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GOUVERNANCE LOCALE ET LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

L'expérience du FENU, du PNUD et de l'ACDI dans le Nord-Est d'Haïti









Carice/Mont-Organisé (HAÏTI) - 4 avril 2007: Plusieurs centaines d'habitants, de différentes collectivités du Nord-Est d'Haïti, ont pu augmenter et diversifier leur production et, ainsi, réduire sensiblement la pauvreté qui les affecte, grâce à une série d'initiatives mises au point dans le cadre d'un projet des Nations Unies d'appui à la gouvernance locale.

Mis en œuvre conjointement par le Fonds d'Équipement des Nations Unies (FENU) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le projet a été cofinancé par l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et le Gouvernement haïtien.

Son objectif premier est notamment d'aider à renforcer les collectivités locales pour leur permettre de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en Haïti. Quelque 200 000 habitants, sur environ 300 000 recensés dans ce département, bénéficient actuellement des retombées du projet.

«Cette expérience de gouvernance locale a montré que de microprojets peuvent avoir un impact réel sur les conditions de vie des populations et collectivités vulnérables quand celles-ci ont étayé le lancement des projets et ont été impliquées dans leur réalisation », a déclaré Joël Boutroue, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général et Représentant résident du PNUD .

Les bénéficiaires du projet, qui vivent dans plus d'une vingtaine de communes et de sections communales, ont également pu avoir accès à des services de base essentiels dont ils étaient longtemps privés, tels que l'eau potable, des soins de santé grâce à la construction de dispensaires et un meilleur écoulement des denrées locales grâce à la remise en état de r outes de désenclavement.

Les populations locales ont aussi accès à des unités de transformation agroindustrielle de fruits, de tubercules ou de grains, à des bâtiments administratifs et à des écoles de premier cycle fondamental qui ont été mis à leur disposition. D'autres activités, portant sur la restauration et la valorisation de l'environnement, ont eu des retombées alimentaires ou commerciales positives, avec notamment l'amélioration de la production d'ananas et de canne à sucre, mais également l'introduction de nouvelles variétés de mangues et d'agrumes ainsi que la remise en état de bassins de pisciculture.

Lancé en 2000, initialement dans quatre communes du Nord-Est frontalier (Carice, Capotille, Mont Organisé et Ouanaminthe), avec un financement du PNUD et du FENU, le projet a connu en 2005 une extension dans quatre autres communes (Mombin crochu, Ste Suzanne, Perches et Vallières) grâce à un financement de l'ACDI et du Ministère haïtien de l'intérieur et des collectivités territoriales (MICT). Les activités, dont les coûts s'élèvent à 5,5 millions de dollars, dureront jusqu'en 2010.

Une des leçons tirées par les partenaires de cette expérience montre que plus une population locale est impliquée à la base du processus de planification participative et stratégique, plus elle se l'approprie et développe son autonomie.

«L'implication de ces acteurs locaux dans le recensement consensuel de leurs priorités et la mise en œuvre des activités de développement démontrent clairement leur capacité de se prendre en charge, s'ils bénéficient d'un accompagnement institutionnel adéquat qui leur apporte les ressources techniques et matérielles complémentaires », a indiqué Joël Boutroue.

De son côté, Chantal Santelli, chargée de programme du FENU en Haïti, souligne « la démarche participative préconisée dans le cadre de ce projet, qui a permis d'impliquer les acteurs locaux, toutes catégories sociales confondues, dans les différentes phases du processus d'élaboration et de mise en œuvre de plans de développement locaux».

« Le problème, selon elle, est de pouvoir mobiliser les ressources nécessaires pour mettre en place des systèmes d'infrastructures locales et de s'assurer que les ressources allouées pour les dépenses publiques en faveur des démunis sont utilisées de manière effective.»

Les réalisations intangibles du projet sont autant d'acquis porteurs de changements durables que les infrastructures de base mises en place. Parmi ces acquis, de nombreuses sessions de formation dans les techniques de planification et de gestion du développement participatif ont été offertes aux acteurs locaux et plusieurs cycles de programmation de développement local ont été élaborés au niveau des 22 collectivités territoriales accompagnées (communes et sections communales).

Par ailleurs, les structures mixtes de concertation que sont les comités consultatifs communaux (CCC) et les conseils consultatifs des sections communales (CCSC), ont contribué au rapprochement des autorités locales et de leurs administrés dans la recherche de solutions à des problèmes collectifs. La participation et l'implication active des femmes ont mis en évidence la place qui leur revient dans le développement et la nécessaire promotion de l'égalité des sexes.

« Il ne fait pas de doute que les expériences conduites sur le terrain sont pleines de leçons qui pourraient contribuer à l'élaboration d'une politique nationale de décentralisation et de développement local », a indiqué pour sa part l'expert en gouvernance locale, Wilfrid Bien-Aimé, directeur national du projet.

Le ministre haïtien de l'intérieur et des collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, partage cet avis. « C'est une démarche participative prometteuse. L'intérêt est de voir comment ce qui s'est produit au niveau local peut se transformer en repères et nous inspirer dans le cadre de l'élaboration d'une politique nationale de décentralisation qui s'harmonise avec les priorités nationales et régionales. »

Le ministre s'exprimait en marge de l'inauguration, en mars dernier, de deux complexes administratifs, construits dans le cadre des activités du projet, à Carice et à Mont-Organisé, deux des communes touchées accompagnées.

Ces bâtiments, superbement érigés et meublés, arrivent à point nommé et justifient l'enthousiasme des populations de ces collectivités. Pour la première fois dans l'histoire de ces bourgs, les autorités locales, récemment élues, pourront siéger dans des espaces dignes de la mission que leur confie la Constitution de 1987. La loi mère du pays fait des élus locaux les administrateurs privilégiés des collectivités territoriales.

« Nous avons à Mont Organisé notre « Maison Blanche », plaisante le maître de cérémonies en guise d'appréciation. »

En plus des bureaux communaux, ces complexes abritent, sous le même toit, deux autres services publics : une annexe locale du service des impôts et un office de l'état civil.

« Enfin, nos dirigeants ne siégeront plus sous des tonnelles », lance une femme dans la quarantaine, l'air émue de joie. (Les tonnelles sont un assemblage de lattes en treillis servant parfois d'espaces de rencontres en guise de bâtiments publics.)

Ce projet conforte dans l'idée que le gros des initiatives de développement durable s'effectue au niveau local. Il est impératif de renforcer les structures de gouvernance locale de manière à les rendre aptes à traiter les questions de viabilité à terme de manière adéquate.

POUR PLUS D'INFORMATIONS, VEUILLEZ CONTACTER :

Port au Prince/ Haiti: Roromme Chantal, tel. +509-244-9361 à 65, email: roromme.chantal@undp.org .

Le PNUD est le réseau mondial de développement dont dispose le système des Nations Unies. Il prône le changement, et relie les pays aux connaissances, expériences et ressources dont leurs populations ont besoin pour améliorer leur vie. Nous sommes présents sur le terrain dans 166 pays, où nous aidons les populations à identifier leurs propres solutions aux problèmes nationaux et mondiaux auxquels ils sont confrontés en matière de développement. Pour renforcer leurs capacités, ces pays peuvent s'appuyer à tout moment sur le personnel du PNUD et son large éventail de partenaires.