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LE FONDS D'EQUIPEMENT DES NATIONS-UNIES    Microfinance

Numéro 16 / septembre 2005

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Note de la rédactrice — La microfinance et les Objectifs de Développement du Millénaire

Dans l'édition de Microfinance Matters du mois dernier, nous avons soulevé la question des de l'effet de la microfinance sur la réduction de la pauvreté et avons souligné les efforts actuels de collecte de données réelles sur le secteur. Mais nous ne sommes toujours pas satisfaits. Ce mois-ci, nous étendons cette réclamation à l'idée particulière que la microfinance aidera à atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire (ODM) : nous restons demandeurs de preuves tangibles démontrant cette théorie car nous avons vraiment envie qu'elle soit vraie.

Et soyons honnêtes. Les ODM pourraient bénéficier d'une aide immédiatement. Alors que nous avons remporté de nombreux succès, l'Afrique, par exemple, régresse terriblement - dans la grande détresse des gens qui vivent et meurent de cette tragédie chaque jour. Alors pourquoi ne pas mettre un terme à cela et utiliser tous les outils disponibles ? (et surtout un outil qui fonctionne au niveau de l'individu et évite le bourbier directif). Bien que le rapport du Projet du Millénaire des Nations Unies Investir dans le développement mentionne la microfinance, ce n'est pas une caractéristique dominante des solutions proposées, et peut être que cela est de notre faute. Peut être que nous nous y sommes mal pris, comme certains des participants de ce mois-ci le suggèrent.

Notre invité est M. Salil Shetty, Directeur de la campagne des Objectifs de Développement du Millénaire (ODM), et nous offre un bon aperçu de la façon dont la microfinance est perçue dans le domaine plus vaste du développement. M. Shetty suggère que le secteur de la microfinance " commence à s'engager " et à " s'impliquer dans la lutte mondiale contre la pauvreté ". Comment ça ? Ne sommes nous pas déjà impliqués ? Alors que le secteur de la microfinance passe beaucoup de temps à parler de son rôle " crucial " dans l'éradication de la pauvreté, peut être devrions-nous porter un regard plus attentif sur les personnes à qui nous nous sommes adressés, il semble que nous nous sommes parlés à nous-mêmes.

Christina Barrineau, Conseillère technique en chef auprès de l'Année Internationale du Microcrédit a récemment co-écrit un guide du rôle de la microfinance dans les initiatives de développement actuelles, à commencer par le Projet du Millénaire des Nations Unies à l'attention des lecteurs. Elle suggère une reconceptualisation de la microfinance et avance que la microfinance sera plus efficace dans sa contribution aux ODM lorsqu'elle sera traitée simplement comme la finance, bien que ses volumes soient moindres. Elle a ensuite lance un appel en faveur d'un abandon de la vision du développement comme étant une réduction de la pauvreté au profit d'une compréhension du développement et de la réduction de la pauvreté comme étant les résultats primordiaux de la création de richesses pour les pauvres.

Pendant ce temps, les actes du Sommet Mondial de 2005 qui s'est tenu du 14 au 16 septembre au siège des Nations Unies à New York, ont semblé offrir un certain espoir pour l'aventure maudit par le sort que vit la microfinance avec les ODM. Non seulement notre outil de réduction de la pauvreté favori tient bon afin d'être inclus dans le très contesté Document sur les Résultats, mais il a été approuvé lors de discours par des chefs d'état du monde entier, y compris par Mathieu Kérékou, Président du Bénin et Président influent des Pays les Moins Développés.

De retour à Washington, la Banque Mondiale recherche, et trouve, les preuves qu'elle recherchait sur le fait que le développement financier réduit la pauvreté, ce qui soutient l'idée que nous devrions arrêter d'essayer de prouver que la microfinance résoudra tous les problèmes du monde et commencer à traiter la microfinance simplement comme la finance. Asli Demirguc-Kunt, Directrice de Recherche en Finance, avance que le développement du secteur financier est un facteur crucial pour atteindre les ODM sur la base des nouvelles découvertes qui indiquent que la pauvreté diminue lorsque le crédit privé représente un fort pourcentage du PIB, alors que Stijn Claessens, Conseiller supérieur, convient que la finance a un impact profond sur la réduction de la pauvreté et ce que l'accès à la finance signifie vraiment.

En termes de soutien à la microfinance afin qu'elle ait les effets que nous espérons, dans ce cas qu'elle contribue aux ODM, le Groupe de Conseil d'Assistance aux Pauvres (CGAP) joue son rôle en demandant une meilleure utilisation de l'aide des bailleurs de fonds. Alexia Latortue et Tamara Cook, spécialistes de la microfinance, soutiennent qu'aucune somme n'aidera à atteindre les ODM si elle n'est pas dépensée plus efficacement, et l'initiative pour l'efficacité de l'aide actuelle du CGAP qui utilise la microfinance comme un test pour les autres secteurs de développement.

Pendant ce temps, la microfinance est de plus en plus reconnue sur le terrain en tant que stratégie de réduction de la pauvreté et il apparaît qu'elle est largement présente, dans 44 des 56 stratégies de réduction de la pauvreté nationales. Dans le cas de la Mongolie, le gouvernement a soutenu la microfinance en tant que méthode permettant de trouver une solution économique en faveur des pauvres et de la croissance, alors qu'au Kenya, la Stratégie de Reprise Économique se centre sur l'investissement du secteur privé avec un accent tout particulier sur la micro-entreprise.

Dans la discussion des Échos de la Microfinance de ce numéro, on a demandé à des membres de la communauté de la microfinance de donner des preuves tangibles du fait que la microfinance aide à atteindre les ODM, mais alors que la plupart des personnes interrogées ont dit qu'elles pensaient que la microfinance était un outil puissant, peu d'entre elles en ont fourni la preuve, perpétuant ainsi le type même des réclamations non fondées que nous essayons de justifier. Une personne interrogée a également évoqué l'argument irréfutable que peut être la microfinance et les ODM ciblaient des publics totalement différents.

Enfin, que la microfinance réduise la pauvreté ou non, qu'elle contribue aux ODM ou non, nous pouvons tous convenir que chacun, pauvre ou riche, mérite un lieu sécurisé pour conserver son argent ainsi qu'un accès sûr au crédit. Ce sont là des objectifs dans leur essence même.

Vanessa Ward
Rédactrice