Microfinance Newsletter Image of women working UNCDF logo 2005: Year of Microcredit
colorful bar

LE FONDS D'EQUIPEMENT DES NATIONS-UNIES    Microfinance

Numéro 16 / septembre 2005

Version imprimable (PDF)

     

Numéros précédents

Des comptes rendus depuis le terrain :

La microfinance joue un rôle important dans la stratégie de réduction de la pauvreté en Mongolie

Par Toshiya Nishigori et Jeremy Stone, FENU Mongolie

La microfinance en Mongolie





Avec la transition économique du début des années 90, la Mongolie a lancé d'ambitieuses réformes pour restructurer le système bancaire afin qu'il participe à une économie de libre marché. Cependant, la nature rapide de la transition et les faibles connaissances financières des clients mongols ont conduit à une crise bancaire au milieu des années 90 avec un taux d'échec des prêts atteignant 47 % et une vague de faillites des principales banques.[1] Au cours des années qui suivirent, le système bancaire a été profondément réformé avec des révisions cruciales de l'environnement juridique ainsi qu'une aide conséquente des organisations internationales. C'est au cours de cette période que la microfinance est née en Mongolie. À la fois méthodologie de financement direct pour les pauvres et alternative aux stratégies bancaires traditionnelles, la microfinance est rapidement devenue l'une des principales approches de réduction du taux national considérable de pauvreté de 36 %. [2]

D'après le dernier Passage en revue du sous-secteur de la microfinance en Mongolie publié par le Programme des Nations Unies pour le Développement (FENU), les sept dernières années ont vu une croissance significative dans le secteur de la microfinance. Il existe plus de 1 600 intermédiaires financiers traditionnels en Mongolie, ce qui représente environ pour 366 familles.[3] La couverture des prêts a augmenté avec 26 % de tous les ménages qui accèdent maintenant à une certaine forme de microcrédit, par rapport à 1 % en 1998. De la même façon, avec une augmentation du ration Dépôt/PIB de 19,9 % à 42,0 % au cours des quatre dernières années. Des améliorations notables ont également été apportées à la discipline du crédit, à la demande de produits et la confiance des consommateurs dans le secteur financier.

L'économie et la stratégie nationale de réduction de la pauvreté

Le secteur financier a repris, tous comme la croissance de l'économie de la Mongolie en général. Après une croissance volatile du PIB à la fin des années 90 et au début des années 2000 (du fait des variations des matières premières et d'une crise monétaire en Russie), le PIB de la Mongolie a rebondi pour atteindre un surprenant taux de croissance de 10,5 % en 2004. Alors que la plus grande partie de la valeur de l'économie se trouve dans les grands secteurs industriel et agricole, 96,1 % de toutes les entreprises immatriculées sont des micro-entreprises et des petites et moyennes entreprises (PME) qui fournissent plus de 80 % des emplois nationaux.[4]

Cela est également devenu une base naturelle pour la stratégie de réduction de la pauvreté en Mongolie. Avec l'adoption officielle de ses propres Objectifs de Développement du Millénaire (ODM) à atteindre d'ici 2015, le gouvernement de Mongolie a recherché une solution favorable à la croissance économique et aux pauvres. En conséquence, la Stratégie de Réduction de la Pauvreté et de Soutien à la Croissance Economique Mongole (SRPSCM), publiée en septembre 2003, a été élaborée avec l'objectif clair de soutenir la croissance des PME afin d'étendre le développement économique parmi la majorité de la population. De plus, en ligne avec l'insistance plus grande sur le développement du secteur privé, le SRPSCM met un accent particulier sur la microfinance, en déclarant que " des marchés qui évoluent, des revenus et des bénéfices des entreprises qui augmentent, des petites et moyennes entreprises non agricoles qui fonctionnent et des flux migratoires de la campagne vers les villes qui baissent sont impossibles sans services financiers accessibles ". En tant que telle, la microfinance va probablement devenir la clé de la croissance économique future et de la réduction de la pauvreté.

Le SRPSCM et la microfinance

En ce qui concerne la microfinance, le SRPSCM se centre sur l'amélioration de l'environnement juridique et réglementaire, le développement de la concurrence et une meilleure couverture (surtout des zones rurales). En termes d'environnement juridique et réglementaire, le SRPSCM encourage l'"intensification des réformes structurelles " qui ont permis l'élaboration des lois de réforme du secteur financier à la fin des années 90 et au début des années 2000. Cela inclut une plus grande privatisation des banques commerciales publiques ainsi que le renforcement des lois relatives à la recherche de garanties tout en amoindrissant les lois de licence et d'immatriculation pour la création d'entreprise.

Un autre changement de l'environnement commercial a été suggéré par un encouragement de la concurrence entre les intermédiaires financiers, ce qui pourrait être une façon d'élargir la couverture des zones rurales et des PME. Le SRPSCM est également explicite lorsqu'il prend position sur le fait que l'élargissement des services financiers traditionnels atteint un maximum d'efficacité grâce à une plus grande concurrence, et donc, qu'il faut mettre l'accent sur un plus grand rôle des institutions financières non bancaires (IFNB) et sur les Coopératives d'Epargne et de Prêt par des changements de la politique du secteur financier. De plus, des lois en matière des marchés des actions, de l'épargne et de l'assurance ont été proposées afin d'étendre la gamme des produits et services financiers possibles.

Enfin, le SRPSCM encourage le gouvernement à réorienter les priorités politiques vers les groupes de population les plus touchés par les catastrophes naturelles en élargissant les services bancaires aux zones rurales et en " développant les petites et moyennes entreprises ". Ce ton prévaut dans le document dans lequel le secteur de la microfinance est fait pour diversifier les prêts et les autres produits (par ex. les assurances) au bénéfice direct des populations et des autres propriétaires de PME rurales. Atteindre les plus pauvres, ceux qui sont les plus éloignés des centres financiers urbains est un point central de la stratégie de réduction de la pauvreté.

Le développement du SRPSCM

Afin d'intégrer la microfinance au SRPSCM, la Mongolie a adopté une approche intensive et participative. Le gouvernement de Mongolie a mis en place un groupe de travail se composant de divers participants y compris les ministres concernés, les dirigeants des principales institutions financières et d'autres. Ce qui est intéressant est que cette stratégie de développement relevait principalement du Ministère de l'Industrie et du Commerce, mais le Ministère de l'Aide Sociale et du Travail a joué un rôle actif en amenant les PME et en abordant des questions telles que la microfinance et l'emploi. Ensemble, les chefs des deux ministères ont collaboré à l'élaboration d'une stratégie qui pouvait utiliser les petites entreprises pour élaborer une approche macroéconomique de la réduction de la pauvreté. De plus, la Banque de Mongolie a utilise sa position de leader pour donner des recommandations au contexte juridique et réglementaire qui a également été intégré par les décideurs politiques.

En formulant ces stratégies, cependant, quelques défis sont apparus. La plus grande attention portée à la concurrence entre les intermédiaires financiers pourrait conduire à un point proche de la saturation du marché et pourrait éventuellement provoquer une surchauffe du secteur. Certains officiels du secteur bancaire avance qu'une concurrence excessive fait baisser la rentabilité nécessaire pour réinvestir dans de nouvelles offres de produits. Un autre défi concerne l'application des réformes juridiques. Bien que les nouvelles lois ont théoriquement renforcé les institutions financières, l'incapacité du système judiciaire à faire appliquer correctement les contrats et à poursuivre les contrevenants inhibe les effets positifs de ces lois sur le système de microfinance. Enfin, d'autres réformes pourront être nécessaires pour élaborer un appareil juridique qui soutiendra une croissance stable de la microfinance en Mongolie.

L'application du SRPSCM

La Mongolie a été assez agressive en abordant ces questions et en soutenant le rôle de la microfinance dans le développement des PME et la réduction de la pauvreté qui en résulte par l'application du SRPSCM. De nombreuses réformes juridiques concernant l'immatriculation des IBNF, les demandes légales de garantie et de licences commerciales ont donné des résultats tangibles. De plus, le Comité de Coordination de l'Année Internationale du Microcrédit nouvellement élaboré et le PNUD ont conjointement organisé un " Sommet National du Microcrédit et de l'Entreprenariat " en tandem avec le lancement mondial de l'Année. Cet événement a réveillé l'intérêt national et 1 400 participants nationaux et internationaux y ont pris part. De plus, le Sommet a créé un fort dynamisme pour renforcer la microfinance et l'entreprenariat afin de réduire la pauvreté. Par conséquent, le gouvernement de Mongolie a déclaré 2005 Année National de Promotion de la Microfinance et de l'Entreprenariat et a lancé un nouveau Programme Nationale pour soutenir les PME. Ces avancées positives continuent à renforcer le rôle de la microfinance dans la réduction de la pauvreté.

Les leçons tirées

Tous les acteurs du processus du SRPSCM, quel que soient leur passé et leurs intérêts, ont reconnu l'importance de la microfinance pour la réduction de la pauvreté. En observant les réalisations de la microfinance en Mongolie, les participants ont convenu de se centrer non seulement sur les questions financières du secteur mais aussi d'élargir le potentiel de réussite de la microfinance dans divers aspects du développement du secteur privé. La réussite future de la microfinance et de la réalisation de l'objectif 1 des ODM, la réduction de la pauvreté, dépendra de la coopération entre ces acteurs.

Les questions du prochain SRPSCM

Le SRPSCM actuel expirera en 2006 et une nouvelle vision de la réduction de la pauvreté en Mongolie sera nécessaire. Afin d'élaborer cette vision, il existe un besoin distinct d'évaluer l'impact de la microfinance sur la réduction de la pauvreté. Actuellement, il n'existe aucune donnée quantifiable sur le rôle de la microfinance bien que de nombreuses histoires de clients ayant réussi sont rapportées et cautionnent la réussite de la microfinance. Cela est particulièrement important car certains indices du taux de pauvreté ont légèrement augmenté en Mongolie au cours des cinq dernières années. Il est donc nécessaire de comprendre comme le crédit est utilise (c'est-à-dire, consommation face à amélioration des entreprises) afin d'évaluer les types de réformes ou d'encouragements qui peuvent être nécessaires pour utiliser le crédit au profit de la réduction de la pauvreté.

Une autre considération du SRPSCM concernera les réformes visant à réduire le coût des affaires pour les micro-entrepreneurs mongols. Alors que certaines politiques ont réussi en matière de licences commerciales, il peut y avoir encore plus de progrès dans l'enregistrement de la propriété, le démarrage et l'interruption d'une entreprise et les relations professionnelles qui réduiront ces coûts. Actuellement le PNUD et le gouvernement de Mongolie ont lance le programme Entreprise Mongolie qui se compose d'une série d'initiatives qui développe des capacités pour les entrepreneurs locaux et identifier des questions de politique qui peuvent améliorer l'environnement pour les micro-entreprises et les PME. À travers ce programme et d'autres, des ajouts au nouveau SRPSCM peuvent être faits pour responsabiliser les entrepreneurs et mieux utiliser des outils comme la microfinance pour réduire la pauvreté en Mongolie.




(1) Profil du pays : Mongolie 2004, Banque Mondiale

(2) Sondage d'évaluation du niveau de vie, 1998, Bureau Statistique National de Mongolie.

(3) Etude sous-sectorielle de la microfinance en Mongolie, 2005, PNUD, Mongolie.

(4) Annuaire statistique, 2004, Bureau Statistique National de Mongolie.