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LE FONDS D'EQUIPEMENT DES NATIONS-UNIES Microfinance |
Numéro 13 / Juin 2005 |
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Au delà des remises de fonds :
La conférence du FMI et du WSBI met en avant les banques qui s'engagent socialement et l'intégration financière Par Norbert Bielefeld, sous-directeur, et Angela Arévalo, Conseillère, Institut des banques d'épargne mondiale
La conférence "Remise de fonds et intégration financière : Perspectives inter-régionales," organisée conjointement par l'Institut des banques d'épargne mondiale (WSBI) et le Fonds d'investissement Multilatéral (FIM) de la Banque de Développement Inter-Américaine les 19 et 20 mai 2005 à Bruxelles, s'est centrée sur l'objectif de favoriser les transferts d'argent des immigrés et d'obtenir un effet de levier sur l'impact positif sur les économies bénéficiaires. Les remises représentent un des produits de la microfinance les plus demandés par les clients modestes, en plus de l'épargne, du crédit et des assurances. Comme les remises représentent de l'argent privé envoyé de particulier à particulier, elles contribuent directement à alléger les manques de revenus des ménages qui en bénéficient. Ces flux financiers, que le WSBI estime atteindre environ 200 milliards de $ par an, sont une contribution extrêmement importante à la croissance et au développement. Ils jouent un rôle crucial dans le débat plus large de l'accès à la finance (ou à son manque) pour les immigrés et leurs familles et les communautés de leurs pays d'origine. Le défi pour les décideurs et pour le secteur financier est d'encourager les flux via le système financier formel encourageant ainsi le développement économique et offrant un accès à des services bancaires complémentaires à un grand nombre de personnes. Le rôle économique des remises est indéniable : ils représentent une formidable source de financement pour le développement et des investissements qui peuvent générer une croissance soutenue. Ils peuvent représenter une partie importante du PIB d'un pays, ils peuvent influencer directement la structure et la croissance des importations et des exportations ainsi que la rapidité du développement urbain ou rural. Ils affectent les modèles démocratiques, l'enseignement, la santé et les questions de sécurité sociale. Dès la séance d'ouverture de la conférence, il a été clairement expliqué que les remises de fonds n'étaient par de simples transferts d'argent mais concernaient "l'argent des gens". Donald Terry, Directeur du FIM, a indiqué que le nombre important de fonds transmis reflète malheureusement les mauvaises conditions économiques dans les pays bénéficiaires; les gens sont obligés de quitter ces pays pour chercher du travail, ce qui est souvent plus difficile lorsque l'on est loin de chez soi. La question est donc la suivante : comment les remises de fonds peuvent-elles être orientées en toute sécurité vers des activités productives, créant plus d'opportunités économiques à la fois pour les expéditeurs (qui souhaitent accumuler des capitaux dans leurs pays d'origine) et pour les destinataires (qui peuvent utiliser ces fonds pour créer un filet de sécurité grâce à l'épargne et aux investissements) ? Au cours de la conférence, les questions et les possibilités de solution suivantes ont été identifiées. Élaboration de principes générauxLa Banque Mondiale et la Banque des Règlements Internationaux travaillent avec les Banques Centrales, des organisations internationales et d'autres organisations de développement pour élaborer "Les principes généraux des remises de fonds internationales", dans un effort de création de normes et de principes de service mondiaux pour la protection du consommateur, la transparence et le comportement du marché. Connaissance et données relatives au marchéLes participants à la conférence ont souligné à la fois le besoin de données plus importantes et de meilleure qualité et les difficultés d'évaluation des flux de remises de fonds, convenant que la meilleure façon d'obtenir ces renseignements, bien qu'elle soit chère, était d'organiser des sondages auprès des ménages. En comprenant mieux la nature, l'origine et la destination des sommes, des politiques publiques appropriées et des incitations pour le marché qui peuvent être mises en place. L'accent a été mis sur un besoin de meilleurs chiffres en ce qui concerne l'Afrique et l'Asie. On a estimé grossièrement qu'il y avait plus de 175 millions d'immigrés (sans compter les immigrés nationaux) dans le monde à l'heure actuelle, qui aideraient plus de 500 millions de personnes. Inclure ces personnes dans le secteur financier signifierait une ouverture des systèmes financiers mondiaux à une échelle qui n'a jamais été vu avant. L'engagement des banquesIntégrer les immigrés au système financier ne veut pas dire exclusivement qu'il faille les intégrer au marché financier, cela signifie qu'il faut les intégrer à la société afin qu'ils puissent prendre des décisions en toute connaissance de cause au sujet de leur avenir, ce qui leur permettra de choisir des services financiers dans un environnement plus transparent et plus juste. Tout au long de l'histoire, les banques ont été quelque peu réticentes à faire leur entrée sur le marché des remises de fonds mais cela a rapidement changé ces dernières années. Par exemple, la banque d'épargne espagnole 'La Caixa' (Barcelone) a élaboré un programme de remises de fonds convaincue qu'une offre de services de remises de fonds ne serait que le début d'une relation client plus large avec les immigrés. Les remises de fonds sont simplement un point d'entrée : l'objectif est de faire avancer les clients immigrés sur la chaîne de valeur financière en adaptant des produits et en appliquant la technologie des avantages concurrentiels bancaires pour satisfaire leurs besoins. Le service d'épargne des membre de WSBI et les banques de détail ont présenté leurs expériences pratiques en offrant des services de remises de fonds pendant la conférence. Le message principal a été de dire que les remises de fonds constituaient le premier point d'entrée dans une relation avec de nouveaux clients qui sont souvent laissés au bord de la route du secteur financier. L'importance de l'élaboration d'alliances afin d'augmenter les conseils locaux, de rentabiliser les réseaux de distribution et d'utiliser des opérations rentables a également été soulignée. L'alliance de la Lloyds TSB (Royaume Uni) avec la banque indienne ICICI, celle de Caixa Economica Federal (Brésil) avec la Banque BCP (USA-Portugal) et celle de la filiale "Bravo" du groupe CECA (Confédération des Caisses d'épargne espagnoles) avec "Red de la Gente" de la BANSEFI (Mexique) ont été données en exemple de partenariats réussis. Pour ces banques d'épargne et de détail, le défi est clair : l'activité va au-delà des remises de fonds. En prenant en compte les tendances démographiques, elles envisagent d'élargir leur base clients et de la renouveler : La CECA reconnaît que presque 10 % de la population espagnole se compose d'immigrés, la Lloyds TSB admet que la communauté indienne au Royaume Uni augmente six fois plus vite que les autres communautés d'immigrés et la Caixa Economica Federal s'adresse au plus de 5 millions de brésiliens qui vivent à l'étranger. Les intervenants ont également fait part des problèmes qu'ils avaient rencontrés lors de la mise en place de leurs programmes. Deux défis principaux ont été identifiés : tout d'abord, comment satisfaire les besoins particuliers de chaque communauté d'immigrés en prenant en compte leur diversité, qui va des marocains, aux colombiens et aux chinois, dans le cas de la CECA. Le deuxième défi consiste à surmonter les barrières réglementaires et de conformité lorsque l'on travaille avec des plate formes multinationales. Les remises de fonds et la microfinanceLes services bancaires aux immigrés nécessitent de comprendre leurs besoins spécifiques. Les institutions de microfinance sont souvent bien placées pour offrir des services personnalisés à leurs clients et cela constitue un de leurs meilleurs avantages comparatifs du secteur. Le travail d'enseignement de la finance aux clients est aussi important. Pour rendre service à une clientèle du bas de l'échelle, les institutions financières doivent inspirer confiance dans le système. Les personnes démunies s'attendent à un aspect pratique, au respect, à la proximité et à une diversité de produits. Ils sont impatients d'épargner et d'investir dans des actifs qui sont importants pour eux comme le logement et l'enseignement. Les remises de fonds pourront passer par là comme l'ont montré les intervenants de la BANSEFI et de la Banque BCP. Convergence des intérêts publiques et privésLes participants ont cerné certains points de convergence entre les intérêts économiques et politiques. les acteurs publiques et privés travaillent pour des charges plus faibles et des coûts moins importants. Ils sont tous deux en faveur d'une plus grande concurrence et d'une augmentation de l'utilisation des canaux formels. De plus, ils sont tous deux intéressés par l'élaboration d'un marché équitable, tranquillisant les fournisseurs et créant donc la confiance. Les intervenants se sont mis d'accord sur les questions centrales qui doivent être traitées à la fois par le secteur publique et le secteur privé.
ConclusionEn guise de conclusion, Chris de Noose, Directeur du Comité de Gestion de WSBI, a suggéré de réfléchir au thème des remises de fonds et de l'intégration financière autour de trois mots : lieu, étendue et rythme Le lieu : Par des actions collectives comme cette conférence, les remises de fonds ont été placées, au cours des trois dernières années, au premier plan de l'ordre du jour des décideurs politiques et sont plus manifestes aux yeux des entrepreneurs. Il existe bien une place pour les remises de fonds dans les prévisions, les stratégies et les plans au niveau de la politique et de l'économie. L'étendue : L'étendue des remises de fonds doit être mieux définie. En effet, les remises de fonds ne sont pas de simples opérations de transfert entre un remettant et sa famille ou son pays d'origine. Très clairement, les remises de fonds englobe des gens et des fournisseurs de services appartenant à la communauté financière. Il s'agit là de l'étendue de ce sujet. Le rythme : Les participants au marché et les décideurs politiques doivent s'engager à travailler à un rythme plus soutenu pour transformer les remises de fonds en un outil de développement efficace. Pour plus d'informations, y compris sur les présentations et les discours qui ont eu lieu lors de la conférence, veuillez visiter : www.savings-banks-events.org/remittances/programme%20proceedings.htm |