important de mentionner qu'une preuve d'encaissement de fonds réguliers peut également contribuer aux revenus du ménage et peut servir à ce qu'un prêt soit approuvé.

La volonté de rembourser est habituellement évaluée par le ratio prêt/valeur (RPV). Cela permet de mesurer l'étendue du prêt par rapport à la valeur du nantissement constitué pour le prêt. La volonté de rembourser diminue habituellement quand le RPV augmente. Cela est en général très difficile pour les micro-prêteurs. Déterminer la volonté d'un emprunteur à rembourser un prêt devient donc un exercice qualitatif qui englobe les processus d'interview et d'observation décrits ci-dessus ainsi qu'une évaluation de l'historique des remboursements de prêts de la communauté.

Les micro-prêteurs peuvent, et effectuent un nantissement détaillé de leurs clients sans bénéficier des systèmes traditionnels. Le compromis se fait sur la durée et le coût. Ces méthodes nécessitent forcément un travail dur mais sans elles les micro-prêteurs courent le risque d'accorder des prêts qui ne seront pas remboursés.

Le service du prêt

Le service du prêt est l'acte consistant à encaisser les remboursements et à conserver l'équilibre du prêt. Il s'agit de la fonction cruciale consistant à préserver la valeur d'un portefeuille de prêt ; un bon service du prêt peut aider à garantir que des emprunteurs présentant un risque de crédit élevé peuvent maintenir leur emprunt à un bon niveau alors qu'un mauvais service du prêt peut conduire à un non remboursement de la part d'individus présentant un risque de crédit peu élevé. Le service du prêt est également la fonction que beaucoup de prêteurs, qu'ils soient commerciaux ou des micro-prêteurs, manquent d'effectuer correctement lorsqu'ils ont affaire à des clients à faibles revenus.

Dans les banques commerciales, les remboursements d'emprunt se font par traite bancaire ou en débitant directement sur le salaire ou sur un compte bancaire. Les choses ne sont pas toujours aussi faciles dans le monde de la microfinance. L'emprunteur traditionnel n'a pas accès à un compte bancaire et ne reçoit souvent pas de salaire formel. Cela signifie que pour de nombreux clients des micro-prêteurs les remboursements d'emprunts peuvent être difficiles et les mettre en position de devoir choisir d'arrêter de travailler (et risquer de se faire renvoyer) afin de rembourser l'emprunt ou de ne pas effectuer le remboursement. Les micro-prêteurs ainsi que les prêteurs sur gage à faibles revenus ont fait de grands progrès en matière d'encaissement des remboursements. Certaines des leçons les plus importantes sont les suivantes :

1. Faciliter le remboursement de la part de l'emprunteur. Les prêteurs réputés ouvriront des kiosques de remboursement dans les diverses communautés. Les kiosques ouvriront avant les heures de travail traditionnelles et fermeront après la journée de travail. Une autre méthode efficace, bien qu'impliquant encore plus de travail et étant potentiellement plus dangereuse, est l'encaissement par porte-à-porte.

2. Créer des incitations positives au remboursement. Les emprunteurs réagissent bien aux incitations positives afin de conserver un bon historique des remboursements. Les micro-prêteurs et les prêteurs sur gage ont utilisé avec succès des incitations telles que des réductions sur les remboursements, de petits équipements ou de la nourriture pour obtenir de très hauts niveaux de remboursement. Par exemple, un prêteur mexicain a offert un sac gratuit de farine de maïs si l'emprunteur effectuait ses remboursements à l'échéance pendant 6 mois. Le résultat à été un taux de défaut de paiement de moins de 1 %.

3. Soyez proactif face aux défauts de paiement. Plutôt que d'attendre qu'un prêt passe en cessation de paiement, un micro-prêteur doit faire des recherches sur ce prêt dès la première semaine du retard de paiement. Souvent, la cause d'un défaut de remboursement est une maladie ou le chômage. Si un prêteur s'en préoccupe assez tôt, il peut offrir de l'aide à l'emprunteur et travailler à un plan de remboursement équitable.

Conclusion

Au fur et à mesure que les micro-prêteurs élargiront leurs opérations et s'intègreront de plus en plus au secteur financier traditionnel, le besoin d'une discipline sévère de gestion du risque de crédit augmentera. En développant des sources durables de financement et de capitaux, les investissements auront besoin de portefeuilles de prêts bien gérés et des systèmes financiers qui vont avec. Ceci dit, la réussite du micro-prêt nécessitera également que les prêteurs s'assurent que leurs opérations satisfont les besoins de leurs clients. Grâce à ce lien, il est probable que les micro-prêteurs évolueront vers une communauté de banques efficace qui, dans un avenir proche offrira des services financiers fondamentaux à 80 % de la population qui n'en bénéficie pas aujourd'hui.

*Sur la base de notes prise lors de l'Année Internationale du Microcrédit et à la conférence sur la microfinance de l'Université de Georgetown, Washington DC, 9 avril 2005.


Les innovations technologiques de la Fondation Grameen aux USA*

Par Michael Eber, Responsable du Programme, Fondation Grameen, USA

Comment offrir un accès facile, abordable et fiable pour une personne se trouvant dans un village éloigné ? Quand cette personne aura-t-elle la possibilité d'effectuer un simple appel d'une minute, d'envoyer une plainte aux autorités locales ou de contracter un prêt sans problème de déplacement ou de coût ? Le secteur de la microfinance répond à ces questions par des innovations technologiques.

Grâce à des programme comme MIS automation, Mifos et MTN VillagePhone Uganda, la Fondation Grameen USA (GFUSA) soutiennent la les institutions de microfinance afin qu'elles améliorent leur efficacité générale. La microfinance est souvent considérée comme l'une des stratégies les plus efficaces dans la lutte contre la pauvreté et pourtant elle concerne moins de 5 % des individus à travers la planète qui bénéficient de ces services. Alors que les institutions de microfinance augmentent progressivement leurs activités, elles reconnaissent le besoin d'informations exactes et détaillées pour la planification interne et un système qui améliore leur capacité à gérer des fonds, à soutenir leurs services et à être financièrement responsables à l'égard des clients et des investisseurs. Les systèmes de tableur et les systèmes mécaniques existants largement utilisés aujourd'hui ne facilitent pas ces échanges d'informations.

L'approche de la GFUSA à l'égard des MIS automatisés est centrée sur une installation des systèmes prévue en mois plutôt qu'en années à un coût de centaines de dollars contre des milliers de dollars. Avant l'automatisation, la croissance d'un des associés stagnait avec des agents de crédit qui apportaient des documents dans le domaine. Souvent, il s'agissait des seules données fournissant des informations sur les emprunt d'un client à une institution de microfinance. Les mises à jour des transactions quotidiennes étaient inexistantes, un système de vérifications et bilans ne pouvait être effectué en moins de deux semaines et le directeur exécutif ne recevait aucune information intéressante pour prendre des décisions en temps et en heure. Grâce à un MIS automatisé, les procédures de l'organisation sont optimisées et efficaces et permettent aux associés non viables de le devenir plus tôt. Par conséquent, chaque dollar qui n'est plus investi dans les tâches administratives est placé entre les mains du client. Le nouveau système arrive à point et les données sont justes offrant un accès facile à l'historique et offrant un plus grand crédit au contrôle et aux comptes-rendus. Ces systèmes de gestion ont un impact sur les institutions de microfinance et sur la vie des emprunteurs.

Le Mifos est un système de gestion de l'information conçu pour être utilisé par les institutions de microfinance à travers le monde. Il est conçu pour offrir un système rapide et souple afin de mieux gérer un grand nombre d'emprunteurs. Le développement Open Source fournit une réponse crédible au développement par des tiers et des développeurs internes de systèmes opérationnels de microfinance. La philosophie populaire, les marges faibles et les tendances innovatrices du secteur émergent de la microfinance en font un bon choix pour le développement Open Source.

Pour des emprunteurs tels que Angilina Wandera, ces progrès ont un impact sur les vies. Angilina vit à Buumulimba où elle possède un magasin de couture. Lorsque FOCCAS, un associé du projet villagePhone Uganda, lui a offert l'opportunité d'acheter un kit de téléphone pour le village avec un emprunt de microfinance au titre du projet MTN villagePhone Uganda, l'entrepreneur a accepté. Le téléphone de village a transformé son magasin de couture en un lieu au top de l'activité sociale et a fait augmenter ses ventes, permettant à Angilina de subvenir aux besoins de ses onze enfants. Lancé en juillet 2003, MTN villagePhone Uganda possède aujourd'hui un réseau de 1500 téléphones et en prévoit 5000 au cours des cinq prochaines années. Pour un taux unique à la minute, les utilisateurs de villagePhone sont autorisés à téléphoner n'importe où dans le monde et à recevoir des appels gratuitement. VillagePhone fait économiser de l'argent et réduit les frais de déplacement. Ce programme est maintenant mis au banc d'essai au Rwanda.

Grâce à des initiatives comme MIS automation, Mifos et MTN villagePhone Uganda, la GFUSA répond aux appels de l'avenir.

*Sur la base de notes prise lors de l'Année Internationale du Microcrédit et à la conférence sur la microfinance de l'Université de Georgetown, Washington DC, 9 avril 2005.


Les acteurs du secteur financier se rencontrent pour rédiger le Blue Book sur l'élaboration de secteurs financiers ouverts en faveur du développement :

Organisation de discussions franches sur l'avenir de l'élargissement de l'accès aux services financiers

Par Isabelle Delalex, Responsable du programme, FENU

Comment peut-on remédier aux contraintes empêchant la grande majorité des personnes "pouvant négocier en banque" à travers le monde d'accéder aux services financiers ? Pour répondre à cette question décourageante, le Fonds d'Équipement des Nations Unies (FENU) et le Bureau du Financement du Développement (BFD) du Service de l'Économie et des Affaires Sociales des Nations Unies (UNDESA) ont invité des acteurs du secteur financier du monde entier à participer à une série de consultations innovantes qui ont eu lieu au cours de ces derniers mois. Le processus a atteint son point culminant les 4 et 5 mai lors du Rassemblement Mondial de l'Organisation Internationale du Travail à Genève présidé par le sous-secrétaire de l'ONU José-Antonio Ocampo, au cours duquel 130 spécialistes se sont rassemblés pour une table ronde afin de relever les défis de l'élaboration de secteurs financiers ouverts. Une analyse et une synthèse de ces consultations contribuera à l'élaboration d'un brouillon du " Blue Book sur l'élaboration de secteurs financiers ouverts " qui doit être publié début novembre.

L'idée d'organiser un dialogue autour des contraintes et des opportunités de l'élaboration de secteurs financiers ouverts vient de Peter Kooi, Directeur de l'Unité de Microfinance du FENU, et a été lancée dans le cadre de l'Année Internationale du Microcrédit ; au même moment, l'initiative du Blue Book était entreprise comme un suivi des questions de finance nationale apparues en lien avec le Consensus Monterrey. Le partenariat entre le FENU et le Bureau de financement du Développement de l'UN DESA se base sur un engagement en faveur d'une action collective et cohérente en matière de défis politiques interconnectés en ce qui concerne l'accès à des services financiers adaptés aux ménages, aux micro-entreprises et aux PME dans les pays en voie de développement.

Un Nouveau forum pour la coopération et les débats

Les membres des banques centrales, les donateurs, représentants des institutions d'état, les fournisseurs de services commerciaux, les universitaires et les spécialistes discutent de questions se rapportant à la réduction de la pauvreté selon différents points de vue. Ils interagissent rarement avec d'autres groupes de travail autour de la même table pour discuter des façons et des moyens pour proposer aux personnes non bénéficiaires de services bancaires un accès à des services financiers. Mais au cours de ces derniers mois, les consultations Blue Book ont offert un lieu pour que ces acteurs partagent leurs expériences. Kathryn Imboden, Conseillère en chef de la politique pour le Blue Book note que : " Les participants aux dialogues multipartistes sont prêts à partager leurs expériences et sont souvent surpris d'apprendre que leurs homologues d'un autre monde discutent des mêmes questions. La valeur des discussions collectives des choix et des options d'encouragement du développement de secteurs financiers plus ouverts a été prouvée. Cette méthode a permis à des questions clés de se propager sur la base d'expériences spécifiques et d'inquiétudes directement liées au niveau des pays et des régions. "

Une diversité des visions de l'avenir

Les participants au rassemblement de Genève ont discuté de questions telles que la réduction de l'écart entre la demande des clients et l'offre de services financiers, le processus d'intégration de la microfinance et des PME au sein du secteur financier ainsi que du déploiement des politiques et des incitations des gouvernements en faveur d'un meilleur travail de proximité. Un banquier chilien a déclaré : " Une vision de l'intégration nous est donnée par la mobilisation de l'épargne. Plus une institution de microfinance est formalisée, mieux c'est ". En ce qui concerne les questions d'offre et de demande au niveau des clients et des institutions de détail, un membre du Comité National de l'Année du Microcrédit originaire du Kenya a déclaré : " seulement 1 % de la population a accès à l'assurance. Si nous réfléchissons à l'élaboration de services financiers ouverts, nous devrons inclure l'assurance parmi nos services. Mais les compagnies d'assurance ont besoin d'informations sur les risques et les institutions de microfinance manque de savoir faire en matière d'offre de produits d'assurance. Dans ce contexte, je pense que le modèle des partenariats est adapté ".

Certains commentaires ont mis le doigt sur des questions complexes telles que le rôle des institutions gouvernementales ou les paramètres d'un cadre de réglementation de la microfinance. " Demandons-nous trop aux régulateurs ? Une réglementation excessive au niveau de base pourrait être préjudiciable. Le secteur de la microfinance en Inde se développe rapidement car le gouvernement a décidé que certaines institutions ne devaient pas être réglementées ", a déclaré le Directeur d'une agence de notation du microcrédit en Inde.

Ce marathon de deux jours a également soulevé des inquiétudes largement partagées, telles que le degré du risque de change pris en acceptant des dettes internationales. L'importance de la mobilisation de l'épargne n'a cessé d'être soulignée. " La mobilisation de l'épargne nationale est préférable par rapport à une augmentation de la dette internationale car le recours au financement international signifie prendre un risque sur le taux de change ", a déclaré un participant.

D'autres discussions en ligne

Au-delà du rassemblement de Genève, le Blue Book dans son ensemble a suscité de nombreuses discussions sur la vision de l'avenir, identifiant des options et des choix dans l'élaboration de secteurs financiers ouverts. Les spécialistes des institutions de microfinance ont fait l'écho des questions posées en provenance du monde entier au cours de ce rassemblement de deux jours dans un sondage en ligne organisé par le FENU au début de cette année. Dans le sondage, les spécialistes et les érudits ont partagé leur vision de la microfinance. Un directeur de banque d'Afrique Sub-saharienne a décrit sa vision comme étant celle de : " Produits adaptés accessibles aux pauvres pour satisfaire leurs besoins : pour qu'ils construisent des logements, payent les frais de scolarité, s'assurent un accès à l'épargne immédiate, obtiennent des emprunts flexibles à des coûts bas, ainsi que des produits d'assurance adaptés. Un autre directeur de banque en provenance d'Afrique Sub-saharienne a ajouté qu'il espérait que le futur apporterait " des produits d'assurance maladie pour les pays touchés par le SIDA. " Un prêteur commercial d'Amérique Latine a insisté sur l'importance d'environnements juridiques solides dans lesquels " les institutions de microfinance partagent le même cadre juridique que les banques. " Un universitaire allemand travaillant en Indonésie, en Inde, en Ouganda et au Bénin a souligné l'importance de la réglementation et de la pérennité ; il voit " un système financier comprenant un large éventail d'institutions financières correctement réglementées et contrôlées, rassemblant des institutions financières locales privées, communales ou sous forme de coopératives, mobilisant leurs ressources au niveau national, couvrant leurs dépenses et faisant des bénéfices. "

La réduction de l'écart entre la demande des clients et l'offre de services financiers a été un thème récurrent du sondage en ligne. Un spécialiste originaire de Bosnie Herzégovine à suggéré que : " Toutes les institutions financières devraient être liées verticalement afin de répondre aux besoinx des clients. " Un investisseur américain intervenant en Amérique Centrale a souhaité : " Un accès facilité à une gamme compétitive de services financiers pour tous. Accès ne signifie pas offre mais une égalité d'accès devrait exister. " Les personnes interrogées ont été prudentes dans leur précision des limites d'inclusion : " Le degré d'inclusion d'un secteur financier pourrait être défini par la mesure, la vitesse et le coût auxquels une proposition financière trouve une réponse. Cela ne veut pas forcément dire que tout le monde à accès à des services financiers, " a fait remarquer un donateur d'une agence multilatérale.

Comment répondre au mieux aux besoins de tous les segments de la population a été l'un des thèmes clés qui est souvent revenu au cours du sondage. Un universitaire colombien voit un secteur financier ouvert comme étant la clé pour " aider les pauvres à acquérir des instruments financiers et à gérer le risque. " Un responsable de programme en Afrique a suggéré qu'il était nécessaire d'avoir une " vision partagée et des stratégies convenues en faveur du développement d'un secteur financier qui répondrait aux besoins de tous les segments de la population. Le secteur rassemblera un large éventail d'institutions financières qui offrent un accès à différents types de produits et services financiers adaptés aux besoins et aux conditions des différents segments du marché, présentant des opportunités de liens institutionnels afin d'optimiser les résultats et l'impact.

Travailler à l'élaboration de secteurs financiers ouverts

Le processus du Blue Book a été remarquable, offrant une opportunité rare aux acteurs du secteur financier d'être présent et, le moment venu, de défendre leur point de vue unique. Mettant de côté leurs points de vue personnels, les participants ont contribué à un processus de consultation très constructif. L'étude des questions d'offre et de demande aux niveaux des clients et des institutions de détail, l'intégration financière des micro-entreprises et des PME aux marchés nationaux et internationaux et à la politique d'environnement, les choix et les options stratégiques encourageant l'accès des clients pauvres et l'intégration de fournisseurs de services financiers informels dans le système bancaire ont été mis en avant comme points de référence.

L'enjeu est grand pour les clients finaux : Les participants au dialogue du Blue Book ont pris ces questions au sérieux et ont contribué par leur engagement, leur énergie et leur grande expérience à identifier les meilleures voies d'élaboration de secteurs financiers ouverts afin d'atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire.

Pour plus d'informations, veuillez visiter : http://www.uncdf.org/bluebook/index.php


Aishwarya Rai, star de Bollywood, porte-parole de l'Année Internationale du Microcrédit :

Elle proposera un gros plan sur les questions relatives aux femmes

Les Nations Unies sont heureuses d'annoncer que, Aishwarya Rai, vedette de Bollywood, a gracieusement accepté une invitation pour intervenir en tant que porte parole pour l'Année Internationale du Microcrédit 2005. En tant que porte parole pour l'Année, elle jouera un rôle actif dans la sensibilisation aux principaux objectifs et priorités des efforts de réduction de la pauvreté des Nations Unies. Elle assurera également la promotion des activités de l'Année Internationale du Microcrédit et travaillera pour atteindre plus de monde. Plus spécifiquement, elle fera une apparition dans une annonce de service public de l'Année.

Elle a expliqué : " À travers mes voyages, j'ai appris que nous pouvons faire beaucoup plus pour aider les femmes et les enfants qui sont économiquement vulnérables. En offrant aux femmes ayant de faibles revenus un accès à des crédits et à l'épargne, elles peuvent augmenter leurs revenus, accumuler des actifs et améliorer la vie de leurs familles. Elles peuvent dépenser plus d'argent pour ce qui est important à leurs yeux : les soins médicaux, une meilleure nourriture et l'éducation de leurs enfants. Chez moi en Inde, j'ai vu la beauté des femmes qui s'assument. C'est à nous qu'il revient de leur donner une chance et c'est exactement ce que nous faisons avec les Nations Unies et la microfinance. "

La position de Melle Rai en tant que porte parole pour l'Année Internationale du Microcrédit fait suite à son dévouement pour des questions qui lui sont chères, plus précisément la maltraitance des femmes, des enfants, des personnes âgées et des animaux à travers le monde. Elle a canalisé sa passion dans la création de sa propre fondation, la Fondation Aishwarya Rai, une organisation qui apporte son aide aux moins fortunés à travers divers projets de développement. La fondation travaille actuellement à la création de la Cité de l'Espoir, un centre de soins médicaux et religieux dans les villages indiens de Mumbai et Poona. Il sera au service de ceux qui souffrent de maladies mortelles telles que le cancer et le HIV/SIDA.


Que se passe-t-il ?

Les principales activités en cours pour l'Année

L'intérêt général pour l'Année Internationale du Microcrédit 2005 continue à augmenter. De nombreuses initiatives sont en cours afin de satisfaire les objectifs de l'Année consistant à augmenter la sensibilisation à la microfinance et à élaborer des secteurs financiers ouverts. Toutes les initiatives entreprises par l'Année sont conçues pour encourager l'innovation et les partenariats stratégiques. Pour plus d'informations, contactez christina.barrineau@undp.org ou visitez notre site Web à l'adresse www.yearofmicrocredit.org.

Les Comités Nationaux

Une réponse sans précédent à l'exigence de la création de secteurs financiers ouverts est en cours d'élaboration grâce à la création de Comités Nationaux. Il est demandé aux États membres de créer des comités nationaux de coordination afin de faciliter les activités et de créer un dialogue sur les meilleures pratiques d'élaboration de secteurs financiers ouverts dans leurs pays. Chaque comité national évalue les défis auxquels font face les personnes démunies lorsqu'elles souhaitent avoir accès à des services financiers et décide des activités et des initiatives pouvant régler ces problèmes. Les facteurs clés qui sont soulignés tout au long de ce processus comprennent la diversité des membres et le partenariat, la créativité, l'efficacité de communication et de couverture, le degré de soutien gouvernemental, l'engagement du secteur privé et l'amélioration de le sensibilité de la population.

Jusqu'à présent, 90 pays présentant divers niveaux de développement ont promis de soutenir l'Année Internationale du Microcrédit. Des Comités Nationaux ou Points Centraux (Focal Points) ont été créés dans 46 pays, rassemblant des représentants de haut niveau de 35 gouvernements, 60 bureaux locaux des Nations Unies, 41 agences multinationales, 177 réseaux de microfinance, 13 banques centrales ainsi que des membres clés du secteur privé et de la société civile.

Dans chaque pays, le Comité National possède un degré élevé de souplesse dans les activités et les événements qu'il coordonne. Déjà des centaines de conférences et de séminaires ont été prévues tout au long de l'Année et 27 pays ont élaboré une campagne de sensibilisation formelle de la population pour atteindre même les régions les plus éloignées. Ces activités d'amélioration de la sensibilisation se concentrent sur l'introduction de services financiers de qualité destinés aux pauvres et aux personnes à faibles revenus et sont conçues pour atteindre un large public. De nombreux gouvernements réalisant les bienfaits de la microfinance ont lancé des idées innovantes en matière de promotion de l'Année.

Le Programme du Prix International du Micro-entreprenariat

En novembre 2004, le Prix International du Micro-entreprenariat (PIM) a rassemblé le monde entier et a mis l'accent sur les réalisations et a rendu hommage aux entrepreneurs à faibles revenus. C'est dans cet esprit que se poursuit le Programme du PIM 2005. Cette réussite écrasante de l'événement pilote de 2004 a conduit à une collaboration formelle entre Citigroup, les Nations Unies et les groupes d'étudiants de diverses universités à travers la planète connus sous le nom de l'Alliance des étudiants du PIM. Plus de 30 pays participent au programme de prix de cette année, rassemblant des milliers de clients de la microfinance, des étudiants, des professionnels des secteurs privé et public, des fonctionnaires supérieurs et du personnel de l'agence des Nations Unies. De même que lors du programme 2004, les bourses du monde entier ont également apporté leur soutien. Cette année plus de 30 bourses inviteront à nouveau des gagnants à sonner la cloche d'ouverture, à envoyer un signal encore plus fort au monde lui signifiant que l'élaboration de secteurs financiers ouverts peut jouer un rôle important dans la réduction de la pauvreté.

Les Équipes de Travail ont été créées pour organiser et coordonner un programme des prix spécifique à chaque pays. Les Équipes de Travail se composent de personnes sur place et hors du pays des secteurs privé et public, d'agences des Nations Unies ainsi que d'étudiants. La diversité de chaque équipe individuelle permet au concours d'être élaboré de façon à prendre en considération les nuances particulières des activités locales et de l'environnement économique.

Le projet du Blue Book

Lancé par l'Année et dirigé par le Fonds d'Équipement des Nations Unies et le Bureau de Financement du développement du Services d'Économie et des Affaires Sociales des Nations Unies, le Blue Book sur l'élaboration de secteurs financiers ouverts a utilisé le dialogue international entre une grande diversité d'experts pour répondre à la question suivante : " Pourquoi tant de personnes capables de négocier en banque ne bénéficient-elles pas de services bancaires ? ". Se déroulant tout au long de l'Année et culminant lors d'une réunion mondiale en mai, le résultat sera présenté à l'Assemblée Générale des Nations Unies en septembre et lancé officiellement le 8 novembre 2005 lors du Forum de l'Année sur l'élaboration de secteurs financiers ouverts.

Le projet relatif aux données

Bien qu'il existe un consensus général sur le fait que la microfinance est de plus en plus largement utilisée, il y a peu de données fiables sur qui la propose, sous quelle forme, qui en bénéficie et à quel prix. À l'automne 2004, l'Année a rassemblé un petit groupe de statisticiens et de chercheurs spécialisés des institutions de Bretton Woods et des Nations Unies et des gouvernements et du secteur privé pour remédier au manque actuel de données, anticiper sur les besoins futurs et se mettre d'accord sur le meilleur moyen d'avancer. Suite à ce processus novateur, la Banque Mondiale et de Service britannique du Développement International (DFID) a continué son action, avec la Banque Centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO), pour élaborer des indicateurs relatifs à la qualité de l'accès aux services financiers. Les résultats préliminaires seront publiés le 8 novembre 2005, au Forum de l'Année sur l'élaboration de secteurs financiers ouverts, première étape cruciale dans la collecte de ces informations vitales.

Les produits " Faits par des micro-entrepr

Une collection de 25 produits, portant le logo de l'Année, transmettront au public l'importance des micro-entrepreneurs et seront vendus dans une "boutique en ligne" sur le site Web. Les produits choisis représenteront les différentes régions du monde, des entrepreneurs hommes et femmes, des artisans jeunes et vieux, divers média ainsi que divers segments du marché. L'histoire du produit et de l'artisan sera racontée dans un dépliant remis lors de chaque achat du produit afin d'illustrer son lien avec la microfinance. Les Comités Nationaux et les organisations associées sont également invités à commercialiser et à vendre ces produits.

Le magasin en ligne possède actuellement des produits de Macédoine, de Colombie, du Rwanda et du Bangladesh. Le magasin cherche à ce que les dirigeants des institutions de microfinance, les entreprises et les célébrités associés s'engagent à promouvoir les produits.

La Newsletter

Microfinance Matters est une publication Web mensuelle du Fonds d'Équipement des Nations Unies lancée par le Secrétariat en janvier 2004. La newsletter s'adresse maintenant à plus de 6 000 abonnés directs et espère une circulation de plus de 10 000 exemplaires d'ici fin 2005. En plus de notre liste d'abonnés, la newsletter est également distribuées dans divers points de microfinance, touchant un lectorat supplémentaire estimé à plus de 50 000 personnes à travers le monde. Microfinance Matters s'appuie sur l'Année pour promouvoir des partenariats innovants, améliorer la sensibilité de la population et partager les pratiques et connaissances efficaces relatives à l'élaboration de secteurs financiers ouverts. En incitant les lecteurs à donner leur opinion, la newsletter offre également une plate forme de discussion et de débat. Jusqu'à présent, les collaborateurs vont des gouverneurs de banques centrales et des ambassadeurs à des clients de la microfinance.

Des projets de films et les annonces du service public

Le court métrage : " La microfinance : De leurs propres voix ", un ensemble de récits de clients produit par Sterling Van Wagenen pour l'Année Internationale du Microcrédit, a été distribués aux centres d'information des Nations unies et auprès de diffuseurs ciblés. Le film est demandé par de nombreux intéressés, y compris les Comités Nationaux, les organisateurs de conférence, des universités et autres afin de promouvoir les messages de la microfinance. De plus le Secrétariat a proposé sa participation à certains documentaires et productions télévisées sur la microfinance. Les films sur la microfinance produit pour l'Année seront disponibles sur le site Web de l'Année.

Des annonces du service public pour l'Année ont été tournées avec Aishwarya Rai, Anggun, Souad Maasi et Karina. Les annonces de Anggun ont été diffusées lors du concert Pavarotti and Friends à Johannesburg en Afrique du Sud, le 2 avril, devant un public de 20 000 personnes. Les annonces ont été réalisées par Citigroup et sont disponibles en anglais, français, espagnol et indonésien. Citigroup a convenu de distribuer les annonces au niveau international avec ses propres publicités. Les annonces du service public seront également distribuées via le site Web de l'Année, les fournisseurs de microfinance et les Comités Nationaux à travers le monde. Des plans sont en cours d'élaboration pour une campagne de promotion supplémentaire par des affiches, des cartes postales et des autocollants et pour assurer la présence d'autres célébrités afin de promouvoir les objectifs de l'Année.

Le groupe de parrainage

Les groupes d'émissaires et de porte paroles ont accru la sensibilisation aux objectifs de l'Année, à commencer par l'événement de lancement à l'automne dernier à New York. La Princesse Mathilde de Belgique a participé à un ensemble d'activités comprenant des visites à des clients de la microfinance en Chine, au Mali et en Inde ainsi qu'à des discours dans des universités en Europe, en Asie et aux États-Unis. La Princesse Maxima des Pays Bas a récemment rendu visite à des entrepreneurs, à des institutions de microfinance et à des représentants officiels du gouvernement et de la Banque Centrale en Ouganda et au Kenya. Anggun s'est engagée dans des voyages promotionnels en Indonésie, a donné des concerts de charité et a fait la promotion du logo de l'Année sur son dernier album.

Le site Web de l'Année du Microcrédit

Le site Web officiel de l'Année (www.yearofmicrocredit.org) fournit des informations détaillées sur l'Année, ses objectifs et ses activités, les coordonnées des Comités Nationaux ainsi que le calendrier des événements nationaux, régionaux et internationaux. Le site est destiné aux nouveaux venus dans le monde de la microfinance, aux spécialistes du secteur, aux équipes de travail et aux agences des Nations Unies et aux donateurs. Les organisations peuvent créer un lien vers le site Web (des indications sur la façon de le faire sont disponible sur le site). Le site comprend également de la documentation multilingue destinée à notre public international. Les domaines clés sont un calendrier des événements, des ressources médiatiques, une zone d'apprentissage interactif de la microfinance, un forum de spécialistes, les coordonnées internationales de toutes les équipes de travail de l'Année et des informations sur les principaux sponsors et groupes de parrainage.

Événements spéciaux

Des centaines de réunions de microfinance, de conférences, forums et autres événements sont organisés et prévu pour célébrer l'Année et élever le débat sur la façon d'améliorer les services financiers pour les personnes vivant dans la pauvreté. Veuillez consulter le site Web officiel de l'Année (www.yearofmicrocredit.org) pour la mise à jour du calendrier des événements et des activités.