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Coopération transfrontalière au Sahel: transformer les défis en opportunités

UNCDF, dans le cadre de son programme Initiatives Transfrontalières de Développement Local-LOBI, et en appui à la Commune de Dori, renforcera sous peu les dynamiques économiques transfrontalières à travers un appui concret au secteur de l’élevage dans les communes frontalières de l’espace IIRSahel.

Par la construction d’une d’infrastructure d’appui à la production, à la transformation et à la commercialisation des produits de l’élevage, UNCDF et ses partenaires techniques et financiers, rassembleront des citoyens de part et d'autre des frontières et mettront en place un circuit transfrontalier de circulation du cheptel avec des étapes communales matérialisées par des infrastructures de qualité, pouvant être utilisées mutuellement par les populations frontalières des pays concernés par IIRSahel (Niger, Mali, Burkina Faso). Parmi les infrastructures appuyées par le programme LoBI se trouvent une unité de fabrication d’alimentation pour le bétail, deux parcs de vaccinations, l’aménagement de couloirs transfrontaliers de passage entre le Niger et le Burkina Faso et un abattoir-séchoir. Ces futures infrastructures, qui s’insèrent dans la mise en œuvre de la convention de financement des projets pilotes entre UNCDF et la Commune de Dori ainsi que les plans de développement locaux, pourront à terme, améliorer la production des éleveurs et contribuer ainsi au développement de leur territoire.

Une unité de fabrication d’aliments au service de tous

UNCDF soutiendra la commune de Dori pour la mise en place d’un partenariat Public Privé permettant la construction d’une usine de fabrique d’aliments à bétail, évaluée à 600 millions de FCFA. Cela permettra aux autorités transfrontalières de gérer en commun le problème de l’insuffisance alimentaire pour les bétails qui impacte sur la capacité de production et donc les revenus des éleveurs. L’unité produira des aliments concentrés avec comme matières de base le Niébé, le Bourgou, l’Andropogon, le Maïs, le Soja traité et le Coton, qui permettront de diversifier les sources de compléments alimentaires pour le bétail.

Ainsi, avec les contributions financières de la Commune de Dori, de l’UEMOA, des coopérations Danoise et Suisse, en plus d’un promoteur privé, UNCDF lancera sous peu l’étude de faisabilité du projet pour permettre la mobilisation effective des différentes contributions financières annoncées.

« On se réjouit énormément de l’initiative du programme LOBI, d’implanter une unité de fabrique d’aliments pour le bétail dans la région. Cela répond à un grand besoin exprimé par les communautés locales et représente une opportunité pour développer la région et la rendre plus attractive », constate M. Ousmane Traoré, opérateur économique dans le sous-secteur de l’agro-industrie dans la Commune de Dori et participant au co-financement. « Cela facilitera l’approvisionnement des aliments pour le bétail des populations locales, ce qui va sans doute booster la production et les revenus dégagés de cette activité et donc, réduira la pauvreté des ménages », ajoute-t-il.

En effet, les bénéfices et les retombées du projet pour les éleveurs et les populations s’avèreront nombreuses et diverses. Citons entre autres, l’amélioration de la qualité et de la quantité d’aliments, qui auront comme effet de réduire les coûts d’approvisionnement pour les éleveurs, le développement de la filière du bétail et de la viande dans la région, qui généreront des emplois et par le fait même, accroisseront les revenus des collectivités locales, aux assiettes fiscales souvent insuffisantes.

La zone IIRSahel est une zone d’élevage et de transhumance. Elle est dotée d’un potentiel commun en élevage, qui est l’une des principales activités des populations. Actuellement, les équipements pour la production, la transformation et la commercialisation, présents dans la zone, sont insuffisants pour soutenir le développement de l’activité et l’efficience. En effet, le faible niveau d’équipement du territoire ne permet pas de renforcer la complémentarité des infrastructures, des marchés et des économies des communes frontalières des trois pays : Mali, Niger et Burkina Faso.

« Il y’a une forte demande que je n’arrive pas à satisfaire à cause de la très grande distance qu’il faut parcourir pour l’approvisionnement. Avec l’installation de ce projet, je pourrai satisfaire facilement et convenablement la demande d’aliments pour bétails dans la région du Sahel et même dans les pays voisins que sont : le Mali et le Niger. Au final, je ferai aussi prospérer mes affaires », conclut M. Traoré, père de famille de 6 enfants, opérant dans le domaine de l’achat et la vente d’aliments pour bétails dans la région du Sahel depuis plus de 20 ans.

La transformation des zones frontalières en environnements économiques et commerciaux favorables ainsi que le renforcement des capacités des acteurs locaux et des collectivités constituent des atouts majeurs et catalyseurs qui stimuleront le développement économique local inclusif dans les zones frontalières du Sahel. Cela permettra aussi de rapprocher les populations et de favoriser la cohésion sociale en vue de réaliser d'autres initiatives de même nature.