
Alors que l'Année Internationale du Microcrédit arrive à mi-chemin, de nombreuses réussites sont à retenir et le compte rendu de nombreuses activités devra être fait à travers la planète. L'un des principaux résultats obtenus a été la création du cinquantième Comité National en juin. Les états membres des Nations Unies ont été encouragés à former des Comités Nationaux au début de l'Année afin de faciliter les activités et de créer un dialogue sur l'élaboration de secteurs financiers ouverts. Les Comités nationaux sont au centre de la réussite de l'Année et de l'avenir de la microfinance car leur but est d'encourager les clients de la microfinance au niveau du pays, les gouvernements locaux, les banques centrales, les équipes de travail des Nations Unies, les dirigeants du secteur privé et la communauté des ONG à travailler à l'amélioration de la vie des entrepreneurs à faibles revenus.
Au Moyen Orient et en Afrique du Nord (MENA, les Comités Nationaux accueillent un éventail d'activités pour mettre les questions de microfinance sur le devant de la scène des débat et de la planification politiques. Ils font pression pour une nouvelle législation et un engagement à l'égard de la microfinance dans le cadre d'un ordre du jour plus vaste de la réduction de la pauvreté dans la région, en organisant des ateliers et des conférences et en distribuant divers documents promotionnels.
Le Comité Nationale du Maroc a organisé son déjeuner officiel en février. Le premier ministre a présidé l'événement et fait un discours d'ouverture confirmant l'engagement du gouvernement à l'égard de la microfinance et de la réduction de la pauvreté. En Jordanie, le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et le Ministère de la Planification et de la Coopération ont consacré un chapitre de leur troisième Rapport sur le Développement Humain (RDH) à la microfinance. La passion déchaînée par l'Année a encourage le PNUD et le Ministère de la planification et de la Coopération à faire de la microfinance le thème du prochain rapport RDH qui sera publié à la fin de l'année.
Le Comité national iranien a travaillé avec le PNUD sur un programme pilote de réduction de la pauvreté/responsabilisation, "La mobilisation sociale le microcrédit" en utilisant le modèle du programme réussi de réduction de la pauvreté en Asie (SAPAP) du PNUD. Le gouvernement reconnaît les résultats du programme pilote et espère l'adopter à un niveau national. Déjà, certaines grandes banques iraniennes ont proposé des conseils et exprimé leur intérêt pour une future coopération à des projets de microfinance.
Les Comités Nationaux des pays du MENA fournissent des informations grâce à des conférences, des ateliers et des partenariats avec les parties prenantes des différents secteurs. Le 8 mars, le Comité National marocain a organisé une conférence " L'accès aux services de base par le microcrédit ", avec l'aide du PNUD, de PlanetFinance et de la fédération Nationale des Associations de Microcrédit. Des centaines de participants des institutions de microfinance, le secteur privé et la société civile ont pris part à l'atelier. Le Comité Nationale iranien prévoit également un atelier pour promouvoir et clarifier le concept d'" ouverture ". Le Comité National de Turquie organise une conférence nationale et envisage de tenir des ateliers thématiques sur la microfinance. Les membres des Comités nationaux font monter à bord des institutions clés y compris les deux plus grandes banques, Ziraat et la Banque Halk, des institutions gouvernementales telles que l'Autorité de Réglementation Bancaire et des ONG telles que la Confédération des Artisans.
La démystification de la microfinance est particulièrement importante dans les pays du MENA où la tradition de la culture du crédit n'est pas courante et où peu d'institutions de prêt traditionnelles existent. Afin de surmonter ces obstacles, les Comités Nationaux des pays du MENA font preuve d'ouverture d'esprit. Le Comité National turc prévoit d'ouvrir un centre virtuel d'information sur le microcrédit. Des brochures sur la microfinance sont distribuées en Jordanie et l'annonce de service public pour l'Année en langue arabe sera bientôt sur les ondes. Ces activités provoquent un engouement et de nouvelles idées au sujet des moyens de régler le problème de la pauvreté dans les pays du MENA.
Pour plus d'informations sur les Comités Nationaux, veuillez visiter: www.yearofmicrocredit.org/pages/whosinvolved/whosinvolved_nationalcommittees.asp
Pour plus d'informations sur l'Année Internationale du microcrédit, veuillez visiter : www.yearofmicrocredit.org/
Pour fêter l'esprit d'entreprise et promouvoir la microfinance dans les pays arabes, l'Année Internationale du Microcrédit, la Fondation Citigroup, le réseau Sanabel et l'Alliance des étudiants du PIM ont lancé le Prix Internationale du Micro-entreprenariat (PIM) en Égypte, Jordanie, Liban et Maroc.
En Égypte, l'équipe de travail se composant de représentants du Programme de Développement des Nations Unies (PNUD), de Citigroup et de Sanabel ont finalisé les critères et les catégories de prix. Le prix sera attribué à 12 micro-entrepreneurs individuels. Des prix spéciaux seront aussi attribués à deux groupes de solidarité, ainsi qu'un prix pour les innovations et dix prix pour motiver les meilleurs agents de prêt du pays. L'équipe s'adressera à toutes les organisations engagées dans le microcrédit en Égypte y compris les banques commerciales. Le Comité consultative et le comité de sélection sont en cours de formation et comprendront des acteurs clés de la microfinance. L'équipe à commencer à travailler sur diverses activités de marketing telles que des apparitions TV, des annonces du programme dans les journaux nationaux, la conception et la distribution d'une brochure sur le programme en arabe et en anglais et l'élaboration d'un dépliant incluant les biographies des gagnants. De plus, le PNUD Égypte prévoit un atelier média en juillet afin de sensibiliser les journalistes et les professionnels des média à l'Année et au programme PIM et sur la façon dont ils sont fêtés en Égypte.
En Jordanie, l'équipe de travail a s'est rapproché officiellement de Sa Majesté la Reine Rania Al-Abdullah de Jordanie, émissaire pour l'Année Internationale du Microcrédit, afin qu'elle préside le Comité consultatif national se composant de 15 membres et comprenant certains des meilleurs avocats de la microfinance du Royaume. Un total de 16 prix et de prix en argent atteignant 15 000 US$ sera attribué aux entrepreneurs les plus innovants se centrant sur l'artisanat, les services et les entreprises de petit commerce. L'équipe de travail de la Jordanie comprend des représentants de Citigroup, de Sanabel et des étudiants ainsi qu'une assistance en matière de gestion de la part du Forum International des femmes (IWF). L'équipe prévoit une campagne de publicité de grande envergure s'adressant aux institutions de microfinance faisant le plus de progrès en Jordanie.
L'équipe de travail du Liban se compose de représentants du PNUD, de Citiggroup, de Sanabel et de l'Alliance des étudiants du PIM. L'équipe à décidé des critères clés de remise de prix qui comprendront, sans s'y limiter, l'innovation, l'utilisation des technologies, l'amélioration de la qualité de vie et la création de nouvelles opportunités d'emploi. Le prix consistera en 30 prix attribués à des micro-entrepreneurs et 10 prix pour encourager les agents de prêt les plus actifs et les plus dynamiques, soit un total de 40 prix. L'équipe a également formé un Comité consultative se composant de professionnels des media, d'universitaires, de banquiers et d'hommes d'affaires en vue. Au cours de la période à venir, l'équipe se concentrera sur la promotion de l'Année et sur le programme à l'égard des fonctionnaires, des donateurs, des ONG et des acteurs clés de la microfinance comprenant les institutions de microfinance, afin de nominer les candidats.
Au Maroc, un ensemble d'événements et d'ateliers ont été organises pour fêter l'Année et lancer le programme PIM. Les associations marocaines de microcrédit nommeront pour les prix des micro-entrepreneurs parmi leurs clients. Les critères clés pour les prix sont l'innovation et l'impact social du micro-entrepreneur. Deux catégories supplémentaires de prix non monétaires ont été ajoutées pour fêter et évaluer le travail des agents de prêt ainsi que de l'équipe d'étudiants bénévoles du programme PIM au Maroc. Au cours de la période à venir, les activités du programme se centreront sur la promotion de l'Année et du programme parmi les différents acteurs tels que le gouvernement, le secteur privé, les média, les universités, les ONG et les donateurs. L'équipe de travail nationale est dirigée par le PNUD Maroc avec la participation de la Fondation Citigroup et Sanabel ainsi que la Fédération Marocaine Nationale des Associations de Microcrédit (FNAM).
Pour plus d'informations sur le Prix International du Micro-entrepreunariat, veuillez visiter: www.yearofmicrocredit.org/pages/gma/gma_2005programme.asp
Pour plus d'informations sur l'Année Internationale du microcrédit, veuillez visiter : www.yearofmicrocredit.org/
Par Ghada Whaly, Représentant résident assistant, La Création d'emplois et la réduction de la pauvreté, PNUD Égypte
Un vraie fête de l'Année Internationale du Microcrédit va se dérouler en Égypte avec le lancement de la première stratégie nationale du secteur de la microfinance. Ce lancement sera le point culminant d'un processus de consultation d'un an de tous les acteurs concernés ; ce processus a rassemblé des donateurs, des spécialistes, des experts et des fonctionnaires afin de créer le premier dialogue sérieux au sujet de l'avenir du secteur en Égypte.
Un leader régional qui a du pain sur la planche !
Pendant de nombreuses années l'Égypte a été le leader des pays arabes en matière de microfinance avec le nombre le plus élevé d'emprunteurs de la microfinance actifs et le portefeuille de dette le plus important estimé à 400 000 clients fin 2004. Beaucoup d'institutions de microfinance égyptiennes respectent les bonnes pratiques et ont de solides portefeuilles. Mais malgré les résultats impressionnants de quelques uns, le secteur dans son ensemble reste relativement sous-développé et le formidable potentiel de la demande de microfinance n'est toujours pas satisfait.
Pour les spécialistes et les donateurs, plusieurs problèmes étaient évidents à divers niveaux. Au niveau politique, il y a eu un manqué de clarté des politiques gouvernementales en ce qui concerne la commercialisation de la microfinance et une dépendance forte à l'égard des donateurs. Au niveau réglementaire, on constate un manque d'infrastructure de soutien telles que des bureaux de crédit, des agences de notation et des cadres d'auto-réglementation pour promouvoir la commercialisation du secteur. Au niveau institutionnel, de nombreuses institutions de microfinance souffrent d'une mauvaise capacité de gestion et de structure de responsabilité faibles, d'un manque de transparence et d'un manque de diversification des produits. Le crédit est en général le seul produit financier disponible et il est principalement proposé pour leurs entreprises. Les services tels que l'épargne, les transferts d'argent, l'assurance et les services de règlement ne sont pas assurés par les institutions de mmicrofinance.
Le processus d'élaboration de la stratégie
Le programme de développement des Nations Unies (PNUD) et le Fonds d'Équipement des Nations Unies (FENU) a élaboré le concept du projet et a demandé à l'Agence américaine pour le Développement International (USAID) et au KFW allemand de rejoindre le financement d'un projet pour coordonner les efforts du gouvernements en matière de l'élaboration d'un secteur de la microfinance abouti capable de répondre aux besoins des pauvres. Ceci s'est appuyé sur l'idée qu'un accès permanent à des services financiers pour les ménages pauvres et à faibles revenus et leurs micro-entreprises ne pourra être assurée que grâce à un développement du secteur et à la reconnaissance de la microfinance comme partie intégrante du secteur financier traditionnel.
En centrant ses efforts sur une stratégie de développement du secteur dans son ensemble, le projet voulait définir un cadre d'amélioration du rendement et de l'efficacité des actions concertées des donateurs gouvernementaux et non gouvernementaux dans le secteur. Ce cadre se basera sur une vision partagée de la promotion d'un secteur de la microfinance commercial autonome, de l'articulation d'une politique nationale et d'une stratégie pour soutenir les réformes politiques nécessaires, de la mise en place de changements de réglementation juridique qui seront cruciaux pour le développement de l'infrastructure financière et le développement d'un plan d'action en coordination avec le gouvernement pour leur proposer une liste des activités prioritaires que les donateurs pourront soutenir.
Une approche à angles multiple
Des activités de recherche ont été menées donnant lieu à cinq rapports d'enquête qui ont consisté en une indentification des acteurs, une étude institutionnelle, une étude juridique, une évaluation des besoins institutionnels de certaines institutions de microfinance et un rapport sur les perspectives du secteur privé.
De plus, sept tables rondes ont été organisées pour rassembler différents acteurs afin qu'ils discutent des éléments de la stratégie. Plus de 250 acteurs ont participé aux tables rondes et les avant-projets ont été distribués au plus grand nombre. Les thèmes ont inclus le rôle des banques, le droit des petites et moyennes entreprises, les problèmes de garanties et recours collatéraux, la réglementation non prudentielle et les normes de performance, le potentiel des nouveaux produits financiers, les directives en matière de soutien des donateurs au secteur et les stratégies d'élaboration de capacités.
Deux voyages d'étude ont été organisés en Ouganda et en Afrique du Sud ; ceux-ci ont offert une excellente occasion d'échanger des informations et les leçons tirées. Ces voyages ont ouvert les yeux de nombreux participants. En Ouganda, pendant cinq jours, les participants ont été les témoins du rôle fort de la Banque Centrale en matière de réglementation du secteur de la microfinance, ont reçu les premières informations du système financier multi niveau ougandais.
En Afrique du Sud, les participants ont observé la réglementation non prudentielle en action à travers un organe d'auto-réglementation, et les représentants de la Banque Centrale d'Égypte ont visité des bureaux de crédit, des institutions du réseau apex, des banques et des centres de formation. À leur retour en Égypte, les participants ont publié des rapports sur les leçons tirées et sur la façon de les appliquer au cas égyptien.
Dans sa phase finale, le projet a comporté un atelier auquel on assisté plus de cent acteurs. Un plan de stratégie a été partagé avec les participants afin de tomber d'accord sur les besoins du secteur.
La stratégie de la marche en avant de l'Égypte
Le résultat de l'atelier et les rapports des tables rondes et des voyages d'études alimentent le travail en cours. Une équipe de projet travaille actuellement au développement d'un document de politique qui sera lancé pour célébrer l'Année Internationale du Microcrédit.
La stratégie prévoit des interventions au niveau des micro, moyennes et grandes entreprises et s'articule autour des principes de base suivants :
- Les pauvres seront mieux servis lorsqu'ils ont accès à une large gamme de services au meilleur prix avec un choix entre des services financiers différents et entre divers fournisseurs et lorsqu'ils sont bien informés des choix potentiels.
- Cela se produira probablement lorsqu'un marché libre de la microfinance existera en Égypte avec un multiplicité de fournisseurs se faisant concurrence afin de répondre aux besoins des clients.
- Ce n'est qu'à travers la mobilisation du capital commercial que la provision des services financiers pourra être augmenter suffisamment pour réduire le manque d'accès auquel les pauvres et leurs micro-entreprises font face.
Les leçons tirées
Certaines des leçons tirées sont les suivantes : l'engagement des acteurs, notamment des spécialistes, dans un dialogue politique est assez difficile et pourtant crucial car ce sont eux qui peuvent valider les supppositions. Une autre leçon est que beaucoup des contraintes sont fonctionnelles et culturelles et non liées à la politique et qu'il est très important de bien faire la difference. L'engagement du gouvernement est essential; dans ce cas, l'entité gouvernementale désignée par la loi comme responsable de la microfinance, le Fonds Social pour le Développement, était sceptique au départ puis s'est engagée avec le temps et a même commencer à travailler sur une stratégie plus étendue qui inclura des services non financiers pour les micro-entrepreneurs. Le fait que leurs homologues nationaux étaient les banques centrales a encouragé les banques a participer aux tables rondes et aux voyages d'étude. En conclusion, la participation au processus a été une expérience formatrice en elle-même pour les acteurs.
Pour plus d'informations sur l'Année Internationale du microcrédit, veuillez visiter : www.yearofmicrocredit.org.
Le 31 mai, la Corporation de Finance Internationale (CFI) a invité plus de 300 personnes à prendre part à un forum intitulé " Révéler le potentiel de la microfinance au Moyen Orient et en Afrique du Nord " qui s'est tenu au siège de Washington, D.C. Parmi les invités se trouvaient Paul Wolfowitz, le Président de la Banque Mondiale ainsi que des hauts représentants du Fonds d'Équipement des Nations Unies (FENU), le Groupe Consultatif d'aide aux pauvres (CGAP) et la Fondation pour l'assistance à la communauté internationale (FINCA).
Sa Majesté la Reine Rania Al-Abdullah du Royaume Hachémit de Jordanie, émissaire pour l'Année Internationale du Microcrédit, a engagé les leaders du secteur à renforcer le secteur de la microfinance dans le monde arabe en accélérant la création d'institutions de microfinance rentables et viables offrant divers produits et services. " Une personne sur cinq dans le monde arabe est née dans la pauvreté ", a-t-elle déclaré, ajoutant que " trop de gens travaillent de l'aube au coucher du soleil dans le secteur informel. " Elle a expliqué que ces personnes pauvres " n'avaient pas accès à des comptes d'épargne. Qu'elles ne pouvaient pas établir un historique des crédits. "
D'après le CGAP, les pays du MENA ont actuellement plus de 900 000 clients de la microfinance. La Reine Rania, cependant, a encouragé les leaders à s'engager dans des services de microfinance atteignant jusqu'à trois millions de clients dans la région et a insisté sur le fait que cet objectif pouvait être atteint car la demande de cet accès était forte. " Les besoins sont grands. Les partenaires existent. Et il est temps d'agir maintenant. Changeons la vie des gens pour toujours ", a-t-elle dit. Elle a ensuite expliqué qu'en proposant aux pauvres " le respect….la responsabilité….et une chance de se battre….ils en feraient bien plus pour eux-mêmes que personnes d'autres ne l'a jamais fait. "
En réduisant l'écart entre les secteurs public et à but non lucratif pour créer une nouvelle race de fournisseurs de services financiers qui offrent un large éventail de services financiers à la grande majorité des pauvres produirait un double résultat, " car servir des actionnaires et servir la société ne sont pas des compromis mais des objectifs allant de paire " a déclaré la Reine Rania. Elle a ensuite expliqué que ces nouvelles institutions atteindraient les pauvres tout en satisfaisant aux normes élevées des performances économiques, " fixant ainsi le rythme et tenant le compte afin que les banques plus grandes suivent ".
En travaillant dur pour en arriver à cette vision, la Jordanie, en collaboration avec le CGAP et le G8, a créé une plaque tournante technique et un programme de formation pour aider les jeunes dirigeants arabes à développer leurs compétences de direction. Sa Majesté à encouragé les personnes présentes à " accélérer cette tendance à travers le monde arabe. " Elle a également souligné les efforts de la Jordanie dans le développement d'une stratégie nationale sur cinq ans pour étendre la couverture de la microfinance à travers le pays et a suggéré que cela serve d'exemple pour toute la région.
La demande de services financiers dans la région va au-delà des prêts et du capital, a indiqué la Reine Rania, expliquant ensuite que " pour construire un avenir brillant dans le monde arabe, le microcrédit seul ne suffira pas...Nous avons besoin de créer des systèmes financiers ouverts offrant une large gamme de services comprenant des comptes d'épargne, des assurances, des retraites, des transferts d'argent liquide, et plus encore : des outils permettant l'élasticité, la génération de revenus et la croissance. "
Sa Majesté a conclu ses remarques en déclarant que " la microfinance fait plus qu'aider les petites entreprises ç avoir des bases solides. Elle nourrit des gens capables, pleins de ressources qui sont avides d'opportunités. "
Les autres intervenants de cet événement ont été Peter Kooi, Directeur de l'Unité de Microfinance du FENU, Fouad Abdelmoumni, Directeur Général de l'Association Al Amana et conseiller auprès de l'Année du Microcrédit, Rupert Scofield, Directeur Général de FINCA et Aftab Ahmed, Directeur Général de la microfinance chez CFI.
Par Maura McGill, Robert F. Wagner, École Supérieure du Service Public, Université de New York.
SE M. Rafael Correa, Ministre de l'Économie et des Finances de l'Équateur et président de la table ronde
Le 30 juin, le Fonds d'Équipement des Nations Unies (FENU) et le Conseil Économique et Social (ECOSOC) ont co-accueilli un événement pour encourager la création de secteurs financiers ouverts à travers les pays du monde. De hauts représentants de plus de 23 pays y ont participé et ont échangé leurs idées sur le rôle de la microfinance dans leurs pays respectifs et sur la façon d'atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire (ODM). De hauts représentant du PNUD, du FENU, du secteur privé et des universités ont également participé.
L'événement a commencé par des remarques de SE M. Raphael Correa, Ministre de l'Économie et des Finances de l'Équateur qui a co-présidé la table ronde. " Afin de satisfaire aux ODM ", a-t-il dit, " nous devons lutter contre la pauvreté, qui est fortement corrélée à l'emploi. Un outil, surtout pour les pauvres, est la microfinance. " Il a ensuite expliqué que de nombreux pays, tels que l'Équateur, ont déjà mis en place des mécanismes de microfinance mais le défi est d'améliorer et de soutenir ces mécanismes afin qu'ils perdurent. Les secteurs privé et public sont responsable et s'engagent envers les gens, a ajouté M. Correa. Ces secteurs, cependant, voient la microfinance comme quelque chose de cher et craignent donc d'investir dans le secteur de la microfinance.
Tom Easton, Chef du Bureau de New York de The Economist et modérateur de l'événement, a posé deux questions clés. 1) Que peuvent faire les Nations Unies pour promouvoir les secteurs financiers ouverts et comment cela pourrait-il aider à atteindre les ODM ? 2) Comment l'accès à la microfinance peut-il être mieux inclus dans une stratégie pour atteindre les ODM ?
M. Rory Stear, Directeur Exécutif de Freeplay Energy plc
M. Easton a laissé sa place à SE M. Iftekhar Ahmed Chowdury, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire, Représentant Permanent du Bangladesh auprès des Nations Unies. M. Chowdury a expliqué que le Bangladesh " était au milieu d'une terrible transformation de la société à cause d'idées comme le microcrédit. " Avec une population de 140 millions de personnes, le Bangladesh possède maintenant plus de 20 000 institutions de microfinance. Il a souligné que la microfinance pouvait changé la qualité de vie des pauvres par un accès à des services financiers. M. Chowdury a ensuite fait remarquer qu'un marché énorme existait pour le secteur privé et l'a engagé à s'impliquer plus dans la microfinance. Il est également nécessaire, a dit l'Ambassadeur, de créer un environnement juridique favorable et des mécanismes réglementaires " grâce auxquels les ONG auront leur propre accès aux systèmes bancaires " et pourront faire le lien entre le système bancaire et la microfinance à la base. Il a conclu que le rôle des Nations Unies pouvait être " d'identifier les bonnes pratiques afin que nous puissions mieux diffuser ces services à travers le monde. "
M. Sri Mulyani Indrawati, Ministre d'État de la Planification du Développement National en Indonésie, a mis en avant la Banque Rakyat Indonesia (BRI) en tant qu'intermédiaire de choix entre les acteurs de la microfinance et le système bancaire. Alors que les banques traditionnelles font face à des problèmes à cause des coûts élevés associés, la BRI est parvenu à croître et a survécu à la crise financière des années 90, a-t-elle dit. Par conséquent, a poursuivi le ministre, l'Indonésie essaye actuellement de reproduire le système de^microfinance grâce à 6 milliards $US attribués aux petites et moyennes entreprises. M. Indawati a engagé les Nations Unies à créer des secteurs financiers ouverts en réduisant les coûts asymétriques associés à l'information, en créant une coopération, en réduisant les frais généraux et en établissant des règles qui sont sensibles au secteur. Le plus grand défi, a-t-elle déclaré, est de trouver les données sur qui sont les clients potentiels, où ils se trouvent et comment les atteindre. Le Ministre a conclu ses remarques en indiquant que les réglementations juridiques mises en place pour la microfinance " étaient fondamentalement déconnectées et inadaptées au secteur " et que des réglementations plus adaptées devaient être mises en place.
M. Adama Dieye, Conseiller, Ministre des Finances, Sénégal
M. Emilio Fernandez-Campo, Directeur Général des Relations Économiques Internationales de l'Espagne, a avancé que la microfinance n'était utilisée au meilleur de son potentiel surtout en ce qui concernait les remises de fonds. Avec 100 millions$US de plus par an de remises de fonds envoyées depuis l'Espagne vers d'autres pays, le Directeur Général a encouragé le secteur de la microfinance à créer des produits et services de versement qui augmenteront la transparence surtout du fait que la plupart de l'argent n'est pas envoyé par les canaux financiers officiels. " Nous entendons dire que l'argent remis est utilisé pour la consommation et non pour l'investissement. Nous essayons de créer des instruments pour encourager les flux à être rentables ", a déclaré M. Fernandez-Campo.
Le Directeur Général de la Commission de Planification Nationale de Namibie, SE Helmut K. Angula, a expliqué que l'expérience de son pays en matière de microcrédit avait été gratifiante. Les institutions financières en Namibie ne se sont pas intéressées à l'investissement dans le secteur de la microfinance à cause des faibles rendements, du manque de nantissement et du faible volume de clients. Du fait des variations du temps, les prêts ruraux ont été saisonniers dans leur ensemble avec un fort taux de manquement sur les prêts, faisant de la microfinance un investissement moins attractif. M. Angula a avancé que la réussite future du secteur de la microfinance en Namibie dépendait de l'aide au développement qui a diminué au cours de ces dernières années à cause du classement de la Namibie par l'ODA parmi les pays à revenu moyen, malgré le fait qu'une grande proportion de la population soit employée dans le secteur informel.
En proposant une vision différente du rôle de la microfinance en relation avec les ODM, M. Frederico S. Duque Estrada Meyer, Ministre Plénipotentiaire, Représentant Permanent du Brésil auprès des Nations Unies, a critiqué l'enthousiasme de la table ronde à l'égard de la création des secteurs financiers estimant que cela " allait trop vite ". Tout en étant d'accord sur le fait que la microfinance est importante pour atteindre les ODM, il a avancé que " l'alphabétisation, le logement, l'enseignement, la santé et le statut des femmes " devaient d'abord être réglés.
SE. M. Eugène Camara, Ministre de la Planification de la République de Guinée
Jonathan Morduch, Professeur Associé d'Économie et de Politique Publique à l'Université de New York, a remarqué que le secteur de la microfinance manquait actuellement des données nécessaires à la détermination de la taille du marché et des personnes qui recevaient des services. Il a souligné que en ce qui concerne le ODM, la plupart des institutions de microfinance offraient des services aux pauvres, mais pas aux plus pauvres qui sont la cible des ODM. " Nous devons fêter le fait que la microfinance sert ceux qui ne sont pas les plus pauvres ", a-t-il dit. Le Professeur Morduch a cité l'exemple du Ghana où un effort concerté a été fait pour associer les soins de santé au crédit. Une étude d'impact du Ghana a montré un lien entre l'accès au crédit et l'amélioration de l'immunisation, de la nutrition des foyers, de la mortalité féminine et du traitement des maladies. Il a conclu que " la solution pour les ODM était des programmes de " crédit-plus " tels que celui du Ghana.
L'événement s'est conclu sur des remarques de clôture de José Antonio Ocampo, Sous-secrétaire Général des Affaires Économiques et Sociales qui a rappelé aux participants que l'Année Internationale du Microcrédit 2005 était une grande occasion de mobiliser et de créer des compétences auprès de nombreux acteurs qui sont primordiaux pour la réussite des ODM. Cela peut offrir aux gens une opportunité, surtout lorsque tellement d'entre eux ne sont pas officiellement employés et doivent emprunter à des prêteurs sur gage à des taux d'intérêts très élevés. M. Ocampo a souligné les plans futurs de l'Année, comprenant le lancement du Blue Book et le Projet relatif aux données, la coordination avec les Comités Nationaux pour créer des secteurs financiers ouverts et la discussion permanente sur l'avenir de la réglementation et du cadre juridique au sein du secteur de la microfinance.
Pour plus d'informations sur l'Année Internationale du microcrédit, veuillez visiter : www.yearofmicrocredit.org
Par Maura McGill, Robert F. Wagner, École du Service Public, Université de New York.
Nane Annan, épouse du Secrétaire Général, Kofi Annan
Le 10 juin, le Fonds d'Équipement des Nations Unies (FENU) a co-accueilli un événement avec le groupe de femmes de Wall Street pour favoriser le développement et la formation des femmes au secteur financier américain, un meilleur accès au capital d'investissement pour les femmes et l'implication des femmes dans la microfinance. Les organisations d'accueil ont rassemblé l'Association des Femmes des Capitaux à Risque qui se consacre au développement de professionnels femmes dans le domaine des capitaux privés et des capitaux à risque et l'Association Financière des Femmes ainsi que le Club des Femmes des Obligations de New York qui promeut l'avancement des femmes en tant que leaders dans les affaires et la finance. 85 Broads, réseau d'anciennes et actuelles professionnelles de chez Goldman Sachs a également parrainé l'événement, et par Women Advancing Microfinance, la seule organisation créée pour des professionnels femmes qui font carrière dans le secteur de la microfinance.
Plus de 220 hauts représentants des principales institutions bancaires comprenant Citigroup, Deutsche Bank, JP Morgan Chase, Merrill Lynch, Goldman Sachs, Lehman Brothers, Pricewaterhouse Coopers, Bank of America, Morgan Stanley, et American Express ont participé au petit déjeuner pour en apprendre plus sur la viabilité des investissements financiers dans le secteur de la microfinance.
L'événement a démarré par des remarques d'ouverture de Nane Annan, épouse du Secrétaire Général, Kofi Annan. Mme Annan a parlé de ses expériences personnelles lors de rencontres avec des femmes au Kenya et au Brésil, dont les vies ont été transformées grâce à un accès aux services financiers. Elle e mit l'accent sur le fait que ces femmes " ne se perçoivent pas comme des cas de charité mais comme des femmes d'affaires. Je pense que c'est de cette façon que nous devrions les voir. " Mme Annan a expliqué que l'Année Internationale du Microcrédit, avec la participation active de presque la moitié des pays du monde, " est une chance de mettre en lumière ce que les femmes pauvres peuvent faire lorsqu'on leur donne une chance, et quels sont les rôles importants que l'accès au crédit, à l'épargne et à d'autres services financiers jouent dans leurs vies. "
Fatimata Lonfo, Gagnante du Prix International du Micro-entrepreneur
Suite aux remarques de Mme Annan, Christina Barrineau, Conseillère technique en chef pour l'Année Internationale du Microcrédit 2005, a décrit l'initiative de l'Année de célébrer " les personnes pauvres et à faibles revenus et leurs contributions grâce aux Prix International du Micro-entreprenariat (PIM). Fatimata Lonfo a ensuite été présentée comme gagnante de l'an dernier du PIM aux États-Unis. Lonfo, originaire de Côte d'Ivoire, a parlé de sa lutte dans son pays déchiré par la guerre et de son voyage en Amérique avec ses enfants dans l'espoir de commencer une vie meilleure et en paix. Douée d'un esprit d'entreprise plein de vitalité, Lonfo a lancé son activité de tressage de cheveux à domicile, a épargné et est allée ouvrir sa propre boutique de vêtements à Staten Island avec l'aide d'un emprunt de microcrédit obtenu auprès d'ACCION New York. Lonfo a expliqué : " ma vision pour mon activité est de trouver un assistant financier afin d'ouvrir un magasin plus grand et d'étendre le service de personnalisation afin d'exercer mes talents de conceptrice. " Lonfo a conclu son histoire très inspirée en racontant fièrement qu'elle était maintenant capable d'envoyer ses enfants à l'université locale.
Le reste de l'événement s'est centré autour d'un comité de spécialistes de la microfinance qui ont offert leurs pensées et opinions sur l'avenir de la microfinance en tant qu'investissement commercial puissant et rentable. Tom Easton, Chef du Bureau de New York de The Economist, a présidé le comité.
Tom Easton, Chef du Bureau de New York de The Economist ; Jonathan Morduch, Professeur d'économie et politique publiques à l'Université de New York.
Jonathan Morduch, Professeur à l'Université de New York et auteur de l'ouvrage The Economics of Microfinance récemment paru, a détaillé l'histoire et l'évolution de la microfinance et pourquoi elle devrait être perçue comme un investissement commercial à succès. Il a expliqué que le niveau de professionnalisme dans le domaine de la microfinance était élevé et en augmentation et que les chiffres du risque de portefeuille étaient bien en dessous de 1 %.
Maria Otero, Présidente et Directrice Générale de ACCION International, a offert un bref aperçu de la mission d'ACCION qui souhaite fusionner le secteur à but non lucratif avec le secteur des banques commerciales à travers des communautés ciblées aux niveaux local et international. Elle a expliqué que ACCION " voulait s'assurer que ces banques respecteraient leur mission sociale. " En racontant l'histoire de Bancosol Bolivia, Mme Otero a fait le lien avec l'importance de créer des secteurs financiers ouverts ayant un rôle potentiel à Wall Street dans le secteur de la microfinance. " Les femmes, en partie, ne pouvaient même pas faire un pas dans une banque et maintenant elles peuvent même en choisir une ", a fait remarqué Otero. Elle a souligné combien la conscience de la demande élevée de ses services financiers de base dans les communautés pauvres a augmenté la concurrence entre les institutions qui sont devenues des banques réglementées proposant tous les services. Elle a engagé Wall Street à voir le secteur de la microfinance et sa viabilité financière en tant que modèle commercial traditionnel.
David Satterhwaite, PDG de Prisma Microfinance, Inc., a suggéré que certains " causaient du tort au secteur car ils étaient soutenus par des donateurs ", plutôt que d'être financés par des investissements. Il a ajouté, " Pour que les institutions de microfinance deviennent une solution durable à la pauvreté mondiale, elles doivent adopter des stratégies financières utilisées à Wall Street. Au regard des bénéfices attendus, nous pensons que les investisseurs commenceront à percevoir le microcrédit comme une classe d'actifs viable. "
Les membres du comité (de gauche à droite).
Tom Easton, Chef du Bureau de New York, The Economist (Président)
Jonathan Morduch, Professeur d'économie et de politique publiques à l'Université de New York
Maria Otero, PDG de ACCION International
Jack Lowe, PDG de BlueOrchard Finance S.A.
David Satterthwaite, PDG, Prisma MicroFinance, Inc.
Jack Lowe, PDG de BlueOrchard Finance, a convenu que le secteur de la microfinance devait s'éloigner du financement de dettes et aller vers un financement plus commercial. M. Lowe a expliqué qu'il y avait trois choses que les investisseurs recherchaient lorsqu'ils réfléchissaient aux projets dans lesquels il serait bon d'investir. un produit sûr et sécurisé, une organisation et une présentation hautement professionnelles et des liquidités. " Nous n'en sommes qu'au début de la relation entre le monde de la microfinance et le secteur financier traditionnel. Cette relation va se développer rapidement à partir de maintenant ", a déclaré M. Lowe. Il a ajouté que " le défi est d'être en mesure de permettre aux capitaux privés d'accompagner la croissance de la microfinance, et de le faire en totale confiance, avec un bénéfice raisonnable et une contribution réelle et tangible au monde en voie de développement. "
Faisant suite à la discussion du comité, la scène a été offerte pour une séance de questions et réponses. Lorsqu'on leur a demandé si leurs organisations offraient des programmes d'encadrement ou de formation à leurs clients, M. Satterhwaite a déclaré que Prisma proposait des services strictement financiers. Le Professeur Morduch a ajouté que de nombreuses organisations voyaient la formation et les autres efforts d'élargissement des services financiers comme des parties intégrantes de la microfinance. M. Easton a suggéré que le développement d'un nouveau modèle de consultation règlerait la question des organisations de microfinance qui ont peu de temps pour proposer à la fois des services financiers et une formation.
Un participant a demandé quel était le montant moyen des prêts et le risque de la microfinance. M. lowe a répondu que le montant moyen des prêts variait et que le taux de rendement variait également, que sa moyenne était de 2 ou 3 %. Le Professeur Morduch a ensuite encouragé les participants à accepter le risque lié à la microfinance car un risque passé ne signifiait pas un risque pour l'avenir.
En répondant à la question qui concerne la différence entre prêter aux hommes ou aux femmes, M. Satterhwaite a estimé qu'environ la moitié de la clientèle de Prisma se composait d'hommes mais que, globalement, les femmes avaient tendance à être de meilleurs clients. Mme Otero a rappelé au public que les femmes étaient parmi les plus pauvres et possédaient le moins de compétences commercialisables. Elle a insisté sur le fait que les produits de prêt devaient régler ces questions, et devraient donc être proposés à la fois aux hommes et aux femmes.
Les organisateurs espèrent que la réunion a été un succès pour recueillir plus de soutien du secteur financier en faveur de l'Année Internationale du Microcrédit 2005 et de la reconnaissance de la microfinance comme partie intégrante du secteur financier à l'avenir.
Pour plus d'informations sur l'Année Internationale du microcrédit, veuillez visiter : www.yearofmicrocredit.org.
Par Kristin Duchateau, Agence de Développement Autrichienne, et Christian Holger Strohmann, UNIS Vienne
Kathryn Imboden, Conseillère en chef en politique, FENU
Le 2 juin, le Service d'information des Nations Unies (UNIS) de Vienne a accueilli un symposium sur " La promotion des partenariats mondiaux financiers " en l'honneur de l'Année Internationale du Microcrédit. La réunion s'est tenue en coopération avec l'Agence de Développement Autrichienne (ADA) au Centre Internationale de Vienne. L'objectif était de discuter des questions auxquelles font face les institutions de microfinance dans le monde développé et en voie de développement. Le symposium a offert un aperçu de l'utilisation de la microfinance comme un outil efficace pour atteindre les Objectifs de Développements du Millénaire dans le contexte du rapport du Secrétaire Général des Nations Unies In Larger Freedom et en préparation du Sommet des Nations Unies qui se tiendra en septembre. Les membres du comité et les participants ont également discuté des bienfaits de la microfinance dans différents environnements politiques et économiques, et ont élaboré des bonnes pratiques et des approches innovantes.
La séance du matin a été présidée par Franz Baumann, Sous Directeur Général du bureau des Nations Unies à Vienne (UNOV) alors que la séance de l'après midi a été présidée par Christian Strohmann, membre responsable de UNIS Vienne. Sur le thème de " La promotion des partenariats mondiaux financiers en faveur du développement " les délégués des agences gouvernementales, les activistes des organisations non gouvernementales et de la société civile, les représentants du secteur financier, des université, des média et le personnel des Nations Unies ont participé activement à la discussion sur des questions telles que l'innovation et la commercialisation, dans le but d'inclure tous les niveaux de la société au secteur des services financiers. Plus de 8O participants et six membres du comité représentant des organisations non gouvernementales, des fonctionnaires, des membres du personnel du Centre International de Vienne, et les média étaient présents au symposium.
Kathryn Imboden, Conseillère en chef en politique, Fonds d'Équipement des Nations Unies (FENU), a présenté l'Année Internationale du Microcrédit car elle a un lien avec des Objectifs de Développement du Millénaire, alors que Hermann Spirik, Directeur des Programmes et de la Planification de la Coopération au Développement au Ministère Fédéral Autrichien des Affaires Étrangères, a expliqué le rôle du gouvernement autrichien en tant qu'" acteur de niche " recherchant le développement de nouveaux produits financiers pour réduire la pauvreté. Friedhelm Boschert, Directeur du Conseil de gestion de Volksbank International Aktiengesellschaft a montré son soutien à la " démocratisation du crédit " et a expliqué que " un développement durable ne doit pas se faire seulement pour les pauvres mais avec les pauvres. " Hanns Martin Hagen, Vice Président et Spécialiste du secteur financier de KfW Entwicklungsbank, a parlé du rôle des banques de développement dans le soutien à la microfinance dans des zones en crise et sortant de conflits. Florian Grohs, Oikocredit International, a ensuite analysé le rôle des ONG dans la promotion des partenariats mondiaux en mettant l'accent sur les leçons tirées d'Europe du Sud Est et de l'Est. Mamadou Wane du Réseau de Solidarité Nord-Sud a expliqué comment la microfinance apportait son soutien aux jeunes dans son pays d'origine, le Sénégal, afin qu'ils créent leur gagne-pain et renonce à immigrer en Europe et aux États-Unis. Faisant suite à la discussion des membres du comité, le public a été invité à prendre part à une séance de questions et réponses.
Les participants ont été invités à participer à deux séances de séminaire. Le premier séminaire concernait la microfinance dominante et le second a traité des fonds d'investissement de la microfinance, incluant des sujets tels que " L'investissement éthique : un outil pour encourager les plus pauvres parmi les pauvres ". Pendant la séance de clôture, les participants au Symposium ont souligné que le " Plan Marshall Mondial ", une initiative européenne pour atteindre plus vite les Objectifs de Développements du Millénaire. Le plan engage les gouvernements à fournir un transfert des connaissances des banques commerciales vers les institutions de microfinance et à intégrer des outils financiers destinés aux pauvres dans les banques centrales et les banques commerciales.
En débattant de la microfinance en tant que secteur financier ouvert, les membres du comité ont abouti à la conclusion qu'il existait un besoin d'encourager ce secteur hors des sentiers battus : en créant de nouvelles institutions de microfinance, en incitant les banques commerciales à aller vers le bas et à s'adresser au micro-segment, en reliant les institutions de microcrédit avec les marchés des capitaux nationaux et internationaux, en transformant les ONG de crédit en des banques à part entière. Ils ont ensuite expliqué qu'un secteur financier ouvert devrait inclure la microfinance, la finance pour les PME (petites et moyennes entreprises), les marchés des capitaux et les banques centrales. Le comité a estimé que le transfert des connaissances du secteur des banques commerciales aux institutions de microfinance était nécessaire car il crée un fonds de risque sur la devise locale permettant de réduire le risque de change pour les institutions de microfinance.
Le Comité s'est entendu sur le fait que la microfinance pouvait jouer un rôle crucial dans les situations post conflits et après des catastrophes naturelles et pouvait servir de véhicule afin de garantir une couverture maximale des personnes touchées. Créer une concurrence dans des pays sortant de conflits fait baisser les taux d'intérêt et profite aux pauvres. Ils ont conclu que le dialogue entre les banques commerciales et centrales devait être encouragé car il conduit à une plus grande couverture et à une approche intégrée, surtout dans les zones rurales. Afin de promouvoir l'élaboration de secteurs financiers ouverts au niveau internationale, il est important de faire avancer le Blue Book du FENU et de l'UN-DESA, un projet concernant les défis de l'élaboration de secteurs financiers ouverts afin que des étapes concrètes soient effectuées pour que la microfinance fasse partie intégrante du système financier d'un pays.
L'intérêt général pour l'Année Internationale du Microcrédit 2005 continue à augmenter. De nombreuses initiatives sont en cours afin de satisfaire les objectifs de l'Année consistant à augmenter la sensibilisation à la microfinance et à élaborer des secteurs financiers ouverts. Toutes les initiatives entreprises par l'Année sont conçues pour encourager l'innovation et les partenariats stratégiques. Pour plus d'informations, contactez christina.barrineau@undp.org ou visitez notre site Web à l'adresse www.yearofmicrocredit.org.
Les Comités Nationaux
Une réponse sans précédent à l'exigence de la création de secteurs financiers ouverts est en cours d'élaboration grâce à la création de Comités Nationaux. Il est demandé aux États membres de créer des comités nationaux de coordination afin de faciliter les activités et de créer un dialogue sur les meilleures pratiques d'élaboration de secteurs financiers ouverts dans leurs pays. Chaque comité national évalue les défis auxquels font face les personnes démunies lorsqu'elles souhaitent avoir accès à des services financiers et décide des activités et des initiatives pouvant régler ces problèmes. Les facteurs clés qui sont soulignés tout au long de ce processus comprennent la diversité des membres et le partenariat, la créativité, l'efficacité de communication et de couverture, le degré de soutien gouvernemental, l'engagement du secteur privé et l'amélioration de le sensibilité de la population.
Jusqu'à présent, 90 pays présentant divers niveaux de développement ont promis de soutenir l'Année Internationale du Microcrédit. Des Comités Nationaux ou Points Centraux (Focal Points) ont été créés dans 46 pays, rassemblant des représentants de haut niveau de 35 gouvernements, 60 bureaux locaux des Nations Unies, 41 agences multinationales, 177 réseaux de microfinance, 13 banques centrales ainsi que des membres clés du secteur privé et de la société civile.
Dans chaque pays, le Comité National possède un degré élevé de souplesse dans les activités et les événements qu'il coordonne. Déjà des centaines de conférences et de séminaires ont été prévues tout au long de l'Année et 27 pays ont élaboré une campagne de sensibilisation formelle de la population pour atteindre même les régions les plus éloignées. Ces activités d'amélioration de la sensibilisation se concentrent sur l'introduction de services financiers de qualité destinés aux pauvres et aux personnes à faibles revenus et sont conçues pour atteindre un large public. De nombreux gouvernements réalisant les bienfaits de la microfinance ont lancé des idées innovantes en matière de promotion de l'Année.
Le Programme du Prix International du Micro-entreprenariat
En novembre 2004, le Prix International du Micro-entreprenariat (PIM) a rassemblé le monde entier et a mis l'accent sur les réalisations et a rendu hommage aux entrepreneurs à faibles revenus. C'est dans cet esprit que se poursuit le Programme du PIM 2005. Cette réussite écrasante de l'événement pilote de 2004 a conduit à une collaboration formelle entre Citigroup, les Nations Unies et les groupes d'étudiants de diverses universités à travers la planète connus sous le nom de l'Alliance des étudiants du PIM. Plus de 30 pays participent au programme de prix de cette année, rassemblant des milliers de clients de la microfinance, des étudiants, des professionnels des secteurs privé et public, des fonctionnaires supérieurs et du personnel de l'agence des Nations Unies. De même que lors du programme 2004, les bourses du monde entier ont également apporté leur soutien. Cette année plus de 30 bourses inviteront à nouveau des gagnants à sonner la cloche d'ouverture, à envoyer un signal encore plus fort au monde lui signifiant que l'élaboration de secteurs financiers ouverts peut jouer un rôle important dans la réduction de la pauvreté.
Les Équipes de Travail ont été créées pour organiser et coordonner un programme des prix spécifique à chaque pays. Les Équipes de Travail se composent de personnes sur place et hors du pays des secteurs privé et public, d'agences des Nations Unies ainsi que d'étudiants. La diversité de chaque équipe individuelle permet au concours d'être élaboré de façon à prendre en considération les nuances particulières des activités locales et de l'environnement économique.
Le projet du Blue Book
Lancé par l'Année et dirigé par le Fonds d'Équipement des Nations Unies et le Bureau de Financement du développement du Services d'Économie et des Affaires Sociales des Nations Unies, le Blue Book sur l'élaboration de secteurs financiers ouverts a utilisé le dialogue international entre une grande diversité d'experts pour répondre à la question suivante : " Pourquoi tant de personnes capables de négocier en banque ne bénéficient-elles pas de services bancaires ? ". Se déroulant tout au long de l'Année et culminant lors d'une réunion mondiale en mai, le résultat sera présenté à l'Assemblée Générale des Nations Unies en septembre et lancé officiellement le 8 novembre 2005 lors du Forum de l'Année sur l'élaboration de secteurs financiers ouverts.
Le projet relatif aux données
Bien qu'il existe un consensus général sur le fait que la microfinance est de plus en plus largement utilisée, il y a peu de données fiables sur qui la propose, sous quelle forme, qui en bénéficie et à quel prix. À l'automne 2004, l'Année a rassemblé un petit groupe de statisticiens et de chercheurs spécialisés des institutions de Bretton Woods et des Nations Unies et des gouvernements et du secteur privé pour remédier au manque actuel de données, anticiper sur les besoins futurs et se mettre d'accord sur le meilleur moyen d'avancer. Suite à ce processus novateur, la Banque Mondiale et de Service britannique du Développement International (DFID) a continué son action, avec la Banque Centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO), pour élaborer des indicateurs relatifs à la qualité de l'accès aux services financiers. Les résultats préliminaires seront publiés le 8 novembre 2005, au Forum de l'Année sur l'élaboration de secteurs financiers ouverts, première étape cruciale dans la collecte de ces informations vitales.
Les produits " Faits par des micro-entrepr
Une collection de 25 produits, portant le logo de l'Année, transmettront au public l'importance des micro-entrepreneurs et seront vendus dans une "boutique en ligne" sur le site Web. Les produits choisis représenteront les différentes régions du monde, des entrepreneurs hommes et femmes, des artisans jeunes et vieux, divers média ainsi que divers segments du marché. L'histoire du produit et de l'artisan sera racontée dans un dépliant remis lors de chaque achat du produit afin d'illustrer son lien avec la microfinance. Les Comités Nationaux et les organisations associées sont également invités à commercialiser et à vendre ces produits.
Le magasin en ligne possède actuellement des produits de Macédoine, de Colombie, du Rwanda et du Bangladesh. Le magasin cherche à ce que les dirigeants des institutions de microfinance, les entreprises et les célébrités associés s'engagent à promouvoir les produits.
La Newsletter
Microfinance Matters est une publication Web mensuelle du Fonds d'Équipement des Nations Unies lancée par le Secrétariat en janvier 2004. La newsletter s'adresse maintenant à plus de 6 000 abonnés directs et espère une circulation de plus de 10 000 exemplaires d'ici fin 2005. En plus de notre liste d'abonnés, la newsletter est également distribuées dans divers points de microfinance, touchant un lectorat supplémentaire estimé à plus de 50 000 personnes à travers le monde. Microfinance Matters s'appuie sur l'Année pour promouvoir des partenariats innovants, améliorer la sensibilité de la population et partager les pratiques et connaissances efficaces relatives à l'élaboration de secteurs financiers ouverts. En incitant les lecteurs à donner leur opinion, la newsletter offre également une plate forme de discussion et de débat. Jusqu'à présent, les collaborateurs vont des gouverneurs de banques centrales et des ambassadeurs à des clients de la microfinance.
Des projets de films et les annonces du service public
Le court métrage : " La microfinance : De leurs propres voix ", un ensemble de récits de clients produit par Sterling Van Wagenen pour l'Année Internationale du Microcrédit, a été distribués aux centres d'information des Nations unies et auprès de diffuseurs ciblés. Le film est demandé par de nombreux intéressés, y compris les Comités Nationaux, les organisateurs de conférence, des universités et autres afin de promouvoir les messages de la microfinance. De plus le Secrétariat a proposé sa participation à certains documentaires et productions télévisées sur la microfinance. Les films sur la microfinance produit pour l'Année seront disponibles sur le site Web de l'Année.
Des annonces du service public pour l'Année ont été tournées avec Aishwarya Rai, Anggun, Souad Maasi et Karina. Les annonces de Anggun ont été diffusées lors du concert Pavarotti and Friends à Johannesburg en Afrique du Sud, le 2 avril, devant un public de 20 000 personnes. Les annonces ont été réalisées par Citigroup et sont disponibles en anglais, français, espagnol et indonésien. Citigroup a convenu de distribuer les annonces au niveau international avec ses propres publicités. Les annonces du service public seront également distribuées via le site Web de l'Année, les fournisseurs de microfinance et les Comités Nationaux à travers le monde. Des plans sont en cours d'élaboration pour une campagne de promotion supplémentaire par des affiches, des cartes postales et des autocollants et pour assurer la présence d'autres célébrités afin de promouvoir les objectifs de l'Année.
Le groupe de parrainage
Les groupes d'émissaires et de porte paroles ont accru la sensibilisation aux objectifs de l'Année, à commencer par l'événement de lancement à l'automne dernier à New York. La Princesse Mathilde de Belgique a participé à un ensemble d'activités comprenant des visites à des clients de la microfinance en Chine, au Mali et en Inde ainsi qu'à des discours dans des universités en Europe, en Asie et aux États-Unis. La Princesse Maxima des Pays Bas a récemment rendu visite à des entrepreneurs, à des institutions de microfinance et à des représentants officiels du gouvernement et de la Banque Centrale en Ouganda et au Kenya. Anggun s'est engagée dans des voyages promotionnels en Indonésie, a donné des concerts de charité et a fait la promotion du logo de l'Année sur son dernier album.
Le site Web de l'Année du Microcrédit
Le site Web officiel de l'Année (www.yearofmicrocredit.org) fournit des informations détaillées sur l'Année, ses objectifs et ses activités, les coordonnées des Comités Nationaux ainsi que le calendrier des événements nationaux, régionaux et internationaux. Le site est destiné aux nouveaux venus dans le monde de la microfinance, aux spécialistes du secteur, aux équipes de travail et aux agences des Nations Unies et aux donateurs. Les organisations peuvent créer un lien vers le site Web (des indications sur la façon de le faire sont disponible sur le site). Le site comprend également de la documentation multilingue destinée à notre public international. Les domaines clés sont un calendrier des événements, des ressources médiatiques, une zone d'apprentissage interactif de la microfinance, un forum de spécialistes, les coordonnées internationales de toutes les équipes de travail de l'Année et des informations sur les principaux sponsors et groupes de parrainage.
Événements spéciaux
Des centaines de réunions de microfinance, de conférences, forums et autres événements sont organisés et prévu pour célébrer l'Année et élever le débat sur la façon d'améliorer les services financiers pour les personnes vivant dans la pauvreté. Veuillez consulter le site Web officiel de l'Année (www.yearofmicrocredit.org) pour la mise à jour du calendrier des événements et des activités.
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