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Allocution de Bienvenue

par Richard Weingarten
Secrétaire Exécutif du Fonds d'Equipement des Nations Unies
Conférence des Nations Unies sur l'inclusion financière en Afrique

5 juin 2006
Dakar, Sénégal



Richard Weingarten

Excellence, Monsieur le Président, Honorables Ministres, Ambassadeurs, et Représentants des Agences de Développement, Honorables participants, Mesdames et Messieurs, et collègues :

Sur la lignée de Monsieur Albéric Kakou, Coordonnateur Résident des Nations Unies et Représentant Résident du PNUD, nous, au Fonds d'équipement des Nations Unies (FENU), transmettons nos remerciements au Gouvernement et au Peuple de la République du Sénégal pour leur accueil chaleureux et leur soutien à cette Conférence des Nations Unies sur le développement de secteurs financiers inclusifs en Afrique. Permettez-moi de remercier plus particulièrement Madame Marie Pierre Sarr Traoré, Ministre de la Microfinance et des Petites et Moyennes Entreprises. Je voudrais également remercier nos partenaires du PNUD et du FIDA ainsi que du SDC pour leurs contributions financières qui ont permis la réalisation de cette Conférence.

Au cours de mon allocution de bienvenue, j'expliquerai brièvement comment le FENU a décidé d'initier cette Conférence. Ensuite, j'expliquerai pourquoi la finance inclusive est importante en Afrique et comment faire pour y développer des secteurs financiers inclusifs. Je mettrai en évidence les objectifs et les résultats attendus de la Conférence, et je conclurai en identifiant les principaux défis que nous anticipons et les besoins auxquels nous ferons face durant et après la Conférence.

Permettez-moi aussi d'indiquer que le FENU en partenariat avec le PNUD est très fier d'avoir initié cette unique et très importante conférence. Cette Conférence est unique car à ma connaissance, c'est la première fois que plusieurs partenaires venant de 45 pays africains et 8 pays non africains comprenant des Ministères, des Gouverneurs de Banques Centrales, les partenaires au développement, les prestataires de services financiers et leurs Associations, ainsi que les représentants du secteur privé, se réunissent pour discuter, partager les expériences et approfondir leur background concernant la finance inclusive en Afrique. C'est aussi la première fois, à ma connaissance, qu'un groupe aussi prestigieux travaillera collectivement en vue de développer et certainement mettre en œuvre les principales recommandations et engagements visant à augmenter l'accès des services financiers et à renforcer les secteurs financiers en Afrique.

C'est aussi la première fois que la version finale et imprimée du Livre Bleu sur la construction de secteurs financiers inclusifs pour le Développement sera diffusée et discutée au cours d'une Conférence sur le Continent africain, et ce sera la première fois que la version provisoire du Blue Book Toolkit sera présentée pour une discussion élargie. Finalement la Conférence fournira à chacun d'entre vous l'opportunité de discuter et d'approuver la Déclaration de Dakar sur la construction de secteurs financiers inclusifs en Afrique. La version provisoire de cette Déclaration a été soumise durant les semaines passées à certains des participants à la conférence, et le document sera présenté à tout un chacun le mardi après-midi. Il constitue, nous croyons, la première Déclaration sur la finance inclusive en Afrique qui sera considérée et adoptée en Afrique lors d'un rassemblement de ce type.

Pourquoi le FENU a décidé d'initier cette Conférence

Plusieurs raisons ont poussé le FENU à organiser cette Conférence en Afrique sur la construction de secteurs financiers inclusifs.

1. Le Rôle, la Mission et le Mandat du FENU dans la construction de secteurs financiers inclusifs.

Avant toute chose, le FENU a une mission et un mandat unique au sein de la famille onusienne. Le FENU a été créé en 1966 en tant que Fonds d'Investissement destiné à aider à la réduction de la pauvreté dans les Pays les Moins Avancés. Le FENU apporte des appuis aux PMA à travers deux secteurs : le Développement Local et la Microfinance. Pour ce qui est de la Microfinance, l'objectif du FENU est d'augmenter l'accès au services financiers durables en faveur des populations pauvres et à faible revenus ainsi qu'aux micro et petites entreprises. Nous le faisons en aidant les pays à construire des secteurs financiers inclusifs, et ce en investissements directs dans les institutions de Microfinance émergentes. Nous sommes convaincus que ces activités contribuent à la création d'emploi, à la croissance économique, au développement humain, et contribue ainsi à la réduction de la pauvreté. Pour le PNUD, nous constituons leur expertise technique dans le domaine de la Microfinance et de la construction de secteurs financiers inclusifs. Nous travaillons actuellement dans 28 PMA, dont plusieurs se trouvent en Afrique. Au vu de ces activités, le FENU s'avère être le cadre naturel et approprié de la famille des Nations Unies pour organiser et abriter une conférence sur la finance inclusive.

2. L'Expérience du FENU en matière d'appui à l'Inclusion Financière en Afrique

Au cours de ces dernières années, Le FENU a acquis une expérience en travaillant avec plusieurs acteurs dans les pays africains en vue d'appuyer les stratégies nationales visant à construire les secteurs financiers inclusifs. Le FENU a également appuyé les parties prenantes à évaluer les contraintes liées à la construction de secteurs financiers accessibles à tous et s'est efforcé à développer l'appropriation nationale dans l'élaboration des stratégies nationales relatives à la construction des secteurs financiers inclusifs. Nous avons aussi travaillé à travers tout le continent pour promouvoir un changement de politique et mobiliser des ressources pour l'appui institutionnel et les investissements auprès d'une large variété de prestataires de services financiers. Nous travaillons par exemple actuellement à la construction de secteurs financiers inclusifs au Togo, à Madagascar, au Sénégal, en Sierra Leone, au Malawi, en RDC, et au Liberia.

Au niveau de la programmation, le PNUD et le FENU ont conjugué leurs efforts pour bâtir un programme régional pour l'inclusion financière en Afrique. Ce programme conjoint est connu sous le sigle BIFSA (construire des secteurs financiers en Afrique). Le but du BIFSA est de contribuer à l'atteinte des objectifs du millénaire pour le développement, en particulier à réduire la pauvreté de moitié d'ici 2015, par l'augmentation de l'accès à des services financiers pérennes en Afrique sub-saharienne. Le programme BIFSA prévoit d'appuyer plus de vingt pays africains d'ici 2010.

3. le FENU: Hôte et parrain de l'Année Internationale du Microcrédit et du Livre Bleu sur la construction de secteurs financiers inclusifs pour le Développement

Un processus de consultation mondiale a été mené Durant l'année 2005 en relation avec les défis et les contraintes liés à l'inclusion financière dans le monde. Cette consultation faisait partie de l'Année Internationale du Microcrédit pour laquelle le FENU était l'hôte et le parrain, en compagnie du Département des Affaires Economiques et Sociales des Nations Unies. Les gouvernements, les organisations de développement international, et une large variété d'institutions financières et d'institutions de microfinance, le secteur privé, les académiciens, et les membres de la société civile de plus de 100 pays ont participé à cette consultation mondiale. La Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, le Groupe Consultatif pour Assister les Pauvres, la Banque Africaine de Développement, la Banque Asiatique de Développement et plusieurs autres institutions de microfinance et développement dans le monde ont apporté leur contribution.

Le résultat de cette consultation mondiale est la Construction de Secteurs Financiers Inclusifs, également connu comme " Le Livre Bleu " en raison de son parrainage par les Nations Unies. Le Livre Bleu a été préparé comme un outil et un guide à l'usage des décideurs politiques qui recherche à construire des secteurs financiers inclusifs dans leurs pays. Le Livre Bleu propose une vision de la finance inclusive, évalue les différents facteurs limitants l'accès aux services financiers formels, identifie les défis majeurs des institutions de microfinance visant à accéder aux marché financiers, discutes les cadres politiques et le rôle du secteur public en matière de finance inclusive, aborde une variété de problèmes de réglementation et de supervision liés à l'inclusion financière, articule les principaux problèmes politiques et les options stratégiques que les décideurs politiques doivent faire face lorsqu'ils cherchent construire des secteurs financiers inclusifs, et décrit un processus que les décideurs politiques peuvent utiliser pour établir un dialogue national visant à élargir et à approfondir l'accès des pauvres aux services financiers.

Le Livre Bleu a été lancé le 17 janvier 2006 et est disponible ici aujourd'hui. C'est la première fois qu'on distribue en Afrique la version imprimée du Livre Bleu, en anglais et en français. Sur la base du Livre Bleu, le FENU a élaboré un kit d'outil spécialement adressé aux décideurs politiques qui travaillent sur les questions liées à la finance inclusive. Le Kit d'outil est appelé " Secteurs Financiers Inclusifs : un Compagnon pour l'Elaboration de Dialogue et Stratégie Nationale en Afrique ". Le Kit d'outil sera discuté durant cette Conférence dans sa version provisoire, de manière à ce qu'une large partie des partenaires engagés dans la construction de secteurs financiers puisse lui apporter sa contribution. Ce document important appuiera les décideurs politiques et autres parties prenantes au niveau national dans le processus de développement et de mise en œuvre des stratégies nationales et plans d'action relatifs à la finance inclusive.

4. Le changement de paradigme de la microfinance à la finance inclusive

Il y a une autre raison qui a décide le FENU à organiser cette Conférence. Plusieurs acteurs du développement et institutions financières croient que nous sommes au centre d'un changement de paradigme sur la microfinance à la finance inclusive, appui individuel aux institutions de microfinance (IMF) à la construction de secteurs financiers inclusifs. Les Finances Inclusives reconnaissent qu'un continuum des prestataires de services financiers travaille selon leurs avantages comparatifs à servir les pauvres et les populations à faibles revenus et les micro et petites entreprises. Construire des secteurs financiers inclusifs comprend mais ne se limitent pas au renforcement de la microfinance et aux IMFs.

Ce changement de paradigme implique que nous ayons une compréhension claire et commune des principaux concepts que nous utilisons. Nous définissons la microfinance comme les services financiers visant les segments inférieurs du marché. Les services fournis englobent le crédit, l'épargne, les transferts de la diaspora, les transferts de fonds et l'assurance. Une institution de microfinance est définie comme un prestataire de services financiers qui est spécialisé en microfinance. Fondamentalement, la microfinance est une provision de services financiers aux clients qui sont exclus par les banques qui servent le secteur plus riche du marché. La microfinance est aperçue récemment comme un élément important de l'inclusion financière du fait qu'elle touche plusieurs personnes et entreprises qui n'avaitn précédemment accès aux services financiers.

Un secteur financier inclusif, de l'autre côté, est défini comme un secteur financier qui offre une gamme de services financiers à l'ensemble de la population active d'un pays. Un secteur financier inclusif est caractérisé par (i) la compétition entre les prestataires de services financiers, (ii) une gamme diversifiée de prestataires de services financiers, (iii) la viabilité vis-à-vis de l'accès permanent aux services financiers, et (iv) l'environnement légal et réglementaire qui sont construit pour garantir l'intégrité du secteur financier et l'accès aux services financiers.

La Commission pour l'Afrique et la Déclaration de Bruxelles identifient la finance inclusive comme un moyen important et économique pour promouvoir et assurer la croissance économique et l'amélioration des niveaux de vies dans les pays relégués au plus basse échelle des revenus. Le rapport final du Projet de Développement du Millénaire identifie également la fiance inclusive comme une des stratégies de développement les plus efficaces et les plus pragmatiques au niveau national qui devraient être mise en œuvre et appuyés pour atteindre le but de réduire la pauvreté mondiale par moitié en 2015.

Le consensus de Monterrey met également en exergue la contribution qu'une gamme d'institutions financières peut apporter dans la provision de services financiers au développement de l'entreprise et appelle les acteurs publics et privés à travailler ensemble pour donner à tous l'accès aux services financiers. De plus, Le Libre Bleu, le Livre Rose du CGAP sur la Construction des Systèmes Financiers Inclusifs et le nouveau livre du CGAP (Accès pour Tous) reconnaissent tous l'importance de l'inclusion financière comme un outil de réduction de la pauvreté, encourageant la croissance économique, et l'appui au développement humain.

Thus, there is a general consensus in the development community that achieving large scale outreach of financial services on a sustainable basis is a critical development goal. Further, it is now generally recognized that microfinance should be an integral part of the broader financial sector. In that sense, the sector development approach to financial inclusion which we will consider for Africa in this Conference is a timely and important subject.

Ainsi, il y a un consensus général au sein de la communauté de développement suivant lequel l'atteinte d'une large portée de services financiers sur une base viable est un but de développement crucial. De plus, il est maintenant généralement admis que la microfinance devrait faire partie intégrante du secteur financier global. Dans ce sens, l'approche sectorielle du développement pour l'inclusion financière qui sera considérée pour l'Afrique lors de cette conférence est un sujet d'actualité important.

Construire des Secteurs Financiers Inclusifs en Afrique

Il apparaît désormais clair, et nous sommes tous conscients que pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement à l'horizon 2015, l'Afrique devra enregistrer un taux moyen de croissance économique au dessus de 8%. De nombreux plans d'action, déclarations et initiatives accompagnent et soutiennent l'Afrique dans ses efforts de développement. Ceci comprend, sans être exhaustif, la Commission Blair pour l'Afrique, le Programme d'action de Bruxelles et les Objectifs du Millénaire pour le Développement. De plus, permettez-moi de souligner le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique dans la mesure où il constitue un cadre endossé par les dirigeants Africains et leur Organisation au niveau du Continent, et aussi parce qu'il met l'accent sur le rôle important de l'accès à la finance pour la croissance.

Le Secteur Financier en Afrique demeure Exclusif et Faible

Malgré les activités entreprises par les Pays Africains pour l'appui au renforcement et à l'élargissement de leurs secteurs financiers, ces secteurs demeurent exclusifs et relativement faibles.

En Afrique, notamment, plus de la moitié de la population (environ 300 millions de personnes) vivent dans une extrême pauvreté. Seulement 4% environ de la population possèdent un compte en banque, et le nombre de dépôts bancaires par personne est très en dessous de celui d'autres régions. En plus de cela, seulement 1% des africains a obtenu un prêt ou une autre de crédit provenant d'une institution financière formelle, et le nombre de prêts par personne s'avère inférieur à celui des autres régions du globe. D'une manière générale, les institutions de microfinance en Afrique n'ont pas connu un développement durable aussi rapide que celles d'autres régions du monde, et le nombre et la portée des IMF en Afrique sont encore très en dessous de ce qui était nécessaire pour fournir à tous une offre approprié de services financiers. De plus, l'environnement légal, politique et réglementaire en Afrique freine trop fréquemment, plus qu'il n'encourage, l'inclusion financière et l'infrastructure des services financiers. Cet environnement se révèle trop souvent inadéquate pour permettre la fourniture efficace d'une large gamme de produits et services financiers. Par ailleurs, les marchés de capitaux en Afrique ne sont pas assez développés et la plupart du temps, ils ne peuvent pas fournir les capitaux nécessaires pour développer des institutions financières solides et pérennes pour financer les activités économiques.

Pour ces raisons, le FENU se concentre sur les questions et défis qui s'intéressent à la construction de secteurs financiers inclusifs en Afrique. L'attention que nous portons à cette question découle également de notre mandat unique eu égard aux PMA, et nos investissements actuels et futurs en Afrique, ainsi que nos expériences en matière de Microfinance et Développement Local accumulées depuis plusieurs années.

C'est dans un tel contexte que cette Conférence de Dakar devra prendre en considération les problèmes de développement du secteur financier en Afrique. Elle devra placer ces questions au centre du cadre analytique établi dans le Livre Bleu. Elle constituera, de ce fait, un grand forum de discussions entre divers partenaires afin d'analyser, de manière approfondie, les défis, contraintes et opportunités relatifs à la construction de secteurs financiers accessibles à tous en Afrique. Essentiellement organisée par et pour les Africains, la Conférence de Dakar va se focaliser, en priorité, sur les expériences accumulées jusqu'ici et sur les enjeux de la finance inclusive en Afrique, tels qu'identifiés et perçus par les décideurs et praticiens aujourd'hui actifs dans les marchés financiers africains et dans le développement des secteurs financiers.

Le Processus de construction des stratégies nationales pour l'inclusion financière

La finance inclusive reconnaît qu'un continuum de prestataires de services financiers oeuvrent sur la base de leurs avantages comparatifs pour servir les personnes pauvres et à faibles revenus ainsi que les micro et petites entreprises. La création de secteurs financiers accessibles à tous inclut, sans s'y limiter, le développement de la microfinance et des IMF. En se basant sur ses avantages comparatifs et la demande des clients, chaque prestataire de services financiers va développer une niche appropriée.

Les stratégies nationales pour l'inclusion financière constituent des instruments d'application de l'approche sectorielle de développement dans un pays donné afin de construire un secteur financier inclusif. Les stratégies nationales sont des instruments qui permettent de progresser à partir des principes politiques et de la vision à la mise en œuvre des mesures concrètes et en dernier ressort pour faire des investissements dans une gamme de prestataires de services financiers et dans l'infrastucture financière.

La définition de la stratégie nationale dépend du contexte national, incluent des étapes pour le développement du secteur financier et le sous-secteur de microfinance. La définition implique la promotion, le renforcement, l'expansion, la consolidation et l'intégration du secteur financier inclusif. Dans ce sens, il n'y a pas de solutions nécessaires, mais plutôt des conditions favorables pour un processus de développement d'une stratégie plus profonde et étendue.

La définition de la stratégie nationale dépend du contexte national, qui tient compte du niveau de développement du secteur financier et du sous-secteur de la microfinance. Cela peut exiger la promotion, le renforcement, l'expansion, la consolidation et l'intégration du secteur financier inclusif. Une stratégie nationale couvre les aspects politiques ainsi que les considérations opérationnelles. Ces deux piliers permettent de s'assurer que les considérations politiques sont en fin de circuit traduites en actions concrètes. Une politique nationale sans un scénario pour sa mise en œuvre entraîne une perte d'élan. Ces aspects opérationnels permettent de s'attaquer aux contraintes et offrent des opportunités d'investissement au travers des actions concrètes. Ils permettent également d'accroître le sens de responsabilité, la conscience, la concurrence, ainsi qu'une meilleure allocations des ressources.

Les stratégies nationales sont des opportunités pour engager une gamme d'acteurs locaux qui sont les plus importants dans le processus. Il est ainsi donné aux praticiens les moyens de constituer une force de proposition. Les Gouvernements, la société civile, les universités, les bailleurs, et le secteur privé devront faire partie du processus à acteurs multiples. Les intervenants au niveau du pays sont engagés dans une discussion collective qui aboutit à des nouvelles stratégies nationales renforcées pour l'élaboration des secteurs financiers inclusifs pour le développement. L'appropriation par les nationaux est cruciale pour la mise en œuvre et le succès de la stratégie nationale. A travers cette participation à acteurs multiples, les décideurs politiques sont à même de construire un consensus entraînant la référence à la stratégie nationale en tant que cadre général à l'intérieur duquel les investissements du secteur financier devront être considérés.

Les stratégies nationales offrent une occasion pour un processus d'apprentissage. Avec les acteurs locaux au centre, les acteurs globaux peuvent leur apporter l'expérience tirée des autres contextes tout en apprenant des acteurs locaux dans le contexte d'un pays donné. Dans chaque pays, l'élaboration de stratégie nationale offre aux parties prenantes l'opportunité de développer et de partager une vision commune de la finance inclusive. Partager une vision commune signifie la prise en considération de deux intérêts fondamentaux : intégrer de la microfinance au sein du secteur financier dans son ensemble et en même temps préserver les spécificités de la microfinance (les dispositifs de fourniture de services, les types d'institutions, la nature du risque). En tout état de cause, une stratégie devrait se focaliser sur la meilleure façon de répondre aux besoins des clients pauvres et à faibles revenus, à travers une diversité de prestataires de services financiers.

Une stratégie nationale pour l'inclusion financière, doit être en relation directe, et être vue comme une part importante du plan de développement du secteur financier du pays. Elle doit également être retenue comme un élément crucial de la stratégie de réduction de la pauvreté et de ses efforts dans l'atteinte des OMDs (Objectifs du Millénaire pour le Développement). Par exemple, les stratégies nationales pour l'inclusion financière exigent la prise en compte de programmes tels que le FSAPs (Programme d'Evaluation du Secteur Financier), les PRSPs (Plans Stratégiques pour la Réduction de la pauvreté), ainsi que les OMDs (Objectifs du Millénaire pour le Développement). Les travaux et exercices de diagnostic, de mise en œuvre ainsi que les plans d'investissements devront être mutuellement profitables pour les uns et les autres.

La grande diversité des parties prenantes - avec un rôle important dévolu au gouvernement et aux autorités de réglementation- peut contribuer à construire cette vision partagée en vue de développer et de mettre en œuvre une stratégie nationale. Les stratégies adossées aux collectes de données et recherches entreprises dans le contexte national permettent de définir des politiques pertinentes qui conviennent à la situation particulière de développement du secteur financier du pays considéré, et de participer à la promotion de son caractère inclusif.

Cependant, les attentes et la vision nationale d'une finance inclusive doivent être réalistes. L'établissement d'un consensus demande du temps si plusieurs acteurs sont engagés. La mise en œuvre et l'investissement prennent du temps également. A ce jour, l'expérience du FENU suggère une période couvrant au moins quelques années, et un processus constituées par trois étapes : (i) Réaliser une évaluation du secteur financier, (ii) œuvrer à travers un processus ouvert, participatif à acteurs multiples pour développer une politique, une stratégie et un plan d'actions national pour construire un secteur financier inclusif, et ensuite (iii) mettre en œuvre ce plan d'actions, toujours en vue d'atteindre les objectifs d'investissements requis pour une gamme variée de prestataires de services financiers.

Objectifs de la Conférence et Résultats Attendus

Etant donné le contexte que j'ai présenté, cette Conférence est destinée pour atteindre plusieurs objectifs et résultats majeurs.

Les objectifs attendus sont les suivants :

  • De diffuser et discuter les recommandations du Livre Bleu dans le contexte africain ;

  • De partager les expériences vécues dans la construction de secteurs financiers accessibles en Afrique et de tirer les premières leçons de ces efforts ;

  • De discuter des défis majeurs à relever, des contraintes et opportunités pour l'expansion de l'accessibilité aux services financiers en Afrique dans les cinq années à venir ; et
  • D'offrir une tribune aux organisations du système des Nations Unies, des Institutions de Bretton Woods et autres agences de développement, aux bailleurs et aux participants du secteur privé pour exprimer leur point de vue sur la meilleure manière de renforcer les secteurs financiers et d'accroître l'effectivité de l'aide dans la construction de secteurs financiers accessibles à tous en Afrique.

Les résultats attendus de la Conférence sont les suivants :

  • Une meilleure compréhension de l'expérience, des enjeux et défis concernant l'inclusion financière en Afrique ;

  • Une impulsion accrue, au plan national et régional, de la construction de secteurs financiers accessibles à tous par le développement des stratégies nationales et des plans d'action et leur mise en application ; et

  • L'approbation d'une Déclaration dite de la Conférence de Dakar, sur les défis majeurs, les contraintes et opportunités relatifs à la construction de secteurs financiers accessibles à tous en Afrique. Cette Déclaration constituera une opportunité importante pour tous les acteurs africains, bailleurs de fonds et partenaires pour s'engager à faire des secteurs financiers inclusifs une réalité à travers le Continent.

Les principaux défis de la Conférence

Nous espérons que cette Conférence se penchera sur les principaux défis suivants :

  • Disposer de données actualisées pour l'évaluation du niveau de l'inclusion financière ;

  • Obtenir des financements pérennes et prévisibles pour les personnes pauvres et à faibles revenus ainsi que les micro et petites entreprises pour lesquelles les activités agricoles et rurales jouent un rôle clé dans l'économie ;

  • Développer et mettre en œuvre des stratégies nationales pour l'inclusion financière dont se sont appropriés les nationaux ;

  • Etablir des liens entre la réduction de la pauvreté, les OMDs, le développement et l'accès pérenne aux services financiers ;

  • Utiliser la technologie et l'innovation pour réduite les coûts de transaction et améliorer l'expansion de services financiers à travers le Continent ;

  • Impliquer le secteur privé, en particulier les institutions financières du secteur privé dans l'élaboration et la mise en place de stratégies nationales pour l'inclusion financière ;

  • Fournir une infrastructure appropriée de services financiers, et les services d'appui aux entreprises, afin d'assurer l'accès durable à une gamme variée de services financiers au niveau local ;

  • Mobiliser des ressources suffisantes et des fonds d'investissement pour faire de l'inclusion financière une réalité partout en Afrique ; et

  • Construire et institutionnaliser des cadres légaux et réglementaires appropriés pour les secteurs financiers inclusifs aux niveaux national et régional.

Je suis confiant, que par la solide expérience et la renommée des intervenants, panélistes, et participants qui seront avec nous durant ces deux jours, la Conférence sera couronnée de succès et constituera une étape significative dans notre travail de longue haleine en vue de la construction de secteurs financiers inclusifs en Afrique.

Conclusion

Pour conclure, le FENU est persuadé que cette Conférence constituera une étape importante pour avancer vers la réduction de la pauvreté en Afrique, et soutenir les pays africains dans leurs efforts pour l'atteinte des objectifs du Millénaire pour le Développement Cela aidera dans la prise de conscience sur l'importance de la construction de secteurs financiers inclusifs en Afrique. J'espère également qu'un consensus pourra se développer au niveau du Continent sur le fait qu'il est recommandé et bénéfique d'élaborer et de mettre en œuvre des stratégies nationales et des plans d'actions pour l'inclusion financière. J'espère aussi que d'ici la fin de la Conférence, nous approuverons la Déclaration de Dakar pour démontrer notre engagement en vue de renforcer l'accès durable aux services financiers à travers le Continent.

Le FENU est profondément heureux et honoré d'avoir un si grand nombre d'entre vous, en tant que distingués représentants de Gouvernements , agences de développement, institutions de Microfinance, ONG, Universités, entreprises du secteur privé, et toutes autres entités. Nous espérons que vous trouverez cette Conférence utile et à la hauteur des défis. Nous sommes impatients de travailler en étroite collaboration avec vous durant les prochaines années, pour qu'ensemble nous puissions construire des secteurs financiers inclusifs en Afrique.

Je vous remercie.

Site web de la conférence