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LE FONDS D'EQUIPEMENT DES NATIONS-UNIES Microfinance |
Numéro 15 / Août 2005 |
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La contribution du WSBI à la collecte de données sur une finance accessible :
L'histoire racontée par des fournisseurs Par Angéla Arévalo, Conseillère, Institut d'Épargne Bancaire Mondial [1] Dans le cadre de sa stratégie de contribution au débat sur l'accès à la finance et pour augmenter la sensibilisation au rôle des caisse d'épargne, l'Institut d'Épargne Bancaire Mondial (WSBI)[2] travaille à son propre effort en matière de collecte des données avec une perspective large.
L'importance des données
Que l'accès à la finance soit important pour la croissance économique, la réduction de la pauvreté et l'intégration sociale est largement reconnue et encouragé par la recherche universitaire. Un ensemble cohérent de preuves de recherche[3] montre que le développement financier est positivement associé à la croissance économique et à une meilleure répartition des revenus, les deux étant considérés comme des facteurs de réduction de la pauvreté. L'élaboration de systèmes financiers bien conçus et ouverts est donc cruciale pour réduire la pauvreté. Malgré l'importance de l'accès à la microfinance, il existe peu d'informations sur qui a accès, qui utilise effectivement les services financiers et comment les institutions financières proposent ces services. De plus, il n'y a toujours pas de cadre cohérent et largement accepté permettant d'identifier si l'accès dans un pays est sévèrement réprimé ou si il va vers une acceptation totale. Le manque d'informations sur le statut de l'accès et de l'utilisation des services financiers à travers le monde est considéré comme l'un des principaux obstacles à l'élaboration de secteurs financiers ouverts. Dans ce cadre, le WSBI soutient des initiatives de collecte et d'analyse des informations sur le statut de l'accès aux services financiers. Les membres du WSBI pensent qu'une meilleure vision des raisons de l'exclusion financière et la question du coût/bénéfice des banques essayant d'améliorer l'accès aux services financiers, conduira leurs opérations et stratégies vers des résultats plus efficaces dans l'élargissement et l'amélioration de cet accès. La contribution du WSBILe WSBI a déjà apporté une contribution majeure aux discussions relatives à l'évaluation de l'accès à la finance, avec son document "L'accès à la finance" présenté à l'occasion d'un conférence commune du WSBI et de la Banque Mondiale sur le sujet à Bruxelles fin octobre 2004.[4] Une deuxième étude est actuellement en cours, cependant ses principales découvertes peuvent déjà être annoncées et sont indiquées ci-après. La première étude a présenté des estimations sur le niveau de l'accès. Elle a révélé qu'environ 10 % de la population des pays industrialises était exclue du système financier et .qu'environ 80 % des personnes vivant dans des pays en voie de développement n'avaient pas accès à la finance. En ce qui concerne l'évaluation de l'accès à la finance, les auteurs ont identifié différents niveaux d'accès aux services bancaires dans différentes régions du monde lors de la première étude.[5] En identifiant l'équilibre entre la circulation des liquidités et les dépôts mobilisés, ainsi que la proportion des dépôts recyclés dans des prêts au secteur privé, ils ont trouvé que le niveau de l'accès pouvaient être représenté par trois étapes qui permettent la notation des pays en fonction de leur position dans cet éventail. D'un accès très réprimé, où il peut y avoir moins d'un compte pour dix adultes, en passant par une phase intermédiaire où entre une personne sur cinq et une personne sur trois possède un compte jusqu'à avoisiner un accès total où au moins la moitié de la population possède un compte. Quatre conclusions régionales ont vu le jour à partir de cet exercice :
L'engagement des caisses d'épargne sur la marché de la finance accessibleLa deuxième étude, qui est en cours de finalisation, analyse plus en profondeur les données en provenance des banques membres du WSBI afin d'améliorer la compréhension des dimensions quantitative et qualitative qui ont un effet sur l'accès. Elle demande : Combien de comptes y a-t-il par personne ou par ménage ? Existe-t-il une succursale à moins d'une journée de voyage ? Est-il actuellement possible pour les clients de fournir les documents nécessaires à l'ouverture d'un compte ? Est-ce que les charges absorberont toute la balance des comptes d'épargne en un an? Et surtout, l'étude cherche à donner un aperçu de la taille du marché de la finance accessible et d'illustrer le rôle des caisses d'épargne sur ce marché. Il est important de mentionner que puisque l'étude présente la perspective des fournisseurs, certains résultats peuvent être différents des résultats des sondages auprès des clients menés dans les pays en voie de développement. Aucune perspective n'est mauvaise. Seule la compréhension des points de vue de l'offre et de la demande conduira à des solutions plus cohérentes pour élargir l'accès. Les premières découvertes du travail ont donné des résultats révolutionnaires. Sur la question de la taille du marché de la finance accessible, on a trouvé que, suite aux premières estimations du CGAP qui avaient révélé l'existence de 750 millions de comptes accessibles,[6] qu'il y a plus de 1, 4 milliard de comptes accessibles. De plus, les caisse d'épargnes, y compris les caisses d'épargne postales, gèrent plus des trois quarts (au moins 1,1 milliard) de ces comptes accessibles. Les 300 millions de comptes restants sont fournis par des fournisseurs spécialisés en microfinance, des banques rurales et de développement, des unions de crédit et des coopératives. Ces résultats indiquent à la fois que le marché de la finance accessible est plus grand que personne auparavant ne l'avait pensé et que les caisses d'épargne sont des acteurs très importants de ce marché.
De plus; les résultats ont montré qu'il est peu probable qu'un pays atteigne un accès total à moins de posséder un environnement de caisses d'épargne très solide (voir tableau suivant). Dans ce domaine, la microfinance et les caisses d'épargne doivent être perçues comme étant complémentaires et non comme interchangeables. Les atouts des caisses d'épargne résident dans le traitement des prêts à petite échelle ainsi que dans l'offre d'une épargne et de services de paiement accessibles. Les spécialistes du microcrédit sont bons en ce qui concerne les prêts à petite échelle. Ces deux atouts peuvent se combiner pour obtenir un système financier local solide. Instantanés de l'accès : les institutions de microfinance, les caisses d'épargne et les banques commerciales
Il est inexact de penser que toutes les caisses d'épargne ne sont que des institutions d'épargne. L'étude a montré que dans le monde développe, les caisses d'épargne non postales recyclaient la moitié de leurs dépôts dans des crédits Le tableau ci-dessous montre la proportion moyenne d'épargne mobilisée dans différentes régions. Parts de l'épargne mobilisée pour le crédit par région (pour les caisses d'épargne non postales)
De plus, du point de vue des prêts, si l'on considère les portefeuilles de crédit dans leur ensemble, la taille moyenne des prêts des membres du WSBI en Amérique du Sud et en Europe Centrale est similaire aux schémas de la microfinance spécialisée, ce qui signifie qu'il existe vraiment un marché énorme. En ce qui concerne les coûts, les caisses d'épargne semblent avoir une meilleure productivité de leur personnel que les institutions de microfinance. Ceci peut être constaté en observant le nombre de comptes par employé. Les caisses d'épargne gèrent environ 900 comptes par employé, les institutions de microfinance peut être seulement 150. Certains de ces 900 comptes peuvent être inactifs mais pas à hauteur de 85 % qui serait nécessaire pour mettre les deux chiffres à égalité.[7] Enfin, et ce n'est pas le moins important, une caractéristique commune des banques à travers le monde est la maintenance de réseaux de succursales étendus, souvent dans des zones où les banques commerciales n'assurent plus de service. De plus, il y a des indications que le personnel des caisses d'épargne était aussi productif en dehors des centres urbains qu'au sein de ceux-ci, ce qui laisse à penser que les caisses d'épargne sont plus adaptables que les banques commerciales dans les zones rurales. Enfin, ces résultats offrent des informations à la fois encourageante et stimulantes pour le mouvement des caisses d'épargne, montrant que :
La raison possible de cela pourrait être que les comptes de caisses d'épargne sont accessibles mais créent des obstacles dans la façon dont les clients les utilisent pour les services les plus élémentaires. En d'autres termes, l'accès est disponible mais les gens n'utilisent pas les infrastructures actuelles. Cette conclusion est un vrai défi non seulement pour les caisses d'épargne mais pour le marché de la finance accessible en général. Comment pouvons-nous raviver les infrastructures actuelles et les adapter aux vrais besoins et attentes de la majorité de la population ? Pour les acteurs du marché, ceci n'est pas qu'une question sociale, en plus cela représente une grande opportunité commerciale.
(1) Cet article a été rédigé sur la base des resultants de deux etudes commandées par le WSBI. Les deux études ont eté menées par la Direction de Politique d'Oxford et rédigées par Stephen Peachety et Alan Roe.
(2) Le WSBI (Institut de Banques d'épargne mondial) est l'une des plus grandes associations bancaires et le seul représentant mondial des banques d'épargne et de détail. Fondé en 1924, il représente environ 1 000 intermédiaires financiers, y compris tous les membres du ESBG (Groupe des banques d'épargne européennes) Début 2004, les actifs des banques membres s'élevaient à plus de 300 milliards d'euros. Les membres du WSBI sont traditionnellement des banques d'épargne te de détail ou des association. Elles sont souvent organisées en réseaux décentralisés et proposent leurs services à travers toute leur région. Depuis des dizaines d'années, les membres du WSBI ont réinvesti de façon responsable dans leur région et sont un repère pour les activités socialement responsables à travers le monde. (3) cf. les divers documents de Beck, Levine, Demirgüç-Kunt et Loayza de la série Recherche politique de la Banque Mondiale. (4) WSBI Research Series, 'Access to Finance', By Stephen Peachey et Alan Roe, OPM, Oxford, Oct. 2004. (5) Cet exercice à partir de données a été fait pour 163 pays représentant 95 % de la population mondiale. Les données financières ont été extraites des statistiques financières internationales du FMI et associées au PBI, à la population et aux données relatives aux prix des indicateurs de développement de la Banque Mondiale afin de permettre des comparaisons des dépôts mobilisés par habitant. (6) CGAP, Document spécial No 8 - Financial Institutions with a double bottom line: Implications for the future of Microfinance, CGAP, Washington, 2004, p.1. (7) Il ne faut pas supposer que les comptes de dépôts et de paiements sont plus faciles à gérer que les comptes de prêts. Si l'on considère le cycle de voie de deux types de comptes (épargne et prêts), la production de prêts demande du temps et est plus chère mais en réalité elle nécessite moins de transactions une fois qu'elle est mise en place. D'un autre côté, les comptes d'épargne coûtent moins cher à produire lais peuvent demander plus d'attention dans le temps ce qui se traduit par plus de frais pour l'institution. |