
Par Zachary Katz, Robert F. Wagner, École Supérieure du Service Public, Université de New York
Korpu Kollie a fuit vers le Ghana au plus fort de la guerre civil au Liberia. " Lorsque vous partez pour un pays étranger, vous partez les mains vides. C'était difficile ", a-t-elle dit au sujet de sa période en tant que réfugiée. Elle était impatiente de rentrer chez elle. Elle avait gardé à l'esprit l'épargne qu'elle avait accumulée pendant le Programme Local d'Assistance aux Entreprises (LEAP) avant la guerre et cela a peut être encouragé son retour. Elle avait créé "un petit marché " comme on dit au Liberia, en vendant du poivre et des produits séchés.
Lors de son rapatriement en 1999, Mme Kollie a commencé à emprunter pour développer son entreprise. Aujourd'hui, elle retourne volontiers au Ghana tous les mois pour acheter de la marchandise qu'elle vend sur son étal au marché. Elle a été la présidente de la banque de sa communauté depuis son retour et s'est engagée à améliorer sa famille par le biais de l'éducation, et sa communauté par le biais de l'organisation d'une association de crédit et d'épargne rotatifs hebdomadaire. Sue LEAP, Mme Kollie déclare : " Grâce au programme, je peux envoyer mes enfants à l'école. Grâce au programme, j'ai mon propre endroit où dormir. "
Il s'agit là d'une histoire courante de réussite de la microfinance. Au Liberia, cependant, cette histoire est inhabituelle. L'histoire de la microfinance, dans une large mesure, est le reflet de l'histoire général du pays. Les 14 ans de guerre civile ont grandement entravé le développement du secteur tout comme le développement général du pays a souffert. Les institutions de microfinance se sont effondrées, ont vu leurs opérations diminuer ou leurs clients s'enfuir.
La microfinance au Liberia
En 2004, le Fonds d'Équipement des Nations Unies (FENU) a décrit le secteur de la microfinance au Liberia comme " une étape naissante "[1] Le FENU estime que seul 10 % d'un potentiel de 82 000 clients ont accès à la microfinance.[2] Avec les trois quarts du Liberia vivant avec moins de 1 US$ par jour, la population attend désespérément les interventions. " Citoyens du Liberia ", nous avons besoin de la microfinance, déclare Malinda B. Joss, Directeur exécutif de l'Association pour le Développement des Femmes et des Enfants du Liberia (WOCDAL), une organisation locale possédant un peu plus de 100 clients de la microfinance. De nombreuses femmes ont perdu leur mari au cours de la guerre et sont maintenant les seuls soutiens de famille. La participation aux programmes de microcrédit est souvent le seul soutien extérieur qu'ils reçoivent. M. Joss croit que le WOCDAL les " aide à leur faire sentir qu'elles font toujours partie de la société ".
Alors qu'il est encore immature, le secteur a progressé depuis la création de la Mission des Nations Unies au Liberia et la sécurité que la mission a apportée. Deux institutions de microfinance assez importantes, soutenues par les ONG LEAP de L'Aide Mondiale et Liberty Finance du Comité Américain des Réfugiés, se sont réinstallées et essayent d'élargir la base de clients. Certaines ONG locales ont également commencé soit à se réinstaller soit à proposer des services. Nous espérons que d'autres suivront mais il existe des obstacles.
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) cherche à corriger cette situation avec son programme, le Lancement d'un Secteur Financier Ouvert au Liberia.[3] En juillet 2005, une équipe comprenant des représentants du PNUD, des institutions de microfinance, la Banque Centrale du Liberia et le Ministère de la Planification et des Affaires Économiques ont assisté au Programme de Formation Global à la Microfinance en Italie. Le programme du PNUD a également encourage la création du Réseau de Microfinance du Liberia, qui a maintenant un conseil temporaire et un certain nombre de membres.
L'autre obstacle principal est le manque d'une stratégie gouvernementale actuelle sur la microfinance dans le pays. Alors qu'un groupe spécial de microfinance a été récemment créé, avec les premières élections depuis la fin de la guerre, les questions de microfinance font face soit à une opportunité d'être défendues soit au risque d'être oubliées dans le brouillard de la nouvelle administration arrivant au pouvoir.
Le Prix International du Micro-entreprenariat
Dans ce contexte, le FENU, sous les auspices de l'Année Internationale du Microcrédit, a amené le Prix International du Micro-entreprenariat (PIM) dans le pays à un moment opportun de son histoire.[4] Prévue pour se dérouler seulement quatre semaines après les élections d'octobre 2005, on espère que la Cérémonie du PIM mettra en lumière la microfinance pour les nouveaux dirigeants du Liberia.
" Cela enverra un message aux autres " explique Joel K. Bimba, un étudiant de L'université Méthodiste Unie de Monrovia et membre du Comité étudiant pour le PIM. Les étudiants participants locaux ont eux-mêmes bénéficié d'une formation aux principes de la microfinance et espèrent que le PIM aidera à sensibiliser le gouvernement et le public à la différence que peut produire la microfinance dans la vie des gens. L'engagement des étudiants à l'égard du programme et la nouvelle compréhension de la microfinance seront l'un des héritages laissés au Liberia, un pays ayant peu de capacités dans la zone.
Comme le PIM est un programme mondial, le Comité d'Étudiants a travaillé pour garantir que le PIM au Liberia aurait une couleur caractéristique du Liberia. Derrière la catégorie du meilleur entrepreneur, deux catégories spéciales ont été choisies pour souligner la situation spécifique du Liberia. Les prix seront attribués à la personne qui fait le plus pour reconstruire sa communauté grâce à une augmentation des richesses ainsi qu'aux personnes revenues qui ont la meilleure entreprise.
La quatrième cérémonie des prix de novembre se déroulera un vendredi après une semaine de campagne publicitaire sur le PIM et la microfinance en général, et le Réseau de Microfinance du Liberia rejoindra cette campagne. Les institutions de microfinance du pays sont déjà en route pour le concours et ont remis leurs candidatures fin août.
Le Comité des Étudiants du PIM soumettra les 15 meilleures candidatures dans chaque catégorie au Comité de Sélection des Prix compose de membres des ONG et de la communauté médiatique ainsi que de représentants de la Banque Centrale du Liberia et du Ministère de la Planification et des Affaires Économiques. Le Comité de Sélection des Prix rendra sa décision finale sur ceux qui participeront aux grands prix. Les gagnants recevront des prix en liquide et chaque candidat remportera un petit lot tel qu'un grand parapluie qui leur permettra de rester au sec pendant la longue saison des pluies.
Aller de l'avant
Tous conviennent que le Liberia possède un potentiel énorme pour la microfinance. L'économie informelle est partout. Elle se répand dans chaque rue où les gens harcèlent les voitures qui passent avec leurs marchandises. En reconnaissant ce groupe comme une classe d'entrepreneur, Steven Ursino, Directeur National du PNUD considère la microfinance comme un outil permettant à la fois le développement de la personne et de la nation. " La microfinance a un rôle crucial " dit-il "dans " la création d'un environnement [pour ce groupe] lui permettant de passer du formel à l'informel ".
Et cependant la guerre est toujours fraîche dans les esprits de la population et dans le développement de la communauté. Cela a créé un environnement de prudence et les institutions de microfinance passent maintenant d'une allure tranquille à un rythme plus vigoureux. Le mauvais état des infrastructures en dehors du capital s'est également avéré être un obstacle important à l'expansion des services à l'intérieur du pays. Certains des pays les plus touchés par la guerre ne bénéficient pas de la microfinance du simple fait d'un manque d'accès. Aller dans les contés et responsabiliser les femmes pour qu'elles s'aident elles-mêmes est ce que Mme Kollie juge être le problème le plus urgent à régler. Lorsqu'on lui a demandé ce qu'elle voulait dire par le terme " responsabiliser ", Mme Kollie a mis un cube de bouillon de son étal dans les mains d'un visiteur et a demandé qu'on le lui redonne. Après l'avoir reçu, elle a dit "Maintenant vous m'avez donné la responsabilité de vendre cela. Pour moi - pour ma famille ". Elle a montré le cube et a déclaré : " Oui, je remercie Dieu pour LEAP. "
Quelles que soient les contraintes actuelles, le Liberia possède le potentiel de devenir un bastion de la microfinance et célébrer les Prix Internationaux du Micro-entreprenariat et les réalisations des pauvres comme Mme Kollie est une étape importante de ce processus.
Pour plus d'informations sur l'Année Internationale du microcrédit et le Prix International du Micro-entreprenariat et l'Année International du Microcrédit, veuillez visiter : http://www.yearofmicrocredit.org/pages/gma/gma_2005programme.asp
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