Une collectivité d'une zone reculée d'Éthiopie assure son approvisionnement en eau de manière durable
Le FENU renforce les capacités de planification, d'établissement de budget et d'entretien et fournit une aide financière pour la construction
Seuls 30 % de la population de la Zone nord de Gonder (Éthiopie) ont accès à une eau sûre pour leurs besoins quotidiens. Photos Adam Rogers/FENU.
Des membres du kebele (sous-district) de Kokit, près de la frontière du Soudan, se réunissent pour discuter d'un projet communautaire d'approvisionnement en eau.
L'ancien système de collecte de l'eau : les villageois devaient chercher l'eau dans un grand réservoir qui se remplissait grâce à un moteur diesel pompant l'eau de la nappe phréatique.
M. Gibtsu Sisay, Président de la Commission pour le développement de Kokit, devant un nouveau réseau d'approvisionnement en eau qui doit alimenter six points différents dans tout le sous-district de Kokit.
M. Yohannes Mulu, chef comptable au Conseil général de Metema, s'entretient de la comptabilité et du budget avec M. Afework Fekadu, coordonnateur du Fonds de développement de Warenda. L'aide à l'établissement du budget et à la comptabilité est un domaine essentiel de l'appui du FENU au développement local en Éthiopie.
KOKIT, METEMA: Gibtsu Sisay est le Président du Comité d'administration du kebele de Kokit, qui fait partie de la commune de Metema dans le nord de l'Éthiopie, à la frontière avec le Soudan. C'est une région extrêmement sèche, pauvre et très peu peuplée.
Le but de ce comité, composé de neuf membres, est de s'occuper du bien-être de la collectivité, de réunir des fonds pour le développement et de planifier et mettre en place des services et des équipements. Les membres sont choisis par le Conseil de Kokit, un organe plus important composé de 200 personnes élues par la collectivité.
« Nous avons de nombreux problèmes, mais tout le monde à Kokit coopère pour les résoudre », a déclaré Sisay lors d'une récente réunion dans son village. « Chacun contribue à sa manière – que ce soit en travaillant ou en apportant quelques pièces – et ensemble, petit à petit, avec l'appui de l'administration régionale et de nos amis de l'étranger, nous progressons. »
Comme dans la plupart des régions arides du monde, l'eau est la priorité absolue, plus importante encore que l'assainissement, l'éducation ou les infrastructures routières. Les centres de soins et l'école sont considérés comme deuxième et troisième priorités. « Car sans eau, nous ne pourrions pas survivre », a dit Sisay.
Le dernier projet lancé par le Comité a pris des proportions bien plus importantes que prévu. Jusqu'à présent, le seul point d'eau qui alimentait cette collectivité de 9 000 habitants était un unique puits situé à trois kilomètres de la ville. Un moteur diesel pompait l'eau dans un aquifère et l'amenait jusqu'à un réservoir de 1 000 litres. Les habitants affluaient au réservoir chaque fois qu'il contenait de l'eau, transportant des bidons sur la tête ou de plus grosses cuves sur des charrettes tirées par des mulets. Ils les remplissaient et ramenaient le précieux liquide jusqu'à chez eux.
Grâce à une petite subvention du Fonds d'Équipement des Nations Unies, appuyée par un renforcement des capacités en matière de planification, de budgétisation, de contrôle et de mise en oeuvre des projets, le Comité a mis en place un système de distribution de l'eau avec six points d'accès dans les zones habitées. « Un petit soutien peut permettre de faire de grandes choses dans un endroit comme Kokit », a déclaré Yohannes Fitalo, chef comptable et responsable des finances au Conseil régional de Metema. « Les habitants font preuve d'énormément d'initiative et de beaucoup de volonté pour améliorer leur vie. Tout ce dont ils avaient besoin était d'un peu d'aide extérieure. »
Fitalo a expliqué que le Comité avait mobilisé 8 037 habitants de la collectivité (4 315 hommes et 3 722 femmes) pour creuser 15 kilomètres de tranchées, aider à installer les conduites d'eau puis les recouvrir. Un réservoir plus grand, d'une capacité de 10 000 litres, a remplacé l'ancien. Ils ont également collecté (et économisé sur l'argent de la redevance sur l'eau de l'ancien système) 60 000 birr (environ 17 000 dollars E.-U.) pour financer les coûts du projet, montant qui n'était pas couvert par les allocations globales du FENU et de l'Administration régionale. « Même les plus pauvres parmi nous ont contribué volontairement parce qu'ils savent à quel point avoir de l'eau est important », a-t-il déclaré.
Un gardien sera placé près de chacun des six points de distribution afin d'assurer le fonctionnement et la sécurité du réseau d'alimentation en eau. Il surveillera l'utilisation de l'eau et percevra une redevance minimale. Cet argent sera géré par le comité de développement et servira à assurer l'entretien du réseau.
Kokit n'est qu'un exemple parmi des milliers d'autres à travers l'Afrique où le FENU renforce les capacités des administrations locales pour qu'elles puissent assurer la fourniture d'équipements sociaux et économiques essentiels à leurs collectivités et améliorer leur dotation en ressources naturelles. Outre son appui aux gouvernements par un renforcement considérable des capacités, le FENU fournit aussi des subventions pour aider à financer la construction de projets d'équipement décidés par la collectivité, comme des écoles, des dispensaires et des marchés.
En Éthiopie, le FENU, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Bureau pour le développement financier et économique de l'État régional national d'Amhara, apporte une aide financière et technique aux administrations régionales de la Zone nord de Gondar, dans l'État régional national d'Amhara. Un des éléments essentiels de la stratégie éthiopienne visant à mettre fin à la pauvreté consiste à déléguer des pouvoirs aux régions, puis aux communes : cela permet de renforcer la responsabilité et la souplesse dans les services fournis, et de faire participer davantage les habitants de la région dans des prises de décision démocratiques sur des sujets touchant leurs moyens d'existence.
Le Fonds pour le développement, appuyé par le FENU, finance le renforcement des capacités de planification et d'établissement des budgets grâce à des allocations globales qui, complétées par des subventions du Gouvernement, permettent de respecter les priorités établies par l'administration locale et par les collectivités dans le processus de planification. Le type d'équipement varie en fonction des collectivités : à Kokit, c'était l'eau, alors que dans d'autres collectivités cela peut être des écoles, des dispensaires, des routes d'accès, des moulins ou des petits réseaux d'irrigation.
Afework Fekadu, Conseiller technique institutionnel sur le développement pour le Projet de développement local, a souligné l'importance de l'eau pour les habitants de la région. « Seuls 30 % de la population du nord Gondar ont accès à une eau potable relativement sûre », a-t-il déclaré. « De ce fait, l'approvisionnement en eau est souvent perçu comme prioritaire lors du processus de planification locale. »
Fekadu a ajouté que grâce au Projet du fonds de développement Woreda, initiative connexe achevée récemment, plus de 180 points d'eau ont été installés. « Pour chacun de ces points d'eau, nous avons formé des personnes à leur exploitation et à leur entretien. Grâce à cet effort, plus de 51 600 personnes ont maintenant un accès à une eau potable fiable, à une distance raisonnable qu'elles peuvent parcourir à pied. »
Pour tout complément d'information sur les programmes du FENU en Éthiopie, consulter : http://www.uncdf.org/ethiopia .




